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Alex

Электронная книга - «Alex». Краткое содержание книги:

Qui connaît vraiment Alex ? Elle est belle. Excitante.Est-ce pour cela qu'on l'a enlevée, séquestrée, livrée à l'inimaginable ? Mais quand la police découvre enfin sa prison, Alex a disparu.Alex, plus intelligente que son bourreau. Alex qui ne pardonne rien, qui n'oublie rien, ni personne.Un thriller glaçant qui jongle avec les codes de la folie meurtrière, une mécanique diabolique et imprévisible où l'on retrouve l'extraordinaire talent de l'auteur de Robe de marié.
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Il rit, trop fort. Camille tape dans ses mains, tout à fait d’accord avec cette remarque.

— Justement, dit-il en cessant d’applaudir. Elles sont quasiment absentes !

Vasseur sent qu’un problème se pose à lui mais il ne voit pas clairement lequel.

Camille adopte un ton charitable, il vient à son secours :

— On trouve très peu d’empreintes d’Alex dans sa chambre, comprenez-vous ? À notre avis, quelqu’un a voulu effacer ses propres traces et, du coup, il a aussi effacé pas mal de celles d’Alex. Pas toutes, mais enfin… Certaines sont très significatives. Celles de la poignée de la porte, par exemple. La poignée qu’aurait utilisée la personne qui aurait rejoint Alex…

Vasseur enregistre, il ne sait plus où donner de la tête.

— Enfin, monsieur Vasseur, quelqu’un qui se suicide n’efface pas ses propres empreintes, ça n’a pas de sens !

Les images et les mots se bousculent, Vasseur avale sa salive.

— C’est pourquoi, confirme Camille, nous pensons qu’il y avait quelqu’un d’autre dans la chambre d’Alex au moment de sa mort.

Camille laisse le temps à Vasseur de digérer l’information, mais à voir son visage, il va en falloir.

Camille se fait pédagogue.

— Question empreintes, la bouteille de whisky nous pose aussi beaucoup de questions. Alex en a absorbé près d’un demi-litre. L’alcool potentialise puissamment les barbituriques, c’est la mort presque assurée. Eh bien, la bouteille a été soigneusement essuyée (on a prélevé dessus des fibres d’un tee-shirt retrouvé sur le fauteuil). Plus curieux encore, les empreintes d’Alex qui y figurent sont littéralement écrasées, comme si quelqu’un avait saisi sa main et l’avait appliquée de force sur la bouteille. Sans doute post mortem. Pour nous faire croire qu’elle l’avait tenue elle-même, toute seule. Qu’en dites-vous ?

— Mais… je n’en dis rien, qu’est-ce que vous voulez que j’en sache, moi !

— Ah si ! crie Camille d’un ton offensé. Vous devriez le savoir, monsieur Vasseur, puisque vous étiez présent !

— Pas du tout ! Je n’étais pas dans sa chambre ! Je vous l’ai expliqué, je suis rentré chez moi !

Camille ménage un très court instant de silence. Autant que le permet sa taille, il se penche vers Vasseur.

— Si vous n’étiez pas là, demande-t-il d’une voix calme, comment expliquez-vous qu’on retrouve vos empreintes dans la chambre d’Alex, monsieur Vasseur ?

Vasseur reste interdit. Camille se recule sur sa chaise.

— C’est parce qu’on trouve vos empreintes dans sa chambre au moment de sa mort, que nous pensons que vous avez tué Alex.

Chez Vasseur, un son s’arrête quelque part entre le ventre et la gorge, comme une virgule flottante.

— Ça n’est pas possible ! Je ne suis pas entré dans cette chambre. Mes empreintes, où ça, d’abord ?

— Sur le tube de barbituriques qui a servi à tuer votre sœur. Vous aurez sans doute oublié de les effacer. L’émotion peut-être.

Sa tête fait des va-et-vient, comme celle d’un coq, les mots se bousculent. Soudain, il hurle :

— Je sais ! J’ai vu ce tube ! Des cachets roses ! Je l’ai touché ! Avec Alex !

Le message est assez brouillon. Camille fronce les sourcils. Vasseur avale sa salive, il tente d’exposer les choses calmement mais la pression, la peur l’en empêchent. Il ferme les yeux, serre les poings, prend une longue inspiration, se concentre du mieux qu’il peut.

Camille l’encourage en approuvant de la tête, comme s’il voulait l’aider à s’exprimer.

— Quand j’ai vu Alex…

— Oui.

— … la dernière fois…

— C’était quand ?

— Je ne sais plus, trois semaines, un mois peut-être.

— Bien.

— Elle a sorti ce tube !

— Ah ! C’était où ?

— Dans un café, près de mon travail. Le Moderne.

— Très bien, expliquez-nous ça, monsieur Vasseur.

Il souffle. Une fenêtre vient de s’ouvrir, enfin ! Ça va aller mieux maintenant. Il va s’expliquer, c’est assez simple, ils vont devoir admettre. C’est tout bête, cette histoire de médicament. On ne peut pas bâtir une accusation sur ça. Il tente de prendre son temps mais sa gorge se serre. Il détache chaque mot :

— Il y a un mois, à peu près. Alex a demandé à me voir.

— Elle voulait de l’argent ?

— Non.

— Elle voulait quoi ?

Vasseur ne sait pas. En fait, elle ne lui a pas vraiment dit pourquoi, leur entretien a tourné court. Alex a pris un café, lui un demi. Et c’est à ce moment-là qu’elle a sorti son tube de médicament. Vasseur lui a demandé ce que c’était, oui, il reconnaît qu’il était un peu agacé.

— La voir prendre des saloperies comme ça…

— La santé de votre petite sœur, forcément, ça vous souciait…

Vasseur fait mine de ne pas entendre l’allusion, il s’applique, il veut en sortir.

— J’ai pris le tube de médicament, je l’ai pris dans ma main ! C’est pour ça qu’il y a mes empreintes dessus !

L’étonnant, c’est que les flics n’ont pas l’air convaincu. Ils attendent, suspendus à ses lèvres, comme s’il devait y avoir une suite, comme s’il n’avait pas tout dit.

— De quel médicament s’agissait-il, monsieur Vasseur ?

— Je n’ai pas regardé le nom ! J’ai ouvert le tube, j’ai vu des comprimés roses, je lui ai demandé ce que c’était, c’est tout.

Brusque relâchement chez les trois flics. D’un coup, l’affaire s’éclaire enfin d’un jour nouveau.

— D’accord, dit Camille, je comprends mieux. Ce n’est pas le même tube. Ce sont des cachets de couleur bleue qu’Alex a avalés. Rien à voir.

— Ça change quoi ?

— Que ça n’est sans doute pas le même tube.

Vasseur est de nouveau très excité. Il fait non non non, l’index en l’air, les mots se précipitent :

— Ça ne tiendra pas, votre truc, ça ne tiendra pas !

Camille se lève.

— Faisons le point, voulez-vous.

Il compte sur ses doigts.

— Vous disposez d’un mobile puissant. Alex vous faisait chanter, elle vous avait déjà extorqué vingt mille euros et s’apprêtait sans doute à vous en demander davantage pour lui permettre de tenir le coup à l’étranger. Vous disposez d’un très mauvais alibi, vous mentez à votre femme sur la nature de l’appel que vous recevez. Vous prétendez avoir attendu à un endroit où personne ne vous a vu. Puis vous reconnaissez que vous êtes allé rejoindre Alex à son hôtel, et d’ailleurs, nous avons deux témoins qui le confirment.

Camille laisse Vasseur saisir l’ampleur du problème qui se dessine.

— Ça ne fait pas des preuves !

— Ça fait déjà, un mobile, une absence d’alibi, votre présence sur place. Si on ajoute Alex frappée violemment à la tête, des empreintes effacées, et les vôtres bien présentes… Ça commence tout de même à faire beaucoup…

— Non, non, non, ça ne suffira pas !

Mais il a beau remuer l’index avec force, on sent de l’interrogation au fond de cette certitude affichée. C’est sans doute pour cela que Camille complète :

— Nous avons également trouvé votre ADN sur place, monsieur Vasseur.

L’effet de sidération est total.

— Un cheveu récupéré sur le sol, près du lit d’Alex. Vous avez tenté d’effacer vos traces mais vous n’avez pas fait le ménage assez efficacement.

Camille se lève et se plante devant lui :

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