Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Le Dico des dictionnaires - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le Dico des dictionnaires

Электронная книга - «Le Dico des dictionnaires». Краткое содержание книги:

C’est en dirigeant un laboratoire du CNRS consacré aux mots et aux dictionnaires que Jean Pruvost a contracté une dicopathie incurable. Chaque foyer possède au moins un exemplaire de ce condensé d’érudition, inlassablement mis à jour par l’usage et codifié par l’Académie. Ivre des mots, ce dicolâtre vit, lui, entouré de 10 000 dictionnaires.
Créateur d’une Journée annuelle des dictionnaires qui réunit depuis vingt ans des linguistes du monde entier, il se livre à un passionnant effeuillage de l’objet de toutes ses convoitises dont il goûte jusqu’à l’odeur… On découvre l’histoire passionnante de ce best-seller méconnu et mille anecdotes. Comment, au XIXe siècle, la « fesse » a-t-elle été jugée si indigne qu’elle a disparu de certaines éditions ? Pourquoi trouvait-on la définition d’« un » automobile ou d’« une » cyclone avant que Littré ne change d’avis pour ce dernier mot ? Le « sexe féminin », « sexe imbécile » selon Furetière, n’y était guère mieux traité que l’« étudiante », cette « jeune fille de condition modeste et de mœurs légères ». Et que dire de ce collégien qui a rageusement biffé la mention des 30 000 mots annoncée sur la page de garde de son dictionnaire pour les remplacer par 28 943, selon son décompte ?
De Furetière et Vaugelas au Robert en passant par le Littré, la saga des Larousse ou le Dictionnaire de l’Académie, Jean Pruvost nous fait partager son addiction pour les mots de la langue française, leur histoire et leurs secrets.
1 ... 74 75 76 77 78 79 80 81 82 ... 126
Перейти на страницу:

Comme souvent, une dizaine d’émissions étaient enregistrées le même jour, peut-être davantage, pour être ensuite diffusées selon le calendrier de la chaîne. J’arrivais avec quelque avance, le temps d’assister à l’émission qui dans le calendrier précédait celle où j’étais invité. Grande surprise, dans le fauteuil se trouvait Paul Guth, l’homme dont le visage était naturellement souriant et la langue toujours pétillante avec un léger accent à la fois chaleureux, complice et distingué. Je m’aperçus qu’il était vraiment petit au fait que ses jambes ne touchaient pas le sol… Vint mon tour, après le maquillage, là aussi c’était une première, et je m’assis dans le fauteuil pendant qu’un assistant cherchait le micro-cravate, première fois également que j’entendais ce mot composé trahissant le port classique de cette « bande de linge portée autour du cou (comme en portaient les cavaliers croates) », est-il rappelé dans le Grand Robert.

En réalité, ce n’était pas moi qui initialement était invité, mais Bernard Quemada, directeur du Trésor de la langue française, qui dans sa générosité naturelle y avait envoyé à sa place le jeune de moins de quarante ans que j’étais encore. Une fois le micro-cravate retrouvé — j’étais coupablement assis dessus —, l’émission pouvait être lancée, générique en tête. J’ouvrais le dictionnaire, donnais un mot aux candidats, et il ne restait plus qu’à attendre sagement que l’animateur vous donne la parole pour l’expliquer. Explications développées, dépassant de loin un article et en l’occurrence la définition sobre et efficace du Petit Larousse. Parce que, en fait, on nous donnait le mot à proposer aux candidats dès qu’on acceptait de participer à l’émission : le fait d’ouvrir ostensiblement le dictionnaire et de prendre un mot au hasard était purement décoratif. Il fallait juste veiller à prendre des mots ne commençant pas par A ou B, ou alors ouvrir le dictionnaire dans ses premières pages. Il va de soi que bien préparées chez soi à l’ombre des dictionnaires, les explications donnaient de la personnalité invitée une image avantageuse : quelle culture ! J’ai participé trois fois à cette émission : j’y découvrais l’envers du décor et au passage le fait que, pour un mot, il y a aussi un envers du décor, passionnant.

Parmi les mots à découvrir, il me semble bien qu’il y eut le mot « terme ». Comme une sorte de pied de nez au « mot ». Et de rappeler alors, jouant les savants, qu’il s’agissait du mot « terminus », repris sur le grec où il désignait la « borne », la « limite », la « règle », et que c’est donc par analogie que « terminus », « terme » devint la « détermination du sens d’un mot », sa « délimitation », sa « définition », d’où le terme en tant que synonyme de mot mais dans un domaine précis (terme juridique, médical, etc.)

Et l’on rêve toujours un peu plus, si en s’enfonçant plus avant dans les coulisses du mot, on remonte jusqu’au dieu Terme, dieu grec protecteur des bornes et des champs. Un dieu des mots ?

N

NÉOLOGIE s. f. Mot tiré du grec, qui signifie proprement Invention, usage, emploi de termes nouveaux. La néologie, ou l’art de faire, d’employer des mots nouveaux demande beaucoup de goût et de discrétion.

NIVÔSE sub. masc. Premier mois d’hiver de la nouvelle année Françoise. [Supplément]

Dictionnaire de l’Académie française, 1798

NEZ Nom mimologique extrêmement naturel de l’organe d’où procèdent les vocales et les consonantes nasales. […] C’est la seule lettre consonante qui retentisse sur la touche nasale, et qui puisse se prononcer presque à bouche fermée […] C’est donc […] une lettre négative, et propre à caractériser toutes les idées de négation et de néant.

Charles Nodier, Dictionnaire raisonné des onomatopées françoises, 1808.

Natation au régiment

Un tel titre est-il raisonnable ? Quel rapport avec les dictionnaires ? En réalité, pareil intitulé, « La natation au régiment », correspond à une portion essentielle de la planche illustrée consacrée à la natation dans le millésime 1906 du Petit Larousse, c’est-à-dire le premier de la série.

Ladite planche, émergeant sur une pleine page, à proximité de l’article consacré à la natation, aura une forte longévité : elle régnera en effet presque vingt ans durant, jusqu’au millésime 1925. Son impact n’est pas négligeable puisqu’elle aura fait rêver quelques centaines de milliers de lecteurs (et de lectrices ?) au cours d’une période sensible, dix ans avant et dix ans après la Première Guerre mondiale.

Elle m’a toujours paru parfaitement symbolique du rôle particulier des dictionnaires, qu’on peut parfois faire rimer avec missionnaire au sens où Littré relevait ce mot : agent propagateur d’une foi en quelque chose. « Une foi non missionnaire est une foi morte », déclarait Emmanuel Mounier en 1946 dans son Traité du caractère. Ici, il s’agit de la foi républicaine, militante, adossée à une solide morale laïque, morale perceptible presque à chaque page du Petit Larousse illustré, comme l’était au siècle précédent l’engagement socialiste de Lachâtre dans son Dictionnaire universel de 1856.

C’est en général au détour d’un exemple que perce cette volonté didactique, fortement orientée. Qu’on en juge aux exemples suivants, le mot en italique étant celui-là même qui fait l’objet de l’article : « La vertu tient l’âme dans une assiette inébranlable » ; « Une conscience pure est un bon oreiller » ; « Les fripons redoutent la lumière » ; « Les criminels sont la honte de leur famille » ; « Nous devons aimer même nos ennemis ». Mais prudence tout de même : « Ne fréquentez que vos pareils, pareilles. » Et attention : « Le repos amollit. »

À cette morale laïque font écho, dans le premier quart du XXe siècle, des valeurs et parmi elles un cortège de pensées patriotiques. Il suffit ainsi de consulter l’article amour pour prendre conscience de la force de ces valeurs. À la suite immédiate de la définition, « sentiment par lequel le cœur se porte vers ce qui plaît fortement et en désire la possession », quels exemples viennent en effet en tout premier ? Ni badinerie ni grand amour romantique… mais deux exemples éloquents : Amour de la patrie, amour de la vertu. L’amour de la patrie passant par la défense du pays et donc par son armée, on ne s’étonnera pas qu’elle soit très présente : « Dévouer ses enfants à la patrie », « L’esprit de la discipline fait la force des armées », « Le soldat doit obéir sans réplique  », « Le soldat obéit à ses chefs ».

Ces exemples seraient aujourd’hui mal acceptés mais ne nous y trompons pas : on a perdu l’Alsace et la Lorraine en 1870 contre les Prussiens, la revanche est dans les esprits et la Première Guerre mondiale se prépare déjà à travers l’enseignement et ses supports privilégiés, les dictionnaires. Si les exemples propres à former et orienter les jeunes sont disséminés tout au long des articles, de manière somme toute efficace et discrète, il n’en va pas de même des illustrations. Ainsi, le « Canon actuel de campagne, de 75 millimètres, à tir rapide », avec un renvoi à l’article artillerie, fait-il l’objet d’une illustration extrêmement précise, en consignant tous les détails, de la tranche postérieure du manchon au berceau de pointage en passant par la chevillette du levier d’accrochage.

1 ... 74 75 76 77 78 79 80 81 82 ... 126
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)