Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Le gang des rêves - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le gang des rêves

Электронная книга - «Le gang des rêves». Краткое содержание книги:

Une Italienne de quinze ans débarque avec son fils dans le New York des années vingt…
L’histoire commence, vertigineuse, tumultueuse. Elle s’achève quelques heures plus tard sans qu’on ait pu fermer le livre, la magie Di Fulvio.
Roman de l’enfance volée, Le Gang des rêves brûle d’une ardeur rédemptrice : chacun s’y bat pour conserver son intégrité et, dans la boue, le sang, la terreur et la pitié, toujours garder l’illusion de la pureté.
Dramaturge, le Romain Luca Di Fulvio est l’auteur de dix romans.
Deux d’entre eux ont déjà été adaptés au cinéma ; ce sera le destin du Gang des rêves, qui se lit comme un film et dont chaque page est une nouvelle séquence.
1 ... 60 61 62 63 64 65 66 67 68 ... 177
Перейти на страницу:

« Comment ça s’passe, avec Joey ? demanda ensuite Santo.

— C’est pas comme avec toi » mentit Christmas.

Santo sourit et se rengorgea.

« Les Diamond Dogs me manquent !

— Tu es toujours des nôtres, affirma Christmas.

— C’est vrai… murmura Santo, enfonçant les mains dans ses poches. Au fait, ma mère ne va pas bien…

— Oui, on m’a dit.

— Tu sais quand je me suis rendu compte que c’était un truc sérieux ?

— Quand ?

— Quand elle a arrêté de me foutre des baffes, fit Santo en s’efforçant de sourire.

— Eh oui… murmura Christmas. Je suis désolé, Santo.

— Oui… »

Ils suivirent encore quelques blocks en silence.

« Je pensais pas que les baffes de ma mère pourraient me manquer » lâcha soudain Santo.

Christmas ne dit rien. Parce qu’il n’y avait rien à dire et parce qu’il savait que Santo ne s’attendait pas à ce qu’il lui dise quelque chose. Entre eux, c’était comme ça. Ça avait toujours été comme ça.

« Et cette fille, comment elle va ? demanda Santo pour changer de sujet.

— Qui ? demanda Christmas, feignant de ne pas comprendre.

— Ruth !

— Ah, Ruth…, Christmas eut du mal à retenir sa colère. Je la vois plus. C’est une connasse », et il coupa court.

Santo ne dit rien. Entre eux, c’était comme ça.

« Joyeux Noël, mon pote ! s’exclama Christmas quand ils arrivèrent devant leur immeuble.

— Joyeux Noël… chef ! » fit Santo.

28

Manhattan, 1913–1917

Cetta ne vit jamais plus Andrew. Après quelque temps, elle l’effaça de sa mémoire, et ne se souvint plus que de l’émotion provoquée par le Madison Square Garden. Et à partir de là, elle n’arrêta pas d’en parler à Christmas. « Le théâtre est un monde parfait, lui expliquait-elle, où chaque chose est là où il faut. Même quand ça finit mal. Parce que tout est à sa place. »

Christmas avait cinq ans et ne comprenait rien aux discours de sa mère. Mais lorsqu’ils étaient ensemble, allongés sur le lit ou en promenade dans Battery Park, admirant les ferries qui se remplissaient de gens joyeux en partance pour Coney Island, ou bien quand Cetta l’emmenait sur Queensboro Bridge et lui indiquait Blackwell Island en lui disant que, dans ces bâtiments gris, il y avait Sal, et que bientôt il en sortirait, Christmas lui demandait de lui parler encore du théâtre. Et Cetta, qui ne se souvenait que vaguement du spectacle joué par les grévistes de Paterson, brodait chaque fois un nouveau récit autour de ce souvenir. Et ainsi, avec la grève comme point de départ, toutes sortes d’histoires naissaient : elles parlaient d’amour ou d’amitié, et étaient peuplées de dragons, de princesses et de héros qui ne trahissaient jamais leur belle, même s’ils étaient déjà mariés avec une sorcière ou bien si le roi s’opposait à leur amour.

« Quand est-ce que tu m’emmènes au théâtre ? demandait Christmas.

— Quand tu seras grand, mon chou ! répondait Cetta, coiffant la mèche blonde sur le front de son fils.

— Pourquoi t’es pas actrice ? lui demandait alors Christmas.

— Parce que je suis tout à toi ! Cetta le prenait dans ses bras et le serrait fort.

— Alors moi non plus, je pourrai pas faire de théâtre ! s’était exclamé une fois Christmas. Parce que moi aussi, je suis tout à toi, pas vrai, maman ?

— Oui mon trésor, tu es tout à moi ! avait répondu Cetta émue, mais ensuite elle avait pris le visage de l’enfant entre ses mains et elle était devenue sérieuse. Mais toi, tu pourras faire ce que tu veux dans la vie. Et tu sais pourquoi ?

— Pfff, ouais ouais…, soupira Christmas en lui échappant.

— Dis-le !

— M’man, tu m’embêtes !

— Dis-le, Christmas !

— Parce que je suis américain.

— Bravo, mon enfant ! et Cetta avait ri. Oui, tu es américain ! »

Et pour être un vrai Américain, il devait aller à l’école. Et ainsi, l’année suivante, Cetta l’inscrivit à l’école du quartier. « À partir d’aujourd’hui, tu es un homme » lui déclara-t-elle. Elle lui acheta le livre de lecture, trois cahiers, deux porte-plume, un petit pot d’encre noire et un autre rouge, cinq crayons, un taille-crayon et une gomme. Et à la fin de la première année — pendant laquelle Christmas se révéla un écolier modèle, vif et curieux, qui apprenait vite —, elle lui offrit un roman.

Ils s’asseyaient l’un près de l’autre sur un banc de Battery Park et Christmas lisait à haute voix les aventures de Croc-Blanc, d’abord en ânonnant à grand-peine et puis, petit à petit, toujours plus rapidement. Une page par jour.

« Ça, c’est notre histoire ! affirma Cetta à Christmas quand ils eurent fini le livre, presque un an après. Je t’explique : quand on arrive ici à New York, on est comme Croc-Blanc, comme les loups. On est forts, mais sauvages. Et on rencontre des gens méchants qui nous rendent encore plus sauvages. Mais nous, on n’est pas simplement sauvages. On est forts aussi, Christmas, et ça ne l’oublie jamais ! Et quand on rencontre quelqu’un de bien, ou quand finalement le destin nous sourit, notre force nous permet de devenir comme Croc-Blanc. Des Américains. Alors on n’est plus des sauvages. Voilà ce que veut dire ce livre !

— Moi j’aime plus les loups que les chiens » fit remarquer Christmas.

Cetta caressa ses cheveux blonds comme les blés :

« Tu es un loup, mon amour. Et le loup qui est en toi te rendra fort et invincible, quand tu seras grand. Mais comme Croc-Blanc, il faut que tu écoutes la voix de l’amour. Si tu ignores cette voix, tu deviendras comme tous les jeunes de notre quartier, ces délinquants qui ne sont pas des loups sauvages mais juste des chiens enragés.

— Sal est en prison parce qu’il est un chien enragé, maman ?

— Non, mon trésor, sourit Cetta. Sal est en prison parce que lui aussi, c’est un loup courageux. Mais il n’a pas le même destin que Croc-Blanc. Lui, il est comme le vieux chef de meute aveugle d’un œil, sage du côté où il voit, et féroce du côté où il ne voit pas.

— Et alors, toi tu es la maman de Croc-Blanc ? Tu attires les chiens et tu les entraînes dans le bois, où les loups les mettent en pièces ? »

Cetta le regarda avec fierté :

« Non, moi je suis ta maman et c’est tout, mon trésor. Moi, je suis comme les pages du livre, là où tu peux écrire toute ton histoire et…

— Et devenir américain, oui oui, je sais, l’interrompit Christmas, riant et se levant. On rentre, m’man ? J’ai faim ! Les Américains mangent aussi, pas vrai ? »

Sal lui avait annoncé qu’il sortirait le 17 juillet 1916. « Dans deux semaines ! » s’était dit Cetta.

Cetta avait vingt-deux ans, Christmas huit.

Cetta comptait les jours, en proie à la fois à des sentiments d’excitation et de peur, de joie et d’anxiété. Elle pensait constamment aux dimanches passés avec Sal, comme pour essayer de se réhabituer à cette présence avant qu’il ne revienne. Et quand elle allait le voir en prison, à lui aussi elle rappelait ces jours anciens, presque pour avoir la certitude qu’il reviendrait.

1 ... 60 61 62 63 64 65 66 67 68 ... 177
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)