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Le bûcher d'un roi

Электронная книга - «Le bûcher d'un roi». Краткое содержание книги:

Le destin des Sept Royaumes est sur le point de basculer. A l’Est, Daenerys, dernière descendante de la Maison Targaryen, secondée par ses terrifiants dragons arrivés à maturité, règne sur une cité de mort et de poussière, entourée d’ennemis. Mais alors que certains voudraient la voir passer de vie à trépas, d’autres entendent rallier sa cause, tel Tyrion Lannister, le Lutin, dont la tête vaut de l’or depuis qu’il s’est rendu coupable du meurtre de son père, Tywin. Au Nord, où se dresse l’immense Mur de glace et de pierre qui garde la frontière septentrionale des Royaumes, Jon Snow, le bâtard de feu Eddard Stark, a été élu 998e Commandant en chef de la Garde de Nuit, mais ses adversaires se dissimulent des deux côtés du Mur, y compris parmi les troupes de Stannis Baratheon qui ont élu domicile dans ces contrées glacées…
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« Je vous ai dit non à six reprises, rappela Daenerys à Hizdahr.

— Votre Lumière a sept dieux, aussi considérera-t-elle peut-être ma septième requête d’un œil favorable. Aujourd’hui, je ne viens pas seul. Voulez-vous entendre mes amis ? Ils sont eux aussi au nombre de sept. » Il les fit avancer un par un. « Voici Khrazz. Ici, Barséna Cheveux-noirs, toujours vaillant. Voici Camarron du Compte et Goghor le Géant. Ici, le Félin moucheté, et là, Ithoke l’Intrépide. En dernier lieu, Belaquo Briseur-d’os. Ils sont venus ajouter leur voix à la mienne et prier Votre Grâce de laisser nos arènes rouvrir. »

Daenerys connaissait ses sept compagnons, de nom sinon de vue. Tous avaient figuré parmi les esclaves de combat les plus réputés de Meereen… Et c’étaient les esclaves de combat, libérés de leurs entraves par ses rats d’égout, qui avaient pris la tête du soulèvement, remportant pour elle la cité. Elle avait contracté envers eux une dette de sang. « Je vous écoute », concéda-t-elle.

Un par un, chacun lui demanda d’autoriser les arènes à rouvrir. « Pourquoi ? s’enquit-elle lorsque Ithoke eut fini. Vous n’êtes plus des esclaves, condamnés à mourir sur le caprice d’un maître. Je vous ai libérés. Pourquoi tiendriez-vous à finir vos jours sur les sables rougis ?

— Je entraîne depuis moi trois ans, répondit Goghor le Géant. Je tue depuis moi six. Mère des Dragons dit je est libre. Pourquoi pas libre moi battre ?

— Si tu tiens à combattre, alors bats-toi pour moi. Jure ton épée aux Hommes de la Mère, aux Frères Libres ou aux Boucliers Fidèles. Apprends à mes autres affranchis à se battre. »

Goghor secoua la tête. « Avant, je bats pour maître. Vous dit, combats pour vous. Je dis, combats pour moi. » Le colosse se frappa le torse d’un poing gros comme un jambon. « Pour or. Pour gloire.

— Goghor parle pour nous tous. » Le Félin moucheté portait une peau de léopard en travers d’une épaule. « La dernière fois que l’on m’a vendu, le prix a atteint trois cent mille honneurs. Quand j’étais esclave, je dormais sur des fourrures et je mangeais de la viande rouge à même l’os. Maintenant que je suis libre, je dors sur une paillasse et je mange du poisson salé, quand j’arrive à en avoir.

— Hizdahr jure que les gagnants remporteront la moitié de toutes les sommes perçues à l’entrée, ajouta Khrazz. La moitié, il le jure, et Hizdahr est un homme d’honneur. »

Non, un habile homme. Daenerys se sentait prise au piège. « Et les perdants ? Que recevront-ils ?

— Leurs noms seront gravés sur les Portes du Destin, parmi les autres vaillants tombés », déclara Barséna. Huit années durant, elle avait tué toutes les autres femmes envoyées contre elle, disait-on. « Tous les hommes doivent mourir, et les femmes aussi… Mais on ne se souviendra pas de tous. »

À cela, Daenerys ne trouvait rien à répondre. Si tel est vraiment le souhait de mon peuple, ai-je le droit de le leur refuser ? C’était leur cité avant que d’être la mienne, et ce sont leurs vies qu’ils souhaitent jeter au vent. « Je prendrai tout ce que vous avez dit en considération. Merci de m’avoir avisée. » Elle se leva. « Nous reprendrons demain.

— Que tous s’agenouillent devant Daenerys, Typhon-Née, l’Imbrûlée, Reine de Meereen, Reine des Andals et des Rhoynars et des Premiers Hommes, Khaleesi de la Grande Mer d’Herbe, Briseuse des fers et Mère des Dragons », clama Missandei.

Ser Barristan l’escorta jusqu’à ses appartements. « Racontez-moi une histoire, ser, lui demanda Daenerys durant l’ascension. Une histoire de hauts faits, avec une fin heureuse. » Elle ressentait un besoin de fin heureuse. « Racontez-moi comment vous avez échappé à l’Usurpateur.

— Votre Grâce, il n’y a aucun haut fait à fuir pour sauver sa vie. »

Daenerys s’installa sur un coussin, croisa les jambes et leva les yeux vers lui. « Je vous en prie. C’est le Jeune Usurpateur qui vous a chassé de la Garde Royale ?

— Joffrey, certes. Ils ont prétexté mon âge, mais la vérité se trouvait ailleurs. Le garçon voulait un manteau blanc à donner à son chien, Sandor Clegane, et sa mère voulait le Régicide pour lord Commandant. Lorsqu’ils m’ont fait part de leur décision, j’ai… j’ai retiré mon manteau, comme ils me l’ordonnaient, jeté mon épée aux pieds de Joffrey et j’ai parlé avec imprudence.

— Qu’avez-vous dit ?

— La vérité… Mais la vérité n’a jamais été la bienvenue à cette cour. J’ai quitté la salle du trône la tête haute, mais je ne savais pas où aller. Je ne connaissais d’autre foyer que la tour de la Blanche Épée. Mes cousins me trouveraient une place aux Éteules, je le savais, mais je n’avais nulle intention d’attirer sur leur tête le déplaisir de Joffrey. Je rassemblais mes affaires quand l’idée m’est venue que j’avais provoqué tout ceci en acceptant le pardon de Robert. C’était un bon chevalier, mais un mauvais roi, car il n’avait aucun droit sur le trône où il siégeait. C’est alors que j’ai compris que, pour me racheter, je devais trouver le roi légitime et le servir loyalement de toutes les forces qui me restaient encore.

— Mon frère Viserys.

— Telle était mon intention. Quand j’ai atteint les écuries, les manteaux d’or ont essayé de s’emparer de moi. Joffrey m’avait offert une tour où aller mourir, mais j’avais rejeté son présent, et il avait désormais l’intention de me proposer un cachot. Le commandant du Guet en personne s’est campé devant moi, enhardi par mon fourreau vide, mais ne l’accompagnaient que trois hommes et j’avais gardé mon couteau. J’ai entaillé le visage de l’un avec un coup de lame quand il a posé la main sur moi et j’ai chargé à cheval les autres. Alors que je piquais des deux vers la porte, j’ai entendu Janos Slynt leur hurler de se lancer à ma poursuite. À l’extérieur du Donjon Rouge, les rues étaient encombrées, sinon je me serais enfui sans encombre. Mais ils m’ont bloqué à la porte de la Rivière. Les manteaux d’or qui m’avaient coursé depuis le château ont crié à ceux de la porte de m’arrêter, aussi ont-ils croisé leurs piques pour me barrer le passage.

— Et vous, sans épée ? Comment avez-vous franchi l’obstacle ?

— Un vrai chevalier vaut dix gardes. Les hommes à la porte ont été pris par surprise. J’en ai piétiné un, je lui ai arraché sa lance que j’ai plongée dans la gorge de mon plus proche poursuivant. L’autre s’est arrêté une fois que j’ai eu passé la porte, si bien que j’ai piqué des deux, poussant mon cheval au galop, et j’ai filé bride abattue le long du fleuve jusqu’à perdre de vue la ville derrière moi. Ce soir-là, j’ai troqué mon cheval contre une poignée de sous et des haillons, et le lendemain matin je me suis joint au flot de petites gens qui se dirigeaient vers Port-Réal. J’étais sorti par la porte de la Gadoue, aussi suis-je rentré par la porte des Dieux, le visage maculé de terre, un début de barbe sur les joues, sans autre arme qu’un bâton de bois. Avec mes vêtements grossiers et mes bottes crottées, j’étais un vieillard parmi tant d’autres qui fuyaient la guerre. Les manteaux d’or m’ont réclamé un cerf et fait signe de passer. Port-Réal grouillait de petit peuple venu chercher un refuge contre les combats. Je me suis mêlé à eux. J’avais un peu d’argent, mais j’en avais besoin pour payer mon passage à travers le détroit, aussi ai-je dormi dans des septuaires et des ruelles, et ai-je pris mes repas dans des échoppes. J’ai laissé pousser ma barbe pour m’accoutrer de grand âge. Le jour où lord Stark a perdu sa tête, j’étais là, j’observais. Par la suite, je suis entré dans le Grand Septuaire et j’ai remercié les Sept Dieux que Joffrey m’ait dépouillé de mon manteau.

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