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Black-Out. Demain il sera trop tard

Электронная книга - «Black-Out. Demain il sera trop tard». Краткое содержание книги:

Par une froide soirée d’hiver, le réseau électrique européen commence à lâcher. De nombreux pays s’enfoncent dans l’obscurité et plusieurs centrales nucléaires mettent en danger la vie de millions d’êtres humains. Menace terroriste ou défaillance technique ? Piero Manzano, ex-hacker italien, croit savoir qui est responsable. Avec l’aide d’un policier français d’Europol, François Bollard, Manzano s’engage dans une véritable course contre la montre face à un adversaire aussi rusé qu’invisible.
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— Depuis le début de cette histoire, tu ne peux pas blairer les flics, railla Shannon.

— Je sais, je sais, soupira l’Italien. Il ferma les yeux, passa ses doigts le long de ses narines. On a le choix ? »

Onzième jour — mardi

La Haye

« Wow ! » C’est tout ce que Bollard trouva à dire.

Devant son ordinateur, il parcourait la page RESET dont Manzano lui avait révélé l’existence quelques minutes auparavant. Christopoulos et deux autres collaborateurs regardaient par-dessus son épaule.

« Vous devez sauvegarder ces données aussi vite que possible, intima Manzano au téléphone, avant que nous ne soyons découverts. »

Bollard approuva. Les pensées se bousculaient dans sa tête. « Informe l’IT ! Ils doivent se mettre au travail sur-le-champ ! » ordonna-t-il au Grec qui composa un numéro de téléphone.

« Et comment puis-je savoir si tout cela est bien vrai ? » Et si l’Italien avait tout fabriqué pour les mettre sur une fausse piste ? Perdu dans ses réflexions, il cliquait au hasard çà et là. Heureusement, il connaissait la langue des hackers et était en mesure de déchiffrer ces conversations.

« Arrêtez votre délire ! Vous voyez bien la quantité que ça représente ! On n’invente pas tout ça !

— Comment avez-vous déniché ça ?

— Avec un peu de pot. Et vous n’allez pas me croire : à cause de la grave négligence de ces types en termes de sécurité. Je vous expliquerai à l’occasion. »

Bollard cessa de se balader parmi les fichiers. Il en avait assez vu. Si ce n’était pas un traquenard, ce maudit Italien avait remporté le jackpot.

Bollard n’était pas complètement convaincu, mais il lui fallait bien reconnaître que la persévérance et le zèle de cet homme forçaient le respect. « On m’a dit qu’on vous avait tiré dessus. Vous allez mieux ? »

Un court silence au bout du fil. « Merci. Ça va mieux. »

Bollard luttait contre lui-même, puis lâcha : « Si cette plateforme nous livre tous ses secrets…

— Sans aucun doute. Mais vous avez besoin d’un sacré paquet de gens pour les analyser assez vite… Qui peut vous aider ?

— Tous.

— C’est qui, tous ?

— NSA, police nationale, BKA… Tous. » Bollard dut se faire violence une fois de plus. « Et… vous ? »

Bruxelles

Il ne m’a jamais pris dans ses bras de cette manière, se dit Shannon en regardant Manzano prendre congé d’Angström. Elle ressentait une pointe de jalousie, bien qu’elle ne soit pas certaine de ce que lui inspirait précisément son compagnon d’infortune. Ils avaient vécu tant de choses ensemble. Probablement l’un des moments les plus chargés émotionnellement de toute sa vie.

Manzano relâcha son étreinte. Un fonctionnaire l’attendait auprès du véhicule d’urgence garé devant le bâtiment de la Commission.

Lauren prit place sur la banquette arrière, Piero s’assit à côté d’elle. Leur accompagnateur s’installa derrière le volant. Il tira d’un sac quatre sandwiches et deux grandes bouteilles d’eau et les leur tendit.

« Avec les meilleures salutations de monsieur Bollard, sourit-il. Attachez vos ceintures. Même si la circulation est faible. »

La Haye

Dans certaines rues de La Haye, le spectacle était identique à celui de la capitale belge. Des autos et des maisons en flammes, des poubelles qui se consumaient.

« Où va-t-on ? se renseigna-t-il auprès du chauffeur.

— L’hôtel est complet. Vous logerez dans un campement provisoire à Europol. »

Des blindés patrouillaient dans les rues.

« C’est des coups de feu ? demanda Shannon après qu’eurent retenti plusieurs détonations au loin.

— Ça se pourrait », fit laconiquement le chauffeur.

Pour accéder au bâtiment, il leur fallait franchir un barrage gardé par des militaires lourdement armés.

« On croirait qu’il y a une guerre, remarqua Shannon.

— C’est un peu ça », rétorqua le fonctionnaire.

« Qu’est-ce qu’elle fait là ? » demanda Bollard en désignant la journaliste.

Sans y prêter attention, l’Italien alla à une fenêtre et regarda la ville. D’épaisses fumées s’élevaient en différents lieux. Il entendait les sirènes des véhicules d’urgence dans le lointain et les rotors des hélicoptères qui quadrillaient la capitale.

« Sans elle, vous n’auriez pas eu mon ordinateur ni jamais trouvé RESET », répondit-il enfin.

Bollard fronça les sourcils, sa mâchoire se crispa.

« Mais pas un mot dans la presse, alors.

— Parole d’honneur, jura l’Américaine. Pas sans votre autorisation. »

Elle chuchota à l’Italien : « Mais j’aurais besoin d’équipement : caméra, ordinateur…

— Il nous faut des portables, exigea-t-il. Et pour elle, une caméra. »

Il ne fut pas sans remarquer que le Français était sur le point d’exploser, mais il trouvait légitimes ses revendications.

Le fonctionnaire leur adressa un regard noir. « Ça marche. Je vous fais apporter ça. Mais, je vous le répète, pas un mot dans la presse. »

Shannon opina du chef et le rassura : « Seulement lorsque vous voudrez que votre travail exemplaire accède à la postérité.

— Jouez pas à la plus maligne ! s’agaça Bollard.

— Bon, on en est où avec RESET ? s’enquit Manzano pour changer de sujet.

— Les données ont été transférées à Interpol, à l’OTAN, au Secret Service, à la NCTC et à quelques autres, détailla-t-il. On s’est réparti l’analyse. »

Dans la salle de réunions, deux dizaines d’hommes étaient installés devant des ordinateurs. Bollard, Manzano et Shannon se postèrent derrière l’un d’entre eux.

« Et d’après quels paramètres ? demanda l’Italien.

— Tout un tas. Par exemple par mots clefs. On a trouvé des chats où il est très clairement question de zero-days.

— Qu’est-ce que c’est que ça, encore ? demanda l’Américaine.

— Ce sont des vulnérabilités dans des logiciels et des programmes, inconnues du fournisseur et pour lesquelles il n’existe donc pas de correctifs appropriés, la renseigna Manzano.

— Puis nous cherchons également qui sont les différents utilisateurs, poursuivit Bollard. On filtre leurs conversations selon différentes entrées. Et ainsi de suite.

— Entrées, reprit Manzano. Avez-vous également recherché des choses sur mon compte ?

— Bien sûr ! Et même en tout premier. Vous voulez voir ? »

L’homme à l’ordinateur tapa au clavier et fit apparaître un texte à l’écran.

6, 11 :24 GMT

tancr : on dirait que l’Italien a échappé aux Allemands.

b. tuck : mais il est toujours soupçonné ?

tancr : je sais pas. Je crois.

b. tuck : il nous a assez fait chier.

tancr : ouais. Fallait bien que quelqu’un découvre le pot aux roses.

« L’Italien, fit Manzano, c’est donc moi. Et les Allemands, c’est ce Hartlandt.

— Mais ce n’est pas tout », annonça Bollard.

5, 13 :22

tancr : l’Italien casse vraiment les burnes. Il rôde autour de Talaefer.

Je le mettrais bien hors circuit.

b. tuck : comment ?

tancr : faux mail.

b. tuck : ok.

« Merci bien ! s’écria Manzano en jetant un regard triomphal à Bollard. J’espère que ça vous convaincra enfin de mon innocence !

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