La griffe du demi-dieu [The Claw of the Conciliator - fr]
- Автор: Вулф Джин Родман
- Серия: Le Livre du Nouveau Soleil #2
- Год: 2006
- Язык: французский
- Год: Deno
- ISBN: 2-207-25634-0
- Переводчик: William Olivier Desmond
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «La griffe du demi-dieu [The Claw of the Conciliator - fr]». Краткое содержание книги:
L’INQUISITEUR : L’homme ou la femme de bien, ici, n’a rien à craindre. Mais malgré tout, je persiste à vous trouver hardie, selon votre propre témoignage.
LA COMTESSE : Mais suis-je femme de bien ? Et vous, êtes-vous homme de bien ? Et lui ? Mon confesseur dirait que non. Que vous dit le vôtre, à moins qu’il n’ait lui-même peur ? Et votre acolyte est-il meilleur que vous ?
L’ACOLYTE : Je ne souhaite pas l’être.
LA COMTESSE : Non, je ne suis pas hardie – pas plus que je ne suis en sécurité ici, je le sais. C’est la peur qui m’a poussée jusqu’en ces lieux sinistres. Vous avez entendu parler de l’homme nu qui m’a frappée. A-t-il été repris ?
L’INQUISITEUR : On ne l’a point fait comparaître devant moi.
LA COMTESSE : Il y a à peine une veille, les soldats me trouvaient en train de gémir dans le jardin, tandis que ma suivante essayait de me réconforter. Comme j’avais peur de rester dehors dans l’obscurité, ils me conduisirent dans mes appartements en empruntant cette galerie que l’on appelle la voie des Airs. La connaissez-vous ?
L’INQUISITEUR : Fort bien.
LA COMTESSE : Dans ce cas, vous savez aussi qu’elle est dominée de partout par des fenêtres, de manière que toutes les pièces et tous les corridors qui y aboutissent puissent en recevoir le bénéfice. Comme nous passions, j’aperçus dans une salle un homme, grand et bien fait, large d’épaules et la taille bien prise.
L’INQUISITEUR : Il y a beaucoup d’hommes ainsi faits.
LA COMTESSE : C’était ce que je pensais. Mais au bout de quelques instants, je vis ce même personnage apparaître à une autre fenêtre – puis encore à une autre. J’en appelai alors aux soldats qui me portaient pour qu’ils ouvrent le feu sur lui ; ils me crurent folle et refusèrent. Mais l’équipe qu’ils envoyèrent s’emparer de l’homme revint bredouille. Cependant, il continuait à me regarder par la fenêtre, tout en paraissant se balancer.
L’INQUISITEUR : Et vous supposez que cet homme que vous avez vu est celui qui vous a frappée ?
LA COMTESSE : Encore pis. Ce n’était pas lui, je le crains, même s’il lui ressemblait. Mais j’éprouve en outre la certitude qu’il se montrerait aimable avec moi si je faisais preuve de respect pour sa folie. Non, par cette nuit fantasmagorique, nous, qui sommes les ultimes surgeons de la vieille souche humanité sur lesquels vient de mordre le gel de l’hiver, devons craindre qu’il ne soit quelque chose de plus que nous ne connaissons.
L’INQUISITEUR : Cela se peut ; toujours est-il que vous ne le trouverez pas ici, non plus que l’homme qui vous a frappée. (À son acolyte.) Fais entrer la sorcière, frère.
L’ACOLYTE : Ainsi sont-ils tous – si ce n’est que certains sont pires que d’autres.
Il sort et revient aussitôt, conduisant Meschiane enchaînée.
L’INQUISITEUR : Les charges retenues contre vous disent que vous avez jeté un charme sur sept des soldats de notre souverain l’Autarque, les forçant ainsi à trahir leur serment au point qu’ils ont retourné leurs armes contre leurs camarades et leurs officiers. (Il se lève et allume une grosse bougie posée sur le coin de son bureau.) Je vous adjure maintenant solennellement de confesser vos péchés et, si vous avez commis celui-ci, d’avouer avec l’aide de quel pouvoir, ainsi que de dire les noms de ceux qui vous ont appris à mander un tel pouvoir.
MESCHIANE : Les soldats n’ont fait que constater que j’étais inoffensive, et ils ont eu peur pour moi. Je…
L’ACOLYTE : Silence !
L’INQUISITEUR : Nous n’accordons aucun crédit aux protestations des accusés si elles n’ont pas été faites dans les tourments. Mon acolyte va vous préparer.
L’Acolyte s’empare de Meschiane et l’attache à l’un des appareils de torture.
LA COMTESSE : Pour le peu de temps qu’il reste au monde à vivre, je ne vais pas le gâcher à regarder cela. Êtes-vous une amie de l’homme nu du jardin ? Je vais tenter de le retrouver, et je lui dirai ce qui vous arrive.
MESCHIANE : Oh ! je vous en prie, faites-le ! J’espère qu’il pourra venir avant qu’il ne soit trop tard.
LA COMTESSE : Et moi, j’espère qu’il m’acceptera au lieu de vous. Mais tout laisse penser que nos espoirs sont vains, et que nous ne tarderons pas à être sœurs dans le désespoir.
La comtesse sort.
L’INQUISITEUR : Je sors, moi aussi, pour aller parler avec ceux qui l’ont retrouvée. Pendant ce temps, prépare le sujet ; je ne serai pas long.
L’ACOLYTE : Il y en a une autre, Inquisiteur. Accusée des mêmes crimes quoiqu’ayant peut-être fait preuve de moins de pouvoir.
L’INQUISITEUR : Pourquoi ne m’en avoir pas parlé plus tôt ? J’aurais pu procéder à leur instruction en même temps. Amène-la.
L’Acolyte sort et revient en conduisant Jahi. L’Inquisiteur fouille parmi les papiers posés sur son bureau.
L’INQUISITEUR : Les charges retenues contre vous disent que vous avez jeté un charme sur sept des soldats de notre souverain l’Autarque, les forçant ainsi à trahir leur serment, au point qu’ils ont retourné leurs armes contre leurs camarades et leurs officiers. Je vous adjure maintenant solennellement de confesser vos péchés et, si vous avez commis celui-ci, d’avouer avec l’aide de quel pouvoir ; ainsi que de dire les noms de ceux qui vous ont appris à mander un tel pouvoir.
JAHI, fièrement : J’ai fait tout ce dont vous m’accusez et bien davantage que vous ignorez. Ce pouvoir, je ne le nommerai pas de crainte que ce trou à rats capitonné ne vole en morceaux. Qui m’a enseignée ? Qui apprend à un enfant à appeler son père ?
L’ACOLYTE : Sa mère ?
L’INQUISITEUR : Je ne saurais dire. Prépare-la. Je reviens tout de suite.
L'Inquisiteur sort.
MESCHIANE : Ils se sont aussi battus pour toi ? Quel malheur, qu’il y ait eu tant de victimes…
L’ACOLYTE, qui attache Jahi dans un appareil de torture de l’autre côté du bureau : C’est votre dossier, qu’il a lu. Je lui ferai connaître son erreur – avec diplomatie, bien entendu – lorsqu’il reviendra.
JAHI : Vous avez charmé les soldats ? Eh bien, charmez donc cet imbécile, et libérons-nous !
MESCHIANE : Je ne connais aucune formule magique, et je n’en ai charmé que sept sur cinquante.
Entre Nod, ligoté et conduit par le premier soldat portant une pique.
L’ACOLYTE : Qu’est-ce que c’est que ça ?
PREMIER SOLDAT : Eh bien, un prisonnier comme tu n’en as jamais eu auparavant. Il a tué sa centaine d’hommes comme autant de chiots. Auras-tu des fers assez solides pour lui ?
L’ACOLYTE : Il faudra que j’en attache plusieurs paires ensemble, mais j’arriverai bien à fabriquer quelque chose.
NOD : Je ne suis pas un homme ; je suis moins et davantage. Car je suis né de l’argile de notre mère Géa, dont les enfants chéris sont les animaux ; si c’est sur les hommes que porte votre pouvoir légitime, alors vous devez me laisser aller.
JAHI : Nous non plus, nous ne sommes pas des hommes. Laisse-nous partir !
PREMIER SOLDAT, en riant : On le voit bien, que vous n’en êtes pas… Je n’en ai pas douté un instant.
MESCHIANE : Ce n’est pas une femme. Ne la laissez pas vous abuser.
L’ACOLYTE, attachant une dernière chaîne à Nod : Elle n’y arrivera pas. Croyez-moi, le temps de jouer des tours est passé.
PREMIER SOLDAT : Vous allez bien vous amuser, quand j’aurai tourné les talons !
Il essaie de toucher Jahi, qui crache comme un chat.