Les enfants de l'esprit [Children of the Mind - fr]
- Автор: Кард Орсон Скотт
- Серия: Ender (fr) #4
- Год: 2000
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-290-30545-6
- Переводчик: Jean-Marc Chambon
- Жанр: Научная фантастика
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Seule Jane, l’intelligence artificielle alliée d’Ender, est capable de sauver Lusitania et les espèces qui y vivent. Mais son action est menacée par le Congrès Stellaire, qui s’efforce de déconnecter tous les réseaux informatiques qu’elle utilise.
Quant à Ender, il doit maintenir toute son attention, malgré ses forces déclinantes, pour que les enfants nés de son esprit — Peter et Val — puissent mener à bien leurs quêtes respectives : la recherche sur la planète Pacifica d’un puissant leader d’opinion susceptible d’influer sur la décision du Congrès et l’exploration de planètes colonisables pour préparer l’exode des habitants de Lusitania. Le compte à rebours va bientôt s’achever...
Une fois la surprise de cette lumière aveuglante passée, Ohaldo remarqua autre chose – remarqua, en fait, ce qui émerveillait encore plus les pequeninos. Il y avait des bourgeons sur l’arbre. Certains avaient même commencé à éclore, et des fruits avaient visiblement poussé.
« Je croyais que les arbres ne pouvaient pas donner de fruits, dit Ohaldo, à voix basse.
— Ils ne le pouvaient pas, répondit Plower. La descolada leur avait pris cette faculté.
— Mais qu’est-ce que c’est ? demanda Ohaldo. Pourquoi y a-t-il de la lumière dans l’arbre ? Pourquoi les fruits poussent-ils ?
— L’arbre-père Humain dit qu’Ender nous a amené son amie. Celle qui se nomme Jane. Elle visite les arbres de chaque forêt. Mais il n’a pas parlé de ces fruits.
— Ils sentent plutôt fort, remarqua Ohaldo. Comment peuvent-ils mûrir en si peu de temps ? Leur odeur est tellement forte, tellement douce et piquante à la fois, j’arrive presque à les goûter en respirant leur parfum de fruits mûrs.
— Je me souviens de ce parfum, dit Plower. Je ne l’avais jamais senti, parce qu’aucun arbre n’a jamais bourgeonné et qu’aucun fruit n’a jamais poussé, mais je reconnais cette odeur. Pour moi, c’est l’odeur de la vie. L’odeur de la joie.
— Alors manges-en, dit Ohaldo. Regarde, un de ces fruits est mûr, là, à portée de main. » Ohaldo leva la main, puis hésita. « Je peux ? demanda-t-il. Je peux prendre un fruit de l’arbre-mère ? Pas pour le manger – pour toi. »
Plower sembla acquiescer de tout cœur. « Je t’en prie », murmura-t-il.
Ohaldo s’empara d’un des fruits rayonnants. Vibrait-il dans sa main ? Ou était-ce sa propre main qui tremblait ?
Il serra ce fruit, ferme et doux à la fois, et l’arracha doucement de l’arbre. Il se décrocha facilement. Ohaldo se pencha et le donna à Plower, qui fit une révérence en l’acceptant, le porta à ses lèvres, le lécha, puis ouvrit la bouche.
Il mordit dans le fruit. Le jus brillait sur ses lèvres ; il les lécha ; mâcha ; avala.
Les autres pequeninos l’observaient. Il leur montra le fruit. Ils s’approchèrent de lui les uns après les autres, les frères et les femmes, tous s’approchèrent pour goûter au fruit.
Et lorsque ce fruit fut terminé, ils commencèrent à monter sur l’arbre lumineux pour y prendre d’autres fruits, se les partager et les manger jusqu’à n’en plus pouvoir. Puis ils se mirent à chanter. Ohaldo et ses enfants restèrent le soir pour entendre leurs chants. Les gens de Milagre purent aussi entendre ces mélodies, et beaucoup vinrent aux dernières lueurs du crépuscule, guidés par les rayonnements de l’arbre lumineux jusqu’à l’endroit où les pequeninos, gavés de ces fruits au goût de bonheur, chantaient pour fêter leur joie. Et l’arbre au centre faisait partie de ce chant. L’aiúa, dont la force et le feu rendaient l’arbre tellement plus vivant que jamais, dansait à l’intérieur de l’arbre, suivant chacune de ses courbes, plus de mille fois par seconde.
Plus de mille fois par seconde elle dansait dans cet arbre, et tous les arbres des autres planètes sur lesquelles poussaient les forêts de pequeninos, tous les arbres-mères qu’elle visitait donnaient des bourgeons et des fruits, et les pequeninos les mangeaient en s’enivrant de leur parfum, et entonnaient un chant. Il s’agissait d’un très vieux chant dont ils avaient oublié le sens depuis longtemps, mais désormais ils le comprenaient et ne pouvaient en chanter d’autres. C’était le chant de la floraison et des festins. Il y avait si longtemps qu’ils n’avaient vécu une période de récoltes qu’ils ne savaient même plus ce que cela signifiait. Mais ils venaient de comprendre ce que la descolada leur avait volé jadis. Ce qui avait été perdu venait d’être retrouvé. Et ceux qui avaient connu la faim, sans pouvoir lui donner un nom, pouvaient désormais se rassasier.
10
« ce corps a toujours été le tien »