Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне

Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:

Ismaël, attiré par la mer et le large, décide de partir à la chasse à la baleine. Il embarque sur le Pequod, baleinier d'un capitaine nommé Achab, amputé d'une jambe, qui emmènera Ismaël autour du monde à la poursuite du cachalot blanc…
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
1 ... 73 74 75 76 77 78 79 80 81 ... 169
Перейти на страницу:

Avant que l’alarme pût être donnée à l’arrière, Steelkilt secoua l’un des galhaubans qui montait jusqu’au poste de vigie où deux de ses camarades étaient appointés. Tous deux étaient des mariniers.

– Des mariniers! s’écria don Pedro. Nous avons vu bien des navires baleiniers dans nos ports, mais nous n’avons jamais entendu parler de vos mariniers. Pardon… mais que sont-ils et qui sont-ils?

– Señor, nos mariniers sont les bateliers de notre grand canal de l’Érié. Vous avez dû en entendre parler…

– Non, señor, ici, dans notre vieux pays engourdi, chaud et des plus paresseux, nous n’en savons guère sur votre Nord énergique.

– Oui? Alors, señor, remplissez mon verre, votre chicha est excellente, je vais donc vous dire qui sont nos mariniers car cela éclairera la suite de mon histoire.

Sur trois cent soixante milles, messieurs, traversant dans toute sa largeur l’État de New York, de nombreuses cités populeuses et de très prospères villages, d’interminables et lugubres marécages, des champs cultivés, riches et d’une fertilité sans égale, passant à côté des salles de billard et des bars, traversant le saint des saints des vastes forêts, passant sur les arches romanes des ponts jetés sur les rivières indiennes, traversant l’ombre et le soleil, passant à côté des cœurs heureux et des cœurs brisés, parcourant l’immense région diverse et contrastée des nobles Mohawks, longeant particulièrement les rangées de chapelles blanches comme neige, dont les clochers se dressent comme des bornes milliaires, et où coulent un flot incessant de corruption toute vénitienne et une vie souvent sans lois. Là sont les vrais Achantis, messieurs, là rugissent les païens, là vous les trouverez à votre porte, dans la grande ombre portée et l’abri protecteur des églises. Car une curieuse fatalité veut que les flibustiers de vos villes aient toujours leurs campements aux alentours des palais de justice, messieurs, de même que les pécheurs foisonnent autour des lieux saints. – N’est-ce pas un frère qui passe? demanda don Pedro, simulant avec humour l’inquiétude en regardant la foule sur la place.

– Heureusement pour notre ami nordique, l’Inquisition de dame Isabelle est sur le déclin à Lima, dit don Sebastian en riant. Continuez, je vous prie.

– Un instant!… s’écria un autre membre de la compagnie. En notre nom à tous, gens de Lima, je tiens à vous exprimer, monsieur du marin, que nous sommes sensibles au fait que vous n’avez pas cité l’actuelle Lima mais bien plutôt l’ancienne Venise pour illustrer la corruption. N’ayez pas l’air si étonné, vous connaissez le proverbe qui court au long de cette côte: «Corrompue comme Lima», il en va de même de Venise, j’y suis allé, la ville bénie du saint évangéliste Marc. Que saint Dominique la purge! Votre verre! Merci, le voilà plein, videz-le!

Le marinier, messieurs, est si pervers et si pittoresque, que, si on le saisissait sur le vif, on en ferait un excellent héros de tragédie. Tel Antoine, il vogue nonchalamment sur son Nil verdoyant et fleuri, jour après jour, lutinant ouvertement sa Cléopâtre aux joues rouges dorant au soleil ses cuisses couleur d’abricot. Cette mollesse s’évanouit aussitôt à terre. Le marinier arbore fièrement une allure de brigand, son chapeau joyeusement enrubanné, rabattu, accuse la beauté de ses traits. Il est la terreur de l’innocence souriante des villages où il flâne, son teint basané, son air avantageux ne passent pas inaperçus dans les villes. Une fois, vagabond sur son propre canal, un de ces mariniers me rendit service, je l’en remercie de tout cœur, je ne voudrais pas être ingrat, car c’est souvent une des plus grandes qualités qui rachètent ces hommes violents que d’avoir la poigne pour tirer d’embarras un pauvre étranger comme pour piller un riche. Bref, messieurs, tout cela vous prouve la vie déréglée qu’ils mènent; notre rude pêche à la baleine accueille un grand nombre de leurs échantillons les plus parfaits et nos capitaines baleiniers ne redoutent aucune race humaine autant qu’eux, hormis les hommes de Sydney. Le fait que, pour tant de nos jeunes campagnards nés sur ses rives, l’apprentissage de la vie du canal constitue la seule transition entre la moisson paisible d’un champ de blé chrétien et le labourage téméraire des plus barbares océans, ne diminue en rien son étrangeté.

– Je vois! je vois! s’écria impétueusement don Pedro en renversant sa chicha sur son plastron. Inutile de voyager! Le monde n’est qu’une Lima. J’aurais cru pourtant que dans votre Nord tempéré les générations se succédaient, froides et saintes comme les collines… Mais poursuivez…

– J’en étais resté, messieurs, au moment où l’homme des Lacs secouait le galhauban. À peine avait-il fait ce geste qu’il fut cerné et assiégé par les trois seconds et quatre harponneurs. Mais, glissant le long des haubans comme des comètes de malheur, les deux mariniers se ruèrent dans la mêlée et tentèrent de tirer leur homme sur le gaillard d’avant. D’autres matelots se joignirent à eux dans cet effort et une bagarre générale s’ensuivit, cependant que le courageux capitaine, se tenant à l’écart du danger, dansait d’un pied sur l’autre, une pique à la main. Il ordonna à ses officiers de maîtriser cet affreux scélérat et de le traîner jusqu’au gaillard d’arrière; de temps à autre, il s’approchait du pourtour de ce cercle en effervescence et, cherchant son centre de la pointe de sa lance, il essayait d’en atteindre l’objet de son ressentiment afin de l’en faire sortir. Mais les risque-tout qui entouraient Steelkilt étaient trop nombreux, ils réussirent à gagner le gaillard d’avant, dressèrent à l’alignement du guindeau trois ou quatre gros barils qui se trouvaient là et, Parisiens de la mer, se retranchèrent derrière leurs barricades.

– Sortez de là, pirates, hurla le capitaine, les menaçant à présent d’un pistolet dans chaque main, pistolets que venait de lui apporter le garçon. Sortez de là, égorgeurs!

Steelkilt bondit sur la barricade et y fit les cent pas, défiant les pistolets et laissant entendre clairement que sa mort à lui, Steelkilt, serait parmi l’équipage le signal d’une sanglante mutinerie. Ne craignant que trop que cela ne se révélât vrai, le capitaine fléchit légèrement, mais ordonna toutefois aux insurgés de rejoindre leurs postes.

– Promettez-vous de ne pas nous toucher, si nous le faisons? demanda le meneur.

– À vos postes! dis-je, je ne promets rien, à vos postes! Voulez-vous faire sombrer le navire en l’abandonnant dans un moment aussi critique? À vos postes! et il leva à nouveau un pistolet.

– Faire sombrer le navire? s’écria Steelkilt, mais oui qu’il sombre! Pas un seul d’entre nous ne reprendra le travail si vous ne jurez pas de ne pas lever le fouet sur nous. Qu’en dites-vous, les gars? demanda-t-il à ses camarades. Ils répondirent par un sauvage vivat.

L’homme des Lacs patrouillait maintenant sur la barricade, sans perdre de l’œil le capitaine et s’exprimant par phrases décousues:

– Ce n’est pas de notre faute,… nous ne l’avons pas cherché… je lui avais bien demandé de laisser ce maillet… c’était le travail du mousse… il aurait dû mieux me connaître… je l’avais averti de ne pas me pousser à bout… je crois que je me suis cassé un doigt sur sa maudite mâchoire… les couteaux à émincer ne sont-ils pas dans le gaillard d’avant, les gars? Prenez garde à ces anspects, mes jolis cœurs. Capitaine, par Dieu, méfiez-vous… Jurez, ne soyez pas idiot… passez l’éponge, nous sommes prêts à retourner à nos postes… traitez-nous décemment et nous sommes vos hommes… mais nous refusons le fouet.

1 ... 73 74 75 76 77 78 79 80 81 ... 169
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)