Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Le soleil des rebelles - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le soleil des rebelles

Электронная книга - «Le soleil des rebelles». Краткое содержание книги:

Le nouveau Luca di Fulvio !
Le jeune prince Marcus est encore un enfant lorsqu'il assiste impuissant au massacre de toute sa famille.
Seul rescapé de cette boucherie ennemi héréditaire de la famille de Marcus qui va s'asseoir sur le trône, Marcus ne doit son salut qu'à la jeune Héloïse, fille d'Agnès, la lavandière du village qui l'accueillera sous son toit pour l'élever comme s'il était son fils.
1 ... 48 49 50 51 52 53 54 55 56 ... 157
Перейти на страницу:

— Comment tu fais pour ne pas le haïr ? »

Mikael haussa les épaules. « Je ne sais pas. Il me fait peur.

— T’es vraiment bête. »

Mikael ne sembla pas l’entendre. Il fit de nouveau claquer sa langue. « Raphael dit qu’il y a autre chose qui fait que tu te sens plus fort.

— C’est quoi ?

— Raphael m’a pas dit quoi, mais il dit que c’est quelque chose de doux au lieu d’être amer. » Il regarda Eloisa d’un air pensif. « C’est quoi, qui fait se sentir fort et qui est doux ? »

Eloisa se mit à rire, l’œil pétillant. « L’amour ! C’est évident, s’exclama-t-elle. T’es vraiment bête.

— L’amour… ?

— Bien sûr. C’est facile comme devinette. L’amour, c’est doux.

— Qu’est-ce que tu en sais ?

— C’est les grandes qui le disent. »

Mikael réfléchit longuement. « Alors Gregor n’aimait pas Emöke. Ou bien Raphael se trompe. »

Eloisa resta silencieuse. Cette allusion à l’amour lui avait mis une rougeur embarrassante aux joues. Elle prit la ceinture de Mikael. « Elle est tellement moche, personne n’en voudra. »

Mikael se tourna vers elle. « Je te remercie. »

Elle se leva et alla aider sa mère à couper une étoffe brute non foulée, en lui tournant le dos. Ses joues brûlaient.

À la fin de la semaine, la pluie s’arrêta. Un vent sec et tiède se leva, venu du sud, où il y avait, disait-on, un lac immense dont on ne voyait pas la fin et qu’on appelait la mer. Le vent chassa tous les nuages et lava le ciel qui devint d’un bleu intense. Le soleil reparut sur la Raühnvahl.

Les vieux, sortis des baraques, firent eux aussi le tour des champs et déclarèrent que si le soleil continuait de chauffer, plus de la moitié de la récolte serait sauvée. On libéra les bêtes qui paraissaient heureuses, elles aussi.

Ce soir-là, à l’office des vêpres, Notre-Dame des Neiges était pleine. Tous remerciaient le Bon Dieu qui leur avait ramené le soleil. Ils répondaient avec enthousiasme aux formules du rite, dans la langue mystérieuse des prêtres dont ils ne comprenaient pas un mot.

Mikael écoutait le latin. Pendant toute la semaine de pluie, le soir, couché sur la paille, il avait pris le livre de Raphael sans qu’Eloisa et Agnete ne le voient, et il avait tenté d’imaginer une histoire qui lui dirait qui il était et ce qu’il ressentait. Mais il n’avait pas pu aller au-delà des mots latins indéchiffrables, écrits à l’encre dans une belle calligraphie sur les pages de parchemin jauni. En entendant le rituel scandé dans cette langue par le frère Timotej, il se disait que les habitants du village se racontaient peut-être une histoire qui les unissait, qui les gardait soudés. Qui faisait d’eux une seule et même communauté.

Mais cette histoire, il ne la comprenait pas. Il n’était pas l’un des leurs.

Et à les voir si heureux d’un simple rayon de soleil, il se dit que c’était lui qui se trompait.

Il sortit de l’église sans que personne ne s’en aperçoive et erra dans les rues désertes. La seule personne à ne pas être à la messe était la mère de Gregor. Assise sur le banc devant sa maison, les yeux rougis, elle pleurait doucement.

Mikael revit les yeux de Gregor exorbités et injectés de sang. Les yeux des rebelles sur les gibets et les yeux brûlés de la femme. Il repensa aux yeux de verre des prostituées et se demanda si ceux d’Emöke deviendraient pareils. Il revit le gouffre dans les yeux de la princesse d’Ojsternig. Le monde était plein de douleur.

Il sentit de nouveau qu’il se trompait complètement.

De retour à la baraque, il s’empara rageusement du livre de Raphael et le jeta dans le feu. Mais il regretta aussitôt son acte et le récupéra, en se brûlant les doigts. La couverture avait noirci et s’était consumée sur les bords. Il serra le livre contre lui, comme s’il était une partie de lui. Et le remit dans sa cachette.

Au retour d’Agnete et Eloisa, la table était mise et la soupe déjà chaude dans les écuelles.

Le lendemain, avant l’aube, Eloisa le réveilla. Elle lui fit signe de se taire et de la suivre. Agnete ronflait. Ils sortirent.

« On va battre tout le monde », chuchota alors Eloisa. Elle prit deux hottes d’osier et dans l’obscurité se dirigea vers les bois. « Qui on va battre ? », demanda Mikael, encore endormi, qui peinait à la suivre.

En longeant les maisons, Eloisa lui fit signe de se taire. Une fois dans les champs, elle dit avec un sourire malin : « Idiot, aujourd’hui il y a des champignons ». Comme Mikael ne comprenait toujours pas, elle expliqua : « Après la pluie, quand le soleil brille, les champignons sortent. Aujourd’hui, tout le monde ira en chercher.

Mais quand ils arriveront, on y sera depuis longtemps et on en ramassera bien plus qu’eux.

— Et on les battra, dit Mikael.

— Oui, gros bêta, dit Eloisa. Toi et moi. » Elle lui donna une hotte et chargea l’autre sur ses épaules. « Ma mère va nous sonner les cloches parce qu’on est sortis la nuit sans l’avertir.

— Pourquoi ?

— Parce que les enfants ne doivent pas aller tout seuls dans les bois quand il fait nuit. »

Mikael eut un frisson de peur. « Elle va nous sonner les cloches ?

— À moi sûrement, mais toi t’es tranquille.

— Pourquoi ?

— Parce que t’es son petit chéri », dit Eloisa en riant, sans la moindre jalousie.

Ils grimpèrent dans le noir. Eloisa connaissait le chemin par cœur et avançait sans hésitation. Mikael la suivait aisément. Ses muscles étaient devenus forts. Mais il n’était pas aussi habile qu’Eloisa pour mesurer l’encombrement de la hotte qui dépassait sa tête d’un bon empan, et il restait souvent coincé dans les branches basses des arbres ou perdait l’équilibre. Chaque fois qu’elle le voyait en difficulté, Eloisa riait et se moquait de lui.

Au bout d’une heure, ils arrivèrent dans une clairière herbue. Le ciel commençait à s’éclaircir.

« D’abord les cèpes, dit Eloisa. Tu sais les reconnaître ? » Mikael en avait mangé autrefois au château. C’était délicieux. Mais il n’avait jamais vu de cèpes entiers. Il fit non de la tête.

« Suis-moi, je vais te montrer », dit Eloisa en levant les yeux au ciel.

Non loin d’eux, il y eut un froissement de branches.

Mikael sursauta, craignant que ce ne soit un loup.

Mais Eloisa s’était vite élancée vers l’endroit d’où provenait le bruit, en criant et en faisant de grands gestes.

Un chevreuil s’enfuit.

Là où ils avaient vu le chevreuil, Eloisa poussa un petit cri de triomphe. « J’en étais sûre ! Les chevreuils adorent les cèpes », dit-elle en se penchant pour cueillir un gros champignon au pied râblé et au chapeau brun clair. Elle le tendit à Mikael. « Les plus clairs et les plus gros poussent dans l’herbe, sous les branches des arbres. Enlève les limaces, sinon elles vont le manger. »

Mikael prit le champignon et ôta deux petites limaces pâles. Le chapeau était encore couvert de rosée et gluant au toucher.

Eloisa avait ramassé un bâton pour écarter les branches des sapins et fouillait dans l’herbe. Chaque fois qu’elle trouvait un cèpe, elle poussait une exclamation et le tendait à Mikael, qui le nettoyait et le mettait dans la hotte.

En une heure, ils avaient rempli une hotte entière de cèpes des prés et de cèpes des bois, plus petits, au chapeau noir et dur comme un caillou. Il leur arrivait d’en trouver trois ou quatre à la fois.

« Ramasse pas les champignons si tu les connais pas. Et de toute façon, les mets pas dans la hotte sans me les avoir montrés, sinon ils empoisonneraient aussi les bons, dit-elle.

1 ... 48 49 50 51 52 53 54 55 56 ... 157
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)