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Dominium Mundi. Livre I - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Dominium Mundi. Livre I

Электронная книга - «Dominium Mundi. Livre I». Краткое содержание книги:

2202. Né des cendres d’une conflagration planétaire, l’Empire Chrétien Moderne règne sur une Terre ravagée et irradiée. Urbain IX, pape tout puissant et restaurateur du Dominium Mundi, y gouverne d’une main de fer ses peuples revenus à un mode de vie médiéval.Sous son impulsion, un vaisseau colonisateur est envoyé vers une planète d’Alpha du Centaure, dans l’espoir d’y trouver de nouveaux territoires pour l’humanité. Lorsque les passagers l’abordent, ils ont la surprise d’y découvrir un peuple, les Atamides. Le choc est grand. Mais ce n’est rien en comparaison d’une découverte encore plus bouleversante : le véritable tombeau du Christ ! Guidés par leur foi inébranlable, les missionnaires tentent de s’en emparer, en vain. Les indigènes les massacrent.Sur Terre, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Deux ans plus tard Urbain IX achève d’armer un gigantesque vaisseau, le St-Michel, capable d’abriter un million d hommes. Pour Tancrède de Tarente, le Méta-guerrier héros des champs de bataille, et Albéric Villejust, le génie de l’Infocosme enrôlé de force, débutera une croisade sanglante vers une nouvelle Jérusalem… Les événements feront-ils bégayer l’Histoire ?
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— Qu’est-ce qui t’en empêchait ?

— Tu penses peut-être que dans une école de guerre, on te présente les choses d’une manière impartiale et objective ? Que lorsqu’on entre au service du Christ à seize ans, on a l’occasion de développer son sens critique ?

— Non, bien sûr. »

Albéric s’arrêta et croisa les bras.

« Bon, excuse-moi d’être direct, mais tu m’as dit que tu connaissais la femme morte aux buanderies. C’est vrai ? »

Tancrède se sentit irrité d’être ainsi bousculé ; la discussion qu’ils avaient n’était pas désagréable et il ne comprenait pas pourquoi Albéric l’interrompait ainsi.

« Oui… Elle s’appelait Viviane Mennecy. C’était la fiancée de mon meilleur ami. »

Albéric eut l’air d’hésiter sur l’attitude à adopter.

« Qu’est-ce qui te fait croire que cette histoire m’intéresse ?

— Tu es venu, non ? répondit Tancrède du tac au tac. Alors arrête ton numéro, j’ai horreur des gens qui se font désirer ! »

Qu’Albéric continue à jouer le conspirateur paranoïaque alors que c’était évident qu’il avait décidé de lui faire confiance était très agaçant. L’inerme eut l’air surpris par ce brusque accès d’humeur et garda le silence quelques instants. Lorsqu’il reprit la parole, il fit un effort pour se montrer plus aimable.

« J’imagine que ça doit être difficile pour toi de venir rencontrer quelqu’un comme moi. Ça va faire jaser si on nous voit, n’est-ce pas ?

— Je n’attache pas une grande importance à ce que disent les gens. »

Albéric sortit du chemin et traversa une petite clairière. Il s’assit sur une grosse racine et proposa d’un signe de la main à Tancrède d’en faire autant.

« Alors, raconte-moi un peu cette histoire », demanda-t-il. Puis, il ajouta : « Si tu le veux bien. »

Tancrède le fixa un instant en réfléchissant aux implications de ce qu’il allait faire, puis se dit que de toute façon, cette histoire avait cessé d’être secrète dès qu’Engilbert était allé la rapporter à la police. Il s’assit en face d’Albéric et entreprit de lui faire le récit de la mort de Viviane et de son enquête personnelle après le classement de l’affaire par la police militaire. L’inerme écouta avec attention et se montra particulièrement intéressé par le passage sur l’homme en bure noire.

« Tu penses que c’est cet homme qui a tué ton amie ? demanda-t-il.

— De toute évidence. Le lendemain, je suis revenu avec la police et la planque avait disparu. Un travail très efficace, il n’y avait plus aucune trace.

— D’où ton accès d’humeur au T-farad. »

— Ah, tu sais ça.

— Qu’est-ce que tu crois ? répondit Albéric en souriant. Je me suis renseigné avant de venir. Et qui est cet homme mystérieux selon toi ?

— Ce ne peut-être que le Foudroyeur. »

Albéric n’eut pas l’air surpris par cette réponse.

« Et tu penses que c’est un démon, c’est ça ?

— Non, je ne crois pas à ce genre de stupidités. Je pense que c’est un homme, de chair et d’os.

— … et protégé d’en haut. »

Tancrède écarta les bras, paumes ouvertes, comme lorsque l’on constate une évidence.

« Nécessairement.

— Finalement, tu n’es peut-être pas si dénué de sens critique, Tancrède de Tarente.

— Crois-moi, tu es bien le seul à en avoir douté. À toi, maintenant. »

Albéric prit quelques instants pour se racler la gorge.

C’est le moment crucial pour lui, songea Tancrède. Le moment où il doit décider s’il me fait vraiment confiance ou pas.

« Comment dire… Disons que je fais partie d’une sorte de cercle d’amis dont le sens critique est quelque peu hypertrophié…

— En termes clairs, tu fais partie d’un groupe d’activistes ! Excuse-moi d’être direct… »

Tancrède mima des guillemets avec ses doigts en singeant l’expression qu’avait eue Albéric en disant la même chose.

« Je vois, tu n’oublies rien toi. Eh bien oui, on peut dire ça.

— L’homme condamné hier en faisait partie ?

— Entre autres. C’était surtout un ami.

— Navré.

— Ne le sois pas. Ce n’est qu’une raison de plus de continuer notre combat.

— Quel combat ? »

Albéric eut l’air de faire un effort pour se contrôler. Il a peur d’en avoir déjà trop dit, pensa Tancrède.

« Euh… Combat est un bien grand mot. La lutte pour la vérité. Toutes les vérités. Pour que l’on connaisse enfin les véritables enjeux de cette croisade, ses motivations profondes.

— C’est une lutte dangereuse…

— Tu comprends alors ma méfiance.

— … et le danger, ça me connaît », ajouta Tancrède en imitant le grand sourire carnassier qu’il avait si souvent vu sur le visage de Liétaud avant un assaut.

Albéric lâcha un petit rire.

« Ce sont de nobles paroles, mais ce genre de combats peut mener au Caisson de l’Oubli.

— C’est vrai. Néanmoins, si l’on peut faire changer les choses, alors cela en vaut la peine. »

Un silence passa, Albéric semblait soupeser ces paroles. Une chouette hulula quelque part dans le jardin, Tancrède se demanda si on avait introduit cet animal à bord ou si des haut-parleurs étaient dissimulés dans les arbres. Le jeune homme assis en face de lui dans l’obscurité l’observait, les yeux mis clos. Tancrède se décida alors à poser la question qui lui brûlait les lèvres :

« Ton ami, au procès, de quel secret parlait-il ? »

L’inerme ne répondit pas immédiatement. Son expression était indéchiffrable dans la pénombre.

« Je ne sais pas. Il n’a pas eu le temps de nous le dire. Mais je le découvrirai, tu peux me croire. Je lui dois bien ça.

— Qu’est-ce qui te fait croire qu’il y a vraiment un secret ? Après tout, ton ami pouvait se tromper. Pourquoi nous mentirait-on ?

— Il suffit d’ouvrir les yeux pour se rendre compte qu’on nous cache des tas de choses. Il y a trop de zones d’ombres autour de cette campagne. Par exemple : pourquoi aucune image des affrontements ne nous est parvenue lorsque la mission a été attaquée par les indigènes ?

— La thèse officielle dit qu’ils ont tous été exterminés jusqu’au dernier avant d’avoir pu envoyer quoi que ce soit.

— Allons, Tancrède, ça ne tient pas debout ! »

La voix d’Albéric était montée de quelques tons dans les aigus. Tancrède eut l’impression d’être un jeune élève auquel son maître essaie de faire comprendre un concept évident.

« Cette mission était hyper médiatisée, des reporters filmaient tout en permanence. On aurait au moins dû avoir des images du début de l’assaut ! Or, tout ce que nous avons, c’est un rapport verbal sonore, sans image, d’un des derniers officiers retranchés dans la base. Pour un peu, on se croirait revenus aux temps anciens de la radiophonie ! Reconnais que c’est un peu léger tout de même. »

Bien qu’ayant toujours trouvé cela un peu étrange, Tancrède n’avait encore jamais pensé à une manipulation sur cette question.

« Il y a souvent des explications toutes simples aux situations les plus suspectes, essaya-t-il d’argumenter sans conviction. Ou peut-être ne sont-elles pas si simples, mais que le Vatican a jugé préférable de les “simplifier” un peu pour qu’elles soient bien comprises par la population.

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