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Black-Out. Demain il sera trop tard

Электронная книга - «Black-Out. Demain il sera trop tard». Краткое содержание книги:

Par une froide soirée d’hiver, le réseau électrique européen commence à lâcher. De nombreux pays s’enfoncent dans l’obscurité et plusieurs centrales nucléaires mettent en danger la vie de millions d’êtres humains. Menace terroriste ou défaillance technique ? Piero Manzano, ex-hacker italien, croit savoir qui est responsable. Avec l’aide d’un policier français d’Europol, François Bollard, Manzano s’engage dans une véritable course contre la montre face à un adversaire aussi rusé qu’invisible.
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Les forces armées interviendraient au même instant, aux deux extrémités du monde, sur un seul ordre. On couperait d’abord l’électricité et toutes les connexions Internet de chacun des complexes, puis les hommes donneraient l’assaut.

« Les indices sont sans équivoque, fit le chancelier. Nous donnons notre feu vert. Quelqu’un a-t-il des objections ? »

Aucun des généraux de l’OTAN, qui tenaient tant à leur piste chinoise, ne dit un mot.

« Alors, nous donnons le top action à nos troupes », conclut le président américain.

Istanbul

Il avait besoin d’air frais. Chacun d’entre eux restait devant un écran dix-huit heures par jour. Il devait sortir. Il emprunta l’itinéraire à travers la cave. Ils l’avaient conçu pour ce genre de choses. Même s’il savait que certains se montraient légers avec les consignes de sécurité, lui en était soucieux. C’est ainsi qu’il ressortit à deux cents mètres du central opérations, étant passé par les sous-sols des bâtiments voisins. Dehors, il ne faisait pas plus de cinq degrés. Pourtant le trafic routier était dense, il y avait des embouteillages. Étonnant qu’à quelques centaines de kilomètres seulement du black-out le quotidien soit resté inchangé. Dans quelques semaines ou quelques mois, ses conséquences s’y feraient pourtant ressentir, et, tôt ou tard, la pagaille serait identique à celle qui régnait en Europe et aux États-Unis. Il ferma sa veste et inspira profondément. Décontracté, il faisait les cent pas devant les vitrines. Toute cette camelote superflue ! Bientôt, femmes et hommes auraient à se soucier de choses plus importantes. À l’approche d’un bruit assourdissant, il se retourna. À un bloc de lui, des lueurs clignotèrent des fenêtres d’un immeuble sur le toit duquel atterrissait un hélicoptère, inondant la zone de lumière.

Des passants se tournèrent en direction de la scène, restèrent plantés, regardèrent, la tête en l’air. Des spots puissants illuminaient la façade de tous les côtés. Leur bâtiment. Des ordres retentirent, qu’il ne comprit pas. Leur signification lui fut pourtant évidente sur-le-champ. Il serra les poings au fond de ses poches. Prudemment, il regarda autour de lui, les gens, puis les voitures. Il devait se comporter de la manière la plus naturelle du monde. La plupart des piétons regardaient encore les événements, d’autres avaient repris leur marche. Un peu devant lui, il remarqua une camionnette aux fenêtres teintées. Sa porte coulissante était ouverte ; il y avait de nombreux policiers. Parmi eux, il reconnut le Français d’Interpol.

La Haye

Mon Dieu ! Ce n’est pourtant pas la retransmission d’un match de foot, se dit Manzano. Il s’était promis de ne pas regarder l’assaut. Cependant, les images en mouvements sur les différents moniteurs, obtenues à partir de quatre caméras différentes à Istanbul et Mexico, l’hypnotisaient. L’Italien se demanda qui choisissait la perspective. Est-ce qu’un réalisateur se trouvait à Langley, ou Berlin — et pourquoi pas à Hollywood —, pour crier à ses équipes : « Screen 1, caméra 3 ! » ?

À Istanbul, les unités spéciales, courant dans un couloir sombre, s’engouffraient dans une salle remplie de bureaux et d’ordinateurs. Plusieurs personnes se levèrent. Certaines levaient les bras, d’autres se jetaient sous les bureaux ou derrière les chaises. Les caméras des casques enregistraient des images de visages paniqués, apeurés, en colère. Les micros captaient cris, ordres, bruits de pas, détonations.

Puis les images se firent plus calmes. Plusieurs prisonniers étaient à plat ventre, les bras liés dans le dos. Sur les postes de travail délaissés rayonnaient les écrans, dont Manzano ne pouvait reconnaître ce qu’ils affichaient. Deux policiers passèrent prudemment dans une pièce contiguë où ils ne trouvèrent âme qui vive, mais des baies serveurs du sol au plafond.

À Mexico, deux Seals étaient agenouillés au-dessus d’un individu blessé pour lui poser une compresse. L’homme les insultait, eut un sourire sardonique, murmura quelque chose de méchant à en croire l’intonation. D’autres soldats inspectaient les pièces restantes.

Dix minutes plus tard, le message suivant retentit, en provenance d’Istanbul : « Mission accomplie, cibles neutralisées, onze personnels ennemis appréhendés, trois blessés légers, trois morts. »

Deux minutes plus tard, un message équivalent de Mexico : « Treize personnels ennemis appréhendés, un blessé grave, deux morts. »

« Mes félicitations ! » résonna la voix du président américain dans les haut-parleurs.

Les autres politiques se joignirent à lui, en différentes langues.

Istanbul

Il rejoignit l’aéroport Atatürk par les transports en commun. Lorsqu’il quittait le central, il portait toujours sur lui la clef de sa consigne. Il y trouva les faux papiers et l’argent.

Si les policiers avaient trouvé leur quartier général, ils connaissaient probablement les causes du black-out et pouvaient donc y mettre un terme. Ce n’était qu’une question de temps avant que les premiers vols puissent rallier les plus importantes agglomérations européennes. Une question restait en suspens : que savaient-ils précisément de leurs troupes ? Ils devaient probablement le soupçonner d’en être. Plus ils en sauraient sur les autres, plus ils remarqueraient son absence lors de l’assaut. Ils s’imagineraient que ceux qui manquaient avaient pris la fuite et feraient surveiller les aéroports. Mais il avait confiance en ses nouveaux papiers, sa nouvelle coupe de cheveux et sa moustache. Et s’ils avaient également découvert Mexico ? Il chercha une place confortable d’où il pouvait voir la télévision, qui diffusait des chaînes d’informations en continu. Même s’il ne pouvait entendre, les images suffiraient. Il avait tout son temps. Les dispositions qu’il avait prises achèveraient le travail. Libre à eux de penser que tout était fini. Il était mieux placé qu’eux pour savoir.

Ybbs-Persenbeug

Herwig Oberstätter regardait les trois géants rouges de l’immense salle des générateurs de l’aile sud de la centrale. Dans sa main droite, son talkie-walkie sonna.

Grâce à un messager spécial de l’armée, la mise à jour de Talaefer avait été effectuée trois heures auparavant.

« C’est tout ? » s’étonnaient les informaticiens. Les alertes. Quelqu’un avait corrompu une partie du programme pour engendrer des messages d’erreur ineptes.

L’entreprise responsable de tout ça est ruinée, songea Oberstätter. Jamais plus elle n’aura de contrats. Et les indemnités qu’elle devra verser achèveront de la mettre sur la paille.

Après que les techniciens eurent lancé le logiciel corrigé, Oberstätter et ses collègues commencèrent les tests et les différents préparatifs pour la reprise de l’activité dans la salle de contrôle. Aucun problème. D’abord, il n’entendit rien. Ce n’est qu’aux vibrations emplissant l’air qu’il réalisa que les machines faisaient de nouveau passer le courant du Danube dans les turbines des générateurs pour produire de l’électricité, ce qui n’était plus arrivé depuis des jours. L’air trembla, un grondement léger, profond, naquit, s’amplifia, atteignit son apogée, se stabilisa en un bourdonnement plus faible, qu’Oberstätter accueillit intérieurement comme le premier cri d’un nourrisson.

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