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Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:

Ismaël, attiré par la mer et le large, décide de partir à la chasse à la baleine. Il embarque sur le Pequod, baleinier d'un capitaine nommé Achab, amputé d'une jambe, qui emmènera Ismaël autour du monde à la poursuite du cachalot blanc…
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
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– Voilà sa bosse. Là, là! murmura Starbuck.

Un sifflement bref jaillit de la pirogue, l’envol du fer de Queequeg. Alors l’arrière de la baleinière fut ébranlé par une poussée invisible, tandis que l’avant paraissait heurter un récif, la voile s’affaissa en claquant, un jet de vapeur brûlante fusa tout près de nous, un séisme roula son chaos au-dessous de nous. L’équipage à demi suffoqué fut lancé dans le tohu-bohu écumant du grain blanc. Le grain, le cachalot, le harpon n’avaient fait qu’un et la bête, à peine effleurée par le dard, s’était enfuie.

Bien qu’entièrement submergée, l’embarcation était presque indemne. Nous récupérâmes à la nage les avirons qui flottaient et après les avoir jetés par-dessus le plat-bord nous regagnâmes nos places en titubant. Nous nous trouvâmes assis là, de l’eau jusqu’aux genoux dans la pirogue quasi pleine et nos yeux baissés sur cette coque flottant à ras des flots nous offraient la vision d’un atoll de corail monté jusqu’à nous du fond de l’Océan.

Le vent s’enfla jusqu’au hurlement, les vagues entrechoquèrent leurs boucliers, le grain rugit, pétilla, s’embrasa tout autour de nous tel un feu blanc allumé sur la prairie, dans lequel nous brûlions sans être consumés, immortels entre ces mâchoires de mort! En vain hélions-nous les autres pirogues. Autant s’adresser en hurlant aux charbons ardents d’un brasier que d’appeler dans pareille rafale. Cependant la tourmente et la brume s’assombrissaient avec la nuit tombante, le navire était devenu invisible; la fureur de la mer interdisait toute tentative d’écoper; les avirons devenus inutiles ne pouvaient plus servir que de moyens de sauvetage. Ouvrant le barillet étanche des allumettes, Starbuck, après de nombreux, efforts infructueux, parvint à allumer le fanal, l’amarra au manche d’une lance naufragée et le tendit à Queequeg qui devint porte-étendard de notre morne espoir. Et là il se trouvait assis, élevant cette chandelle imbécile au cœur de cet abandon infini. Et là il se trouvait assis, signe et symbole de l’homme sans foi élevant sans espoir l’espérance au sein de la désespérance.

Transpercés, grelottants, renonçant à apercevoir baleinières ou navire, nous levâmes les yeux vers l’aube naissante, la brume s’étendait sur la mer, le fanal brisé gisait au fond de la pirogue. Soudain Queequeg se dressa, portant sa main en cornet à son oreille. Nous perçûmes un léger craquement de gréement et de vergues jusqu’alors étouffé par la tempête. Le son se rapprocha toujours davantage et une forme immense et indistincte fendit l’épaisseur de la brume. Épouvantés, nous sautâmes à la mer tandis que le navire fonçait droit sur nous à une distance qui n’excédait guère sa longueur.

La pirogue abandonnée flottait sur les vagues, puis elle se retourna et fut avalée par la mer sous l’étrave du navire comme un copeau sous la chute d’une cascade. Engloutie sous la lourde quille, elle disparut à nos yeux jusqu’à ce qu’elle émergeât à nouveau à la poupe. Une fois de plus nous la regagnâmes à la nage, jetés vers elle par les lames, jusqu’à ce qu’enfin nous fûmes recueillis sains et saufs à bord. Lorsque le grain s’était rapproché, les autres baleinières avaient coupé leurs lignes et regagné le navire à temps; celui-ci avait perdu tout espoir de nous retrouver mais croisait toujours, en quête d’un témoignage de notre naufrage, quelque rame ou quelque manche de lance.

CHAPITRE XLIX L’hyène

Il est des moments et des circonstances dans cette affaire étrange et trouble que nous appelons la vie où l’univers apparaît à l’homme comme une farce monstrueuse dont il ne devinerait que confusément l’esprit tout en ayant la forte présomption que la plaisanterie se fait à ses dépens et à ceux de nul autre. Pourtant, rien ne l’abat, comme rien ne lui paraît valoir la peine de combattre. Il avale tous les événements, tous les credo, toutes les croyances, toutes les opinions, toutes les choses visibles et invisibles les plus indigestes, si coriaces soient-elles comme l’autruche à la puissante digestion engloutit les balles et les pierres à fusil. Car les petites difficultés et les soucis, les présages d’un proche désastre ne lui semblent que des traits sarcastiques décrochés par la bonne humeur, des bourrades joviales dans les côtes expédiées par un farceur invisible et énigmatique. Cette humeur insolite et fantasque ne s’empare d’un homme qu’au paroxysme de l’épreuve; ce qui, l’instant d’avant, dans sa ferveur lui apparaissait si grave, ne lui semble plus qu’une scène de la farce universelle. Rien de tel que les dangers de la chasse à la baleine pour développer cette libre et insouciante cordialité, cette philosophie désespérée! C’est sous ce jour que désormais, je vis la croisière du Péquod et son but: la grande Baleine blanche.

– Queequeg, dis-je, lorsqu’ils m’eurent repêché le dernier et tandis que je m’ébrouais sur le pont pour faire dégorger ma vareuse. Queequeg, mon bel ami, ces sortes de choses arrivent-elles souvent?

Sans grande émotion, bien qu’aussi trempé que moi, il me donna à entendre qu’elles sont fort fréquentes.

– Monsieur Stubb, dis-je en me tournant vers ce digne personnage qui, son ciré dûment boutonné, fumait sa pipe sous la pluie, monsieur Stubb, je crois vous avoir entendu dire que de tous les baleiniers que vous avez rencontrés, M. Starbuck était de loin le plus prudent et le plus sage. Je pense dès lors que piquer droit sur une baleine en fuite, la voile hissée dans la rafale et dans la brume, représente le comble de la réserve pour un baleinier?

– Certes. J’ai mis à la mer, avec une pirogue qui faisait eau, dans une tempête, au large du cap Horn.

– Monsieur Flask, dis-je alors en me tournant vers le petit Cabrion qui était à côté, vous avez l’expérience de ces choses et pas moi. Pouvez-vous me dire si c’est pour un canotier une loi inviolable de cette pêche que de se rompre l’échine pour se pousser plus avant entre les mâchoires de la mort?

– Ne pourriez-vous pas vous exprimer d’une façon encore plus tarabiscotée? Oui, c’est la loi. Je voudrais bien voir l’équipage d’une pirogue scier et aborder le cachalot face à face. Ha! ha! il vous rendrait œil pour œil, soyez-en sûr!

Trois témoins avisés et impartiaux m’avaient dès lors mis au fait. Considérant que les rafales, les embarcations renversées et les bivouacs dans les profondeurs étaient la monnaie courante de ce genre de vie, considérant qu’à l’instant décisif d’amener sur la baleine je devais remettre ma vie entre les mains du timonier, souvent un gars capable d’envoyer la pirogue par le fond à cause de son impétuosité et de ses piétinements frénétiques, considérant que notre désastre était principalement imputable à Starbuck amenant sur le cachalot au nez du grain qui arrivait sur nous, considérant que Starbuck était cependant connu pour être circonspect, considérant que j’appartenais à la baleinière de ce très prudent Starbuck, considérant enfin le caractère diabolique de cette chasse à la Baleine blanche dans laquelle j’étais engagé, considérant toutes choses, dis-je, je songeai que mieux valait descendre rédiger un brouillon rapide de mes dernières volontés.

– Venez, Queequeg, dis-je, vous serez mon notaire, mon exécuteur testamentaire, et mon héritier.

Il peut paraître étrange que de tous les hommes, les marins soient les plus occupés à bricoler leurs testaments et dernières volontés, pourtant personne au monde n’est plus féru de cet amusement. C’est la quatrième fois que je m’y surprenais au cours de ma vie maritime. Lorsque cette fois la cérémonie fut terminée, je me sentis bien aise, cela m’avait enlevé un poids du cœur. D’autre part, tous les jours à venir auraient la saveur de ceux que vécut Lazare après sa résurrection, un bénéfice net de tant de mois ou de semaines suivant le cas. Je me survivais. Ma mort et mes funérailles étaient enfermées à clef dans mon coffre. Je jetais autour de moi un regard paisible et satisfait, tel un calme fantôme à la conscience limpide, douillettement installé dans un caveau de famille.

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