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READ-E-BOOK » Научная фантастика » À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]
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À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]

Электронная книга - «À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]». Краткое содержание книги:

La chute des comètes avait apporté le long hiver, comme, cent millions d’années plus tôt, lorsque les dinosaures avaient disparu. L’Hiver durait depuis soixante-dix mille ans.
Le Peuple survivait à l’abri de son cocon souterrain, génération après génération. Et voilà que le Printemps, annoncé par la Tradition, était revenu. Le Peuple devait sortir et aller recueillir son héritage dans la glorieuse cité de Vengiboneeza. Mais était-il encore humain ?
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Hresh lui donna une secousse mentale. Haniman murmura et marmonna quelque chose. Hresh sentit qu’il se retournait dans son sommeil. Peut-être se frottait-il le visage comme pour essayer de chasser les prémices d’un mauvais rêve. Il donna une nouvelle secousse, plus forte. Haniman ! Réveille-toi, imbécile ! Et une troisième secousse, encore plus forte. Haniman était réveillé. Oui, il s’était dressé sur son séant et il avait les yeux ouverts. Hresh voyait le niveau du sol par les yeux d’Haniman. C’était une sensation fort étrange de se trouver dans l’esprit de quelqu’un d’autre. Hresh savait qu’il aurait dû se retirer, mais, par pure curiosité, il resta encore un peu. Il sentait l’esprit d’Haniman qui enveloppait le sien comme une seconde peau. Il pénétrait les petits désirs, les petites envies, les petites colères d’Haniman. Il découvrait ce que c’était que d’être gros et lent dans une tribu composée d’individus minces et vifs. Et il sentait la compassion monter en lui. Ce qu’il vivait était analogue à un couplage et, de bien des manières, c’était encore plus intense et plus intime. Le mécontentement qu’il éprouvait envers Haniman n’avait pas disparu, mais il avait maintenant l’impression d’être irrité contre lui-même et il s’y mêlait une pointe d’amusement et l’envie de pardonner.

Puis il sentit l’âme d’Haniman se débattre violemment pour le repousser et il se retira précipitamment. Mais la brusquerie de la rupture du contact le laissa tout tremblant.

— Hresh ? C’était toi ?

Il entendit la voix d’Haniman descendre vers lui, faible, indistincte, déformée par l’écho.

— Oui ! Fais-moi remonter, veux-tu !

— Pourquoi ne m’as-tu pas appelé ?

— Cela fait dix minutes que j’appelle ! Tu t’étais endormi !

— Endormi ? répéta la voix assourdie par la distance.

Mais Hresh n’aurait su dire si c’était Haniman qui répétait le dernier mot de sa question ou bien sa propre voix réverbérée par les parois du souterrain qui lui revenait.

Quelques instants plus tard, il entendit le grondement de la dalle accompagné du soupir familier. Hresh se hissa promptement sur la pierre noire qui commença aussitôt à s’élever. Il demeura allongé sans bouger, rompu de fatigue.

Quand il atteignit le niveau du sol, Haniman attendait au bord de la dalle, les bras croisés, le regard mauvais.

— Tout chroniqueur que tu sois, dit-il, si tu t’avises de recommencer ce que tu as fait, je te jette à la mer !

— Il fallait bien que j’attire ton attention. J’ai appelé et tu ne répondais pas.

— Tu n’as peut-être pas appelé assez fort.

— Assez pour détacher des pierres du plafond de la chambre souterraine.

— Je n’ai rien entendu, dit Haniman avec un haussement d’épaules.

— Bien sûr, tu dormais.

— Moi, je dormais ? Et comment aurais-je pu m’endormir ? Tu n’es pas resté en bas plus de deux minutes !

— Sans blague ! s’écria Hresh d’un ton incrédule.

— Pas plus de deux minutes, je t’assure ! Quand tu es descendu, je me suis allongé pour me reposer. J’ai peut-être fermé les yeux quelques secondes, mais je t’ai tout de suite senti en train de me triturer la cervelle et…

Haniman s’interrompit brusquement et fît un pas vers Hresh en le dévisageant.

— Yissou ! s’écria-t-il. Mais que t’est-il arrivé ?

— Comment cela ?

— On dirait que tu as vieilli de cent ans. Si tu voyais tes yeux ! Et tout ton visage a changé ! Comme si tu avais été vidé de l’intérieur !

— J’ai eu une vision, dit Hresh en portant la main à son visage.

Il se demandait s’il était vraiment transfiguré à ce point et s’il paraissait maintenant aussi vieux que Thaggoran à la fin de sa vie. Mais il n’avait pas l’impression que son visage eût changé. S’il y avait eu transformation, elle devait être intérieure.

— Qu’as-tu vu ? demanda Haniman.

— Des tas de choses, répondit Hresh après un moment d’hésitation. Des choses très bizarres. Des choses très troublantes.

— Quel genre de choses ?

— Peu importe, répondit Hresh. Sortons d’ici.

Sur le chemin du retour, la fatigue eut raison de lui. Il fut obligé de s’arrêter à plusieurs reprises pour prendre un peu de repos et, à un moment, il fut pris de nausées et dût s’agenouiller derrière une colonne tronquée où il fut secoué par des haut-le-cœur pendant ce qui lui sembla une éternité. Il se sentait très vieux et très faible et était incapable de suivre Haniman qui sautillait devant lui. Et quelle honte quand Haniman était obligé de s’arrêter pour l’attendre ! Ce n’est qu’au moment de rejoindre le gros de la tribu que la vitalité de la jeunesse reprit le dessus et qu’il sentit ses forces revenir. Il marchait plus vite et s’arrêtait moins souvent, mais Haniman se retournait encore fréquemment pour lui faire des signes impatients.

Hresh savait qu’il repasserait longtemps dans son esprit tout ce qu’il avait découvert dans le sous-sol de l’esplanade aux trente-six tours. Et le rire sarcastique des gardiens artificiels résonnait dans son âme qui semblait près d’éclater.

Petit singe. Petit singe. Petit singe.

Quelle humiliation ! Et pourtant il avait réussi à trouver la clé de la cité morte. Un triomphe et une révélation dégradante qui étaient intimement liés et le laissaient abasourdi. Hresh décida de garder ses découvertes pour lui jusqu’à ce qu’il soit parvenu à analyser plus profondément la situation. Mais les trésors de Vengiboneeza s’offraient maintenant à lui. C’était au moins quelque chose qu’il pourrait annoncer à Koshmar.

Il rencontra Torlyri juste devant la maison du chef.

— Où est Koshmar ? demanda-t-il.

— Elle est là, répondit la femme-offrande en tendant le bras vers la maison.

— J’ai des nouvelles pour elle ! De merveilleuses nouvelles !

— Elle est occupée, dit Torlyri. Tu vas devoir attendre un peu.

— Attendre ? répéta Hresh, comme s’il venait de recevoir un seau d’eau froide sur la tête. Comment cela, attendre ? J’ai vu la Grande Planète, Torlyri ! Je l’ai contemplée telle qu’elle était du temps de sa splendeur ! Et je sais où se trouve tout ce que nous sommes venus chercher à Vengiboneeza !

Porté par son élan d’enthousiasme, il sentait sa fatigue et ses doutes se dissiper.

— Va la voir, Torlyri ! Dis-lui de laisser tomber ce qu’elle est en train de faire et de me recevoir séance tenante. D’accord ? Tu veux bien ? Au fait, par quoi est-elle si occupée ?

— Il y a un étranger avec elle, répondit Torlyri.

Hresh ouvrit de grands yeux, sans comprendre tout de suite ce qu’elle avait dit.

— Un étranger ?

— Un éclaireur d’une autre tribu, à ce qu’il semble.

Hresh porta la main à l’amulette de Thaggoran. Un étranger !

— Comment cela ? Qui ?

— Plutôt un espion, en réalité, poursuivit Torlyri. Harruel et Konya l’ont surpris sur le Mont du Printemps où il nous espionnait.

Torlyri prit en souriant les deux mains du chroniqueur.

— Écoute, Hresh, je sais que tu meurs d’envie de lui raconter ce que tu as vu, mais ne peux-tu attendre un moment ? Juste un moment ? Il est également important d’avoir mis la main sur quelqu’un d’une autre tribu. C’est extraordinaire. Elle ne peut pas s’occuper de plus d’une chose extraordinaire à la fois. Ce n’est pas possible, Hresh. Tu comprends ?

Koshmar se dressait de toute sa taille devant la peau de rat-loup accrochée au mur comme un trophée. Elle faisait saillir ses épaules et la détermination se lisait sur son visage. A sa gauche se trouvait Harruel et à sa droite Konya. Koshmar était sous la protection des deux guerriers armés, mais elle savait que dans la situation présente, leurs lances étaient inutiles. L’affrontement en cours ne pouvait être résolu que par l’intelligence. Ce qu’elle attendait depuis le Temps du Départ était enfin arrivé et elle ne savait pas très bien de quelle manière il fallait procéder.

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