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Ensemble, c’est tout

Электронная книга - «Ensemble, c’est tout». Краткое содержание книги:

Et puis, qu'est-ce que ça veut dire, différents ? C'est de la foutaise, ton
histoire de torchons et de serviettes... Ce qui empêche les gens de vivre
ensemble, c'est leur connerie, pas leurs différences... Camille dessine.
Dessinais plutôt, maintenant elle fait des ménages, la nuit. Philibert, aristo
pur jus, héberge Franck, cuisinier de son état, dont l'existence tourne autour
des filles, de la moto et de Paulette, sa grand-mère. Paulette vit seule, tombe
beaucoup et cache ses bleus, paniquée à l'idée de mourir loin de son jardin. Ces
quatre là n'auraient jamais dû se rencontrer. Trop perdus, trop seuls, trop
cabossés... Et pourtant, le destin, ou bien la vie, le hasard, l'amour -appelez
ça comme vous voulez -, va se charger de les bousculer un peu. Leur histoire,
c'est la théorie des dominos, mais à l'envers. Au lieu de se faire tomber, ils
s'aident à se relever.
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Il est tomb ou il a saut ?

C'tait un homme lgant, il est tomb. Il tait assureur et marchait sur le toit d'une tour pour une histoire de conduits d'aration ou je ne sais quoi, il a ouvert son dossier et n'a pas regard o il posait les pieds...

C'est dingue, ce truc... Qu'est-ce que t'en penses toi?

Je ne pense pas. Aprs il y a eu l'enterrement et ma mre se retournait tout le temps pour voir si l'autre femme n'tait pas dans le fond de l'glise... Ensuite elle a vendu la Jaguar et j'ai arrt de parler.

Pendant combien de temps ?

Des mois...

Et aprs ? Je peux baisser le drap parce que j'touffe, l...

Moi aussi j'touffais. Je suis devenue une adolescente ingrate et solitaire, j'avais mis le numro de l'hpital en mmoire dans le bigophone mais je n'en ai pas eu besoin... Elle s'tait calme... De suicidaire, elle tait passe dprime. C'tait un progrs. C'tait plus calme Une mort lui suffisait, j'imagine... Aprs, je n'avais qu'une ide en tte : me tirer. Je suis partie une premire fois vivre chez une copine quand j'avais dix-sept ans... Un soir, boum, ma mre et les flics devant la porte... Alors qu'elle savait trs bien o j'tais cette garce... C'tait relou comme disent les jeunes. Nous tions en train de dner avec ses parents et on parlait de la guerre d'Algrie, je me souviens... Et l, toc, toc, les flics. J'tais super mal l'aise vis--vis de ces gens, mais bon, je voulais pas d'histoires alors je l'ai suivie... J'ai eu dix-huit ans le 17 fvrier 1995, le 16 minuit une, je me suis casse en fermant la porte tout doucement... J'ai eu mon bac et je suis entre aux Beaux-Arts... Quatrime sur soixante-dix admis... J'avais fait un super beau dossier partir des opras de mon enfance... J'avais travaill comme une bte et j'ai eu les flicitations du jury... ce moment-l, je n'avais plus aucun contact avec ma mre et j'ai commenc galrer parce que la vie tait trop chre Paris... Je vivais chez les uns, chez les autres... Je schais beaucoup de cours... Je schais la thorie et j'allais aux ateliers et puis j'ai dconn... Premirement, je m'ennuyais un peu... Il faut dire que je n'ai pas jou le jeu : je ne me prenais pas au srieux et du coup, je n'tais pas prise au srieux. J'tais pas une Artiste avec un A majuscule, jetais une bonne faiseuse... Celle qui l'on conseillait plutt la place du Tertre pour barbouiller du Monet et des petites danseuses... Et puis euh... Je ne comprenais rien. Moi j'aimais dessiner, alors, au lieu d'couter le blabla des profs, je faisais leur portrait et cette notion d'arts plastiques , de happenings, d'installations, a me gonflait. Je me rendais bien compte que je m'tais tromp de sicle. J'aurais voulu vivre au xvie ou au xviie et faire mon apprentissage dans l'atelier d'un grand matre... Prparer ses fonds, nettoyer ses pinceaux et lui broyer ses couleurs... Peut-tre que je n'tais pas assez mre ? Ou que je n'avais pas d'ego ? Ou pas le feu sacr tout simplement? Je ne sais pas... Deuximement, j'ai fait une mauvaise rencontre... Le truc cousu de fil blanc : la jeune bcasse avec sa bote de pastels et ses chiffons bien plis qui tombe amoureuse du gnie mconnu. Le maudit, le prince des nues, le veuf, le tnbreux, l'inconsolable... Une vraie image d'pinal : chevelu, tortur, gnial, souffreteux, assoiff... Pre argentin et mre hongroise, mlange dtonant, culture blouissante, vivant dans un squat et n'attendant que a: une petite oie gaga pour lui prparer manger pendant qu'il crait dans d'atroces souffrances... J'ai assur. Je suis alle au march Saint-Pierre, j'ai agraf des mtres de tissu aux murs pour donner un petit aspect coquet notre chambrette et j'ai cherch du travail pour faire bouillir la marmite... Enfin la marmite, euh... Le Butagaz, on va dire... J'ai laiss tomber l'cole et je me suis assise en tailleur pour rflchir quel mtier je pourrais bien faire... Et le pire, c'est que j'tais fire ! Je le regardais peindre et je me sentais importante... J'tais la sur, la muse, la grande femme derrire le grand homme, celle qui remontait les cubis, nourrissait les disciples et vidait les cendriers...

Elle riait.

J'tais fire et je suis devenue gardienne de muse, super maligne, non ? Bon, l, je te passe les collgues parce que j'ai touch du doigt toute la grandeur de la fonction publique mais... Je m'en foutais vrai dire... J'tais bien. Finalement, j'y tais dans l'atelier de mon grand matre... Les toiles taient sches depuis longtemps mais j'ai srement plus appris l que dans toutes les coles du monde... Et comme je ne dormais pas beaucoup cette poque, je pouvais comater tranquille... Je me rchauffais... Le problme, c'est que je n'avais pas le droit de dessiner... Mme sur un tout petit carnet riquiqui, mme s'il n'y avait personne et Dieu sait qu'il n'y avait pas grand monde certains jours, pas question de faire autre chose que de ruminer mon sort, de sursauter quand j'entendais le tchouik tchouik des semelles d'un visiteur gar ou de ranger mon matos en vitesse quand c'tait le gling gling de son trousseau... la fin, c'tait devenu son passe-temps prfr Sraphin Tico, Sraphin Tico, j'adore ce nom... avancer pas de loup et me surprendre en plein dlit. Ah ! Qu'est-ce qu'il tait jouasse, ce crtin, quand il me forait ranger mon crayon ! Je le voyais qui s'loignait en cartant les jambes pour laisser ses couilles se gonffier d'aise... Mais quand je sursautais, a me faisait bouger et a, a me saoulait. Le nombre de croquis gchs par sa faute... Ah non ! C'tait plus possible ! Du coup, j'ai jou le jeu... L'apprentissage de la vie commenait porter ses fruits : je l'ai soudoy.

Pardon ?

Je l'ai pay. Je lui ai demand combien y voulait pour me laisser travailler... Trente balles par jour? bon... Le prix d'une heure de coma au chaud ? bon... Et je les lui ai donnes...

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Сюжет
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Главный герой
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