Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Ужасы » Le donjon [=La forteresse noire / The Keep - fr]
Le donjon [=La forteresse noire / The Keep - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le donjon [=La forteresse noire / The Keep - fr]

Электронная книга - «Le donjon [=La forteresse noire / The Keep - fr]». Краткое содержание книги:

Adressé durant l'hiver 41 au Q.G. des armées du IIIe Reich, cet incroyable message, venu d'une antique forteresse de Transylvanie, est signé du capitaine Woermann, un soldat d'expérience…
Aussitôt le major SS Kaempffer lui est envoyé. Homme de fer, il va cependant découvrir la peur face au spectacle des cadavres atrocement déchiquetés. Et sa garde de SS est impuissante : chaque nuit fait une nouvelle victime, gorge sectionnée…
Alors Kaempffer, qui ne veut ni fuir ni renoncer, appelle à la forteresse un vieil archéologue et sa fille qui ont été tous deux initiés aux sciences interdites…
Mais d'où vient qu'à cet instant, au Portugal, un homme reçoit en rêve l'ordre impérieux de se rendre là-bas ? Il partira.
Bientôt tout est prêt pour un combat aux dimensions de l'humanité…
1 ... 52 53 54 55 56 57 58 59 60 ... 85
Перейти на страницу:

Il ne s’était jamais préparé à une telle épreuve. Professeur et chercheur, il n’était pas équipé pour lutter avec un ruffian ayant sur lui tout pouvoir de vie et de mort. Il aurait voulu répondre, mais quoi ? Dans ce cas, la vie avait-elle encore quelque valeur ?

Oui, mais il y avait Magda. Et l’espoir existait peut-être pour elle. Deux nuits… Molasar avait dit que deux nuits lui suffisaient pour recouvrer sa force. Quarante-huit heures. Et Cuza se demanda : parviendrait-il à tenir aussi longtemps ? Oui, il s’obligerait à vivre jusqu’au samedi soir. Samedi soir… le sabbat serait terminé. Mais le sabbat avait-il encore un sens ? D’ailleurs, quelque chose au monde avait-il encore un sens ?

— Alors, Juif, vous m’avez entendu ? s’écria à nouveau le major.

Mais une autre voix s’éleva :

— Il ne sait même pas de quoi vous parlez.

Le capitaine était entré à son tour dans la pièce. Cuza décelait une certaine politesse chez le capitaine Woermann. Une noblesse, même – tout à fait le genre de trait de caractère qu’il n’aurait jamais pensé trouver chez un officier allemand.

— Il le saura bientôt !

Kaempffer s’avança vers Cuza et approcha de lui son visage au type aryen parfait.

— Que se passe-t-il, major ? dit Cuza, qui feignait l’ignorance mais ne cherchait pas à dissimuler sa crainte de l’homme. Qu’est-ce que j’ai fait ?

— Vous n’avez rien fait, Juif, et c’est cela que je vous reproche ! Vous avez passé deux nuits dans vos satanés livres et vous vous êtes vanté d’avoir fait cesser le massacre, mais cette nuit même…

— Je n’ai jamais… commença Cuza, mais Kaempffer l’arrêta en abattant son poing sur la table.

— Silence ! Cette nuit, deux de mes hommes ont été retrouvés morts dans leur chambrée, la gorge ouverte comme les autres !

L’image des deux hommes s’imposa à Cuza. Imaginer leurs blessures n’avait rien de difficile, et il en éprouva un certain plaisir. Ces deux soldats avaient essayé de souiller sa fille et n’avaient eu que ce qu’ils méritaient. Même si Molasar s’était rassasié de leur sang.

C’était lui à présent qui était en danger— la fureur du major le lui indiquait clairement – et il devait trouver un moyen de survivre jusqu’à samedi soir.

— Il est devenu évident que vous ne pouvez revendiquer les deux nuits de tranquillité que nous avons connues. Il n’y a aucun rapport entre votre arrivée et l’interruption des assassinats – rien de plus qu’une coïncidence ! Mais vous nous avez fait croire que vous étiez le grand responsable. C’est bien la preuve que ce que nous avons appris en Allemagne est vrai : il ne faut jamais faire confiance à un Juif !

— Je n’ai jamais rien revendiqué ! Je n’ai même pas…

— Vous tentez de me retenir ici, n’est-ce pas ? s’exclama Kaempffer sur un ton de plus en plus menaçant. C’est cela, hein ? Vous faites de votre mieux pour retarder mon arrivée à Ploiesti ?

Cuza se sentit ébranlé par le brusque changement d’idée du major. Cet homme était dément… aussi dément qu’Abdul Alhazred après avoir écrit le Al Azif

Cuza eut une idée.

— Mais, major, j’ai trouvé quelque chose dans l’un de ces livres !

Le capitaine Woermann s’approcha de lui.

— Vous avez trouvé quelque chose ? Vraiment ?

— Il n’a rien trouvé du tout ! persifla Kaempffer. Ce n’est qu’un mensonge de plus pour rester en vie !

Comme vous avez raison, major…

— Laissez-le parler, pour l’amour de Dieu ! dit Woermann, qui se tourna alors vers Cuza. Qu’y est-il dit ? Montrez-le-moi.

Cuza lui indiqua le Al Azif, dans le texte original arabe. L’ouvrage datait du VIIIe siècle et n’avait absolument aucun rapport avec le donjon – encore moins avec la Roumanie – mais il espérait que les Allemands l’ignoraient.

Le doute s’empara de Woermann quand il découvrit le manuscrit.

— Je ne sais pas lire ces gribouillis.

— Il ment ! hurla à nouveau Kaempffer.

— Ce livre ne ment pas, major, dit Cuza.

Il se tut un instant en faisant des vœux pour que les deux officiers allemands ne distinguent pas la différence entre le turc et l’arabe ancien, puis il s’enfonça dans son mensonge :

— Ce texte fut écrit par un Turc qui envahit cette région aux côtés de Mohammed II. Il dit qu’il existait un petit château – sa description des innombrables croix prouve bien qu’il s’agit de ce donjon – qui avait été la demeure d’un des seigneurs de Valachie. L’ombre du seigneur défunt permettait aux habitants du cru de se réfugier sans crainte dans son donjon mais il n’en irait pas de même pour les étrangers ou les envahisseurs qui en franchiraient le portail : il les tuerait alors au rythme d’un par nuit pendant toute la durée de leur séjour. Vous comprenez ? Ce qui se passe aujourd’hui s’est déjà passé il y a un demi-millénaire pour une unité de l’armée turque !

Cuza observa le visage des deux officiers. Il était lui-même surpris de la facilité avec laquelle il avait inventé cette légende. Bien sûr, il y avait des failles, mais avec un peu de chance…

— Quelle absurdité ! ricana Kaempffer.

— Pas nécessairement, dit Woermann. Réfléchissez un peu : les Turcs envahissaient souvent cette région. Et faites le compte de nos morts : avec les deux de cette nuit, cela fait une moyenne d’un par jour depuis notre arrivée, le 22 avril.

— C’est toujours… commença Kaempffer, avant de se tourner vers Cuza… nous ne sommes donc pas les premiers ?

— Non. Selon cet ouvrage, tout au moins.

Cela marchait ! Le plus énorme mensonge que Cuza ait jamais fait de toute sa vie ! Il en aurait pleuré de joie !

— Comment ont-ils finalement résolu ce problème ? demanda Woermann.

— En quittant le donjon.

Il y eut quelques secondes de silence, puis Woermann se tourna vers Kaempffer :

— Je vous avais dit qu’il fallait…

— Nous ne pouvons pas partir ! cria Kaempffer au bord de l’hystérie. Pas avant dimanche ! Et je vous préviens, Juif, si vous ne trouvez pas de solution avant, votre fille et vous-même m’accompagnerez personnellement à Ploiesti !

— Mais… pourquoi ?

— Vous le verrez quand vous y serez.

Kaempffer parut réfléchir et ajouta :

— Non, je vais vous le dire tout de suite, cela vous incitera peut-être à faire un peu plus d’efforts. Vous avez certainement entendu parler d’Auschwitz et de Buchenwald…

L’estomac de Cuza se noua.

— Les camps de la mort !

— Nous préférons leur donner l’appellation de « centres de réinstallation ». La Roumanie en est privée et ma mission consiste à pallier ce manque. Ceux de votre race plus les Tziganes, les francs-maçons et les autres déchets de l’humanité seront conduits au camp que j’édifierai à Ploiesti. Si vous m’êtes de quelque utilité, je veillerai à ce que votre arrivée au camp soit retardée le plus longtemps possible. Peut-être même mourrez-vous de votre mort naturelle. Mais si vous nous mettez des bâtons dans les roues, votre fille et vous-même serez parmi nos premiers invités.

Cuza était incapable de prononcer un mot. Son esprit se révoltait à de tels propos. Non, c’était impossible ! Pourtant, la petite lueur qui brillait dans les yeux de Kaempffer lui montra que tout ceci était bien vrai. Il eut finalement la force de lancer un mot :

1 ... 52 53 54 55 56 57 58 59 60 ... 85
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)