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Basilica [The Memory of Earth - fr]

Электронная книга - «Basilica [The Memory of Earth - fr]». Краткое содержание книги:

Basilica est une ville dirigée par les femmes, dans laquelle culture et tradition sont les maîtres mots. Les hommes ne peuvent y résider que sur l’invitation expresse de leurs compagnes. C’est pourtant l’un deux, volemak, qui reçoit de surâme, l’ordinateur-dieu veillant au bien-être du monde, une vision d’apocalypse : Basilica, et, au-delà toute la planète Harmonie, sont sur le point de disparaître dans un déluge de feu. Mais à cause de quoi ? Ou de qui ? Alors que les tensions politiques grandissent entre les différentes factions de Basilica, Nafai, le benjamin de Volemak, s’efforce d’aider son père dans la quête de la vérité. Mais il semblerait que Surâme ait d’autres ambitions pour l’adolescent…
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— Le Temple n’oubliera pas de sitôt une telle obéissance », fit Gaballufix. Puis, à Mebbekew : « À moins que la piété de Nafai ne soit supérieure à celle de son frère Mebbekew ? »

Rempli d’angoisse et d’indécision, le regard de Mebbekew allait d’Elemak à Gaballufix.

Mais ce fut Elemak qui réagit. Il se remit à emballer les lingots dans les tissus.

« Non ! s’écria Nafai. On ne va pas laisser tomber maintenant ! » Il tendit la main vers Mebbekew. « Tu sais bien que ce serait la volonté de Père.

— Je vois que le plus jeune est le seul qui comprenne vraiment », dit Gaballufix.

Mebbekew s’avança et entreprit de disposer ses paquets sur la table. Pendant ce temps, Elemak agrippa durement Nafai par l’épaule et lui souffla : « Je t’avais dit de me laisser faire ! Tu lui as donné quatre fois plus que nécessaire, espèce de petit crétin ! Nous n’avons plus rien ! »

Plus rien que l’Index, songea Nafai. Mais… si Elemak savait très bien ce qu’il faisait, en réalité ? Nafai aurait peut-être mieux fait de se taire et de le laisser mener la négociation. Sur le moment pourtant, il avait eu la conviction qu’il devait intervenir, sous peine de ne jamais obtenir l’Index.

Toute la fortune du Wetchik, sauf les terres et les immeubles, se trouvait sur la table de Gaballufix.

« Est-ce suffisant, maintenant ? demanda Elemak d’un ton sec.

— C’est tout à fait suffisant, répondit Gaballufix. Tout à fait suffisant pour me prouver que Volemak le Wetchik a trahi les Palwashantu. Cette immense fortune a été placée entre les mains d’enfants, qui ont résolu, avec une stupidité typiquement puérile, de la gaspiller tout entière à l’achat d’un objet dont tout vrai Palwashantu sait qu’il ne peut en aucun cas être vendu : l’Index, le dépôt sacré, la charge sainte des Palwashantu ! Volemak pensait-il pouvoir l’acheter ? Non, c’est inconcevable, cela ne se peut pas ! Je dois donc conclure qu’il a perdu l’esprit, ou bien que vous l’avez tué et que vous avez caché son corps quelque part !

— Non ! cria Nafai.

— Tes mensonges sont obscènes, lança Elemak, et nous ne les tolérerons pas ! » Il s’avança et voulut pour la troisième fois ramasser le trésor.

« Voleur ! hurla Gaballufix.

Les portes s’ouvrirent soudain, et une dizaine de soldats entrèrent dans la pièce.

« Tu crois vraiment pouvoir faire ça en présence de Rashgallivak ? demanda Elemak, haletant.

— Mais j’insiste pour le faire en sa présence ! dit Gaballufix. Qui, à ton avis, est venu m’avertir que Volemak trahissait la confiance des Wetchik ? Que les fils de Volemak saignaient à blanc la fortune de Wetchik à cause d’un caprice de fou ?

— Je sers la maison de Wetchik », intervint Rashgallivak. Il regarda tour à tour les quatre frères, et son visage était un masque de tristesse. « Ce ne pouvait pas être l’intérêt de cette grande maison de laisser un fou qui croit avoir des visions dilapider sa fortune. Gaballufix a eu grand-peine à croire ce que je lui ai dit, mais il a convenu que la fortune de Wetchik devait être confiée à une autre branche de la famille.

— En tant que chef du clan Palwashantu, dit Gaballufix d’un ton solennel, je déclare que Volemak et ses fils, s’étant révélés incompétents et indignes dans la garde de la plus grande maison du clan, sont donc écartés comme héritiers et possesseurs de la maison de Wetchik, et ce pour toujours. Et en reconnaissance de ses années de bons et loyaux services, en sa personne et en celle de ses ancêtres depuis bien des siècles, j’accorde la garde temporaire de la fortune de Wetchik et l’usage du nom de Wetchik à Rashgallivak, afin qu’il s’occupe de tous les domaines de cette maison jusqu’à ce que le conseil clanique en dispose autrement. Quant à Volemak et ses fils, s’ils tentent en quelque manière de protester ou de discuter cette décision, ils seront considérés comme ennemis de sang des Palwashantu et se verront appliquer des lois plus anciennes que celles de la cité de Basilica. » Gaballufix se pencha par-dessus la table et sourit à Elemak. « Tu as bien tout compris, Elya ? »

Elemak fixa Rashgallivak. « J’ai surtout compris que l’homme le plus loyal de Basilica est à présent celui qui la trahit le plus.

— C’est vous, les traîtres, rétorqua Rash. Pris d’une folie qui vous conduit à des visions, vous faites un voyage sans profit aucun dans le désert, vous vendez tous les animaux, vous congédiez les ouvriers, et aujourd’hui vous vous ruinez vous-mêmes… En tant qu’intendant de la maison de Wetchik, je ne pouvais faire autrement qu’en référer au conseil clanique.

— Gaballufix n’est pas le conseil, rétorqua Elemak. C’est un vulgaire voleur, et tu as remis toute notre fortune entre ses mains !

— C’est vous qui étiez en train de la lui remettre, fit observer Rashgallivak. Ne comprenez-vous pas que c’est pour vous que je fais cela ? Pour vous quatre ? Le conseil me nommera tuteur pendant quelques années, le temps que tout se tasse, et durant ce temps, si l’un de vous s’avère réfléchi et parfaitement digne de confiance, digne de cette responsabilité, le nom et la fortune de Wetchik reviendront à votre famille.

— Il n’y aura plus de fortune, rétorqua Elemak, parce que Gabya l’aura engloutie dans ses armées avant la fin de l’année.

— Pas du tout, dit Gaballufix. Je la confie tout entière à Rash, pour qu’il la gère en tant qu’intendant. »

Elemak éclata d’un rire caustique. « Un intendant tenu de l’employer comme le conseil l’ordonnera. Et qu’ordonnera le conseil ? Tu verras, Rash ! Tu le verras même très vite, parce que le conseil a des frais sacrément importants, avec tous les soldats qu’il entretient ! »

Rashgallivak eut l’air mal à l’aise. « Gaballufix a en effet indiqué qu’une petite partie de cet argent pourrait être déduite pour couvrir les frais actuels, mais que votre père, s’il avait encore été sain d’esprit, aurait de toute façon contribué aux dépenses du clan.

— Il s’est fichu de toi, dit Elemak, et de moi aussi. Il s’est fichu de nous tous. »

Rash regarda Gaballufix, visiblement inquiet. « Peut-être devrions-nous réunir le conseil clanique, fit-il.

— Le conseil s’est déjà réuni, répondit Gaballufix.

— Quels sont les frais réels du clan ? demanda Rashgallivak.

— Ils sont minimes, dit Gaballufix. Ne perdez pas votre temps à vous inquiéter de ça. À moins que vous ne soyez aussi peu digne de confiance que Volemak et ses fils ?

— Tu vois ? exulta Elemak. Ça commence déjà : fais ce que dit Gabya, ou tu ne resteras pas longtemps intendant de la fortune de Wetchik.

— La loi est la loi, déclara Gaballufix. Et maintenant, il est temps que ces misérables dissipateurs quittent ma maison, avant que je ne les inculpe du meurtre de leur père.

— Avant que nos paroles n’aident Rash à voir la vérité, tu veux dire ! corrigea Elemak.

— On va partir, dit Mebbekew. Mais ces discours sur le conseil clanique Palwashantu et Rashgallivak qui deviendrait le Wetchik, tout ça, c’est de la pisse de rat ! Tu es un voleur, Gabya, un voleur, un menteur et un assassin qui aurait tué Roptat et Père si on n’avait pas fichu le camp de la cité, et on ne va pas laisser la fortune de notre famille entre les mains d’un meurtrier ! »

Là-dessus, Mebbekew se précipita en avant et s’empara d’un sac de pierres précieuses.

Les soldats bondirent aussitôt sur les quatre frères. Le sac fut arraché des mains de Mebbekew, et on les emmena sans douceur jusqu’à la porte d’entrée ; là, on les jeta à la rue.

« Allez, du balai ! leur crièrent les soldats. Voleurs ! Assassins ! »

Nafai eut à peine le temps de reprendre ses esprits que Mebbekew le saisit à la gorge. « Il a fallu que tu étales tout le trésor sur la table !

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