Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]
- Автор: Толкин Джон Рональд Руэл
- Серия: Le Seigneur des Anneaux #1
- Год: 2014
- Язык: французский
- Год: Christian Bourgois
- ISBN: 9782267027419
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]». Краткое содержание книги:
Version 104826 - 2014-09-30 14:40:02 +0200
Debout sur le rebord du cercle en ruine, ils virent se déployer tout autour d’eux une vaste perspective, surtout de terres vides et uniformes, hormis quelques parcelles boisées au sud, au-delà desquelles ils apercevaient çà et là un distant miroitement d’eau. À leurs pieds, de ce côté sud, la Vieille Route se déroulait comme un ruban venant de l’Ouest, s’élevant et s’abaissant au gré des côtes pour finir par disparaître derrière une crête sombre à l’est. Rien ne bougeait sur le chemin. Le suivant du regard vers l’est, ils finirent par voir les Montagnes : les premiers épaulements étaient bruns et mornes ; derrière eux se dressaient de plus hautes formes grises, et derrière encore, d’éminentes cimes blanches qui resplendissaient parmi les nuages.
« Eh bien, nous y sommes ! dit Merry. Et que c’est triste et inhospitalier ! Il n’y a aucune une trace d’eau ni aucun abri. Ni aucun signe de Gandalf. Mais je le comprends de ne pas nous avoir attendus… s’il est jamais venu ici. »
« Je me le demande, dit l’Arpenteur, regardant aux alentours d’un air pensif. Quand même il aurait eu un ou deux jours de retard sur nous à Brie, il aurait pu arriver ici en premier. Il peut chevaucher très rapidement quand le besoin le presse. » Il se pencha soudain pour observer la pierre au sommet du cairn : elle était plus plate que les autres, et plus blanche, comme si elle avait échappé au feu. Il la ramassa et l’examina, la retournant entre ses doigts. « Cette pierre a été manipulée il y a peu, dit-il. Que pensez-vous de ces marques ? »
Sur le dessous plat, Frodo vit des égratignures : . « Il semble y avoir un trait, un point, et trois autres traits », dit-il.
« Le trait à gauche est peut-être une rune G aux branches minces, dit l’Arpenteur. Ce peut être un signe laissé par Gandalf, mais on ne peut en être sûr. Ce sont de fines égratignures, et elles sont assurément récentes. Mais elles peuvent signifier quelque chose de tout à fait différent, et n’avoir rien à voir avec nous. Les Coureurs se servent de runes, et ils viennent parfois ici. »
« Que pourraient-elles signifier, en admettant qu’elles soient de Gandalf ? » demanda Merry.
« À mon avis, répondit l’Arpenteur, elles se traduiraient par G3, pour signifier que Gandalf était ici le 3 octobre : il y a de cela trois jours. Cela montrerait également qu’il était pressé et que le danger était proche, de sorte qu’il n’a pas eu le temps ou pas voulu courir le risque d’écrire plus longuement ou plus clairement. Si tel est le cas, nous devrons être sur nos gardes. »
« J’aimerais que nous puissions être sûrs qu’il est l’auteur de cette inscription, quoi qu’elle puisse signifier, dit Frodo. Le seul fait de le savoir en chemin, devant nous ou derrière nous, serait d’un grand réconfort. »
« Peut-être, dit l’Arpenteur. Pour ma part, je crois qu’il est venu en cet endroit et qu’il était en danger. Des flammes brûlantes ont tout dévasté ici ; et je me rappelle à présent la lueur que nous avons aperçue il y a trois nuits, dans le ciel de l’est. Je devine qu’on l’a attaqué au sommet de cette colline, sans pouvoir présumer l’issue de la lutte. Il n’est plus ici, et nous devons maintenant nous débrouiller et trouver notre propre chemin vers Fendeval, du mieux que nous le pourrons. »
« À quelle distance se trouve Fendeval ? » demanda Merry, parcourant l’horizon d’un regard las. Le monde paraissait vaste et sauvage du haut de Montauvent.
« Je ne saurais dire si la Route a déjà été mesurée en milles au-delà de l’Auberge Abandonnée, à un jour de voyage à l’est de Brie, répondit l’Arpenteur. Certains disent qu’il y a telle distance, d’autres disent autre chose. C’est une route étrange, et ceux qui l’empruntent ne sont pas mécontents d’en voir la fin, que le voyage soit court ou long. Mais je sais combien de temps il m’en faudrait sur mes propres jambes, par beau temps et sans mauvaise fortune : douze jours d’ici au Gué de la Bruinen, où la Route franchit la Bruyandeau qui sort de Fendeval, répondit l’Arpenteur. La Route longe le flanc des collines sur de nombreux milles, depuis le Pont jusqu’au Gué de la Bruinen. Il nous reste encore au moins quinze jours de voyage, car je ne crois pas que nous serons en mesure d’emprunter la Route. »
« Quinze jours ! dit Frodo. Il peut se passer bien des choses d’ici là. »
« Il se peut, oui », dit l’Arpenteur.
Ils restèrent silencieux un moment au sommet de la colline, aux abords des pentes sud. En cet endroit désolé, Frodo comprit pour la première fois à quel point il était loin de chez lui, et combien il était en danger. Il regrettait amèrement que la fortune ne lui ait permis de demeurer en paix, dans son Comté tranquille et bien aimé. Il baissa les yeux vers l’odieuse Route menant vers l’ouest – vers sa maison. Soudain, il se rendit compte que deux petites taches noires s’y déplaçaient lentement vers l’ouest ; puis il en vit encore trois qui se dirigeaient peu à peu vers l’est, à la rencontre des autres. Il poussa un cri et saisit le bras de l’Arpenteur.
« Regardez », dit-il, montrant la route en contrebas.
Sans perdre une seconde, l’Arpenteur se jeta au sol derrière le cercle en ruine, entraînant Frodo avec lui. Merry fit de même.
« Qu’est-ce que c’est ? » murmura-t-il.
« Je ne le sais pas, mais je crains le pire », répondit l’Arpenteur. Lentement, ils rampèrent jusqu’au bord de l’anneau et regardèrent par une fissure entre deux pierres écornées. Le jour n’était plus aussi lumineux, car le clair matin s’était estompé et des nuages surgis de l’est avaient maintenant rejoint le soleil alors qu’il entamait sa descente. Tous trois voyaient les petites taches noires, mais ni Frodo, ni Merry ne distinguaient leur forme avec certitude ; pourtant, quelque chose leur disait que, loin en bas, des Cavaliers Noirs s’assemblaient sur la Route, au pied de la colline.
« Oui », dit l’Arpenteur. Ses yeux perçants ne doutaient pas de ce qu’ils voyaient. « L’ennemi nous a rejoints ! »
Ils s’éloignèrent vivement et se glissèrent du côté nord de la colline pour aller retrouver leurs compagnons.
Sam et Peregrin n’avaient pas chômé. Ils avaient exploré le petit vallon et les pentes alentour. Non loin, au flanc de la colline, ils découvrirent une source d’eau claire, et tout près, des traces de pas qui ne pouvaient remonter à plus d’un jour ou deux. Dans le vallon proprement dit, ils trouvèrent les traces d’un feu récent et tous les signes d’un campement hâtif. Aux abords du vallon, du côté le plus rapproché de la colline, il y avait un éboulis de roches. Derrière, Sam tomba sur une petite réserve de bois fendu, soigneusement empilé.
« C’est à se demander si le vieux Gandalf est pas passé par ici, dit-il à Pippin. Peu importe qui a mis ça là, il avait l’intention de revenir, on dirait. »
L’Arpenteur fut grandement intéressé par ces découvertes. « Je m’en veux de ne pas avoir exploré moi-même les environs avant d’être monté », dit-il, se dépêchant d’aller examiner les traces de pas.
« C’est bien ce que je craignais, leur dit-il à son retour. Sam et Pippin ont piétiné le sol humide, et les empreintes sont perdues ou brouillées. Des Coureurs sont venus ici récemment. Ce sont eux qui ont laissé les bûches. Mais j’ai aussi vu plusieurs nouvelles pistes qui n’ont pas été faites par des Coureurs. Une au moins a été laissée, il y a seulement un jour ou deux, par de lourdes bottes. Une au moins. Il n’y a plus moyen de s’en assurer, mais je crois qu’il y avait plusieurs paires de bottes. » Il s’arrêta, l’air pensif et profondément troublé.
Chacun des hobbits se représenta mentalement les Cavaliers, dans leurs capes et leurs bottes. Si leurs poursuivants avaient déjà découvert le vallon, plus vite l’Arpenteur les conduirait ailleurs, mieux ce serait. Sam voyait cet endroit d’un très mauvais œil, maintenant qu’il savait que leurs ennemis étaient sur la Route, à seulement quelques milles de là.