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READ-E-BOOK » Фэнтези » Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]
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Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]

Электронная книга - «Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]». Краткое содержание книги:

Depuis sa publication en 1954-1955, le récit des aventures de Frodo et de ses compagnons, traversant la Terre du Milieu au péril de leur vie pour détruire l’Anneau forgé par Sauron, a enchanté des dizaines de millions de lecteurs, de tous les âges. Chef-d’œuvre de la fantasy, découverte d’un monde imaginaire, de sa géographie, de son histoire et de ses langues, mais aussi réflexion sur le pouvoir et la mort, Le Seigneur des Anneaux est sans équivalent par sa puissance d’évocation, son souffle et son ampleur. Cette nouvelle traduction prend en compte la dernière version du texte anglais, les indications laissées par Tolkien à l’intention des traducteurs et les découvertes permises par les publications posthumes proposées par Christopher Tolkien. Ce volume contient 18 illustrations d’Alan Lee, entièrement re-numérisées, d’une qualité inégalée, ainsi que deux cartes (en couleur) de la Terre du Milieu et du Comté.
Version 104826 - 2014-09-30 14:40:02 +0200
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À la fin du jour, ils parvinrent à un ruisseau qui serpentait du haut des collines pour venir se perdre dans les eaux stagnantes de la plaine marécageuse : ils montèrent le long de ses berges pendant qu’il faisait encore clair. La nuit les enveloppait déjà lorsqu’ils s’arrêtèrent enfin et dressèrent leur campement sous des aulnes rabougris non loin du cours d’eau. Devant eux se dessinaient maintenant sur le ciel sombre les flancs mornes et sans arbres des collines. Cette nuit-là, ils montèrent la garde à tour de rôle, et l’Arpenteur parut ne pas dormir du tout. La lune était croissante, et aux premières heures de la nuit, une froide lueur grise s’étendait sur le pays.

Le lendemain matin, ils se remirent en route peu après le lever du soleil. L’air était gelé, le ciel d’un bleu clair et délavé. Les hobbits se sentaient rafraîchis, comme s’ils avaient dormi toute la nuit. Ils commençaient déjà à avoir l’habitude de marcher en faisant maigre chère – plus maigre, en tout cas, que ce que naguère dans le Comté ils auraient cru à peine suffisant pour tenir sur leurs jambes. Pippin était d’avis que Frodo semblait prendre de la forme.

« Très curieux, dit Frodo, resserrant sa ceinture ; car il me semble avoir perdu quelques rondeurs. J’espère ne pas continuer à maigrir indéfiniment, sinon je vais devenir un spectre. »

« Ne parlez pas de pareilles choses ! » intervint l’Arpenteur avec un sérieux surprenant.

Les collines s’approchaient. Elles formaient une crête ondulée qui se dressait souvent à près de mille pieds mais s’affaissait ici et là en des cols ou des échancrures basses menant aux terres orientales situées de l’autre côté. Tout le long de l’arête, les hobbits pouvaient distinguer ce qui semblait être les vestiges de murailles et de chaussées couvertes de végétation ; tandis que se dressaient encore, dans les échancrures, les ruines de vieux ouvrages de pierre. À la nuit tombée, ils étaient au pied des pentes ouest et y établirent leur campement. C’était le soir du 5 octobre, et six jours s’étaient écoulés depuis leur départ de Brie.

Au matin ils rencontrèrent, pour la première fois depuis qu’ils étaient sortis du Bois de Chètes, un sentier clair et évident. Prenant à droite, ils le suivirent vers le sud. Il était ingénieusement conçu, suivant un trajet qui semblait toujours vouloir échapper à la vue, tant des sommets au-dessus d’eux que des plaines à l’ouest. Il s’enfonçait dans les vallons et longeait de hauts talus ; et quand il s’aventurait en terrain plus plat et plus découvert, il y avait de chaque côté des rangées de gros rochers et de pierres taillées qui servaient d’écran aux voyageurs, presque comme une haie.

« Je me demande qui a tracé ce sentier et dans quel but, dit Merry comme ils traversaient l’une de ces allées, aux pierres exceptionnellement grandes et serrées. Je ne suis pas sûr d’aimer cela : cela me rappelle… un peu trop les Esprits des Tertres, disons. Y a-t-il des tertres à Montauvent ? »

« Non. Il n’y a pas de tertres à Montauvent, ni sur aucune de ces collines, répondit l’Arpenteur. Les Hommes de l’Ouest n’ont jamais vécu ici, quoique ceux des derniers jours aient défendu les collines contre le mal venu de l’Angmar. Ce chemin a été tracé pour desservir les forts le long des murs. Mais longtemps auparavant, aux premiers jours du Royaume du Nord, ils construisirent sur la colline une haute tour de guet : Amon Sûl, qu’ils l’appelaient. Elle fut incendiée et détruite, et il n’en reste plus rien aujourd’hui sauf un anneau de ruines, telle une grossière couronne sur le vieux crâne de la colline. Pourtant elle se dressait jadis, haute et belle. On raconte qu’Elendil s’est tenu autrefois à son sommet, guettant à l’ouest la venue de Gil-galad, à l’époque de la Dernière Alliance. »

Les hobbits considérèrent l’Arpenteur d’un air pensif. Il semblait versé dans la tradition ancienne, en plus d’avoir l’expérience des contrées sauvages. « Qui était Gil-galad ? » demanda Merry ; mais l’Arpenteur ne répondit pas, l’air perdu dans ses pensées. Soudain, une voix faible murmura :

Il était un roi elfe appelé Gil-galad.

Sa mémoire est chantée dans de tristes ballades :

dernier dont le royaume ait été libre et fier

de la Mer azurée aux Montagnes altières.

Longue était son épée et vive était sa lance,

son heaume scintillant se voyait à distance ;

les étoiles semées aux champs du firmament

se miraient à la nuit dans son écu d’argent.

Mais en des temps troublés jadis il chevaucha

à l’ultime bataille où l’ombre le faucha ;

son étoile périt dans la nuit la plus sombre

au pays de Mordor, au domaine des ombres.

Les autres se retournèrent avec stupéfaction, car la voix était celle de Sam.

« Ne t’arrête pas ! » dit Merry.

« C’est tout ce que je sais, balbutia Sam, rougissant. C’est M. Bilbo qui me l’a appris quand j’étais garçon. Il me racontait souvent des choses comme ça, vu qu’il savait que je raffolais des histoires d’Elfes. C’est M. Bilbo qui m’a appris mes lettres. Faut dire qu’il en avait lu des livres, ce bon vieux M. Bilbo. Et il faisait de la poésie. C’est lui qui a écrit ce que je viens de dire. »

« Il ne l’a pas inventé, dit l’Arpenteur. C’est tiré du lai qui s’intitule La Chute de Gil-galad, composé dans une langue ancienne. Bilbo a dû le traduire. Je n’en ai jamais rien su. »

« Il y en avait bien plus, dit Sam, rien que sur le Mordor. J’ai pas appris cette partie-là, elle me donnait le frisson. Je pensais jamais que j’irais moi-même de ce côté ! »

« Aller au Mordor ! s’écria Pippin. J’espère que nous n’en viendrons pas là ! »

« Ne prononcez pas ce nom aussi fort ! » dit l’Arpenteur.

Il était déjà midi lorsqu’ils arrivèrent à l’extrémité sud du sentier et virent devant eux, sous les rayons pâles et clairs du soleil d’octobre, un talus gris-vert qui, tel un pont, menait au versant nord de la colline. Ils décidèrent d’en gagner le sommet immédiatement, pendant qu’il faisait grand jour. Il n’était plus possible de se cacher, et ils pouvaient seulement espérer qu’aucun ennemi ou espion ne les observait. Sur la colline, on ne discernait aucun mouvement. Si Gandalf était quelque part aux alentours, il ne se laissait pas voir.

Sur le flanc ouest de Montauvent, ils trouvèrent une dépression abritée au fond de laquelle se trouvait un vallon aux pentes herbeuses, en forme de cuvette. Ils y laissèrent Sam et Pippin avec le poney et leurs paquets et bagages. Les trois autres poursuivirent l’ascension. Au terme d’une pénible montée d’une demi-heure, l’Arpenteur parvint au sommet de la colline ; Frodo et Merry l’y rejoignirent, épuisés et à bout de souffle. La dernière pente avait été raide et rocailleuse.

Tout en haut ils trouvèrent, comme l’Arpenteur l’avait décrit, un ancien ouvrage de maçonnerie formant un grand anneau, à présent écroulé et couvert d’une herbe millénaire. Mais en son centre, un cairn avait été érigé à partir de pierres fracassées. Elles étaient noircies comme par le feu. Autour d’elles, le gazon était brûlé jusqu’à la racine, et partout à l’intérieur de l’anneau, l’herbe était roussie et racornie comme si des flammes avaient léché le sommet tout entier ; mais il n’y avait pas le moindre signe d’un quelconque être vivant.

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