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Alex

Электронная книга - «Alex». Краткое содержание книги:

Qui connaît vraiment Alex ? Elle est belle. Excitante.Est-ce pour cela qu'on l'a enlevée, séquestrée, livrée à l'inimaginable ? Mais quand la police découvre enfin sa prison, Alex a disparu.Alex, plus intelligente que son bourreau. Alex qui ne pardonne rien, qui n'oublie rien, ni personne.Un thriller glaçant qui jongle avec les codes de la folie meurtrière, une mécanique diabolique et imprévisible où l'on retrouve l'extraordinaire talent de l'auteur de Robe de marié.
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Il entend l’expression au moment où il la prononce, même épuisé, on sent qu’il résiste pour ne pas dire une gaudriole sur cette histoire d’« yeux fermés ». Il opte finalement pour un ton exagérément soucieux :

— Ces histoires de médicaments, ça devrait être mieux encadré, vous ne trouvez pas ? Remarquez, elle était infirmière, elle pouvait se procurer tout ce qu’elle voulait.

Vasseur devient pensif, d’un coup.

— Je ne sais pas quel genre de mort, ça provoque, les barbituriques, ça doit être assez… convulsif, non ?

— Si le sujet n’est pas ventilé à temps, dit Camille, il entre dans un coma profond, perd les réflexes de protection des voies aériennes. Il vomit dans ses poumons, il étouffe et il meurt.

Vasseur fait une moue de dégoût. Pouah. Selon lui, ça manque de dignité.

Camille fait signe qu’il comprend. À le voir, si ce n’était ses doigts qui tremblent légèrement, on croirait même qu’il partage l’opinion de Thomas Vasseur. Il renverse la tête sur son dossier, prend sa respiration.

— Nous allons revenir sur votre entrée dans l’hôtel, si vous le voulez bien. Nous sommes la nuit de sa mort, il est minuit passé, c’est bien ça ?

— Vous avez des témoins, vous n’avez qu’à leur demander.

— C’est ce que nous avons fait.

— Et alors ?

— Minuit vingt.

— Allons-y pour minuit vingt, je ne suis pas contrariant.

Vasseur se cale dans le fond de son fauteuil. Ses regards répétitifs à l’horloge sont des messages clairs.

— Donc, reprend Camille, vous entrez derrière eux, ça leur a semblé naturel. Le hasard… Un autre client qui rentre à la même heure. Les témoins disent que vous attendez l’ascenseur. Après, ils ne savent pas. Leur chambre est au rez-de-chaussée, ils vous perdent de vue. Donc, vous prenez l’ascenseur.

— Non.

— Ah bon ? Pourtant…

— Bah non, où vouliez-vous que j’aille ?

— C’est bien la question que nous nous posons, monsieur Vasseur. Où allez-vous à ce moment-là ?

Vasseur fronce les sourcils.

— Écoutez, Alex m’appelle, me demande de venir, elle ne me dit pas pourquoi et, en plus, elle ne vient pas ! Je vais à son hôtel mais sans réceptionniste, que voulez-vous que je fasse ? Que je frappe à toutes les portes des deux cents chambres en disant, excusez-moi, je cherche ma sœur ?

— Votre demi-sœur !

Vasseur serre les maxillaires, respire, fait comme s’il n’avait pas entendu.

— Bon, j’attends dans ma voiture depuis une plombe, l’hôtel d’où elle m’appelle est à deux cents mètres, n’importe qui aurait fait comme moi. J’y suis allé parce que j’ai cru que je pourrais trouver une liste à la réception, son nom quelque part, un tableau d’affichage, j’en sais rien, moi ! Mais quand je suis arrivé, rien à la réception. Tout était bouclé. J’ai bien vu que je ne pouvais rien faire, alors je suis rentré chez moi. Voilà.

— Vous n’avez pas réfléchi, en somme.

— Voilà, je n’ai pas réfléchi. Pas suffisamment.

Camille est embarrassé, il hoche la tête de droite à gauche.

— Bah, ça change quoi ? demande Vasseur, outré.

Il se tourne vers Louis et vers Armand, les prend à témoin.

— Hein, ça change quoi ?

Les flics ne bougent pas, le fixent calmement.

Son regard monte alors vers la pendule. L’heure tourne. Il se calme. Il sourit.

— On est d’accord, dit-il, sûr de lui. Ça ne change rien. Sauf que…

— Oui ?

— Sauf que si je l’avais trouvée, tout ça ne serait pas arrivé.

— C’est-à-dire ?

Il croise le bout des doigts, comme un homme soucieux de faire le bien.

— Je pense que je l’aurais sauvée.

— Mais hélas, c’est arrivé. Et elle est morte.

Vasseur écarte les mains, fatalité. Sourire.

Camille se concentre :

— Monsieur Vasseur, annonce-t-il lentement, pour tout vous dire, nos experts ont des doutes sur le suicide d’Alex.

— Des doutes…?

— Oui.

Camille laisse l’information se frayer un chemin.

— Nous pensons plutôt que votre sœur a été tuée et que ce meurtre a été déguisé en suicide. Assez maladroitement d’ailleurs, si vous voulez mon avis.

— C’est quoi, cette connerie ?

Toute sa personne exprime la surprise.

— Tout d’abord, dit Camille, Alex n’a pas vraiment l’attitude de quelqu’un qui va se suicider.

— L’attitude…, répète Vasseur, les sourcils froncés.

On dirait qu’il ne connaît pas le mot.

— Son billet pour Zurich, la préparation de ses bagages, la commande d’un taxi, tout ça ne serait rien encore, mais nous avons d’autres raisons de douter. Par exemple, sa tête a été frappée contre le lavabo de la salle de bains. À plusieurs reprises. À l’autopsie, son crâne montre des lésions qui attestent de la brutalité des coups. Selon nous, il y avait quelqu’un d’autre avec elle. Qui l’a frappée… très violemment.

— Mais… qui ça ?

— Eh bien, monsieur Vasseur, pour être franc, nous pensons que c’est vous.

— Quoi ?

Vasseur est debout. Il a hurlé.

— Je vous conseille de vous rasseoir.

Il lui faut pas mal de temps mais Vasseur se rassoit. Sur l’extrémité de sa chaise. Prêt à redémarrer.

— Il s’agit de votre sœur, monsieur Vasseur, et je comprends à quel point tout cela est douloureux pour vous. Mais si je ne craignais pas de froisser votre sensibilité en me montrant un peu technique, je dirais que les gens qui se suicident font un choix de méthode. Ils se jettent par la fenêtre ou ils s’ouvrent les veines. Parfois ils se mutilent, parfois ils avalent des médicaments. Mais ils font rarement les deux.

— Qu’est-ce que j’ai à voir là-dedans, moi ?

Il n’est plus question d’Alex, ça s’entend dans l’urgence de sa voix. Son attitude balance de l’incrédulité à l’indignation.

— Comment ça ? demande Camille.

— Bah oui, en quoi ça me concerne ?

Camille regarde Louis, Armand, l’air impuissant de celui qui désespère d’être compris puis il se tourne de nouveau vers Vasseur.

— Mais, ça vous concerne, à cause des empreintes.

— Les empreintes, quelles empreintes ! Hein, qu…

Il est coupé par la sonnerie du téléphone mais ça ne l’arrête pas. Pendant que Camille décroche et répond, il se tourne vers Armand et Louis :

— Hein ? Quelles empreintes ?

En réponse, Louis fait la moue de quelqu’un qui ne comprend pas non plus, qui s’interroge. Armand, lui, est ailleurs. Il désosse trois mégots sur une feuille de papier blanc pour recomposer une cigarette, absorbé, il ne le regarde même pas.

Vasseur se retourne alors vers Camille qui, toujours au téléphone, le regard perdu vers la fenêtre, écoute son interlocuteur, concentré. Vasseur boit le silence de Camille, cet instant semble interminable. Camille finit par raccrocher, lève le regard vers Vasseur, on en était où déjà ?

— Quelles empreintes ? demande encore Vasseur.

— Ah oui… Les empreintes d’Alex, d’abord, dit Camille.

Vasseur a sursauté.

— Bah, quoi, les empreintes d’Alex ?

C’est vrai que les messages de Camille ne sont pas toujours faciles à comprendre.

— Dans sa chambre, dit Vasseur, ses empreintes, c’est quand même normal, non ?

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