Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Фэнтези » Le livre des crânes [The Book of Skulls - fr]
Le livre des crânes [The Book of Skulls - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le livre des crânes [The Book of Skulls - fr]

Электронная книга - «Le livre des crânes [The Book of Skulls - fr]». Краткое содержание книги:

Ils sont quatre :
Timothy, 22 ans, riche, jouisseur, dominateur.
Oliver, 21 ans beau, athlétique, bloc lisse à la faille secrète.
Ned, 21 ans, homosexuel, amoral, poète à ses heures.
Eli, 20 ans, juif, introverti, philologue, découvreur du Livre des Crânes.

Tous partis en quête du secret de l’immortalité : celle promise par le Livre de Crânes. Au terme de cette quête, une épreuve initiatique terrible qui amènera chacun d’eux à contempler en face le rictus de son propre visage. Une épreuve au cours de laquelle deux d’entre eux doivent trouver la mort (l’un assassiné par un de ses compagnons, l’autre suicidé) et les deux autres survivre à jamais.
1 ... 45 46 47 48 49 50 51 52 53 ... 62
Перейти на страницу:

Naturellement, c’étaient des pédales tous les deux. En fait, c’était leur appartement, et Ned était allé vivre avec eux après les examens, du premier trimestre. Ils avaient huit ou dix ans de plus que lui, et ils vivaient depuis longtemps ensemble dans une sorte d’équivalent pédé du mariage. L’un d’eux était rude, masculin et dominateur, c’était un assistant de littérature française qui avait également des capacités d’athlète — l’alpinisme était sa marotte — et l’autre était une tante plus stéréotypée, délicate, éthérée, presque féminine. Un poète sensible qui restait la plupart du temps à la maison, s’occupant du ménage, arrosant les fleurs, et sans doute tricotant et faisant du crochet, j’imagine.

Quoi qu’il en soit, imaginez ces deux pédés vivant heureux en ménage, et un jour ils rencontrent Ned dans une boîte à pédales et ils découvrent qu’il n’aime pas tellement l’endroit où il habite, et ils l’invitent à aller s’installer chez eux. Simplement pour lui rendre service. Ned aurait sa chambre privée, il payerait son loyer et une partie des notes d’épicerie, et il n’y aurait aucune sorte de relation sentimentale avec aucun des deux, qui vivaient sur la base d’une longue fidélité.

Pendant un mois ou deux, les choses marchèrent très bien ainsi. Mais la fidélité n’est pas plus forte chez les pédés, j’imagine, que chez les autres, et la présence de Ned dans la maison devint un facteur de trouble, de même que la présence d’une nana bien roulée de dix-huit ans troublerait un ménage ordinaire.

« Consciemment ou pas », m’expliqua Ned, « j’entretenais la tentation. Je me baladais à poil dans l’appartement, je flirtais avec eux, il y avait quelques caresses çà et là ».

La tension augmentait, et l’inévitable finit par se produire. Un jour qu’ils s’étaient disputés à propos de quelque chose — peut-être de lui, il n’en était pas sûr — celui qui était masculin sortit en claquant la porte. Celui qui était féminin, en émoi, vint se faire consoler par Ned. Il « la » consola en couchant avec « elle ». Après quoi, ils se sentirent coupables, mais cela ne les empêcha pas de recommencer quelques jours plus tard, puis d’en faire une liaison régulière. Le poète de Ned s’appelait Julian. L’autre, pendant ce temps — il s’appelait Oliver : n’est-ce pas intéressant ? Un autre Oliver —, ne se rendait compte de rien, et il commença à faire des avances à Ned. Bientôt, ils couchaient ensemble également.

Ainsi, pendant quelques semaines, Ned entretint une liaison indépendante avec chacun d’eux simultanément. « C’était amusant », me dit-il, « et crispant à la fois : tous les rendez-vous clandestins, tous les petits mensonges, la peur d’être surpris ». La catastrophe était inévitable. Les deux pédales étaient amoureux de Ned. Chacun décida qu’il voulait rompre avec son partenaire original et vivre seulement avec Ned. Celui-ci reçut des propositions des deux côtés.

« Je ne savais pas comment me dépêtrer de cette situation », avoue Ned. « À ce stade, Oliver savait qu’il y avait quelque chose avec Julian, et Julian savait qu’il y avait quelque chose avec Oliver, mais personne n’avait encore porté d’accusations ouvertes. S’il fallait vraiment choisir un des deux, j’avais une légère préférence pour Julian, mais je n’avais pas l’intention d’être le responsable de ce genre de décision critique. »

L’image de lui-même que Ned était en train de me peindre était celle d’un enfant naïf et innocent pris au piège d’un triangle qu’il n’avait pas contribué à former. Inexpérimenté, impuissant, ballotté entre les passions tempétueuses d’Oliver et de Julian, etc., etc. Mais, au-dessous de la surface, quelque chose pointait, évoqué non pas en paroles mais en clins d’œil, en minauderies de pédé et autres formes de communication non verbale. À n’importe quel moment donné, Ned fonctionne sur six niveaux au moins, et chaque fois qu’il commence à vous expliquer à quel point il est naïf et innocent, vous pouvez être sûr qu’il vous fait marcher. Le Ned que je percevais sous la surface de son histoire était sinistre, intrigant, manipulateur. Il jouait avec ces deux pauvres tantes, les séparant et les séduisant tour à tour, les forçant à une rivalité qui devait mal finir.

« La crise éclata un week-end de mai », poursuivit-il, « quand Oliver m’invita à une partie d’alpinisme dans le New Hampshire, sans Julian. Nous avions besoin, disait-il, de discuter sérieusement, et l’air pur de la montagne nous fournirait un climat propice. J’acceptai, ce qui fit piquer à Julian une crise d’hystérie. »

Julian le menaça en sanglotant de se tuer s’il y allait. Refroidi par cette sorte de chantage sentimental, Ned demanda simplement à Julian de se calmer — c’était juste pour le week-end, ce n’était pas si important que ça, ils seraient de retour le dimanche soir. Julian continuait à sangloter et à parler de suicide. Sans plus lui prêter attention, Ned et Oliver préparèrent leurs affaires de camping. « Vous ne me reverrez jamais plus vivant ! » hurla Julian. En me racontant cela, Ned me fit une talentueuse imitation de ses cris de panique. « Je craignais que Julian ne parle sérieusement », dit-il, « mais, d’un autre côté, je savais que c’eût été une erreur que de céder à son hystérie. Sans compter que — secrètement — j’étais flatté à la pensée que j’étais assez important dans la vie de quelqu’un pour qu’il songe à se suicider pour moi. » Oliver lui conseilla de ne pas s’inquiéter pour Julian, qui prenait les choses un peu trop au tragique, et ce vendredi-là ils partirent ensemble pour le New Hampshire.

Vers la fin du samedi après-midi, ils étaient à treize cents mètres d’altitude sur le versant d’une quelconque montagne. C’est là qu’Oliver choisit de faire sa déclaration. Partons ensemble et aimons-nous, dit-il, et nous connaîtrons tous les plaisirs de la vie. Le temps des tergiversations était fini ; il voulait une réponse finale et immédiate. Choisis entre Julian et moi, demanda-t-il à Ned, mais choisis vite.

« J’avais alors décidé que je n’éprouvais plus autant d’attirance pour Oliver, qui avait tendance à être un peu trop souvent tyrannique et violent, une espèce d’Hemingway de la pédale », poursuivit Ned. « Et bien que Julian eût plus d’attrait pour moi, je pensais qu’“elle” était beaucoup trop dépendante et faible. Sans compter que, quel que soit mon choix, j’étais certain d’avoir des tas d’ennuis avec l’autre : des scènes de ménage dans la grande tradition, des menaces, des coups, je ne sais pas quoi. » Ainsi, il avait déclaré poliment qu’il ne voulait pas être la cause d’une rupture entre Oliver et Julian, dont il respectait la liaison, et que plutôt que d’accepter un choix impossible il préférait simplement aller vivre autre part.

Oliver commença alors à accuser Ned de préférer Julian, et d’avoir secrètement conspiré avec « elle » pour l’évincer. La discussion devint bruyante et irrationnelle, assortie de toutes sortes de griefs, de récriminations et de dénégations, jusqu’à ce qu’Oliver s’écrie : « Je ne peux pas vivre sans toi, Ned. Promets-moi de partir avec moi, ou je me jette dans le vide ! »

En arrivant à cette partie de son récit, Ned commençait à avoir un drôle de regard, avec une lueur quasi diabolique. Il paraissait se délecter, fasciné par sa propre éloquence. À vrai dire, je l’étais aussi. Il poursuivit :

« J’étais las de toutes ces menaces de suicide qui me tombaient dessus. C’était emmerdant qu’on veuille me dicter chacun de mes gestes en affirmant qu’on allait se tuer si je n’obtempérais pas.

1 ... 45 46 47 48 49 50 51 52 53 ... 62
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)