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READ-E-BOOK » Научная фантастика » Les enfants de l'esprit [Children of the Mind - fr]
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Les enfants de l'esprit [Children of the Mind - fr]

Электронная книга - «Les enfants de l'esprit [Children of the Mind - fr]». Краткое содержание книги:

Les paqueninos, la Reine et les humains de Lusitania sont menacés par l’arrivée de la Flotte Stellaire qui compte utiliser le « Petit Docteur », un désintégrateur moléculaire, pour préserver la race humaine du terrible virus de la descolada.
Seule Jane, l’intelligence artificielle alliée d’Ender, est capable de sauver Lusitania et les espèces qui y vivent. Mais son action est menacée par le Congrès Stellaire, qui s’efforce de déconnecter tous les réseaux informatiques qu’elle utilise.
Quant à Ender, il doit maintenir toute son attention, malgré ses forces déclinantes, pour que les enfants nés de son esprit — Peter et Val — puissent mener à bien leurs quêtes respectives : la recherche sur la planète Pacifica d’un puissant leader d’opinion susceptible d’influer sur la décision du Congrès et l’exploration de planètes colonisables pour préparer l’exode des habitants de Lusitania. Le compte à rebours va bientôt s’achever...
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« Val », dit Miro.

Ah, entendre réellement sa voix !

« Val, tout va bien ?

— Oui. » C’est ainsi que bougeaient sa langue, ses lèvres ; elle respirait, elle poussait, toutes ces habitudes que Val possédait déjà et qui lui paraissaient si nouvelles et si merveilleuses. « Oui, tu dois continuer à m’appeler Val. Jane était autre chose. Quelqu’un d’autre. Avant de devenir moi-même, j’étais Jane. Mais maintenant je suis Val. »

Elle le regarda et vit (avec des yeux !) ses larmes couler. Elle comprit immédiatement.

« Non, dit-elle. Tu n’as même pas besoin de m’appeler Val. Parce que je ne suis plus la Val que tu as connue, et cela ne me dérange pas que tu la regrettes. Je sais ce que tu lui as dit. Je sais le mal que cela t’a fait de le dire, je me rappelle à quel point elle a été blessée en l’entendant. Mais ne regrette rien, je t’en prie. C’est un si beau cadeau que tu m’as fait, que vous m’avez fait tous les deux. Et c’est aussi un cadeau que tu lui as fait, à elle. J’ai vu son aiúa aller dans Peter. Elle n’est pas morte. Et ce qui est plus important à mes yeux, en lui disant ce que tu lui as dit, tu l’as aidée à se libérer pour qu’elle puisse enfin exprimer celle qu’elle était vraiment. Tu l’as aidée à mourir pour toi. Et maintenant elle ne forme qu’un tout avec elle-même ; et il ne forme qu’un tout avec lui-même. Tu peux la pleurer, mais ne regrette rien. Et tu peux continuer à m’appeler Jane. »

Elle comprit alors, la part de Val toujours présente comprit, la mémoire de celle qui avait été Val comprit ce qu’il lui restait à faire. Elle quitta son fauteuil, se dirigea lentement vers Miro et le prit dans ses bras (je peux le toucher avec ces mains !). Elle lui posa la tête sur son épaule et le laissa verser ses larmes, chaudes puis froides, sur son chemisier, sur sa peau. Et ça brûlait. Ça brûlait.

11

« tu m’as rappelé des ténèbres »

« N’y a-t-il pas de fin à tout ceci ? Dois-je continuer éternellement ? N’ai-je pas répondu À toutes vos exigences Envers une femme si faible Et si bête que moi ? Quand pourrai-je entendre vos voix aiguës De nouveau dans mon cœur ? Quand tracerai-je La dernière ligne menant au paradis ? »
Murmures Divins de Han Qing-Jao

Yasujiro Tsutsumi fut abasourdi par le nom que lui chuchota sa secrétaire. Il acquiesça immédiatement, puis se leva pour aller parler aux deux hommes qu’il devait rencontrer. Les négociations avaient été longues et fastidieuses, et les interrompre à cet instant tardif, alors qu’il était si près du but… mais on ne pouvait rien y faire. Il aurait préféré perdre des millions plutôt que de manquer de respect au grand homme qui venait, contre toute attente, faire appel à lui.

« Je vous prie de bien vouloir m’excuser de vous manquer à ce point de politesse, mais mon ancien professeur vient me rendre visite, et ce serait une honte pour moi et ma famille si je devais le faire attendre. »

Le vieux Shigeru se leva immédiatement et le salua en se courbant. « Je pensais que les jeunes générations avaient oublié la notion de respect. Je sais que votre professeur est le grand Aimaina Hikari, le gardien de l’esprit Yamato. Mais même s’il s’agissait d’un vieil instituteur édenté de quelque village de montagne, c’est une bonne chose qu’un jeune homme bien éduqué fasse ainsi preuve de respect. »

Le jeune Shigeru était moins enthousiaste – du moins avait-il plus de mal à masquer son mécontentement. Mais l’opinion du vieux Shigeru concernant cette interruption comptait davantage. Une fois le contrat signé, il serait toujours temps de s’occuper du fils.

« Vos paroles compréhensives m’honorent, dit Yasujiro. Je vous en prie, laissez-moi consulter mon professeur pour savoir s’il me ferait l’honneur de bien vouloir me laisser réunir des hommes d’une si grande sagesse sous mon pauvre toit. »

Yasujiro salua de nouveau et les quitta pour rejoindre la salle de réception. Aimaina était toujours debout. Sa secrétaire se tenait à ses côtés, haussant désespérément les épaules, comme pour dire : « Il n’a pas voulu s’asseoir. » Yasujiro le salua en se courbant à plusieurs reprises, avant même de lui demander s’il pouvait lui présenter ses amis.

Aimaina fronça les sourcils et lui demanda d’une voix douce : « Est-ce qu’il s’agit des Shigeru Fushimi qui se réclament d’une famille noble – disparue depuis deux mille ans avant de se retrouver soudainement une nouvelle descendance ? »

Yasujiro sentit ses pieds se dérober, craignant qu’Aimaina, qui était après tout le gardien de l’esprit Yamato, ne puisse l’humilier en dénonçant la légitimité des Fushimi à se réclamer de sang noble. « C’est une vanité bien inoffensive, dit Yasujiro. Un homme a le droit d’être fier de ses origines.

— Comme ton homonyme, le fondateur de la fortune des Tsutsumi, fut fier d’oublier ses origines coréennes.

— Vous l’avez dit vous-même, dit Yasujiro en encaissant l’insulte sereinement. Tous les Japonais sont d’origine coréenne, mais ceux qui possédaient l’esprit Yamato ont fait la traversée jusqu’aux îles aussi vite qu’ils le pouvaient. Les miens ont suivi les vôtres quelques siècles plus tard. »

Aimaina éclata de rire. « Tu as toujours ce même sens de la repartie prompte et impertinente que lorsque tu étais mon élève ! Guide-moi jusqu’à tes amis, je serais honoré de les rencontrer. »

S’ensuivirent dix bonnes minutes de révérences et de sourires, de compliments plaisants et de marques d’humilité. Yasujiro fut soulagé de ne lire ni condescendance ni ironie dans la voix d’Aimaina lorsqu’il prononça le nom des Fushimi, et de constater que le jeune Shigeru était tellement impressionné de rencontrer le grand Aimaina Hikari qu’il en avait apparemment oublié l’insulte de l’interruption. Les deux Shigeru quittèrent la pièce avec une demi-douzaine d’hologrammes de leur rencontre avec Aimaina, et Yasujiro était heureux que le vieux Shigeru ait insisté pour qu’il fasse partie de l’hologramme avec les Fushimi et le grand philosophe.

Yasujiro et Aimaina se retrouvèrent enfin dans son bureau, les portes fermées. Aimaina se dirigea immédiatement vers les fenêtres et tira le rideau de celle qui donnait sur les autres immeubles du quartier financier de Nagoya, puis, plus loin, sur la campagne, avec ses vastes champs cultivés sur toutes les parties arables, mais aussi, ici et là, quelques bois sauvages sur les collines, un endroit idéal pour les renards et les blaireaux.

« Je suis soulagé de constater que malgré la présence d’un Tsutsumi à Nagoya, il reste tout de même quelques portions de terres indemnes. Je ne pensais pas que cela fût possible.

— Même si vous éprouvez une certaine antipathie envers ma famille, je suis flatté d’entendre notre nom dans votre bouche », dit Yasujiro. Mais au fond de lui, il aurait voulu lui demander : Pourquoi vous obstinez-vous à insulter ma famille aujourd’hui ?

« Es-tu fier de l’homme dont tu portes le nom ? L’acheteur de terres, le constructeur de terrains de golf ? Pour lui, toute zone sauvage n’aspirait qu’à être parsemée de cabanes et de greens de golf. À ce propos, il n’a jamais rencontré une femme trop laide pour ne pas avoir d’enfants avec elle. Tu marches aussi sur ses traces dans ce domaine ? »

Yasujiro était estomaqué. Tout le monde connaissait les histoires concernant le fondateur de l’empire Tsutsumi. Tout cela était de notoriété publique depuis trois mille ans. « Qu’ai-je donc fait pour subir ainsi votre colère ?

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