Moby Dick
- Автор: Мелвилл Герман
- Язык: французский
- Жанр: Морские приключения
Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
– Vous me valez un poignet foulé, mais il reste assez de corde pour vous qui ne vouliez pas vous rendre, mon beau coq de Bantam. Enlevez-lui ce bâillon et écoutons ce qu’il a à dire pour sa défense.
Pendant un moment, les mâchoires crispées du mutin à bout de forces se mirent à trembler puis, tournant douloureusement la tête, il dit dans un sifflement:
– Ce que j’ai à dire, souvenez-vous-en, c’est ce que si vous me fouettez, je vous tuerai.
– Vraiment? alors voyez comme vous me faites peur… et le capitaine lança la corde en arrière pour frapper.
– Vaut mieux pas, siffla l’homme des Lacs.
– Mais je vais le faire, et de nouveau il s’y apprêta.
Alors, toujours dans un sifflement, entendu de personne hormis du capitaine, Steelkilt murmura quelque chose et, à l’étonnement de tout l’équipage, le capitaine fit un bond en arrière, arpenta fébrilement le pont à deux ou trois reprises puis, jetant soudain sa corde, il dit:
– Je ne le ferai pas… libérez-le… coupez ces liens, vous m’entendez?
Mais tandis que les seconds se hâtaient dans le but d’exécuter cet ordre, un homme pâle, la tête bandée, s’interposa, c’était Radney le premier second. Il était resté couché depuis qu’il avait reçu le coup, mais ce matin-là, entendant ce remue-ménage sur le pont, il s’était glissé jusque-là et avait assisté à toute la scène. Il avait la mâchoire dans un tel état qu’il pouvait à peine parler, mais il marmotta quelque chose, proposant de mettre lui-même à exécution ce devant quoi le capitaine reculait, il s’empara de la corde et marcha sur son ennemi garrotté.
– Vous êtes un lâche! siffla l’homme des Lacs.
– C’est juste, mais ramassez toujours! Le second était sur le point de frapper, lorsqu’un nouveau sifflement immobilisa son bras. Il hésita, puis délibérément tint parole malgré la menace de Steelkilt, quelle qu’elle ait pu être.
Les trois marins furent relâchés, les matelots renvoyés à leurs postes et les pompes manœuvrées par des hommes maussades et ombrageux retentirent comme auparavant.
Le même jour, juste après la tombée de la nuit, tandis qu’une bordée venait de quitter le quart, une clameur s’éleva dans le poste d’équipage et les deux traîtres tout tremblants vinrent en courant assiéger la porte du capitaine en déclarant qu’ils n’osaient pas rester avec l’équipage. Prières, taloches et coups de pieds ne parvinrent pas à les déloger de sorte que, selon leur propre suggestion, ils descendirent chercher leur salut dans la coulée-arrière. Pourtant, aucun symptôme de mutinerie ne se manifesta chez les autres. Il semblait au contraire qu’à l’instigation de Steelkilt ils soient résolus à maintenir la paix la plus parfaite, à obéir jusqu’à la fin et à déserter d’un seul corps dès que le navire aurait touché un port. Mais dans le but d’accélérer le voyage, ils s’entendirent tous sur un autre point: à savoir ne pas donner de la voix au cas où des baleines seraient vues. Car, malgré sa voie d’eau, et tous les autres dangers qu’il courait, le Town-Ho gardait ses guetteurs aux postes de vigie et son capitaine était aussi disposé à mettre les pirogues à la mer à présent qu’au moment où il était arrivé sur les lieux de croisière. Radney, le second, était également prêt à troquer son hamac contre la baleinière et, le pansement sur la bouche, à chercher à bâillonner à mort la vivante mâchoire de la baleine.
Mais bien que l’homme des Lacs eût encouragé les matelots à adopter une attitude passive, il tenait un petit conseil privé (du moins jusqu’à ce que tout prît fin) avec lui-même au sujet de la vengeance personnelle qu’il allait exercer sur l’homme qui l’avait blessé en plein cœur. Il faisait partie de la bordée de Radney; or celui-ci, malgré les conseils du capitaine, avait insisté pour reprendre son quart de nuit, après la scène du fouet, comme si, ensorcelé, il voulait parcourir plus de la moitié du chemin pour rencontrer son destin. Sur ce, et à cause d’une ou deux autres circonstances, Steelkilt échafauda méthodiquement son plan de vengeance.
Au cours de la nuit, Radney avait une manie contraire à tout sens marin. S’asseyant sur les pavois du gaillard d’arrière, il posait un bras sur le plat-bord d’une pirogue suspendue là, en dehors de la lisse. On savait qu’il lui arrivait de s’endormir dans cette position. L’espace séparant le navire de la baleinière était considérable et en dessous il y avait la mer. Steelkilt examina son horaire et nota que son tour de barre se situerait à deux heures du matin le troisième jour après qu’il eût été trahi. En attendant, il employa ses loisirs à tresser quelque chose avec un soin extrême pendant ses quarts d’en bas.
– Qu’est-ce que vous fabriquez là? lui demanda un camarade.
– Que croyez-vous que ce soit? À quoi cela ressemble-t-il?
– À une aiguillette pour votre sac, pourtant elle me paraît un peu curieuse.
– Oui, plutôt curieuse, dit l’homme des Lacs en la tenant à bout de bras devant lui, mais je crois qu’elle fera l’affaire. Camarade, je n’ai pas assez de fil à voile, en auriez-vous?
– Il n’y en a pas sur le gaillard d’avant.
– Alors il me faut aller en demander à ce vieux Rad, et il se leva pour se diriger vers le gaillard d’arrière.
– Vous n’avez quand même pas l’intention d’aller lui mendier quelque chose à lui! s’écria le matelot.
– Pourquoi pas? Croyez-vous qu’il va me refuser un service quand c’est pour lui rendre service à lui, en fin de compte, camarade? et allant vers le second il le regarda tranquillement et lui demanda du fil à voile pour réparer son hamac. Il lui fut donné mais on ne devait plus revoir ni le fil ni l’aiguillette. La nuit suivante, une boule de fer, enfermée dans une résille tressée, faillit rouler hors de la poche de la vareuse de l’homme des Lacs, tandis qu’il l’arrangeait, en guise d’oreiller, dans son hamac. Vingt-quatre heures plus tard, son tour de barre était venu, l’heure fatale et silencieuse approchait où il se trouverait près de l’homme qui, parfois, s’endormait au-dessus de la tombe toujours ouverte pour le marin. Et dans l’esprit de Steelkilt, le second était déjà étendu roide, le crâne en éclats.
Toutefois, messieurs, un imbécile épargna au meurtrier en puissance de commettre l’acte sanglant qu’il avait prémédité. Pourtant il eut entière vengeance, sans être le vengeur car, par une mystérieuse fatalité, le Ciel lui-même parut intervenir pour lui prendre des mains l’acte qui l’eût conduit à la damnation, et l’assumer lui-même.
Entre l’aube et le lever du soleil, au matin du second jour, tandis que les hommes lavaient les ponts, un idiot venu de Ténériffe, tandis qu’il amenait de l’eau sous les porte-haubans, s’écria soudain:
– La voilà qui roule! la voilà qui roule! Jésus, quelle baleine!
C’était Moby Dick.
– Moby Dick! s’écria don Sebastian. Par saint Dominique, monsieur du marin, les baleines ont-elles des noms de baptême? Qui donc appelez-vous Moby Dick?
– Un monstre très blanc, très célèbre, le plus implacable des monstres immortels, señor… mais ceci serait une trop longue histoire…
– Racontez-la, racontez-la, s’exclamèrent tous les jeunes Espagnols en se rapprochant.
– Non, señores, non, non! je ne puis entrer dans un récit aussi détaillé maintenant. Laissez-moi respirer.