Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Ужасы » Magie et Cristal
Magie et Cristal - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Magie et Cristal

Электронная книга - «Magie et Cristal». Краткое содержание книги:

Prisonniers de Blaine, le monorail fou lancé à pleine vitesse, Roland et ses compagnons filent vers leur destin et, espèrent-ils, la Tour Sombre, leur but ultime. Les épreuves ne font pourtant que commencer pour eux, puisqu’ils devront déjouer les pièges du train infernal pour affronter le Mal aux multiples visages — jusque dans leurs souvenirs et dans leurs rêves, peuplés de signes et de messages qu’ils sont bien en peine de déchiffrer. Ils savent qu’ils doivent protéger la Rose, réceptacle de tout ce que le monde compte encore de magique et de pur, et combattre l’odieux Roi Cramoisi. Les pistoleros ne sont pas au bout de leur quête…
1 ... 79 80 81 82 83 84 85 86 87 ... 233
Перейти на страницу:

Et tout ça, parce qu’elle était descendue, le matin même, vêtue d’une vieille chemise de son père pour monter à cheval.

2

Tante Cord était devant le fourneau, empaquetée dans sa robe de chambre et ses cheveux encore retenus dans une résille. Elle se servit un bol de porridge et l’apporta sur la table. Susan avait su que l’humeur était au vinaigre dès que sa tante s’était retournée dans sa direction, le bol à la main ; elle avait remarqué que, dans son mécontentement, Tante Cord pinçait spasmodiquement les lèvres, ainsi que le coup d’œil de désapprobation dont elle gratifia l’orange que pelait Susan. Sa tante en avait toujours gros sur le cœur, regardant l’or et l’argent qu’elle avait espéré avoir en sa possession en ce moment même, pièces qui lui seraient encore refusées quelque temps, par suite de la décision espiègle de la sorcière que Susan dût rester vierge jusqu’à l’automne.

Mais point n’était là le plus important, Susan le savait. Pour parler crûment, chacune en avait plus qu’assez de l’autre. L’argent ne représentait que l’une des espérances déçues de Tante Cord ; elle avait compté avoir la maison en bordure de l’Aplomb pour elle seule, cet été-là… exception faite peut-être de la visite occasionnelle de Messire Eldred Jonas, dont Cordélia semblait s’être entichée pour de bon. Au lieu de cela, les deux femmes en étaient au même point : l’une, voyant approcher le jour où elle n’aurait plus ses règles, avec sa bouche en lame de couteau et réprobatrice dans une figure tout autant en lame de couteau et réprobatrice, ses minuscules seins en forme de pomme dissimulés sous ses robes à haut col et tour de cou (le Cou, disait-elle fréquemment à Susan, est la Première Chose qui Se Relâche), et ses cheveux qui, perdant leur ancien lustre châtain, montraient des filaments gris ; l’autre, jeune, intelligente, agile et approchant de l’apogée de sa beauté physique. Elles se tapaient mutuellement sur les nerfs, chaque mot semblant provoquer une étincelle, ce qui n’avait rien de surprenant. L’homme qui les avait aimées suffisamment l’une et l’autre pour les faire s’aimer entre elles n’était plus là.

— Allez-vous sortir sur ce cheval ? avait demandé Tante Cord, posant son bol et s’asseyant dans un rayon de soleil matinal.

C’était un éclairage peu avantageux, sous lequel elle ne se serait jamais laissé surprendre, en présence de Messire Jonas. La lumière crue donnait à son visage l’aspect d’un masque sculpté. Elle avait un bouton d’herpès au coin de la bouche ; ce qui lui arrivait toujours quand elle dormait mal.

— Si fait, dit Susan.

— Vous devriez manger davantage. Ça ne vous tiendra point au corps jusqu’à neuf heures, petite.

— Ça me tiendra suffisamment, avait répondu Susan, se hâtant de finir les quartiers d’orange.

Elle ne voyait que trop vers quoi la discussion tendait, lisait l’aversion et la réprobation dans les yeux de sa tante et ne désirait qu’une chose : quitter la table avant que l’orage n’éclate.

— Pourquoi ne point me laisser vous donner une platée de la même chose ? demanda Tante Cord, laissant tomber avec un plouf sa cuillère dans le porridge.

Aux oreilles de Susan, cela retentit comme le sabot d’un cheval frappant de la boue — ou de la bouse — et lui provoqua un haut-le-cœur.

— Ça vous calera l’estomac jusqu’au déjeuner, si vous prévoyez de chevaucher jusque-là. Car je suppose qu’une jeune et jolie personne telle que vous n’a cure des tâches ménagères…

— Je les ai accomplies.

Et vous le savez très bien, ajouta-t-elle mentalement. Je m’en suis chargée pendant que vous étiez assise devant votre miroir, à vous tripoter ce vilain bouton qui vous a poussé au coin de la bouche.

Tante Cord fit choir un gros morceau de beurre laitier dans sa dégoûtation — Susan ne voyait pas comment la bonne femme faisait pour rester si mince, non, vraiment pas — et le regarda fondre. Un instant, le petit déjeuner parut avoir une chance de se terminer sur une note raisonnable et civilisée, après tout.

C’est alors que la chemise était venue sur le tapis.

— Avant que vous ne sortiez, Susan, j’aimerais que vous vous ôtiez de sur le dos le haillon que vous portez et le remplaciez par l’une de ces casaques d’équitation toutes neuves que Thorin vous a fait parvenir, il y a deux semaines de ça. C’est le moins que vous puissiez faire pour montrer votre…

Tout ce que sa tante aurait pu dire, passé ce cap, aurait été submergé par la colère, même si Susan ne l’avait pas interrompue. Elle caressa la manche de sa chemise dont elle aimait tant la texture : les multiples lessives l’avaient rendue douce comme du velours.

— Ce haillon appartenait à mon père !

— Si fait, à Pat, renifla Tante Cord. Elle est trop grande pour vous, usée jusqu’à la corde et, de toute façon, absolument pas convenable. Quand vous étiez plus jeune, c’était sans importance que vous portiez une chemise d’homme boutonnée par-devant, mais à présent que vous avez un buste de femme…

Les casaques d’équitation étaient encore sur leurs portemanteaux dans le coin ; on les avait livrées quatre jours auparavant et Susan n’avait même pas daigné les monter dans sa chambre. Au nombre de trois, une rouge, une bleue, une verte, elles étaient tout en soie et devaient valoir une petite fortune, sans aucun doute. Elle exécrait leur prétention et leur apparence éhontée de fanfreluches bouffantes : amples manches conçues pour flotter au vent dans un flou artistique, absurdités de grands cols informes… et, bien sûr, décolleté à profonde échancrure qui était probablement tout ce que Thorin regarderait si elle se montrait devant lui, revêtue de l’une d’elles. Ce qu’elle ne ferait certainement pas, s’il lui était permis d’y couper.

— Je n’attache point d’intérêt à mon « buste de femme », comme vous dites, et il ne saurait intéresser quiconque pendant que je monte à cheval, dit Susan.

— Peut-être ou peut-être pas. Si l’un des maquignons de la Baronnie devait vous apercevoir — ou même Rennie, il est toujours en vadrouille dans le coin, vous le savez très bien —, ça ne ferait aucun mal qu’il aille rapporter à Hart qu’il vous a vue portant l’une des camisas dont il vous a si aimablement fait présent. Vous ne croyez pas ? Pourquoi faut-il que vous soyez une telle tête de mule, petite ? Pourquoi vous montrer toujours si injuste et de mauvaise grâce ?

— Qu’est-ce que cela peut vous faire, comme ça ou le contraire ? avait demandé Susan. Vous avez touché l’argent, non ? Et vous en toucherez encore. Une fois qu’il m’aura baisée.

Tante Cord, outrée, le visage blanc de colère, s’était penchée à travers la table pour lui donner une gifle.

— Comment osez-vous utiliser un tel mot sous mon toit, espèce de malhablada ? Comment osez-vous ?

Ce fut alors que ses larmes avaient commencé à couler — quand elle l’avait entendue prétendre être chez elle.

— C’était la maison de mon père ! La sienne et la mienne ! Vous n’aviez nul endroit où aller, sauf peut-être à l’Hospice, et il vous a recueillie ! Il vous a recueillie, vous m’entendez, ma tante !

Elle tenait encore les deux derniers quartiers d’orange et les lui lança à la figure. Puis elle repoussa la table si violemment que sa chaise vacilla sur ses pieds, bascula et la versa sur le sol. L’ombre de sa tante l’enveloppa. Susan rampa frénétiquement pour lui échapper, les cheveux épars, sa joue lui picotant sous le soufflet, les yeux pleins de chaudes larmes, sa gorge serrée et brûlante. Elle finit par se remettre debout.

1 ... 79 80 81 82 83 84 85 86 87 ... 233
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)