Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Научная фантастика » Le grand silence [The Alien Years - fr]
Le grand silence [The Alien Years - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le grand silence [The Alien Years - fr]

Электронная книга - «Le grand silence [The Alien Years - fr]». Краткое содержание книги:

Cette fois, ce n’est plus du cinéma ! Surgis de nulle part, les extraterrestres ont débarqué sur la Terre pour s’installer dans les principales métropoles du globe : Los Angeles, New York, Londres, Prague, Paris…
Indiciblement beaux ou incroyablement hideux – les avis sont partagés sur les géants d’outre-espace –, refusant toute communication depuis les enclaves impénétrables où ils se sont enfermés, ils dirigent la planète selon des voies mystérieuses par l’intermédiaire de collaborateurs humains télépathiquement asservis. Communications, gouvernements et systèmes bancaires disparaissent, plongeant le monde dans le chaos. Coupures d’électricité à grande échelle, pandémies, déportations et exécutions massives sanctionnent les tentatives de rébellion. Les Entités, comme on les appelle, sont venues, Elles ont vu, Elles ont vaincu. Mais pas sur toute la ligne… En Californie du Sud, le vieux colonel Carmichael prêche la Résistance au milieu de son clan rassemblé dans les collines de Santa Barbara. Ex-hippie ou ex-militaire, escroc repenti ou musulman mystique, professeurs d’université ou informaticiens de haute volée, au fil des générations, la pittoresque tribu Carmichael va unir ses compétences pour bouter l’envahisseur hors de la Terre…
A la fois étrange et familière, une chronique de cinquante ans d’occupation extraterrestre qui atteint à l’ampleur d’Autant en emporte le vent.
1 ... 69 70 71 72 73 74 75 76 77 ... 130
Перейти на страницу:

Cet échange ressemblait bizarrement à une conversation d’adieux, songea Ron. Ils étaient en train de se raconter des choses qu’ils connaissaient l’un et l’autre depuis la petite enfance. Mais c’était comme s’ils avaient besoin de les exprimer une fois de plus avant qu’il soit trop tard.

Ron se douta de ce qui allait se dire ensuite – il voyait déjà l’étincelle humide de l’émotion s’allumer dans les yeux d’Anse, entendait déjà les violons tonitruants de l’accompagnement sym-phonique – et le couplet attendu arriva quelques secondes plus tard.

« Ce qui m’épate vraiment, c’est quand tu dis à quel point tu tiens à lui, frangin. Tu sais, il y a eu toutes ces années où lui et toi ne vous parliez pas, et j’ai cru que tu le méprisais vraiment. Mais je me trompais, n’est-ce pas ? »

Maintenant, Anse va prendre ma main avec ferveur entre les siennes. Voilà, comme ceci.

« Encore un truc, frangin. Je veux te dire, si je ne l’ai pas déjà fait, combien je suis heureux qu’avec le temps tu aies évolué de la sorte, combien je suis fier que tu aies pu changer à ce point, jusqu’à faire la paix avec ton père, t’installer ici et lui être d’un si grand réconfort. Tu t’es parfaitement racheté, finalement. J’avoue que j’ai été surpris.

— Merci.

— Surtout quand moi, j’ai… je ne m’en suis pas si bien tiré.

— Ça aussi, c’a été une surprise. » Ron avait rapidement décidé qu’il ne servirait à rien de lui opposer la moindre contradiction.

« Ça n’aurait pas dû en être une, dit Anse d’un ton pratiquement dépourvu d’expression. Je n’avais pas l’étoffe pour faire mieux, c’est tout. Je ne sais pas exactement ce qu’il attendait de moi. J’ai essayé, mais… bon, tu sais comment ça s’est passé pour moi, frangin…

— Bien sûr que je le sais », répondit mollement Ron en lui serrant la main à son tour.

Anse lui adressa un regard flou et affectueux puis se dirigea en boitant vers le devant de la maison.

« C’était très touchant, commenta Peggy. Il t’aime beaucoup.

— Oui, j’imagine. Il a bu, Peg.

— Quand même. Il était sincère.

— Oui. Oui. » Ron lui décocha un regard noir. « Mais je déteste que les gens me disent à quel point j’ai changé, à quel point ils sont heureux que je ne sois plus le salaud égoïste et sournois que j’étais dans le temps. J’ai horreur de ça. Je n’ai pas changé. Tu comprends ce que je veux dire ? Dans cette partie de ma vie, je fais des trucs que je n’aurais pas eu l’idée de faire avant. Comme m’installer au ranch. Comme épouser une femme comme toi, m’assagir et fonder une famille. Comme être d’accord avec mon père au lieu de m’opposer automatiquement à lui tout le temps. Comme prendre certaines responsabilités qui vont au delà de ma propre peau. Mais je vis encore à l’intérieur de cette peau, Peggy. Mon comportement a peut-être changé, mais pas moi. J’ai toujours fait les choix qui me paraissaient logiques – ce sont des choix différents aujourd’hui, c’est tout. Et ça me rend dingue d’entendre des gens, et mon propre frère en particulier, me dire avec condescendance que c’est merveilleux que je ne sois plus aussi minable que dans le temps. Tu me suis ? »

C’était un long discours. Peggy le fixait d’un air consterné.

« J’ai l’écume aux lèvres ou quoi ? demanda-t-il.

— Eh bien…

— Bah, Laisse tomber, dit-il en tendant la main pour lui caresser la joue. Je me fais beaucoup de souci pour mon père, c’est tout. Et pour mon frère, en l’occurrence. Ils deviennent drôlement fragiles. Et Anse boit tellement. Ils se préparent à mourir tous les deux.

— Non. Ne dis pas ça.

— C’est pourtant vrai. Ça ne me surprendrait pas non plus qu’Anse soit le premier à partir. » Ron secoua la tête. « Pauvre vieux. Il a toujours essayé de devenir le Colonel, sans jamais y arriver. Et il s’y est usé. Parce que personne d’autre que le Colonel ne pouvait être le Colonel. Anse n’avait pas l’intelligence du Colonel, ni son dévouement, ni son esprit de discipline, mais il se forçait à faire semblant. Moi, au moins, j’ai eu l’honnêteté de ne pas essayer.

— Anse est vraiment malade ?

— Malade ? Je ne sais pas s’il est malade, non. Mais il est foutu, Peg. Après toutes ces années à essayer de faire marcher la Résistance, à essayer de trouver un moyen de battre les Entités parce que le Colonel pense qu’on doit absolument en trouver un, alors qu’il n’y en a aucun. Anse a été obligé de vivre avec la rage, une rage qui ne cessait de bouillonner en lui parce qu’il essayait d’accomplir l’impossible. Il a perdu toute sa vie à essayer d’accomplir ce pour quoi il n’était pas fait, des trucs qui étaient peut-être même carrément impossibles. Il s’est consumé. » Ron haussa les épaules. « Je me demande si je vais devenir comme ça quand mon tour arrivera : ratatiné, fragile, l’air d’un éternel perdant. Non. Non, ça ne se passera pas comme ça, hein ? Je suis différent. Rien de commun avec lui à part les yeux bleus. »

Etait-ce tout à fait vrai ? se demanda-t-il.

Il y eut soudain du bruit à l’autre bout du couloir, des pas qui claquaient sur les dalles, des cris de joie. Mike et Charlie, les fils d’Anse, apparurent, plus grands à présent que leur père, plus grands que Ron lui-même. Dix-sept ans. Les yeux bleus des Car-michael, les cheveux clairs des Carmichael. Il y avait une fille avec eux : celle de Monterey, forcément. Elle avait l’air d’avoir un ou deux ans de plus qu’eux.

« Hé, oncle Ron, tante Peg ! On veut vous présenter Eloise ! »

C’était Charlie, celui au visage intact. Une fois – ils avaient alors neuf ans – les deux frères s’étaient férocement battus et Mike en avait gardé une cicatrice rouge sur la joue. Ron avait souvent pensé que c’était très attentionné de la part de Charlie d’avoir marqué son frère ainsi. Sinon, c’étaient les jumeaux les plus semblables qu’il ait jamais vus, absolument identiques dans la démarche, le maintien, la voix et la manière de penser.

Eloise était une jolie brune enjouée ; des pommettes saillantes, un nez minuscule, des lèvres pleines, des yeux débordants de vie. De jolies jambes et du monde au balcon. Une fille très bien, en vérité. D’anciens réflexes lascifs s’éveillèrent un instant chez Ron. Ce n’est qu’une enfant, se dit-il sévèrement. Et pour elle tu n’es qu’un vieux bonhomme sans intérêt.

« Eloise Mitchell… notre oncle, Ronald Carmichael… Peggy, notre tante…

— Enchantée », fit-elle, le regard pétillant. Impressionnante, pour sûr. « C’est tellement beau, ici ! Je n’étais jamais descendue si bas dans le sud. J’adore cette partie de la côte. Je ne veux plus rentrer chez moi !

— Il n’en est pas question », dit Charlie. Et Mike de ponctuer d’un clin d’œil en riant.

Puis ils partirent en courant dans le couloir, vers le soleil et la chaleur qui se déployaient à l’extérieur de la vieille bâtisse en pierre.

« Ça alors ! dit Ron. Tu crois qu’ils se la partagent pour de bon ?

— Ça ne te regarde pas, l’informa Peggy. La jeune génération fait ce qu’il lui plaît. Comme la nôtre en son temps.

— La jeune génération, c’est ça. Et nous sommes les vieux réacs à présent. Voilà l’avenir du monde qui se lève sous nos yeux. Charlie. Mike. Eloise.

— Et notre Anson et Leslyn. Heather et Tony. Cassandra, Julie et Mark. Et bientôt le bébé de Steve aussi.

— L’avenir n’arrête pas de bousculer le présent tandis que le passé se prépare à déguerpir. C’est comme ça depuis un bon bout de temps, pas vrai, Peg ? Et je ne crois pas que ça va changer maintenant. »

1 ... 69 70 71 72 73 74 75 76 77 ... 130
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)