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La voix des morts [Speaker for the Dead - fr]

Электронная книга - «La voix des morts [Speaker for the Dead - fr]». Краткое содержание книги:

3 000 ans ont passé depuis le massacre des doryphores. Mais seulement vingt-six ans pour Ender Wiggin. Paradoxe de la relativité du temps dans l’espace ! Hanté par sa participation au génocide d’un peuple, Ender poursuit sa quête : trouver une planète où il pourra enfin déposer le cocon de la reine des doryphores.
Serait-ce Lusitania ? Là vivent les piggies, drôles de petits cochons à l’esprit agile. Des êtres étranges, véritable énigme pour les hommes. N’ont-ils pas assassiné, sans mobile apparent, le scientifique qui les étudiait ? Une mort mystérieuse et rituelle. Ender s’est jure de découvrir la vérité sur ce meurtre. Malgré la peur et l’incompréhension des hommes.
La paix régnera-t-elle un jour entre des races aussi différentes ? Les hommes, les piggies et… pourquoi pas les doryphores ?
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— Alors, nous sommes réduits à l’impuissance, conclut l’évêque.

— Non. Mais je voulais que vous compreniez bien la gravité de la situation, afin que vous acceptiez l’unique solution de remplacement. Vous la trouverez très désagréable.

— Je n’en doute pas, grinça-t-il.

— Il y a une heure, tandis que j’étais plongée dans ce problème, tentant de déterminer si une catégorie d’archives était insensible à ce traitement, j’ai découvert qu’il y avait, en fait, une personne dont les dossiers étaient totalement négligés. Au début, j’ai cru que c’était parce qu’il s’agissait d’un framling, mais la raison est beaucoup plus subtile. Le Porte-Parole des Morts n’a pas un seul dossier dans les archives de Lusitania.

— Aucun ? Impossible ! s’écria Dona Cristã.

— Toutes ses archives sont mises à jour par ansible. Hors de la planète. Tous ses dossiers, ses finances, tout. Tous les messages qui lui sont envoyés. Comprenez-vous ?

— Néanmoins, il peut y accéder, dit Dom Cristão.

— Il est invisible, du point de vue du Congrès Stellaire. Si un embargo est décidé sur tous les transferts d’informations au départ et à destination de Lusitania, ses dossiers resteront accessibles parce que les ordinateurs ne considèrent pas ses accès comme des transferts d’informations. Ils constituent un stockage original – pourtant ils ne font pas partie des mémoires de Lusitania.

— Suggérez-vous, avança l’Evêque Peregrino, que nous transférions nos dossiers les plus importants et confidentiels sous forme de messages à cet – à cet infidèle innommable ?

— En ce qui me concerne, je l’ai déjà fait pour les notes confidentielles ; c’est pratiquement terminé. Il s’agit d’un transfert en haute priorité, à vitesse locale, de sorte qu’il est beaucoup plus rapide que la copie du Congrès. Je vous offre la possibilité d’un transfert similaire, en utilisant ma priorité, de sorte qu’il prendra le pas sur toutes les autres utilisations locales de l’ordinateur. Si vous ne voulez pas, tant pis – j’utiliserai ma priorité pour transférer une deuxième fournée d’archives gouvernementales.

— Mais il pourra voir nos archives ! réagit l’évêque.

— Oui, il pourra.

Don Cristão secoua la tête.

— Il ne les regardera pas si nous lui demandons de ne pas le faire.

— Vous êtes d’une naïveté puérile, jugea l’Evêque Peregrino. Rien ne pourrait même l’obliger à nous rendre les informations.

Bosquinha hocha la tête.

— C’est exact. Il possédera tout ce qui est vital pour nous et pourra le conserver ou le rendre, selon ce qu’il souhaite. Mais je crois, comme Dom Cristão, qu’il est bon et qu’il nous aidera à vaincre nos difficultés.

Dona Cristã se leva.

— Excusez-moi, dit-elle. Je voudrais commencer les transferts vitaux immédiatement.

Bosquinha se tourna vers le terminal de l’évêque et y introduisit sa priorité.

— Entrez seulement les catégories de dossiers que vous souhaitez envoyer au Porte-Parole Andrew. Je suppose que vous les avez déjà classés par ordre de priorité, puisque vous les imprimiez.

— De combien de temps disposons-nous ? demanda Dom Cristão.

Dona Cristã tapait déjà énergiquement.

— Le décompte est ici, en haut.

Bosquinha glissa la main dans l’affichage holographique, posant le doigt sur les chiffres du compte à rebours.

— Ne transfère pas ce que nous avons déjà imprimé, conseilla Dom Cristão. Nous pourrons le réintroduire. De toute façon, il y a très peu de temps.

Bosquinha se tourna vers l’évêque :

— Je savais que ce serait difficile.

L’évêque eut un rire de dérision.

— Difficile !

— J’espère que vous réfléchirez sérieusement avant de rejeter cette…

— Rejeter ! s’écria l’évêque. Me prenez-vous pour un imbécile ? Je déteste la pseudo-religion de ces Porte-Parole des Morts, c’est un fait, mais si c’est le seul moyen que nous offre Dieu de sauver les archives vitales de l’Eglise, je serais un piètre serviteur du Seigneur de laisser l’orgueil me dissuader de l’utiliser. Nos dossiers ne sont pas encore classés par ordre de priorité, et cela ne prendra que quelques minutes, mais je présume que les Enfants de l’Esprit me laisseront le temps de transférer mes informations.

— De combien de temps avez-vous besoin, à votre avis ? demanda Dom Cristão.

— Pas beaucoup. Une dizaine de minutes.

Bosquinha fut surprise, et agréablement. Elle craignait que l’évêque ne tienne absolument à copier ses dossiers avant de permettre aux Enfants de l’Esprit de continuer – tentative supplémentaire d’affirmer la prééminence de l’évêché sur le monastère.

— Merci, dit Dom Cristão, embrassant la main qui lui était tendue.

L’évêque regarda froidement Bosquinha.

— Il ne faut pas prendre cet air surpris, Madame le Maire. Les Enfants de l’Esprit travaillent sur le savoir du monde, de sorte que nous utilisons les mémoires publiques dans un but exclusivement administratif. En ce qui concerne la Bible, nous sommes tellement démodés et fidèles à nos habitudes que nous en avons plusieurs exemplaires reliés en cuir dans la cathédrale. Le Congrès Stellaire ne peut pas voler nos exemplaires de la Parole de Dieu.

Il sourit. Malicieusement, bien entendu. Bosquinha lui rendit joyeusement son sourire.

— Une petite question, intervint Dom Cristão. Lorsque nos archives auront été détruites, et que nous les aurons recopiées à partir des dossiers du Porte-Parole, qu’est-ce qui pourra empêcher le Congrès de recommencer ? Et même plusieurs fois ?

— C’est la difficulté, répondit Bosquinha. Ce que nous faisons dépend de ce que le Congrès tentera d’accomplir. Peut-être, en fait, ne détruira-t-il pas nos archives. Peut-être nous les rendra-t-il. Peut-être nous rendra-t-il nos archives essentielles après cette démonstration de puissance. Comme j’ignore totalement pour quelle raison nous sommes punis, comment pourrais-je deviner jusqu’où cela ira ? S’ils nous laissent un moyen quelconque de rester loyaux, dans ce cas, naturellement, nous resterons également vulnérables à des punitions ultérieures.

— Mais si, pour une raison ou une autre, ils décident de nous traiter en rebelles ?

— Eh bien, si la situation s’aggravait encore, nous pourrions tout recopier dans la mémoire locale, puis couper l’ansible.

— Puisse Dieu nous venir en aide, soupira Dona Cristã. Nous serions totalement isolés.

L’Evêque Peregrino parut contrarié.

— Quelle idée ridicule, sœur Détestai o Pecado. Croyez-vous que le Christ soit tributaire de l’ansible ? Que le Congrès ait le pouvoir de réduire le Saint-Esprit au silence ?

Dona Cristã rougit et se remit au travail sur le terminal.

Le secrétaire de l’évêque apporta un document récapitulant une liste de dossiers.

— Il est inutile d’intégrer ma correspondance personnelle à la liste, dit l’évêque. J’ai déjà envoyé les messages nécessaires. Nous laisserons l’Eglise décider quelles lettres valent la peine d’être conservées. Elles n’ont pour moi aucune valeur.

— L’évêque est prêt, annonça Dom Cristão.

Immédiatement, son épouse quitta le terminal et le secrétaire prit sa place.

— À propos, dit Bosquinha, j’ai pensé que vous aimeriez être informés. Le Porte-Parole a annoncé que ce soir, sur la praça, il Parlerait la mort de Marcão Maria Ribeira. (Bosquinha regarda sa montre.) Très bientôt, en fait.

— Pourquoi, demanda ironiquement l’évêque, pensiez-vous que cela nous intéresserait ?

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