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READ-E-BOOK » Научная фантастика » À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]
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À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]

Электронная книга - «À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]». Краткое содержание книги:

La chute des comètes avait apporté le long hiver, comme, cent millions d’années plus tôt, lorsque les dinosaures avaient disparu. L’Hiver durait depuis soixante-dix mille ans.
Le Peuple survivait à l’abri de son cocon souterrain, génération après génération. Et voilà que le Printemps, annoncé par la Tradition, était revenu. Le Peuple devait sortir et aller recueillir son héritage dans la glorieuse cité de Vengiboneeza. Mais était-il encore humain ?
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Mais au bout d’un certain temps, il fut incapable de demeurer plus longtemps en contact avec eux. Il s’écarta comme il se fût écarté d’une flamme trop vive et s’éloigna pour poursuivre ses recherches.

Il y avait encore bien d’autres races dans la cité, en nombre encore plus réduit que les humains. D’étranges créatures de toutes sortes, à l’aspect parfois saisissant. Certaines n’avaient que quatre ou cinq représentants, d’autres un seul. Elles ne ressemblaient à rien de ce que l’étude des chroniques l’avait préparé à rencontrer. Hresh vit ainsi des êtres dotés de deux têtes et de six jambes et d’autres dépourvus de tête, mais munis d’une forêt de bras. Il vit des êtres pourvus de milliers de dents aussi pointues que des aiguilles et distribuées autour d’une bouche béante ouvrant sur leur estomac, d’autres qui vivaient dans des cuves scellées et d’autres encore qui flottaient comme des bulles au-dessus du sol. Il vit des créatures extraordinairement pesantes dont chaque pas faisait trembler la terre et d’autres si légères, si virevoltantes que l’œil avait de la peine à suivre leurs mouvements. Il percevait clairement chez toutes ces créatures la lumière de l’intelligence, même si cette intelligence était différente de ce qu’il connaissait et même si les émanations de leur âme étaient troublantes et mystérieuses.

Hresh supposa que ces êtres étaient des créatures venues d’autres étoiles. Des visiteurs en provenance des mondes qui gravitaient autour des froides et brillantes lumières semées dans le ciel nocturne. A l’époque de la Grande Planète, les allées et venues de voyageurs devaient être nombreuses entre les étoiles.

C’est peut-être l’un de ces étrangers qui avait apporté la Pierre des Miracles grâce à laquelle cette vision était possible.

Et nous ? se demanda-t-il. Le Peuple est-il donc totalement absent de cette glorieuse cité ?

Oui. Il n’y en avait pas la moindre trace. Le Peuple n’était pas là.

C’était véritablement accablant. Les siens n’avaient aucune part à la grandeur et à la splendeur de la Grande Planète.

Hresh s’efforça de comprendre et d’accepter cette réalité. Il se dit que la scène qu’il avait devant les yeux remontait à un passé extraordinairement reculé, bien avant la venue des étoiles de mort. Il se dit que les peuples venaient peut-être au monde comme le faisaient les individus. Il se dit qu’à l’époque où il s’était trouvé projeté, sa race n’existait peut-être pas encore.

Mais ce n’était qu’une mince consolation. La vérité profonde se répercutait dans son âme avec d’affreuses résonances. Vous n’êtes pas des humains. Vous êtes des singes, ou les descendants de singes.

Il en avait la preuve sous les yeux, mais il ne parvenait pas à l’accepter. Pas des humains ? Pas des humains ? Les mots tourbillonnaient dans sa tête. Hresh savait ce que cela signifiait d’être humain, ou il croyait le savoir, et se sentir exclu de cette chaîne remontant à la nuit des temps était une souffrance insupportable. Il se sentait partir à la dérive, comme si toutes les racines qui l’attachaient au monde avaient été tranchées d’un coup. Pendant un long moment, il demeura immobile au-dessus de l’antique Vengiboneeza, abasourdi, transi, égaré.

Hresh n’avait pas la moindre idée du temps qu’il avait passé à manipuler les boutons et les leviers de la machine de la salle souterraine cependant que les flots d’images éblouissantes de la Grande Planète s’engouffraient dans son esprit. Mais la vision finit par perdre de son éclat. Les tours étincelantes s’estompèrent, les rues se brouillèrent et se liquéfièrent devant ses yeux.

Il manœuvra frénétiquement les manettes, mais en vain. Son esprit commença de remonter vers la médiocre réalité du sous-sol de la tour.

L’enchantement avait cessé, mais Hresh était encore sous l’empire du Barak Dayir et, tandis que son esprit s’élevait, la topographie de la cité en ruine lui apparut de nouveau, avec l’entrecroisement des cercles de toutes tailles et les points de lumière rouge. L’idée lui vint brusquement que ces points lumineux devaient représenter les différents endroits où la vie de la Grande Planète couvait encore dans les ruines. Partout où apparaissaient les points rouges, il trouverait des cachettes recélant les trésors qu’il recherchait.

Hresh n’avait ni le temps ni la force de s’en occuper dans l’immédiat, car il se sentait très faible et tout étourdi. Mais, malgré la confusion, le doute et le désespoir auxquels il avait envie de s’abandonner, il se trouvait encore dans un état de vive exaltation.

Il lança autour de lui un regard incrédule et reconnut l’immense espace vide de la chambre souterraine au sol de terre battue couvert de décombres et d’amas de poussière, les lumières ambrées, la profusion de statues entassées dans la pénombre des murs. La Grande Planète était encore vivante et bien réelle dans son esprit et il avait le sentiment de se trouver dans le décor minable de quelque rêve sinistre. Mais les images de la Grande Planète s’effaçaient petit à petit et la salle souterraine devenait progressivement l’unique réalité.

— Haniman ! s’écria-t-il d’une voix cassée et chevrotante, trop haute d’une demie octave. Haniman ! Fais-moi remonter !

Comme personne ne répondait, Hresh leva les yeux et scruta les ténèbres où flottait toujours une odeur de renfermé. Il entendit des grattements d’animaux dans les murs, mais Haniman restait silencieux.

— Haniman ! hurla Hresh de toutes ses forces.

Il perçut un bruit ressemblant à celui d’une pluie fine. De la pluie dans un lieu abrité ? Non, il s’agissait de petits cailloux, de sable et de terre qui tombaient du plafond. Et c’était le son de sa voix qui avait provoqué leur chute. S’il recommençait à crier aussi fort, tout le plafond risquait de s’effondrer et de l’ensevelir.

Il avait les nerfs tendus comme les cordes d’un luth. Il se demanda si Haniman l’avait abandonné dans ce tombeau, s’il n’était pas tout simplement parti en le laissant croupir dans son trou. Mais peut-être était-il seulement allé faire un tour. Ou bien il se trouvait trop loin de la surface pour qu’Haniman pût entendre ses cris. Hresh hésita à appeler encore une fois, mais si cet endroit avait résisté aux séismes pendant sept cent mille ans, il n’allait certainement pas s’écrouler pour un simple cri.

— Haniman ! hurla-t-il de nouveau. Haniman !

Mais ses cris ne provoquèrent qu’une nouvelle pluie de pierres.

Que faire ? se demanda Hresh. Se laisser mourir de faim ? Pas question. Essayer de grimper ? Comment ?

Il songea alors à utiliser sa seconde vue pour attirer l’attention d’Haniman. Il était interdit de braquer sa seconde vue sur un autre membre de la tribu et de violer ainsi le sanctuaire de son âme, mais il préférait transgresser cette règle plutôt que de moisir éternellement dans l’obscurité.

Rassemblant toute son énergie, Hresh projeta sa seconde vue.

Toutes les fibres de sa perception s’élevèrent dans le puits de ténèbres. Il sentit une chaleur, il sentit la présence d’une vie ; il y avait bien quelqu’un là-haut. C’était Haniman ! Et il dormait ! Que Dawinno l’emporte !

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