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Black-Out. Demain il sera trop tard

Электронная книга - «Black-Out. Demain il sera trop tard». Краткое содержание книги:

Par une froide soirée d’hiver, le réseau électrique européen commence à lâcher. De nombreux pays s’enfoncent dans l’obscurité et plusieurs centrales nucléaires mettent en danger la vie de millions d’êtres humains. Menace terroriste ou défaillance technique ? Piero Manzano, ex-hacker italien, croit savoir qui est responsable. Avec l’aide d’un policier français d’Europol, François Bollard, Manzano s’engage dans une véritable course contre la montre face à un adversaire aussi rusé qu’invisible.
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« Là, fit Dienhof. J’ignore comment ces types d’Europol ont eu cette idée, mais ils ont raison. Nous avons découvert le code il y a une demi-heure. Pour plus de commodité, nous l’avons traduit en pseudo-code. Pour que tout le monde comprenne ce dont il s’agit.

— C’est bien aimable », ironisa Wickley, manifestant clairement à son collaborateur qu’il aurait tout aussi bien compris le code original — ce qui n’était pas le cas, mais, en tant que P-DG, il ne pouvait perdre la face.

si horaire = 19 :23 + (nombre aléatoire entre 1 et 40)

pour 2 % de tous les objets

change statut objet en une autre valeur

signale l’autre couleur correspondante

communique en retour le changement de statut au programme appelant

« Ça signifie, expliqua Dienhof, que…

— … sous l’effet du hasard, il y a toujours des messages d’alerte transmis aux postes de contrôle, alors même que tout fonctionne, compléta Wickley avant d’ajouter à voix basse : c’est perfide. »

Il se demandait comment continuer. Si ce qu’expliquait son collaborateur était vrai, Talaefer était largement responsable du cataclysme de ces derniers jours.

« En effet, reconnut Dienhof. Ces faux messages d’alerte ne signifient aucunement que les équipements sont hors service. Ils sont en parfait état de marche. On pourrait donc remettre les centrales en service sans problème. Celui qui a injecté tout ça spécule sur les failles les plus critiques du système…

— … les hommes. »

Intérieurement, Wickley avait du respect pour l’auteur de ce minuscule correctif. Quelqu’un avait compris ce dont il s’agissait. Quelqu’un de vraiment intelligent. Une intelligence diabolique.

« Ça signifie que les centrales fonctionnent impeccablement, mais…

— … que le personnel affecté aux salles de contrôle reçoit constamment des messages d’alerte, continua Dienhof, et provoque des dégâts parce qu’il fait l’exact opposé de ce qu’il faudrait faire, en raison de ces alertes.

— Et comment règle-t-on le problème ?

— On programme une nouvelle version de la bibliothèque, sans code nuisible, et on la lance dans les centrales. Avec des connexions Internet de part et d’autre, ce serait une question d’heures. Mais j’imagine que dans une telle situation, la police criminelle pourra mettre à disposition suffisamment de gens et de moyens de transport.

— On ne pourrait pas les laisser en dehors de ça ? »

Londres

Au tréfonds des entrailles du siège du Secret Intelligence Service, plus connu sous le nom de MI6, Phil McCaff chantonna « Struck the motherlode… ». Voilà une semaine qu’il n’avait plus quitté le bâtiment de Vauxhall Cross. Ses voisins levèrent la tête de leurs ordinateurs.

« Regardez ! » cria-t-il. Il afficha son écran sur le large mur grâce à un vidéoprojecteur. Il avait surligné deux lignes d’une conversation.

erdeux : ok, je l’ai.

tzsche : quasiment minuit. L’heure d’aller se coucher. Bon petit-déjeuner.

« Cette phrase provient d’une conversation qui remonte à quelques semaines, commença-t-il. Tzsche et Erdeux, nous les connaissons, ils font partie du noyau dur. Chez Tzsche, il est presque minuit, alors qu’Erdeux va prendre son petit-déj’. Qu’est-ce que ça veut dire ?

— Qu’ils se trouvent à des endroits du globe opposés, répondit Emily Aldridge.

— Exact ! Et là, encore une autre, plus ancienne. »

bakou : il pleut comme vache qui pisse. Je croyais que c’était un pays ensoleillé.

zap : pleine lune, ici. Pas un nuage.

Il projeta une carte du monde.

« Sur cette carte, je peux faire apparaître la hauteur du soleil, les phases de la lune, la météo, et bien d’autres choses à partir de bases de données. C’est ce que j’ai fait. Grâce à la date et à l’heure de la conversation, je peux localiser Zap dans une zone de sept à neuf heures supplémentaires par rapport à l’heure moyenne de Greenwich.

— Quelque part en Amérique, supposa Aldridge.

— Après avoir étudié d’autres phrases de cet acabit, j’en arrive à la conclusion qu’il y a au moins deux groupes. »

Il regarda l’assemblée, faisant monter la curiosité.

« Vous devriez checker tout ça, mais je suis presque certain que le premier groupe est en Amérique centrale tandis que le second se trouve à l’est de la Méditerranée. »

La Haye

« Ça nous aide sacrément ! » lança Bollard. Il arracha le papier de l’imprimante et le parcourut : « Bien, murmura-t-il, très bien. »

Les impressions, images, notes constituant les éléments capitaux de l’enquête recouvraient trois murs de la pièce. Un des derniers volets en occupait toute une partie ; il s’agissait des suspects. Ils n’étaient toujours pas certains que ce Jorge Pucao, ainsi que ses contacts, aient vraiment quelque chose à voir avec le black-out. Mais ses soupçons venaient d’être un peu plus encore justifiés.

Plus de trois dizaines de portraits étaient accrochés au mur. Au cours des dernières vingt-quatre heures, ils avaient accumulé nombre de notes à propos d’une photo. C’était le visage d’un homme mince, au milieu de la trentaine. Il portait une barbe de trois jours et des lunettes carrées à la mode, ses cheveux mi-longs étaient soigneusement peignés, la raie à gauche. Au-dessus de l’image, on avait écrit en lettres capitales « Balduin von Ansen » ; chaque portrait était surmonté du nom d’un suspect. Au-dessous étaient accrochées six feuilles A4 mises côte à côte, où apparaissait un graphique compliqué. Des dizaines de lignes qui reliaient nombre de petites cases, où étaient inscrits des noms et des combinaisons de lettres et de chiffres.

« Nous venons d’avoir la confirmation, déclara Bollard à l’assistance, que deux millions d’un compte de la Karyon Ltd. à Guernesey ont été virés en sept fois et en l’espace de six mois sur un compte de l’Utopia Enterprises dans les îles Caymans et sur un compte de la Hundsrock Company en Suisse. De là, ils ont transité sur un compte de la Bugfix au Liechtenstein, pour atterrir sur un compte en Suisse. L’un des associés de la Bugfix, une entreprise de conseil en informatique, d’après le registre du commerce, dont le siège est à Tallahassee, aux États-Unis, n’est autre que Siti Jusuf. L’un des autres associés, c’est John Bannock, l’un des deux Américains en contact avec Jorge Pucao, qui a disparu depuis l’automne 2001. »

Il ajouta les éléments appropriés sur le graphique.

« L’argent est parti directement de ces comptes vers d’autres, pour lesquels nous avons requis une surveillance. Et les experts londoniens viennent de me dire que, selon eux, les terroristes opèrent depuis deux endroits, Mexico d’une part, et un lieu situé à l’est de la mer Méditerranée, ou au Proche-Orient, d’autre part. Autrement dit, nous allons examiner scrupuleusement les transferts d’argent de ces régions. »

Follow the money. « C’était quoi, déjà… », murmura Manzano. Il se pencha vers l’un des analystes. « Cherchez donc… non, c’était pas… Stanbul ! Cherchez Stanbul ! »

Douzième jour — mercredi

La Haye

Bollard punaisa la photo d’un bâtiment à côté de celles relatives à Balduin von Ansen.

« Ce complexe situé dans la partie asiatique d’Istanbul a été acheté il y a un an et demi par une entreprise du nom de Süper Kompüter, qui, d’après nos informations en provenance de Turquie, le loue à six sociétés différentes, officiant dans des domaines divers. Ce bâtiment se trouve dans un quartier animé où sont implantées de nombreuses entreprises internationales. Dans ce coin, les étrangers passent inaperçus. Les enquêteurs turcs ont mené des investigations fouillées sur les liens entretenus par ces sociétés, ont examiné leurs affaires de près, et ont passé en revue leurs comptes bancaires et leurs impôts des dernières années. Ils ont fait leur première découverte du côté des propriétaires. Le patron d’une des entreprises n’est autre que John Bannock, que nous connaissons déjà. Le docteur Lekue Birabi, le contact nigérian de Pucao, est associé dans une autre. Il accrocha une impression supplémentaire. La Süper Kompüter a reçu des virements d’une hauteur de deux millions d’euros de la Costa Ltd., de la Esmeralda et de deux autres sociétés. Il tapota du doigt sur le bâtiment sans personnalité. Ici, se trouvent probablement une partie des terroristes. Nos homologues turcs ont commencé leur surveillance. »

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