Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Фэнтези » Prestimion le Coronal [Lord Prestimion - fr]
Prestimion le Coronal [Lord Prestimion - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Prestimion le Coronal [Lord Prestimion - fr]

Электронная книга - «Prestimion le Coronal [Lord Prestimion - fr]». Краткое содержание книги:

Vainqueur de la guerre des Sorciers, Prestimion, qui a manqué d’y perdre la vie, a payé chèrement le titre de Coronal. La fine fleur de Majipoor a été décimée, le monde ravagé, et la belle Thismet, la grande passion de Prestimion, est morte dans les combats.
Prestimion a décidé de rendre la paix à la planète géante et d’effacer de toutes les mémoires, avec l’aide de deux mages, le souvenir du conflit atroce et de tous ceux qui ont péri. Seuls deux de ses compagnons d’armes et lui-même en garderont la trace indélébile dans leurs souvenirs.
Mais comment Prestimion pourrait-il exulter de joie durant la cérémonie de son couronnement alors que ce secret lui pèse ? Et comment pourrait-il prendre femme comme le doit un Coronal alors qu’il demeure obsédé par l’image de Thismet ?
Pire, le charme d’oubli a creusé dans les esprits un vide insidieux que vient souvent remplir la folie. La sédition gronde. La violence menace à nouveau de ravager Majipoor.
Prestimion saura-t-il guérir les peuples dont il a la charge, et se sauver lui-même en retrouvant l’amour ?
1 ... 73 74 75 76 77 78 79 80 81 ... 136
Перейти на страницу:

D’aucuns trouvaient à Ketheron une beauté féerique ; pour d’autres, la région était un endroit grotesque, irréel, une vision de cauchemar. L’érosion avait découpé un réseau de rigoles aux parois abruptes dans la couche supérieure et sculpté dans les endroits exposés des aiguilles et des flèches aux formes torturées. En creusant l’intérieur de ces colonnes et en perçant d’étroites fenêtres dans l’épaisseur de la roche tendre, les habitants de Ketheron en avaient fait des habitations étrangement oniriques, des villes entières faites de hautes et étroites constructions jaunes évoquant des chapeaux pointus de sorcières.

L’étrangeté de Ketheron en faisait une des sources d’inspiration préférées des peintres d’âme ; ils s’y rassemblaient depuis des siècles, déroulant leurs toiles psychosensitives sur lesquelles ils laissaient filtrer les impressions perçues par leur esprit en transe. On retrouvait des peintures d’âme représentant les tours jaunes torturées de Ketheron dans toutes les maisons des nouveaux riches qui n’avaient pas encore appris à se garder du banal. Prestimion en avait même vu cinq ou six dans le Château, accrochées dans des recoins ; il redoutait de s’être déjà habitué au paysage et de ne pouvoir l’apprécier comme il convenait quand il lui serait donné de le contempler.

Mais il comprit rapidement que les peintures d’âme ne l’avaient aucunement préparé à la vue de Ketheron. Ce paysage tout en jaune, traversé de part en part par la rivière aux eaux jaunes et limoneuses, les colonnes de guingois se dressant au sommet des falaises… tout cela avait un air mystérieux, comme si on avait posé une portion d’une autre planète sur Majipoor, entre Bailemoona et la côte de l’Aruachosia !

Évidemment, se dit Prestimion, tout endroit que l’on ne connaît pas ne peut qu’être considéré comme un lieu de mystère. Mais connaît-on vraiment les endroits que l’on croit connaître ?

Ce qu’il avait devant les yeux était véritablement d’une grande étrangeté. La cité de Ketheron qui s’étirait sur plusieurs kilomètres le long de la rive nord de la rivière, au cœur de la vallée, était la capitale du district du même nom. Modeste pour une cité de Majipoor, elle ne comptait pas plus d’un demi-million d’âmes.

Prestimion considérait avec émerveillement les maisons aux formes si particulières dont les habitants sortaient pour regarder passer leur Coronal. Ils avaient eux-mêmes, du moins crut-il le remarquer, un visage au teint jaune et portaient des vêtements bouffants et de longs bonnets tombants qui leur donnaient une apparence de gnomes s’accordant parfaitement avec l’étrangeté de l’habitat.

Même si Ketheron lui avait été aussi familière dans sa configuration et sa structure que Muldemar, Halanx ou Tidias, Prestimion comprit qu’il se tromperait grandement s’il s’imaginait la connaître. Chaque cité était un monde en soi, un monde en miniature, avec ses millénaires d’histoire enclos à l’intérieur de ses murs… plus de secrets qu’un être humain ne pouvait en découvrir de son vivant. Et Ketheron n’était qu’une des innombrables cités de l’immense planète qui venait d’être confiée à sa garde, un lieu qu’il traversait ce jour-là et ne reverrait plus jamais, dont l’essence lui demeurerait aussi mystérieuse le lendemain de son passage qu’elle l’avait été la veille.

Ils se trouvaient dans une région agricole – le sol jaune était incroyablement fertile –, peuplée semblait-il de gens simples, qui n’avaient pas l’habitude de voir ni un Coronal en visite ni même des aristocrates. Le maire de Ketheron était presque tremblant quand il sortit de l’hôtel de ville, une tour grêle et contournée de trois étages, juste au bord de la falaise, pour accueillir Prestimion. Il était protégé par une imposante panoplie de porte-bonheur ; son costume d’apparat était couvert d’une telle quantité de talismans et d’amulettes qu’on se demandait comment le pauvre homme pouvait ne pas fléchir sous leur poids ; pour faire bonne mesure, il était accompagné de deux mages, un petit homme boulot à la peau huileuse et une grande perche au visage émacié qui tenait les ustensiles sacrés de ce qui était apparemment un culte purement local, puisque pas même Maundigand-Klimd n’en avait vu de semblables. Le Su-Suheris parut amusé par la conjuration d’une gravité malhabile par laquelle la paire de sorciers chassa les mauvais esprits de la salle profonde, sentant le moisi, où avait lieu la réunion, afin de la purifier pour le Coronal et sa suite. Ou bien était-ce pour le maire que ces rites étaient accomplis ?

Gialaurys procéda à l’interrogatoire tandis que Prestimion et les autres restaient à l’écart. À l’évidence, le maire était trop profondément intimidé par la seule proximité de Prestimion pour être en mesure de converser avec lui et l’insouciance narquoise de Septach Melayn n’aurait certainement pas contribué à mettre le pauvre homme à l’aise. Mais Gialaurys, malgré son physique impressionnant, avait l’art de parler avec les gens du peuple, étant lui-même d’origine modeste.

Le maire ou l’un de ses administrés avait-il vu ou entendu parler de la présence de Dantirya Sambail dans les environs ? Non, personne n’était au courant. Le maire semblait au moins savoir qui était Dantirya Sambail. Mais il ne voyait pas pourquoi le redoutable Procurateur de Ni-moya serait passé par ici. L’idée qu’un personnage si puissant pût avoir une raison quelconque de traverser cette région pittoresque mais éloignée de tout plongeait le maire dans un profond désarroi.

— Je pense que nous n’avons pas choisi la bonne route, murmura Prestimion à l’oreille de Septach Melayn. S’il avait filé droit vers la côte de l’Aruachosia, il serait nécessairement passé par ici. En quittant Bailemoona, nous aurions dû prendre la direction de l’ouest, pas du sud.

— À moins qu’un sortilège n’ait fait perdre la mémoire à ce brave homme, répondit Septach Melayn. Le Procurateur sait comment s’y prendre maintenant.

Rien de si tortueux n’avait été nécessaire. Quand Gialaurys présenta un croquis de Mandralisca, le maire reconnut aussitôt le goûteur à la mine patibulaire.

— Oui ! Oui ! Il est venu ici. Il voyageait dans un vieux flotteur rouillé et s’est arrêté pour acheter des provisions… Il y a trois semaines, peut-être cinq ou six… On ne peut pas oublier un visage comme celui-là !

— Il voyageait seul ? demanda Gialaurys.

Le maire n’en savait rien. Personne n’avait eu la curiosité de regarder à l’intérieur du flotteur qui stationnait au bord de la rivière. Après avoir acheté ce qu’il lui fallait, l’homme au visage en lame de couteau avait regagné son véhicule et repris la route. Le maire était incapable de dire dans quelle direction.

Pour une fois, les mages se rendirent utiles. C’est la femme au visage émacié qui prit la parole.

— Nous avons vu que cet étranger apporterait le malheur sur notre cité, expliqua-t-elle. Nous avons donc suivi son flotteur sur un ou deux kilomètres en disposant un cierge en cire de dragon de mer tous les cent mètres pour l’empêcher de revenir.

— Quelle direction a-t-il prise ?

— Celle du sud, répondit sans hésiter le petit homme à la peau huileuse. La route d’Arvyanda.

10

— Ils n’étaient pas fâchés de se débarrasser de nous, fit Prestimion en riant tandis que le convoi royal traversait un ouvrage branlant et craquant qui portait le nom de Pont de Spurifon et pouvait bien avoir cinq mille ans.

Il leur était juste possible d’apercevoir très loin en contrebas les eaux limoneuses de la Rivière de Soufre, coulant avec la lenteur d’un serpent ensommeillé, un ruban soufré sur le fond d’un jaune plus vif de la vallée qu’elle arrosait.

1 ... 73 74 75 76 77 78 79 80 81 ... 136
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)