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La Reine Margot Tome II

Электронная книга - «La Reine Margot Tome II». Краткое содержание книги:

Sur fond de guerres sanglantes, de Saint Barthélémy ainsi que de la lutte entre Catherine de Médicis et Henri de Navarre, la première épouse de ce dernier, Marguerite de Valois, appelée la reine Margot, entretient des intrigues amoureuses notoires et violentes… Roman historique qui reste avant tout un roman, ce livre nous fait sentir l'atmosphère de cette époque et appréhender l'histoire de notre pays!
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– Tu voulais voir le pavillon de François Ier? dit Coconnas à La Mole, en apercevant, à travers les arbres, les murs d’une charmante fabrique gothique; eh bien, il paraît que tu le verras.

La Mole ne répondit rien, et tendit seulement la main à Coconnas.

À côté de ce charmant pavillon, bâti du temps de Louis XII, et qu’on appelait le pavillon de François Ier, parce que celui-ci le choisissait toujours pour ses rendez-vous de chasse, était une espèce de hutte élevée pour les piqueurs, et qui disparaissait en quelque sorte sous les mousquets et sous les hallebardes et les épées reluisantes, comme une taupinière sous une moisson blanchissante.

C’était dans cette hutte qu’avaient été conduits les prisonniers.

Maintenant éclairons la situation fort nuageuse, pour les deux amis surtout, en racontant ce qui s’était passé.

Les gentilshommes protestants s’étaient réunis, comme la chose avait été convenue, dans le pavillon de François Ier, dont, on le sait, de Mouy s’était procuré la clef.

Maîtres de la forêt, à ce qu’ils croyaient du moins, ils avaient posé par-ci, par-là quelques sentinelles, que les chevau-légers, moyennant un changement d’écharpes blanches en écharpes rouges, précaution due au zèle ingénieux de M. de Nancey, avaient enlevées sans coup férir par une surprise vigoureuse.

Les chevau-légers avaient continué leur battue, cernant le pavillon; mais de Mouy, qui, ainsi que nous l’avons dit, attendait le roi au bout de l’allée des Violettes, avait vu ces écharpes rouges marchant à pas de loup, et dès ce moment les écharpes rouges lui avaient paru suspectes. Il s’était donc jeté de côté pour n’être point vu, et avait remarqué que le vaste cercle se rétrécissait de manière à battre la forêt et à envelopper le lieu du rendez-vous.

Puis en même temps, au fond de l’allée principale, il avait vu poindre les aigrettes blanches et briller les arquebuses de la garde du roi.

Enfin il avait reconnu le roi lui-même, tandis que du côté opposé il avait aperçu le roi de Navarre.

Alors il avait coupé l’air en croix avec son chapeau, ce qui était le signal convenu pour dire que tout était perdu.

À ce signal le roi avait rebroussé chemin et avait disparu.

Aussitôt de Mouy, enfonçant les deux larges molettes de ses éperons dans le ventre de son cheval, avait pris la fuite, et tout en fuyant avait jeté les paroles d’avertissement que nous avons dites, à La Mole et à Coconnas.

Or, le roi, qui s’était aperçu de la disparition de Henri et de Marguerite, arrivait escorté de M. d’Alençon, pour les voir sortir tous deux de la hutte où il avait dit de renfermer tout ce qui se trouverait non seulement dans le pavillon, mais encore dans la forêt.

D’Alençon, plein de confiance, galopait près du roi, dont les douleurs aiguës augmentaient la mauvaise humeur. Deux ou trois fois il avait failli s’évanouir, et une fois il avait vomi jusqu’au sang.

– Allons! allons! dit le roi en arrivant, dépêchons-nous, j’ai hâte de rentrer au Louvre: tirez-moi tous ces parpaillots du terrier, c’est aujourd’hui saint Blaise, cousin de saint Barthélemy.

À ces paroles du roi, toute cette fourmilière de piques et d’arquebuses se mit en mouvement, et l’on força les huguenots, arrêtés soit dans la forêt, soit dans le pavillon, à sortir l’un après l’autre de la cabane.

Mais de roi de Navarre, de Marguerite et de De Mouy, point.

– Eh bien, dit le roi, où est Henri, où est Margot? Vous me les avez promis, d’Alençon, et corbœuf! il faut qu’on me les trouve.

– Le roi et la reine de Navarre, dit M. de Nancey, nous ne les avons pas même aperçus, Sire.

– Mais les voilà, dit madame de Nevers. En effet, à ce moment même, à l’extrémité d’une allée qui donnait sur la rivière, parurent Henri et Margot, tous deux calmes comme s’il ne se fût agi de rien; tous deux le faucon au poing et amoureusement serrés avec tant d’art que leurs chevaux tout en galopant, non moins unis qu’eux, semblaient se caresser l’un l’autre des naseaux. Ce fut alors que d’Alençon furieux fit fouiller les environs, et que l’on trouva La Mole et Coconnas sous leur berceau de lierre. Eux aussi firent leur entrée dans le cercle que formaient les gardes avec un fraternel enlacement. Seulement, comme ils n’étaient point rois, ils n’avaient pu se donner si bonne contenance que Henri et Marguerite: La Mole était trop pâle, Coconnas était trop rouge.

XXI Les investigations

Le spectacle qui frappa les deux jeunes gens en entrant dans le cercle fut de ceux qu’on n’oublie jamais, ne les eût-on vus qu’une seule fois en un seul instant.

Charles IX avait, comme nous l’avons dit, regardé défiler tous les gentilshommes enfermés dans la hutte des piqueurs et extraits l’un après l’autre par ses gardes.

Lui et d’Alençon suivaient chaque mouvement d’un œil avide, s’attendant à voir sortir le roi de Navarre à son tour.

Leur attente avait été trompée.

Mais ce n’était point assez, il fallait savoir ce qu’ils étaient devenus.

Aussi, quand au bout de l’allée on vit apparaître les deux jeunes époux, d’Alençon pâlit, Charles sentit son cœur se dilater; car instinctivement il désirait que tout ce que son frère l’avait forcé de faire retombât sur lui.

– Il échappera encore, murmura François en pâlissant. En ce moment le roi fut saisi de douleurs d’entrailles si violentes qu’il lâcha la bride, saisit ses flancs des deux mains, et poussa des cris comme un homme en délire. Henri s’approcha avec empressement; mais pendant le temps qu’il avait mis à parcourir les deux cents pas qui le séparaient de son frère, Charles était déjà remis.

– D’où venez-vous, monsieur? dit le roi avec une dureté de voix qui émut Marguerite.

– Mais… de la chasse, mon frère, reprit-elle.

– La chasse était au bord de la rivière et non dans la forêt.

– Mon faucon s’est emporté sur un faisan, Sire, au moment où nous étions restés en arrière pour voir le héron.

– Et où est le faisan?

– Le voici; un beau coq, n’est-ce pas?

Et Henri, de son air le plus innocent, présenta à Charles son oiseau de pourpre, d’azur et d’or.

– Ah! ah! dit Charles; et ce faisan pris, pourquoi ne m’avez-vous pas rejoint?

– Parce qu’il avait dirigé son vol vers le parc, Sire; de sorte que, lorsque nous sommes descendus sur le bord de la rivière, nous vous avons vu une demi-lieue en avant de nous, remontant déjà vers la forêt: alors nous nous sommes mis à galoper sur vos traces, car étant de la chasse de Votre Majesté nous n’avons pas voulu la perdre.

– Et tous ces gentilshommes, reprit Charles, étaient-ils invités aussi?

– Quels gentilshommes, répondit Henri en jetant un regard circulaire et interrogatif autour de lui.

– Eh! vos huguenots, pardieu! dit Charles; dans tous les cas, si quelqu’un les a invités ce n’est pas moi.

– Non, Sire, répondit Henri, mais c’est peut-être M. d’Alençon.

– M. d’Alençon! comment cela?

– Moi? fit le duc.

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