1942-Le jour se lève
- Автор: Галло Макс
- Язык: французский
- Жанр: Историческая проза
Электронная книга - «1942-Le jour se lève». Краткое содержание книги:
Paulus et von Manstein hésitent. Ils savent quelle est la volonté du Führer : « vaincre ou mourir » ; si cela vaut pour la bataille d’El-Alamein, comment imaginer un destin différent pour l’affrontement symbolique de Stalingrad ?
On peut mourir à Stalingrad. On ne peut pas y capituler.
Cependant, von Manstein, le 12 décembre, lance ses divisions de panzers à l’offensive.
Elles avancent d’une quarantaine de kilomètres à partir du sud. Elles franchissent les rivières, l’Aksaï, la Myshkova, ces affluents du Don.
« Nous voyons déjà luire le ciel de Stalingrad », dit von Manstein.
Mais les Russes, marchant 50 kilomètres par jour dans les hurlements du blizzard, franchissent 180 kilomètres pour se porter au-devant des troupes de von Manstein.
Les Russes ne disposent pas de chars car les routes sont impraticables. Mais avec le seul appui de l’artillerie, les fantassins russes arrêtent les troupes de von Manstein.
« Le ciel de Stalingrad » s’assombrit pendant ces quatre jours décisifs – du 19 au 23 décembre 1942 –, Paulus ne tente aucune sortie pour aller à la rencontre de von Manstein, qui recule.
L’anneau se resserre autour des Allemands encerclés dans le chaudron.
Mais, en cette fin décembre 1942, ils se battent encore avec acharnement.
« Jusqu’à la fin décembre, écrit le général Tchouikov, ils vécurent d’espoir et ils opposèrent une résistance désespérée, souvent jusqu’à la dernière cartouche. Nous ne fîmes pratiquement pas de prisonniers car les nazis refusaient tout net de se rendre. Ce n’est qu’après l’échec de von Manstein que le moral des troupes allemandes commença fortement à baisser. »
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À des milliers de kilomètres de Stalingrad, dans les déserts de Cyrénaïque, de Libye, de Tripolitaine, le maréchal Rommel, après la défaite d’El-Alamein, tente de sauver son Afrikakorps, et donc le moral et la combativité de ses soldats.
L’Afrikakorps recule en bon ordre, manquant d’approvisionnements – de vivres, de munitions et d’essence, les fournitures indispensables chaque jour.
Et les « nuits de défaite » s’enchaînent les unes aux autres à compter de ce 4 novembre 1942.
Rommel, tout en combattant, est plein d’amertume.
« Nous venions de perdre la bataille décisive de la campagne d’Afrique, dit-il.
« Nous avions laissé dans la défaite une grande partie de notre infanterie et de nos formations motorisées. »
Il sait que cette « faillite » est due à l’ordre du Führer – « Vaincre ou mourir ! » –, à l’infériorité aérienne, à l’absence de ravitaillement.
Et il n’admet pas qu’on fasse porter la responsabilité de l’échec d’El-Alamein à ses hommes, à lui-même.
On l’accuse.
« On alla jusqu’à prétendre que nous avions jeté nos armes, que j’étais un défaitiste, un pessimiste. »
Il s’insurge. Il rejette les calomnies portées par les officiers de l’entourage du Führer, des hommes qui n’ont jamais été au front et qui s’en prennent à « ses vaillantes troupes ».
« En y réfléchissant bien, dit-il, je ne puis m’adresser qu’un reproche, celui de n’avoir tourné vingt-quatre heures plus tôt – ou tout simplement ignoré – l’ordre “Vaincre ou mourir !”.
« Selon toute vraisemblance, l’armée, l’infanterie comprise, aurait été sauvée avec une puissance combative entamée, mais nullement détruite. »
Il enrage, conteste les ordres du Duce. Car Mussolini ne veut pas qu’on abandonne la Libye, vieille colonie italienne. Comme si l’on pouvait, avec quelques milliers d’hommes et une vingtaine de canons antichars, résister au déferlement de centaines de blindés britanniques accompagnés de plusieurs divisions d’infanterie motorisées et appuyés par une artillerie et une aviation qui se comptent par milliers de canons et d’appareils.
« Le courage qui va à l’encontre des nécessités militaires est folie, dit Rommel. Un chef qui l’exige de ses troupes est un irresponsable. »
Le 10 novembre, il écrit à sa « très chère Lu » :
« Je n’avais pas eu la possibilité d’écrire depuis que l’ennemi a percé à El-Alamein… Les choses vont assez mal pour une armée qui a été rompue. Il lui faut s’ouvrir un chemin en combattant et perdre, ce faisant, ce qui lui reste de force. Nous ne pouvons continuer ainsi bien longtemps car nous avons à nos trousses un ennemi supérieur.
« Physiquement, je vais très bien. Quant au reste, je fais de mon mieux pour tenir jusqu’au bout. »
Il veut rencontrer les « maréchaux », Cavallero du Comando Supremo italien, et Kesselring, les convaincre qu’il faut reculer jusqu’en Tunisie et ne pas tenter d’arrêter un ennemi dont la supériorité est telle qu’il peut vous écraser d’un simple mouvement en avant.
« Aucun reproche ne peut être adressé à l’armée, répète Rommel, elle s’est battue magnifiquement. »
Il note, le 14 novembre, dans une lettre à son épouse :
« Nous marchons vers l’ouest de nouveau. Je me porte très bien, mais je n’ai pas besoin de vous dire ce qui se passe dans mon esprit. Il faut nous féliciter de chaque jour que l’ennemi nous laisse en ne serrant pas sur nous. Je ne saurais dire jusqu’où nous irons. Tout dépend de l’essence que l’on doit maintenant nous apporter par avions !
« Comment allez-vous tous les deux ? Ma pensée – malgré tous mes soucis – est bien souvent auprès de vous. Qu’adviendra-t-il de la guerre si nous sommes battus en Afrique du Nord ? Comment se terminera-t-elle ? Je voudrais bien pouvoir me débarrasser de ces terribles idées… »
« Encore un bon pas en arrière, écrit-il deux jours plus tard. Par surcroît, il pleut, ce qui rend nos mouvements encore plus difficiles.
« Pénurie d’essence ! Il y a de quoi pleurer. Espérons que les Anglais ont aussi mauvais temps que nous. »
Désespéré, Rommel ?
La fatigue, les tensions avec les maréchaux (Cavallero – qui représente le Duce –, Kesselring, commandant en chef), l’amertume le rongent.
Mais il se bat, il se reprend en main.
« Je vous ai écrit quelques lettres bien misérables, dit-il à sa femme. Je les regrette maintenant. »
Il suffit d’un combat favorable pour qu’il retrouve son ardeur, une bouffée d’optimisme.
« Il n’a cessé de pleuvoir, tant et plus, écrit-il, ce qui ne m’a pas rendu l’existence parfaitement confortable, d’autant plus que j’ai campé dans ma voiture.
« Mais aujourd’hui, j’ai de nouveau un toit au-dessus de ma tête et une table. C’est le grand luxe ! Je n’oserais pas aller jusqu’à espérer un retournement favorable de la situation mais il se produit pourtant parfois des miracles. »
Il réussit à obtenir qu’une réunion des « maréchaux » ait lieu à Arco dei Fileni, à la frontière entre la Cyrénaïque et la Tripolitaine. Aux côtés de Kesselring et Cavallero, il y a le maréchal italien Bastico, que le Duce et le Führer ont placé au-dessus de Rommel.
Réunion sans issue. Le Duce veut qu’on « tienne » et même qu’on passe à… l’offensive.
En somme, la reprise par Mussolini de l’ordre du Führer, « la victoire ou la mort ».
Rommel se rebelle.
« Je décidai de prendre le premier avion pour aller me présenter devant le Führer, dit-il. Je comptais lui demander personnellement une décision stratégique et lui faire accepter l’évacuation de l’Afrique comme politique à long terme. J’étais fermement décidé à lui exposer les vues de l’armée blindée sur les opérations d’Afrique et à les lui faire accepter. »