La griffe du demi-dieu [The Claw of the Conciliator - fr]
- Автор: Вулф Джин Родман
- Серия: Le Livre du Nouveau Soleil #2
- Год: 2006
- Язык: французский
- Год: Deno
- ISBN: 2-207-25634-0
- Переводчик: William Olivier Desmond
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «La griffe du demi-dieu [The Claw of the Conciliator - fr]». Краткое содержание книги:
L’AUTARQUE : Et les deux autres, l’homme nu et sa femme ?
LE GÉNÉRALISSIME : Pas la moindre trace.
L’AUTARQUE : Reprenez vos recherches, et comme il faut, cette fois !
LE GÉNÉRALISSIME, saluant : Comme le voudra mon Autarque.
L’AUTARQUE : Et faites-moi envoyer la femme aux bijoux.
Nod commence à se diriger vers les coulisses, mais il est arrêté par une rangée de piques ; le généralissime sort son pistolet.
NOD : Ne suis-je pas libre de partir ?
LE GÉNÉRALISSIME : En aucun cas !
NOD, s’adressant à l’Autarque : Je vous ai dit où se trouvait mon pays ; juste à l’est d’ici.
LE GÉNÉRALISSIME : Tu nous as dit où il se trouve, oui. Je connais parfaitement bien cette région.
L’AUTARQUE, fatigué : Il a dit la vérité telle qu’il la connaissait ; et c’est peut-être la seule qui soit.
NOD : Alors je suis libre de m’en aller.
L’AUTARQUE : Je crois que celui que tu es venu accueillir viendra, que tu sois libre ou non. Il reste malgré tout un espoir – or on ne peut laisser aller et venir, quoi qu’il advienne, des créatures dans ton genre. Non, tu n’es pas libre, et ne le seras jamais plus.
Nod se précipite vers les coulisses, poursuivi par le généralissime. Coups de feu, hurlements, chocs. Autour de l’Autarque, les personnages s’effacent. Au milieu du vacarme, on entend sonner une deuxième fois le bourdon. Nod revient, la joue brûlée par un rayon de laser. L’Autarque le frappe de son sceptre ; chacun des coups produit une explosion accompagnée d’un jaillissement d’étincelles. Nod s’empare de l’Autarque qu’il est sur le point de jeter à terre, lorsque apparaissent deux démons déguisés en marchands ; ces derniers se saisissent du géant, le font tomber ; puis aident l’Autarque à remonter sur son trône.
L’AUTARQUE : Je vous remercie ; vous serez généreusement récompensés. J’avais abandonné tout espoir d’être secouru par mes gardes ; je vois que je ne m’étais pas trompé. Puis-je vous demander qui vous êtes ?
PREMIER DÉMON : Vos gardes sont morts. Le géant leur a fracassé le crâne contre les murs, et leur a brisé la colonne vertébrale sur ses genoux.
SECOND DÉMON : Nous ne sommes que de simples marchands ; vos gardes s’étaient emparés de nous.
L’AUTARQUE : Puisse le ciel avoir fait qu’ils soient marchands et vous mes gardes ; j’aurais besoin de soldats tels que vous ! Vous êtes cependant de stature tellement réduite que l’on a peine à croire que vous ayez une force simplement normale.
PREMIER DÉMON, s’inclinant : C’est le Maître que nous servons qui nous l’insuffle.
SECOND DÉMON : Sans doute devez-vous vous demander comment il se fait que nous – deux vulgaires marchands d’esclaves – nous soyons trouvés en train d’errer de nuit sur vos terres. En vérité nous sommes venus vous avertir. Dernièrement, une expédition d’affaires nous a conduits jusque dans les jungles du Nord. Là, dans un temple plus ancien que l’humanité, un sanctuaire tellement envahi de végétation fétide qu’on l’aurait aisément pris pour un simple monticule couvert d’arbres et de fougères, nous avons rencontré un vieux chaman, qui nous a prédit que votre royaume allait courir de grands dangers.
PREMIER DÉMON : Porteurs de ce renseignement, nous sommes accourus le plus vite possible pour donner l’alarme avant qu’il ne soit trop tard. Nous sommes arrivés au bon moment.
L’AUTARQUE : Que dois-je faire ?
SECOND DÉMON : Ce monde que vous et nous chérissons tant a si souvent voyagé autour du soleil, que la trame et la lice de son tissu spatial se sont usées jusqu’à tomber en poussière et en lambeaux sur le métier à tisser du temps.
PREMIER DÉMON : Les continents eux-mêmes sont comme de vieilles femmes couvertes de fond de teint craquelé, ayant depuis longtemps perdu toute beauté et toute fertilité. Le Nouveau Soleil s’en vient…
L’AUTARQUE : Je le sais !
PREMIER DÉMON :… et les enverra s’écraser au fond des mers comme des navires que l’on saborde.
SECOND DÉMON : Puis ils en remonteront, rénovés – scintillants d’or, d’argent, de fer et de cuivre. Avec des diamants, des rubis et des turquoises, et des terres riches de s’être vautrées dans le limon amassé pendant un million de millénaires au fond de la mer.
PREMIER DÉMON : Une nouvelle race est prête, qui peuplera ces terres. La race humaine telle que vous la connaissez sera écartée, comme est retournée l’herbe par la charrue afin de laisser la place aux épis, alors même qu’elle avait prospéré si longtemps sur les plaines.
SECOND DÉMON : Mais que se passerait-il si les graines étaient brûlées ? Que se passerait-il ? L’homme de haute taille et la jeune femme mince que vous avez rencontrés il y a peu sont de telles graines. On a pu espérer que ces graines seraient empoisonnées dans leur champ ; mais celle qui a été envoyée pour accomplir cette tâche a maintenant perdu les graines de vue, parmi les herbes desséchées et les mottes retournées, et vient d’être amenée pour examen auprès de votre inquisiteur, à cause de quelques tours de prestidigitation. Cependant les graines peuvent encore être brûlées…
L’AUTARQUE : L’idée que vous me suggérez m’est déjà venue à l’esprit.
PREMIER ET SECOND DÉMONS, en chœur : Bien entendu !
L’AUTARQUE : Mais la mort de ces deux-là pourrait-elle réellement empêcher la venue du Nouveau Soleil ?
PREMIER DÉMON : Non. Mais le souhaiteriez-vous ? Les terres remises à neuf seront vôtres.
Les écrans deviennent de plus en plus lumineux. Apparaissent des collines boisées et des villes aux tours élancées. L’Autarque se tourne pour contempler le spectacle. Temps de pause. Il tire un communicateur de son vêtement.
L’AUTARQUE : Puisse le Nouveau Soleil ne pas voir ce que nous faisons ici… Vaisseaux ! Inondez-nous de vos flammes jusqu’à ce que tout soit desséché.
Les deux démons disparaissent, tandis que Nod se redresse et s’assoit. Collines et villes s’effacent, laissant sur les écrans la place à l’image multipliée de l’Autarque. La scène s’assombrit.
Lorsque reviennent les lumières, l’Inquisiteur est assis à un haut bureau au centre de la scène. Son Acolyte, en tenue de bourreau, masqué, se tient auprès du bureau. De chaque côté se trouvent divers instruments de torture.
L’INQUISITEUR : Fais entrer la femme présumée être une sorcière, frère.
L’ACOLYTE : La comtesse attend à l’extérieur ; or comme elle est de sang exultant et en outre l’une des favorites de notre souverain, je vous prie instamment de la recevoir auparavant.
Entre la comtesse.
LA COMTESSE : J’ai entendu ce qui vient d’être dit, et comme j’étais sûre que vous ne seriez pas sourd à un tel appel, Inquisiteur, j’ai pris la liberté d’entrer. Me trouvez-vous hardie pour cela ?
L’INQUISITEUR : Vous jouez sur les mots ; je dois cependant vous répondre que oui.
LA COMTESSE : Eh bien, vous vous trompez. Voilà huit ans révolus que, depuis la fin de mon enfance, je demeure au Manoir Absolu. Lorsque, pour la première fois, le sang coula d’entre mes jambes, et que ma mère me conduisit ici, elle m’avertit de ne jamais m’approcher de vos appartements, où coula le sang de tant de personnes, au mépris des phases de la lune volage. Et jamais je ne m’en suis approchée jusqu’à maintenant, et maintenant je tremble de l’avoir fait.