Le donjon [=La forteresse noire / The Keep - fr]
- Автор: Вилсон (Уилсон) Фрэнсис Пол
- Серия: Adversaire #1
- Год: 1982
- Язык: французский
- Год: France Loisirs
- ISBN: 2-7242-1428-5
- Переводчик: Jacques Guiod
- Жанр: Ужасы
Электронная книга - «Le donjon [=La forteresse noire / The Keep - fr]». Краткое содержание книги:
Aussitôt le major SS Kaempffer lui est envoyé. Homme de fer, il va cependant découvrir la peur face au spectacle des cadavres atrocement déchiquetés. Et sa garde de SS est impuissante : chaque nuit fait une nouvelle victime, gorge sectionnée…
Alors Kaempffer, qui ne veut ni fuir ni renoncer, appelle à la forteresse un vieil archéologue et sa fille qui ont été tous deux initiés aux sciences interdites…
Mais d'où vient qu'à cet instant, au Portugal, un homme reçoit en rêve l'ordre impérieux de se rendre là-bas ? Il partira.
Bientôt tout est prêt pour un combat aux dimensions de l'humanité…
— Glenn, je…
— Et moi qui croyais que je pouvais vous faire confiance ! s’écria-t-il, l’air furieux. Qu’est-ce que vous espériez trouver là-dedans ?
— Rien… je vous cherchais.
Elle ne comprenait pas pourquoi sa colère était si intense. Bien sûr, il avait le droit de lui en vouloir, mais tout de même.
— Vous pensiez me trouver dans ce placard ?
— Non ! Je…
Pourquoi tenter de se justifier ? Elle n’avait rien à faire ici. Elle était dans son tort et le savait parfaitement. Mais elle n’était pas venue le voler, seulement… La réaction brutale de Glenn l’irritait au plus haut point et elle sentit la colère monter en elle, ce qui lui donna le courage d’affronter son regard.
— Je m’intéresse à vous, c’est tout. Je suis venue vous parler. Je… j’aime votre compagnie, et je ne sais rien de vous. Mais soyez sans crainte, cela ne se reproduira plus.
Elle se dirigea vers la porte d’entrée mais ne parvint pas à l’atteindre. Une main s’était posée sur son épaule et Glenn l’attira vers lui avec une douceur non dénuée de fermeté. Elle lui fit face et leurs yeux se rencontrèrent.
— Magda… commença-t-il.
Puis il la plaqua contre lui et écrasa ses lèvres sur les siennes. Magda eut un instant envie de résister, de lui marteler la poitrine de coups de poing avant de s’enfuir, mais elle n’en fit rien. Une vague de désir la submergeait. Elle jeta les bras autour du cou de Glenn et se serra plus fort contre lui. Sa langue jouait avec la sienne et les mains de Glenn commencèrent d’explorer son corps, lui caressant les fesses malgré l’épaisseur du tissu et pressant ses seins comprimés dans le corsage. Ses doigts dénouèrent son fichu et le lâchèrent avant de défaire un à un les boutons de son tricot. Et elle ne fit rien pour les en empêcher. Ses vêtements l’enserraient et il faisait soudain si chaud dans cette pièce…
Il y eut un bref instant où elle aurait pu l’arrêter et lui échapper. Lorsque les pans de son tricot s’écartèrent, une petite voix s’éleva en elle : Que m’arrive-t-il ? Est-ce bien moi ? C’est trop fou ! C’était la voix de l’ancienne Magda, celle de la jeune femme qui avait dû faire front depuis la mort de sa mère.
Mais cette voix fut étouffée par une autre Magda, une étrangère, une Magda qui avait grandi en secret dans les ruines de tout ce qu’avait cru l’ancienne Magda. Le passé n’existait plus. Il n’y avait plus que le moment présent. Et Glenn.
Le tricot tomba à terre, puis le chemisier blanc. Les cheveux de Magda balayaient ses épaules dénudées. Glenn fit alors glisser le soutien-gorge, libérant ses seins. Sans cesser de l’embrasser passionnément, il fit courir ses doigts sur sa poitrine, s’attardant sur les pointes dressées et traçant de petits cercles concentriques qui projetaient en elle des vibrations de plaisir. Ses lèvres abandonnèrent enfin sa bouche pour explorer sa gorge, la vallée de ses seins, ses mamelons durcis. Avec un petit cri, elle rejeta la tête en arrière et écrasa sa poitrine contre son visage tandis que la volupté envahissait peu à peu son bas-ventre.
Il la souleva et la porta jusqu’au lit, la débarrassant de ses vêtements sans cesser de l’honorer de la langue et des lèvres. Puis il se dénuda à son tour et s’allongea sur elle. Les mains de Magda semblaient avoir une vie propre et courir sur le corps de Glenn comme pour s’assurer qu’il était bien réel. Il chercha alors à la pénétrer. Ce fut une brève douleur puis une sensation merveilleuse.
Mon Dieu ! se dit-elle, secouée par des ondes de plaisir. C’est donc cela ? L’acte splendide que j’ai négligé pendant toutes ces années ? C’est trop beau, trop grand ! Et je n’ai rien perdu, en fait, car je n’aurais jamais pu trouver un homme comme Glenn !
Il commença de se mouvoir en elle et elle s’accorda à son rythme. Sa volupté s’accrut, inexorablement, jusqu’à ce qu’elle sentît Glenn se cabrer et déclencher sa propre extase. Pour Magda Cuza, l’univers tout entier se déchira en un éclair de flammes.
Haletante, les paupières mi-closes, elle le vit s’effondrer à son côté.
Ils passèrent la journée sur ce lit étroit, à rire et à bavarder, à se murmurer des choses sans importance et à se découvrir mutuellement. Glenn savait tant de choses qu’il lui révélait les secrets de sa propre chair. Il était doux, patient, tendre, et son corps la fascinait. Le corps de l’homme était pour elle une chose nouvelle, et elle se demanda si tous les hommes étaient aussi musclés que lui. Des poils roux recouvraient sa poitrine, et d’anciennes cicatrices blanchâtres tranchaient sur sa peau olivâtre. Lorsqu’elle l’interrogeait sur leur origine, il se contentait de répondre qu’il avait eu un accident puis lui faisait l’amour pour détourner sa curiosité.
Lorsque le soleil eut disparu derrière les montagnes, ils s’habillèrent et allèrent se promener main dans la main, s’arrêtant souvent pour s’enlacer et s’embrasser. Lidia servait le dîner quand ils revinrent à l’auberge. Magda mourait de faim et dévora littéralement son repas sans quitter Glenn des yeux.
Sitôt le dîner achevé, ils s’élancèrent dans l’escalier, Magda en tête, riant aux éclats. Et elle l’entraîna dans sa chambre, dans son lit.
Plusieurs heures plus tard, rassasiée d’amour, Magda savait qu’elle était amoureuse. Magda Cuza, la vieille fille, le rat de bibliothèque, était amoureuse Et elle savait qu’il la désirait.
Elle ferma les yeux. Les cris des oisillons lui parvinrent alors, plus faibles que ce matin, plus désespérés aussi. Mais elle s’endormit avant de prendre conscience qu’il y avait quelque chose d’anormal.
Il contempla le visage de Magda dans la pénombre. Paisible et innocent. Le visage d’un enfant. Il la serra plus fort dans ses bras, comme s’il redoutait de la voir partir.
Il aurait dû s’en éloigner, il le savait, mais il s’était senti irrésistiblement attiré vers elle. Elle avait fouillé les cendres de sentiments qu’il pensait éteints depuis longtemps et mis au jour des charbons ardents. Et, ce matin, quand il s’était emporté contre elle, les charbons s’étaient embrasés.
Leur aventure était-elle voulue par le destin ? Il avait vu et vécu trop de choses pour croire que tout était immuablement agencé. Malgré cela, certains événements étaient… inévitables. La différence était subtile, quoique capitale.
Il avait eu tort de la laisser s’attacher à lui alors qu’il ignorait s’il pourrait jamais quitter ces lieux. Mais peut-être n’était-il venu ici que pour la rencontrer. S’il mourrait ici, ce serait avec le parfum de Magda aux lèvres. Non, il lui était interdit de s’abandonner, d’écouter son cœur, car cela réduirait considérablement ses chances dans le combat qu’il allait devoir livrer. Mais, en supposant qu’il triomphât et survécût, Magda voudrait-elle encore de lui lorsqu’elle connaîtrait toute la vérité ?
XXIV
Le capitaine Woermann était installé devant le chevalet. Il avait eu l’intention de s’obliger à effacer l’ombre du pendu. Mais à présent, la palette à la main, il se rendait compte qu’il n’en avait plus du tout envie. L’ombre resterait là. Cela n’avait aucune importance parce qu’il n’emporterait pas le tableau avec lui. Il voulait que personne n’évoque cet endroit après son départ. Son éventuel départ.
Dehors, toutes les lampes du donjon étaient allumées et les sentinelles armées jusqu’aux dents allaient par paire, prêtes à tirer à la moindre provocation. Le revolver de Woermann était posé sur son sac de couchage, rangé dans l’étui, oublié.