Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Фэнтези » Le compagnon [Alvin Journeyman - fr]
Le compagnon [Alvin Journeyman - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le compagnon [Alvin Journeyman - fr]

Электронная книга - «Le compagnon [Alvin Journeyman - fr]». Краткое содержание книги:

Compagnon forgeron, compagnon Faiseur, Alvin est de retour chez les siens. Mais quelle est sa tâche aujourd’hui ? « Je ne peux pas apprendre aux gens comment bâtir la Cité de Cristal si je ne sais pas moi-même de quoi il s’agit. »
La Cité de Cristal : la vision dans la tornade du lac Mizogan, en compagnie du prophète des Rouges. Si peu des chemins de sa vie y conduisent ; Peggy Larner — Peggy la torche — le sait bien.
Et l’ennemi de toujours choisit à présent des voies plus subtiles pour le détruire. Pièges, fuite, menaces, mensonges, délation, prison, tribunal, Alvin n’est-il pas condamné au renoncement ? Et le pire danger viendra peut-être de son frère Calvin, qui le jalouse au point de bientôt lui vouer une haine amère et décide de s’expatrier vers l’Ancien Monde afin de rencontrer Napoléon dont on sait le pouvoir redoutable
L’Amérique n’est-elle pas trop petite pour deux hommes aux talents en puissance si formidables ?
1 ... 66 67 68 69 70 71 72 73 74 ... 113
Перейти на страницу:

La salamandre leva une patte antérieure, puis la reposa lentement. Un pas plus près d’Arthur.

Et il crut sentir en elle une faim, un désir de se nourrir, mais davantage encore un désir de… de liberté. La salamandre n’aimait pas sa prison.

La porte s’ouvrit.

« Tiens, Arthur Stuart, fit Vialatte. Si je m’attendais. »

Arthur eut assez de présence d’esprit pour ne pas sursauter comme s’il faisait quelque chose de mal. « Y a des lettres pour Alvin ? demanda-t-il.

— Pas une. »

Arthur ne fit aucune allusion à la salamandre, ce qui était aussi bien car Vialatte ne lui jeta même pas un regard. De la part d’une dame qu’on aurait surprise avec une salamandre vivante – ou même une morte, d’ailleurs – sur sa table de cuisine, on aurait au moins attendu quelques explications.

« Tu veux du thé ? proposa-t-elle.

— J’peux pas rester, dit Arthur.

— Oh, la prochaine fois, alors. Bien des choses de ma part à Alvin. » Elle avait un beau et doux sourire.

Arthur tendit la main, carrément sous le nez de Vialatte, et toucha le dos de la salamandre.

La postière ne remarqua rien. Ou du moins ne montra par aucun signe qu’elle l’avait remarqué.

Il s’écarta, sortit de la cuisine à reculons, sauta par-dessus le comptoir, repassa la porte de devant en courant et entendit la clochette de l’entrée tinter dans son dos après son passage.

Si la salamandre était prisonnière, qui l’avait capturée ? Pas Vialatte… La salamandre créait des sortilèges pour faire croire à la postière qu’elle voyait quelqu’un. Seulement, Arthur était prêt à parier que ce n’était pas la Peg Guester qu’elle voyait. Et la salamandre ne faisait pas ça volontairement, parce que tout ce qu’elle voulait, c’était être libre et reprendre une vie de salamandre ordinaire.

Faudrait qu’il en parle à Alvin, pour sûr. Vialatte avait dans l’idée de lui jouer un sale tour, et la salamandre qui traçait des sortilèges avec ses pattes sur la table de la cuisine, elle était dans le coup.

Comment Vialatte a pu être assez bête pour ne pas me voir toucher sa salamandre ? Pourquoi elle ne s’est pas fâchée quand elle m’a trouvé dans la cuisine en revenant des cabinets ?

Peut-être qu’elle voulait que je voie la salamandre. Ou que quelqu’un d’autre le voulait.

Voulait que je voie ma mère.

Un instant, alors qu’il marchait le long de la rue principale poussiéreuse de Hatrack River, il perdit contenance, faillit se mettre à pleurer en pensant à sa mère qu’il avait cru voir assise en face de lui.

Ce n’était pas vrai, se dit-il. C’était de l’invention. De la blague. Du mystifiage. La personne derrière tout ça était une menteuse, et même une sale menteuse. Vilain drôle, ah oui ! Méchant garçon. Il n’était pas un méchant garçon. Il était un bon garçon et la vraie Peg Guester l’aurait su, elle ne lui aurait pas dit des choses pareilles. La vraie Peg Guester l’aurait serré très fort dans ses bras et aurait dit : « Mon bon garçon, Arthur Stuart, t’es mon bon garçon à moi. »

Il marcha pour oublier. Il marcha pour refouler les larmes de ses yeux, et lorsque la tristesse disparut, un autre sentiment la remplaça. Une rage folle. On n’avait pas le droit de lui faire voir mouman. Pas le droit. Je te connais pas mais je te déteste, tu m’as fait voir ma mouman et elle me traitait de vilains noms.

Il monta au petit trot les marches du palais de justice. Le seul avantage qu’Arthur Smart voyait dans l’emprisonnement d’Alvin, c’est qu’il savait toujours où le trouver.

* * *

Napoléon avait du mal à croire qu’il avait un moment failli faire tuer Calvin, le jeune Américain. Du mal à se rappeler sa crainte devant le pouvoir du jeune homme. Les premiers jours, il l’avait étroitement surveillé, dormant à peine de peur qu’il tente un mauvais coup pendant son sommeil. Qu’il l’ampute des jambes, par exemple. Un remède radical à la goutte ! L’idée lui en était venue des nombreuses circonstances où, en proie au martyre, il avait souhaité qu’au cours d’une de ses batailles un boulet de canon lui en emporte une. Clopiner avec des cannes ne serait pas pire. Et le gamin lui procurait un tel soulagement. Il ne guérissait pas… mais il éliminait la douleur.

En échange, Napoléon ne voyait pas d’objection à laisser Calvin le manipuler. L’autre savait qui était vraiment le maître, et il n’avait rien d’un petit Américain arriviste et ignorant. Il se trouvait peut-être malin parce qu’il accordait un jour de soulagement en échange de chaque leçon sur la façon de gouverner les hommes, mais qui s’en souciait ? S’imaginait-il vraiment que Bonaparte allait lui enseigner quoi que ce soit qui lui donnerait un avantage ? Au contraire, à chaque heure des jours qu’ils passaient ensemble, l’emprise de Napoléon sur un jeune homme potentiellement impossible à maîtriser grandissait, se renforçait. Et Calvin ne se doutait de rien.

Personne ne comprenait jamais. Tout le monde croyait servir l’Empereur par amour et admiration, ou par appât du gain et intérêt personnel, ou par peur et prudence. Quelle que fût la raison qui les animait, Napoléon l’encourageait, la dirigeait. Certains obéissaient à la honte, et d’autres à un sentiment de culpabilité ; certains à l’ambition, d’autres à la luxure, d’autres encore à leur excès de piété – car lorsque les circonstances l’exigeaient, Napoléon pouvait convaincre une âme en mal de spiritualité qu’il était le serviteur élu de Dieu sur terre. Ce n’était pas difficile. Non, pas quand on comprenait ses semblables comme lui les comprenait. Ils exhalaient leurs désirs comme de la sueur, comme l’odeur d’un athlète après l’épreuve ou d’un soldat après la bataille, comme l’odeur d’une femme – nul discours nécessaire, il lui suffisait de prononcer le ou les mots précis qu’ils avaient besoin d’entendre pour se les attacher.

Et les rares fois où ses interlocuteurs restaient insensibles à ses paroles, quand ils bénéficiaient d’une amulette ou d’un sortilège de protection, à chaque fois plus perfectionnés que les précédents, eh bien, c’était là que les gardes intervenaient. Voilà pourquoi il existait une guillotine. Chacun savait que Napoléon n’était pas un homme cruel, qu’on prononçait peu de condamnations sous son autorité. Chacun savait que si on envoyait un homme à l’échafaud, c’était parce que le monde s’en porterait mieux si on lui séparait la bouche des poumons, la tête des mains.

Calvin ? Ah, ce gamin-là aurait pu être dangereux. Il avait le pouvoir d’échapper à la guillotine, d’empêcher la lame de s’abattre sur son cou. Il aurait pu contrer tout ce qui ne le prenait pas entièrement au dépourvu. Comment l’Empereur l’aurait-il vaincu ? Peut-être avec un peu d’opium pour l’engourdir ; il fallait bien qu’il dorme de temps en temps. Mais ça n’avait pas d’importance. Il ne servirait à rien de le tuer, tout compte fait. Un peu d’attention, un peu de patience, et il l’aurait dans sa poche.

Non pas comme un serviteur… Non, ce jeune Américain était malin, il se méfiait, il prenait garde de ne pas succomber aux tentatives de Napoléon d’en faire un esclave, un de ces laquais qui regardaient leur empereur avec adoration. De temps en temps Bonaparte lançait une remarque, un genre de feinte, pour que Calvin croie repousser les meilleurs coups de son adversaire. Mais en fait Napoléon n’avait pas besoin de la loyauté de ce gamin. Uniquement de son toucher apaisant.

Cet Américain était animé par la jalousie. Qui aurait pensé ça ? Ce pouvoir inné, de tels dons de Dieu, de dame Nature ou d’on ne savait qui… et lui gâchait tout par jalousie de son frère aîné, Alvin. Eh bien, Napoléon n’était pas près de conseiller à Calvin d’éviter de céder à de tels sentiments ! Au contraire, il les entretenait, subtilement, en demandant régulièrement comment Alvin s’y serait pris dans tel ou tel cas, ou en remarquant combien il est pénible de supporter des cadets dont les capacités ne se révèlent pas à la hauteur. Il savait que ces réflexions restaient sur le cœur de Calvin, qu’elles alimentaient sa rancœur. Un ver qui s’insinuait, qui grignotait des galeries dans son jugement. Je te tiens. Je le tiens. Regarde de l’autre côté de l’Océan, fixe-toi sur ton frère ; tu aurais pu me disputer l’empire, la moitié du monde, mais au lieu de ça tu ne songes qu’à un paysan sans intérêt, mal vêtu, en peau de daim ou je ne sais quoi, capable de polir une pierre à mains nues et de guérir les malades.

1 ... 66 67 68 69 70 71 72 73 74 ... 113
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)