Les enfants de l'esprit [Children of the Mind - fr]
- Автор: Кард Орсон Скотт
- Серия: Ender (fr) #4
- Год: 2000
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-290-30545-6
- Переводчик: Jean-Marc Chambon
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Les enfants de l'esprit [Children of the Mind - fr]». Краткое содержание книги:
Seule Jane, l’intelligence artificielle alliée d’Ender, est capable de sauver Lusitania et les espèces qui y vivent. Mais son action est menacée par le Congrès Stellaire, qui s’efforce de déconnecter tous les réseaux informatiques qu’elle utilise.
Quant à Ender, il doit maintenir toute son attention, malgré ses forces déclinantes, pour que les enfants nés de son esprit — Peter et Val — puissent mener à bien leurs quêtes respectives : la recherche sur la planète Pacifica d’un puissant leader d’opinion susceptible d’influer sur la décision du Congrès et l’exploration de planètes colonisables pour préparer l’exode des habitants de Lusitania. Le compte à rebours va bientôt s’achever...
— Tuée, rectifia Grace.
— Disons rétrogradée, insista Peter. C’est aujourd’hui une dryade plutôt qu’une déesse. Une sylphide. » Il fit un clin d’œil à Wang-mu qui n’avait pas la moindre idée de ce qu’il voulait dire. « Même lorsqu’il abandonnera son ancienne vie, il ne pourra pas lâcher prise.
— Il possède déjà deux corps de trop, dit Wang-mu. En revanche, Jane n’en a pas. Il semble que les lois du commerce devraient s’appliquer ici. Deux fois plus de stock que de demande – le prix devrait être raisonnable. »
Lorsque Malu eut la traduction, il éclata de rire. « Le « prix raisonnable » le fait beaucoup rire, expliqua Grace. Il dit que le seul moyen pour Ender d’abandonner un de ses corps, c’est de mourir. »
Peter acquiesça. « Je sais.
— Mais Ender n’est pas Jane, dit Wang-mu. Il n’a pas vécu comme un… un aiúa nu parcourant le réseau ansible. C’est un être humain. Lorsque les aiúas quittent le corps de quelqu’un, ils ne partent pas à la recherche d’une autre place disponible.
— Et pourtant son – mon – aiúa était bien en moi, dit Peter, il sait comment faire. Ender peut très bien mourir en me laissant vivre.
— Ou vous pourriez mourir tous les trois.
— Il y a une chose que je sais, leur dit Malu, relayé par Grace. Si l’on donne une vie à la déesse, si elle doit un jour retrouver son pouvoir, Ender Wiggin doit mourir et lui donner un corps. Il n’y a pas d’autre moyen.
— Retrouver son pouvoir ? demanda Wang-mu. Est-ce possible ? Je croyais que le but même de la fermeture du réseau informatique était précisément de lui en couper définitivement l’accès. »
Malu s’esclaffa de nouveau et se frappa le torse et les cuisses en lâchant un flot de paroles en samoan.
Grace traduisit. « Vous savez combien de centaines d’ordinateurs nous avons ici aux Samoa ? Pendant des mois, depuis qu’elle s’est fait connaître de moi, nous n’avons cessé de copier et recopier toute la mémoire qu’elle voulait sauver, et elle est prête à être entièrement restaurée. Ce n’est peut-être qu’une infime partie de ce qu’elle était, mais c’est la partie la plus importante. Si elle arrive à retourner sur le réseau ansible, elle aura ce qui lui est nécessaire pour retrouver aussi les réseaux informatiques.
— Mais ils ne connectent pas les réseaux informatiques aux ansibles, objecta Wang-mu.
— C’est en effet ce que le Congrès a ordonné, mais ses ordres ne sont pas forcément exécutés, dit Grace.
— Alors pourquoi Jane nous a-t-elle amenés ici ? demanda Peter, comme pour se plaindre. Si Malu et vous-même niez avoir la moindre influence sur Aimaina, et si Jane est déjà entrée en contact avec vous et que vous avez déjà contrarié les projets du Congrès…
— Non, non, ce n’est pas comme ça que ça se passe, le rassura Grace. Nous faisions ce que Malu nous disait de faire, mais il ne nous a jamais parlé d’une entité informatique, il a parlé d’une déesse, et nous lui avons obéi parce que nous croyons en sa sagesse et savons qu’il peut voir ce que nous ne pouvons voir. C’est votre arrivée qui nous a appris qui était Jane. »
Une fois ces propos rapportés à Malu, il pointa le doigt vers Peter. « Vous ! Vous avez apporté la déesse ! » Puis, à Wang-mu. « Et vous, vous êtes venue apporter l’homme.
— Comprenne qui peut », dit Peter.
Mais Wang-mu pensait comprendre. Ils venaient de survivre à une crise, mais cette heure de répit n’était qu’une brève accalmie. La bataille ferait rage à nouveau, et cette fois le résultat serait sans doute différent. Si Jane devait vivre, si elle pouvait avoir le moindre espoir de reprendre le voyage instantané, Ender devait lui donner au moins un de ses corps. Si Malu avait raison, Ender devait effectivement mourir. Il y avait une infime chance que l’aiúa d’Ender puisse maintenir en vie un des trois corps. Je suis ici, se dit Wang-mu, pour m’assurer que Peter survivra, pas en tant que dieu, mais en tant qu’homme.
Mais cela dépend, s’avisa-t-elle, si l’amour de Peter/Ender pour moi est plus fort que celui de Valentine/Ender pour Miro, ou celui d’Ender pour Novinha.
Cette pensée la désempara. Qui était-elle au fond ? Miro avait été l’ami d’Ender pendant des années. Novinha était sa femme. Mais Wang-mu ? Ender n’avait eu connaissance de son existence que quelques jours auparavant, au mieux quelques semaines. Que pouvait-elle représenter pour lui ?
Puis une autre pensée lui vint, plus réconfortante bien que dérangeante. Qu’est-ce qui était le plus important ? Savoir qui Ender aimait ou quelle partie d’Ender l’aimait ? Valentine était l’altruiste parfaite – elle avait beau aimer Miro plus que tout, elle l’abandonnerait si cela pouvait nous rendre le voyage instantané. Quant à Ender – il commençait déjà à se désintéresser de son ancienne vie. Il est le plus fatigué, le plus usé par la vie. Peter, en revanche, était le seul à faire preuve d’ambition, d’envie de se développer et de créer. Ce qui compte, ce n’est pas qu’il m’aime moi, mais que lui m’aime, ou plutôt qu’il souhaite vivre, et je fais partie de cette vie, je suis la femme qui l’aime malgré sa prétendue méchanceté. Peter-Ender est celui qui a le plus besoin d’être aimé car il le mérite le moins – et c’est mon amour pour Peter qui lui sera le plus précieux.
S’il doit y avoir un gagnant, ce sera moi, et Peter, pas à cause de la sublime pureté de notre amour, mais à cause du désir brûlant des amants.
Certes, notre histoire ne sera pas aussi tendre et romanesque, mais au moins, nous aurons une vie, et ce sera suffisant.
Elle enfonça ses orteils dans le sable, sentant l’infime et délicieuse douleur du frottement des minuscules grains entre ses doigts de pied. C’est la vie. Ça fait mal, c’est sale, mais c’est tellement bon.
Ohaldo utilisa l’ansible pour raconter à son frère et ses sœurs à bord du vaisseau ce qui s’était passé entre Jane et l’arbre-mère.
« La Reine dit que cela ne pourra pas durer très longtemps. Les arbres-mères ne sont pas suffisamment puissants. Ils céderont progressivement, perdant le contrôle, et d’ici peu, Jane deviendra une forêt, un point c’est tout. Et elle ne parlera pas non plus. Il n’y aura que de magnifiques, de lumineux petits arbres donnant de beaux fruits. C’était superbe à voir, vous pouvez me croire, mais la façon dont la Reine a décrit la chose l’apparente plus à la mort.
— Merci, Ohaldo, dit Miro. Mais cela ne change pas grand-chose à notre situation. Nous sommes coincés ici, et nous allons nous remettre au travail maintenant que Val a cessé de se jeter contre les murs. Les descoladores ne nous ont pas encore trouvés – Jane nous a mis sur une orbite plus lointaine cette fois –, mais dès que nous serons en mesure de traduire leur langue, nous leur ferons signe pour qu’ils sachent qu’on est là.
— Continuez, dit Ohaldo. Mais ne perdez pas non plus l’espoir de revenir.
— La navette n’est pas vraiment équipée pour un séjour de deux cents ans, dit Miro. C’est la distance à laquelle nous nous trouvons, et ce petit véhicule ne peut même pas atteindre la vitesse nécessaire pour un vol relativiste. Il ne nous resterait plus qu’à jouer au solitaire pendant deux cents ans. Les cartes seront usées bien avant notre retour. »
Ohaldo éclata de rire – trop facilement et trop sincèrement, pensa Miro – et poursuivit : « La Reine dit qu’une fois que Jane aura quitté les arbres, et que le Congrès aura mis en place et lancé son nouveau système, elle pourra peut-être y retourner. Suffisamment du moins pour se reconnecter au réseau ansible. Et si elle y arrive, elle sera peut-être en mesure de se relancer dans le voyage stellaire. Ce n’est pas impossible en tout cas. »
À ces mots Val se raidit. « Est-ce une supposition de la Reine, ou bien en est-elle sûre ?