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Dominium Mundi. Livre I

Электронная книга - «Dominium Mundi. Livre I». Краткое содержание книги:

2202. Né des cendres d’une conflagration planétaire, l’Empire Chrétien Moderne règne sur une Terre ravagée et irradiée. Urbain IX, pape tout puissant et restaurateur du Dominium Mundi, y gouverne d’une main de fer ses peuples revenus à un mode de vie médiéval.Sous son impulsion, un vaisseau colonisateur est envoyé vers une planète d’Alpha du Centaure, dans l’espoir d’y trouver de nouveaux territoires pour l’humanité. Lorsque les passagers l’abordent, ils ont la surprise d’y découvrir un peuple, les Atamides. Le choc est grand. Mais ce n’est rien en comparaison d’une découverte encore plus bouleversante : le véritable tombeau du Christ ! Guidés par leur foi inébranlable, les missionnaires tentent de s’en emparer, en vain. Les indigènes les massacrent.Sur Terre, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Deux ans plus tard Urbain IX achève d’armer un gigantesque vaisseau, le St-Michel, capable d’abriter un million d hommes. Pour Tancrède de Tarente, le Méta-guerrier héros des champs de bataille, et Albéric Villejust, le génie de l’Infocosme enrôlé de force, débutera une croisade sanglante vers une nouvelle Jérusalem… Les événements feront-ils bégayer l’Histoire ?
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Je réalisai soudain que tout venait de changer. Bien qu’en général les officiers tels que lui ne se préoccupent pas du sort des inermes – surtout lorsque ce sont des activistes condamnés – cet homme avait pris la peine de venir assister à l’exécution de Cossolat. La veille, il m’avait dit que cette sentence l’avait révolté, mais je ne l’avais pas cru. À cet instant, je commençai à penser que ce soldat tourmenté était peut-être bel et bien sincère.

* * *

« Le cortège planétaire d’Alpha Centauri A est constitué de dix-sept planètes. Contrairement au système solaire, elles sont toutes de type tellurique. En effet, les champs gravitationnels spécifiques aux étoiles doubles empêchent la formation de géantes gazeuses telles que Jupiter ou Saturne.

Incidemment, toutes les planètes de ce système sont très peu fournies en eau, car c’est grâce aux géantes gazeuses, beaucoup plus massives, que les comètes sont attirées dans les systèmes stellaires et finissent par s’écraser sur les planètes telluriques. Or, les comètes sont les principales sources d’eau pour ces planètes.

Akya est la seconde planète à partir d’Alpha Centauri A autour de laquelle elle orbite à environ 0,9 UA, soit un peu plus près que la Terre ne l’est du Soleil. Son diamètre est de 11 265 km, sa période de rotation, de 23 heures 42 minutes et 4 secondes, et sa période de révolution de 338,1 jours. Enfin, sa pression de surface équivaut à 116 % de la pression terrestre et la gravité, à 96 %.

Comme vous pouvez le constater, nous sommes en présence d’une planète presque jumelle de la nôtre. »

L’instructeur, un scientifique du contingent en blouse blanche, récitait son cours sans enthousiasme. À sa décharge, son auditoire n’était pas constitué d’étudiants concentrés notant scrupuleusement la moindre de ses paroles, mais de soldats bâillant en attendant la seule partie du cours qui les intéressait : les Atamides.

« L’orographie d’Akya du Centaure est divisée en trois grandes zones : la bande équatoriale et les deux zones circumpolaires. La bande équatoriale, extrêmement large, remonte bien plus haut que les tropiques et couvre l’intégralité de la circonférence de cette planète dépourvue d’océans. Les températures y sont particulièrement élevées, puisqu’elles dépassent régulièrement les cinquante-cinq degrés à l’ombre. Les deux autres zones partent du quarante-cinquième parallèle jusqu’aux pôles et possèdent un climat que l’on qualifierait d’équatorial sur Terre. Seuls les pôles proprement dits bénéficient d’un climat tempéré et sont, de fait, dénués de calottes glaciaires. C’est bien entendu à la proximité de son étoile qu’Akya doit son climat exceptionnellement chaud. »

Tancrède n’en perdait pas une miette. Il attendait ce cours depuis le début du voyage. Frustré de ne quasiment rien savoir sur leur destination, il avait déjà lu tous les rapports ou visionné tous les documentaires qu’il avait pu dénicher dans la base de données du bord accessible à tous. Néanmoins, il en avait rapidement fait le tour. Aujourd’hui, il entrait enfin dans le vif du sujet.

L’instructeur faisait son exposé debout sur une estrade, devant un écran où des images défilaient pour soutenir son propos :

« La majeure partie de la zone équatoriale est constituée de régions arides et de déserts pierreux où la vie semble à première vue impossible. Néanmoins, c’est là que vivent les Atamides… » Il s’interrompit en constatant que l’attention de la salle semblait soudain plus soutenue, puis ajouta avec un sourire en coin : « Mais, nous y reviendrons plus tard. »

Des soupirs de déception se firent entendre. L’instructeur continua sans broncher.

« En dépit de ces conditions peu favorables, une jungle dense et vivace prolifère dans de profondes failles où émergent de puissants torrents souterrains. Vous devrez vous méfier de cette jungle. Au début, en comparaison du terrible soleil centaurien, elle vous donnera peut-être un sentiment de sécurité. Mais ce sera une illusion. Nous savons qu’elle abrite de nombreuses espèces animales et végétales dangereuses, dont certaines sont mortelles.

Si vous devez néanmoins vous y réfugier, méfiez-vous avant tout d’une créature qui a été appelée provisoirement le tigre-roche. Certains colons qui y ont été confrontés en ont fait des rapports alarmants. Mais le temps a manqué pour une description scientifique sérieuse et la seule image dont nous disposons n’est pas très… parlante (une photo très floue et sombre apparut où l’on distinguait une silhouette aux contours vaguement félins). Il s’agirait d’un animal comparable à un tigre terrestre, mais possédant vraisemblablement des capacités de camouflage optique très évoluées. Il présenterait d’autres facultés étonnantes qui cependant n’ont pu être décrites avant le drame qui a décimé la colonie. Heureusement pour vous, il semblerait qu’il soit assez rare de le rencontrer. »

Liétaud se tourna vers Tancrède et arqua plusieurs fois les sourcils comme pour dire « mieux vaut ne pas le croiser celui-là ! »

« Pas de question ? demanda machinalement l’instructeur. Alors, passons maintenant aux autochtones. »

Tous ceux qui étaient affalés se redressèrent, et soudain la salle de classe sembla pleine de bons élèves. L’emblème de l’ECM apparut à l’écran, signe que les images qui allaient suivre étaient classées strictement militaires.

« Lorsque, sur ordre du pape, la première mission de colonisation fut envoyée en 2195 vers la seconde planète de l’étoile Alpha du Centaure A, les scientifiques avaient préalablement établi que les conditions à la surface étaient comparables à celles de la Terre en termes de gravité, cycles diurnes et pression atmosphérique. Il était donc prévisible d’y trouver de la vie. Les émissions gazeuses typiques de la végétation avaient déjà été détectées et la présence de créatures animales était envisagée. Mais nul ne s’attendait à découvrir des créatures intelligentes. »

Tancrède pensa : peut-être aurions-nous été moins surpris par cette découverte si nous ne considérions pas l’homme comme la raison d’être de l’univers. Le modèle géocentrique avait beau être abandonné depuis longtemps, la pensée anthropocentriste avait encore de beaux jours devant elle.

« Ces créatures ont développé une civilisation qui, bien que primitive, a atteint un stade d’évolution proche de celui de l’humanité du Xe siècle. Les différents rapports des colons, avant le drame, dépeignent un système social extrêmement inégalitaire, fondé sur les castes et centralisé par de grandes villes insalubres, dont dépendent tous les paysans des environs. »

Des prises de vues des villes en question défilaient derrière le scientifique, montrant en effet des rues sales et des bâtiments à l’architecture primitive en torchis grisâtre. Tancrède se dit qu’il avait connu beaucoup d’endroits comme celui-ci sur Terre.

« Le nom qu’ils donnent à leur planète est Akya, et à leur espèce, les Atamides. Ils se divisent en trois races. Les paysans – ou les ouvriers –, les sages et les guerriers. Le statut des paysans est quasiment celui d’esclaves, asservis par la brutalité et par la peur pour nourrir les castes supérieures. Comme vous pouvez le constater, leur morphologie est repoussante, mais leur efficacité au travail de la terre ou aux diverses tâches pour lesquelles ils sont employés est assez grande. »

En réalité, on ne pouvait pas constater grand-chose tant la qualité des images était mauvaise. Au mieux, on voyait des êtres humanoïdes avec des torses trapus plantés sur de courtes jambes. Leur tête était surmontée d’un crâne oblong recouvert d’une toison bouclée qui s’épaississait au sommet. Leurs yeux semblaient intégralement noirs.

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