Les enfants de l'esprit [Children of the Mind - fr]
- Автор: Кард Орсон Скотт
- Серия: Ender (fr) #4
- Год: 2000
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-290-30545-6
- Переводчик: Jean-Marc Chambon
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Les enfants de l'esprit [Children of the Mind - fr]». Краткое содержание книги:
Seule Jane, l’intelligence artificielle alliée d’Ender, est capable de sauver Lusitania et les espèces qui y vivent. Mais son action est menacée par le Congrès Stellaire, qui s’efforce de déconnecter tous les réseaux informatiques qu’elle utilise.
Quant à Ender, il doit maintenir toute son attention, malgré ses forces déclinantes, pour que les enfants nés de son esprit — Peter et Val — puissent mener à bien leurs quêtes respectives : la recherche sur la planète Pacifica d’un puissant leader d’opinion susceptible d’influer sur la décision du Congrès et l’exploration de planètes colonisables pour préparer l’exode des habitants de Lusitania. Le compte à rebours va bientôt s’achever...
Val éclata en sanglots.
Miro eut presque pitié d’elle – presque – et faillit s’arrêter. Lui crier : Non, Val, c’est toi que j’aime, c’est toi que je veux ! C’est toi que j’ai toujours voulue et Ender est un homme bon, car il est absurde d’affirmer que tu n’es qu’un prétexte. Ender ne t’a pas créée inconsciemment, comme les hypocrites se créent une façade. Tu es sortie de lui. Les qualités étaient bien là, elles le sont toujours et ont leur place en toi. J’aimais et j’admirais déjà Ender, mais c’est en te rencontrant que j’ai pu me rendre compte de sa beauté intérieure.
Elle lui tournait toujours le dos et ne pouvait voir ce qui le rongeait de l’intérieur.
« Qu’est-ce qu’il y a, Val ? Dois-je m’apitoyer davantage sur ton sort ? Ne comprends-tu donc pas que la seule valeur que tu aies pour nous maintenant, c’est que tu te décides à abandonner ton corps à Jane ? Nous n’avons pas besoin de toi, nous ne te voulons pas. L’aiúa d’Ender appartient au corps de Peter, car c’est le seul à exprimer le véritable caractère d’Ender. Tire-toi, Val. Quand tu seras partie, nous aurons une chance de survivre. Tant que tu es ici, nous sommes tous condamnés. Et si tu t’imagines que nous allons te regretter, détrompe-toi. »
Je ne pourrai jamais me pardonner ces paroles, pensa Miro. Même si je suis parfaitement conscient de la nécessité d’aider Ender à abandonner ce corps en lui rendant la vie impossible, je ne pourrai m’empêcher de me souvenir de ce que je lui ai dit à cet instant, de ce à quoi elle ressemble en ce moment même, pleurant de désespoir et de douleur. Comment pourrai-je vivre avec ça ? Je croyais avoir été déjà blessé. La seule chose atteinte alors était le cerveau. Mais aujourd’hui… je n’aurais jamais pu dire de telles choses sans les penser vraiment. Et c’est bien là le problème. J’ai vraiment pensé les terribles choses que je viens de dire. Voilà le genre d’homme que je suis.
Ender ouvrit de nouveau les yeux, puis leva la main pour toucher le visage de Novinha et les bleus qui le marquaient. Il se tourna vers Valentine et Plikt en étouffant une plainte. « Qu’est-ce que je vous ai fait ?
— Ce n’était pas toi, dit Novinha. C’était elle.
— Non, c’était bien moi, répondit-il. J’avais pourtant l’intention de lui laisser… quelque chose. Je le voulais vraiment, mais lorsqu’il a fallu faire le pas, j’ai eu peur. Je ne pouvais pas m’y résoudre. » Il évita leurs regards et ferma les yeux. « Elle a essayé de me tuer. Elle a essayé de me chasser.
— Aucun de vous n’était conscient de ce qu’il faisait, dit Valentine. Vous n’étiez que deux aiúas déterminés refusant d’abandonner tout espoir de vie. Ce n’est pas si terrible.
— Ah ? Et vous vous trouviez un peu trop près ?
— C’est cela, dit Valentine.
— Je vous ai fait du mal à toutes les trois.
— On n’est pas responsable quand on a des convulsions », déclara Novinha.
Ender secoua la tête. « Je voulais dire… avant. J’étais allongé là, je pouvais tout entendre. Je ne pouvais pas bouger, ni parler, mais j’entendais tout. Je sais ce que je t’ai fait. Ce que je vous ai fait. Je suis désolé.
— Ne t’excuse pas, dit Valentine. Nous avons toutes choisi nos vies. J’aurais pu rester sur Terre dès le départ. Je n’étais pas obligée de te suivre. Je l’ai prouvé en restant avec Jakt. Tu ne m’as rien coûté – j’ai fait une brillante carrière et j’ai eu une vie formidable, et en grande partie grâce à toi. Quant à Plikt, eh bien, nous avons finalement vu – à mon grand soulagement, je dois l’admettre – qu’elle ne se contrôle pas toujours. Mais quoi qu’il en soit, tu ne lui as jamais demandé de te suivre. Elle a choisi sa voie. Si elle a gâché sa vie, c’est en toute connaissance de cause, et cela ne te concerne pas. Quant à Novinha…
— Novinha est ma femme. Je lui avais dit que je ne la quitterais jamais. J’ai essayé de tenir ma promesse.
— Tu ne m’as pas quittée, dit Novinha.
— Alors qu’est-ce que je fais dans ce lit ?
— Tu es en train de mourir.
— C’est bien ce que je disais.
— Tu étais déjà en train de mourir en arrivant ici. Tu as commencé à mourir depuis que je suis partie sur un coup de tête pour venir ici. C’est alors que tu as compris, que nous avons compris que nous ne construisions plus rien ensemble. Nos enfants ne sont plus tout jeunes. L’un d’entre eux est mort. Nous n’en aurons pas d’autres. Nos tâches respectives n’ont plus rien en commun.
— Cela ne signifie pas qu’il faille mettre un terme à…
— Jusqu’à ce que la mort nous sépare. Je sais, Andrew. On s’accroche à son mariage pour les enfants, et puis lorsqu’ils sont plus grands, pour ceux des autres, et ils finissent par grandir dans un monde où les mariages durent éternellement. Je sais tout ça, Andrew. Éternellement – jusqu’à ce que l’un des deux meure. C’est pour cela que tu es ici, Andrew. Parce que tu as envie de vivre d’autres vies, et par un hasard incroyable, tu as d’autres corps disponibles pour ça. Bien sûr que tu me quittes. Bien sûr.
— Je tiens toujours mes promesses.
— Jusqu’à la mort. Mais pas au-delà. Tu ne crois pas que tu vas me manquer quand tu seras parti ? Bien sûr que tu me manqueras. Tu me manqueras, comme tout mari disparu manque à sa femme. Tu me manqueras lorsque je raconterai à nos petits-enfants les histoires te concernant, il est normal qu’une veuve regrette son mari. Cela donne un sens à sa vie. Mais toi… ce qui te donne un sens vient d’eux. Tes autres parties. Pas de moi. Plus de moi. Je ne t’en veux pas, Andrew.
— J’ai peur, dit Ender. Lorsque Jane a essayé de me chasser, je n’ai jamais eu aussi peur. Je ne veux pas mourir.
— Alors ne reste pas ici, parce que c’est dans ce vieux corps, dans ce vieux mariage, Andrew, que se trouve la véritable mort. Et moi, en te regardant, en sachant que tu ne désires plus vraiment être ici, ce serait aussi un peu ma mort.
— Mais Novinha, je t’aime, je ne fais pas semblant ; toutes ces années de bonheur que nous avons passées ensemble, tout cela n’était pas un fantasme, comme Jakt et Valentine. Dis-lui, Valentine.
— Enfin, Andrew, rappelle-toi, fit Valentine. C’est elle qui t’a quitté. »
Ender fixa les deux femmes l’une après l’autre, longuement et intensément. « C’est vrai, n’est-ce pas ? C’est toi qui m’as quitté. Je t’ai forcée à m’accepter. »
Novinha acquiesça.
« Mais je croyais… je croyais que tu avais besoin de moi. Que tu avais encore besoin de moi. »
Novinha haussa les épaules. « Ça a toujours été le problème, Andrew. J’avais besoin de toi, mais je n’avais pas envie que cela devienne une obligation. Je ne veux pas que tu restes parce que tu estimes devoir honorer ta parole. Si je te vois tous les jours, peu à peu, sachant que c’est par devoir que tu restes, comment crois-tu que cela m’aidera, Andrew ?
— Tu veux que je meure ?
— Je veux que tu vives, Andrew. Que tu vives. Comme Peter. C’est un brave garçon, il a une belle vie devant lui. J’espère que tout se passera bien pour lui. Deviens ce qu’il est, Andrew, maintenant. Laisse cette vieille veuve derrière toi. Tu as rempli tes engagements vis-à-vis de moi. Et je sais que tu m’aimes, comme je continue à t’aimer. La mort ne remet rien en cause. »
Ender la regarda, la croyant tout en se demandant s’il avait raison de se comporter ainsi. Elle est sincère, mais comment peut-elle l’être ? Elle est en train de dire ce que, selon elle, je voudrais entendre ; mais ce qu’elle dit est vrai. Les questions se bousculaient dans son esprit.