Black-Out. Demain il sera trop tard
- Автор: Elsberg Marc
- Год: 2016
- Язык: французский
- Год: Éditions Le Livre de Poche
- ISBN: 978-2253098690
- Переводчик: Pierre Malherbet
- Жанр: Триллеры
Электронная книга - «Black-Out. Demain il sera trop tard». Краткое содержание книги:
« Nous devons foutre le camp ! » reprit son époux.
Annette Doreuil hésita. « Viens ! » lui ordonna Bertrand en lui donnant le plus léger des sacs, lui-même saisissant la valise. Il plaqua tout à coup sa main sur sa poitrine, le visage déchiré.
Elle prit le sac et suivit les trois autres pour se hâter au pas de course, entre les lits, vers les issues, bien trop étroites pour absorber ce flot soudain. Le mari d’Annette, qui la précédait, tourna la tête pour lui crier quelques mots qu’elle ne comprit pas en raison du brouhaha. Il trébucha, lâcha sa valise, s’appuya sur le cadre d’un lit, et la regarda. Elle réalisa que ses yeux brillaient de douleur et de panique.
« Bertrand ! » hurla-t-elle. Elle le saisit par les épaules, essaya de repartir derrière les Bollard, les appela et s’étonna de la puissance sonore de sa voix. Les parents de son beau-fils se retournèrent, hésitèrent, laissèrent tomber leurs bagages et remontèrent le flot des fuyards pour venir à leur rencontre.
Bertrand, qui était retombé, gisait sur un lit de camp, sur le côté. Son visage, blanc comme un linge, ruisselait de sueur, ses lèvres bleuâtres tremblaient. Ses doigts se crispaient sur sa poitrine. Annette Doreuil prit sa main et lui caressa le visage. Il la dévisageait ; jamais encore elle ne lui avait vu un tel regard.
« C’est son cœur ! cria Annette Doreuil aux Bollard qui les avaient rejoints. Un médecin ! Il lui faut un médecin ! »
Ses paupières tressaillaient. Sa bouche s’ouvrait et se refermait comme celle d’un poisson. Il voulut dire quelque chose mais n’y parvint pas.
« N’y a-t-il pas de toubib, ici ? » gémit-elle.
Bertrand avait cessé de ventiler.
« Je ne peux pas croire ce que je suis en train de faire », murmura Angström lorsqu’ils déposèrent leurs bicyclettes contre le bâtiment de la Commission européenne.
« Moi non plus », admit Shannon.
Aussi naturellement que possible, ils se glissèrent vers l’entrée. Ils arrivèrent dans le hall, sans être inquiétés. Elle présenta son badge devant la porte. Elle resta fermée.
« Putain ! Ils l’ont déjà désactivé. »
Un vigile avait remarqué son manège et la rejoignit.
« Montrez-moi votre badge, s’il vous plaît », exigea-t-il.
La Suédoise obtempéra. Il le regarda, puis son regard glissa sur la jeune femme avant de s’arrêter sur ses deux compagnons.
« Ils sont avec moi. »
Il lui rendit le badge.
« L’accès électronique a été désactivé ce matin pour économiser de l’énergie », expliqua-t-il. Il ouvrit la porte d’un tour de passe-partout, puis jeta un coup d’œil sur l’horloge de l’accueil. Il était huit heures et quart. « Ne travaillez pas trop longtemps. »
Sonja eut un sourire forcé.
« Ne vous en faites pas. Merci. Puis se tournant vers les deux autres : attendez-moi là. » Elle se glissa prudemment dans l’encadrement de la porte, regarda dans chaque bureau, sur sa droite et sur sa gauche. Enfin, elle leur fit signe de venir. Sans un bruit, Lauren et Piero la rejoignirent. Elle les poussa dans une pièce dont elle ferma la porte ; celle-là même où ils étaient la veille.
« Il y a encore mon sac ! s’étonna l’Américaine.
— Mais plus mon ordinateur… »
« Je me demande si nous ne ferions pas mieux de partir… », demanda Marie Bollard à son époux. Emmitouflés dans des couvertures, ils étaient assis au coin du feu. Les enfants dormaient. « S’ils ne veulent plus de leur reine, c’est que tout va vraiment très, très mal.
— C’est pas mieux ailleurs » observa-t-il.
Il avait l’air tellement fatigué.
« Je reviens tout de suite. »
Il se leva et prit la direction de la cave. Deux minutes plus tard il était de retour, portant un petit paquet. Il le déballa. Dans la lueur des flammes brillait le canon d’un pistolet.
« Ça vient d’où ? s’exclama-t-elle avec effroi. Tu n’as pourtant pas le droit…
— On ne sait jamais. Je l’avais pris au cas où. Il n’a jamais bougé de sa cachette à la cave. »
Ils montèrent dans leur chambre. Il posa l’arme sur sa table de nuit.
« J’ai trouvé un autre portable », murmura Angström. Elle referma derrière elle et mit la machine sur le bureau.
L’Italien le mit en route.
Angström ne bougeait pas de la porte, aux aguets.
Heureusement, Manzano avait eu la présence d’esprit de retenir l’adresse IP. Il se connecta au WiFi, arriva sur la page RESET et tapa les identifiants qu’il avait utilisés la dernière fois.
Apparut alors une liste de dossiers. Il scrolla et découvrit des sous-dossiers.
« Il y en a plein, constata Shannon.
— Oui… »
Manzano cliqua au hasard.
Proud : as-tu récupéré les codes de deelta23 ?
Bakou : yep. Il a mis en place une porte dérobée. Cf. pièce jointe.
Proud : ok. Installe-la.
« Porte dérobée ? »
Manzano ne répondit pas. Il regardait le fichier joint au message. Un document s’ouvrit, plein de lignes incompréhensibles de suites alphanumériques.
« C’est quoi ? »
Manzano ne répondit toujours pas. Il lisait avec concentration. « C’est un fragment de code, dit-il enfin. Pour la backdoor, la porte dérobée d’un système informatique, pour faire simple. Les développeurs qui implémentent ce genre de trucs peuvent avoir accès à des programmes à l’insu de leurs utilisateurs. Bien sûr, ce genre de choses peut être fait après coup, si on est assez doué.
— Est-ce que ça signifie qu’ils parlent là-dedans de la manière dont ils manipulent le réseau ?
— Ils ne font pas que s’entretenir, confirma Manzano. Ils l’organisent… Il faudrait que… »
Il scrolla encore et ouvrit une autre discussion qu’il lut à haute voix.
date : thu, -1.203, 14 :35 GMT
Kensaro : b.tuck ok pour Stanbul. La transaction sera ok avant la fin du mois.
Simon : ok. Envoie par Costa Ltd. et Esmeralda 50/50.
« Ça veut dire quoi ?
— J’en sais rien. Une transaction. Du fric, peut-être.
— C’est quoi “Stanbul” ?
— Pas la moindre idée… Istanbul ?
— Qu’est-ce que vous racontez ? demanda Sonja depuis la porte. Elle alla vers eux. Qu’est-ce que vous avez trouvé ?
— Le Saint Graal, répondit Manzano à voix basse. Peut-être.
— Hein ? Quoi ?
— Ils ont probablement fait une énorme erreur en envoyant un mail de ma bécane. Ils l’ont envoyé directement depuis leur plateforme de communication centrale. C’est ce qu’on a là. Et si c’est vraiment ça, alors…
— Alors ?
— Nous avons un problème, dit Piero. Nous trouverons probablement là-dedans toutes les informations nécessaires pour mettre fin à cette catastrophe. Et pour mettre la main sur ces types.
— Là-dedans ? répéta Lauren. Et quand bien même ? C’est un immense puzzle. Quelques infos, ici, d’autres là… Pour lire tout ça, il faudra des années !
— C’est bien ce que je dis. Nous avons un problème. Il se tourna vers les deux femmes. On n’y arrivera pas seuls. Il faut des pros. Tout analyser, reconstituer le puzzle. Vite. Des centaines, des milliers de pros.
— Et qui ?
— Qu’est-ce que j’en sais ! La NSA, la CIA, tous ces putains de services et tous les agents de l’antiterrorisme et de l’antigang du monde !