Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
1942-Le jour se lève - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

1942-Le jour se lève

Электронная книга - «1942-Le jour se lève». Краткое содержание книги:

1942-Le jour se lève
1 ... 45 46 47 48 49 50 51 52 53 ... 60
Перейти на страницу:

Pétain lui ordonne d’obéir et Marion s’incline.

Vers midi, le Maréchal lit une nouvelle proclamation.

« Aux Français de la France et de l’Empire français, je croyais avoir vécu les jours les plus sombres de mon existence ; la situation d’aujourd’hui me rappelle les mauvais souvenirs de 1940. »

La voix est ferme, l’émotion perce dès les premières phrases.

« Je salue avec douleur les militaires, les marins, les aviateurs et tous ceux qui tombent pour l’honneur de l’Empire et la sauvegarde de la patrie.

« Français de la Métropole et de l’Empire, faites confiance à votre Maréchal qui ne pense qu’à vous.

« Philippe Pétain. »

Ces combattants que Pétain salue sont ceux qui, en ce 11 novembre 1942, continuent de se battre contre les troupes américaines.

Et cependant Pétain, en même temps qu’il tient ces propos, a l’intention d’ordonner la cessation des combats, c’est le sens des messages qu’il fait parvenir à Darlan qui négocie un armistice avec les Américains.

Mais à 14 heures, Laval, accompagné d’Otto Abetz, arrive à Vichy et, aussitôt, il s’élève contre cet éventuel armistice.

« Il faut qu’on puisse dire qu’on a été au bout de la résistance, martèle Laval. Si nous cessons tout combat, les Allemands vont se venger sur la Métropole. On refait un Empire, on ne refait pas la France ! En quelques semaines, les Allemands auront reconquis l’Afrique. Si nous ne les aidons pas, ils la garderont. »

À 17 heures, le Conseil des ministres de ce gouvernement qui n’a plus ni territoire ni autonomie se range à l’avis de Laval.

Le Maréchal adresse un ordre du jour aux troupes d’Afrique, engagées dans les combats contre les Américains, leur demandant de « lutter jusqu’à la limite de leurs forces ».

Pétain n’est plus qu’un « figurant » enfermé à l’hôtel du Parc qu’encercle un cordon de police.

Les généraux allemands et italiens s’installent non loin.

La Gestapo occupe un petit immeuble au cœur de Vichy et son chef, le capitaine Gessler, ordonne les premières arrestations. Mais c’est le général Oberg qui, de Paris, demande à René Bousquet d’appréhender le général Weygand. L’ordre émane de Himmler.

Bousquet refuse, déclare qu’il n’obéit qu’au maréchal Pétain. Il organise la fuite de Weygand dans une des voitures du chef de l’État, que deux véhicules allemands, chargés de SS et de policiers en armes, arrêteront.

Le général Weygand est conduit à Moulins et de là en Allemagne.

Ce 11 novembre 1942 voit s’effondrer le château de cartes truquées qu’était le gouvernement du maréchal Pétain. L’ambassadeur de Brinon annonce dans un communiqué officiel que, désormais, par un effet de la générosité allemande, il pourra faire hisser le drapeau français sur l’hôtel Matignon. Là où se trouve le siège de l’ambassade de France à Paris…

Il faudrait rire et on ne peut que s’indigner tant il y a de veulerie, de bassesse et d’esprit de soumission dans la satisfaction servile de monsieur l’ambassadeur de Brinon, représentant la France… à Paris.

Ce même jour, 11 novembre 1942, à l’Albert Hall de Londres, la voix du général de Gaulle s’élève, forte mais sans illusion.

« La voici donc terminée la première phase de cette guerre, dit de Gaulle, celle où devant l’assaut prémédité des agresseurs reculait la faiblesse dispersée des démocraties… Cependant, si le tunnel où nous avons longtemps cheminé dans les ténèbres commence à s’éclairer d’une lointaine lueur, il s’en faut de beaucoup que nous nous trouvions au terme. »

La veille, Churchill avait évoqué « la fin du commencement ». Et de Gaulle, lucide et réaliste, le rejoint.

Il ne dissimule rien : et d’abord le risque de la dispersion car « mille forces centrifuges s’exercent sur l’unité de la patrie ». Il n’ignore pas les manœuvres des Américains pour l’écarter au bénéfice de Darlan ou de Giraud.

Il l’a dit à plusieurs reprises depuis le 8 novembre.

« Ce qui se passe en Afrique du Nord du fait de Roosevelt est une ignominie. »

Les Américains ont annexé Giraud avec l’idée que l’annonce de son nom « ferait tomber les murailles de Jéricho », analyse de Gaulle. Ils utilisent aussi « l’expédient temporaire de Darlan » pour négocier un cessez-le-feu !

Darlan, le vichyste, l’homme de l’accord avec Hitler à propos de la Syrie, ouvre les aérodromes aux avions de la Luftwaffe.

De Gaulle mesure les conséquences de ce choix :

« Quelques gaffes de cette sorte commises par les Américains, dit-il, et la Résistance ne croira plus à la capacité et à la pureté de la France Combattante, ce sont les communistes qui se présenteront comme les durs et les purs alors qu’ils ont commencé la guerre en désertant le combat, alors qu’ils ont attendu l’entrée de l’URSS dans la guerre pour me faire signe et ne plus m’attaquer. »

Mais à l’Albert Hall, ce 11 novembre 1942, face à la foule enthousiaste, dans la lumière éclatante qui fait ressortir les trois couleurs des drapeaux à croix de Lorraine, le temps est à l’épopée, à la célébration de l’héroïsme et du sacrifice.

« Le ciment de l’unité française, lance de Gaulle, c’est le sang des Français qui n’ont jamais, eux, accepté l’armistice. »

Une voix isolée, du haut des gradins, dans le silence, une voix qui crie qu’il faut s’entendre avec Giraud, et tout à coup des hurlements qui couvrent la voix, qui l’étouffent, l’interpellateur est chassé.

Cette foule enthousiaste est pleine aussi de fureur contre ceux qui commandent, trahissent les espoirs.

« Soldats morts à Keren, à Koufra, Mourzouk, Damas, Bir Hakeim, reprend-il, marins de nos navires coulés… aviateurs tués… combattants de Saint-Nazaire tombés le couteau à la main, fusillés de Nantes, Paris, Bordeaux, Strasbourg et ailleurs… C’est vous qui condamnez les traîtres, déshonorez les attentistes, exaltez les courageux… Eh bien, dormez en paix ! La France vivra parce que vous, vous avez su mourir pour elle ! »

Il attend que la vague d’émotion reflue et, la voix nouée, il lance : « Le centre autour duquel se refait l’unité française, c’est la France qui combat. À la nation mise au cachot, nous offrons depuis le premier jour la lutte et la lumière ! »

Il reprend après les applaudissements frénétiques.

« La France ne juge les hommes et leurs actions qu’à l’échelle de ce qu’ils réalisent pour lui sauver la vie… La nation ne reconnaît plus de cadres que ceux de la Libération. Comme dans sa grande révolution, elle n’accepte plus de chefs que ceux du Salut public. »

Il dit encore : « Rétablir intégralement les libertés françaises… » Puis : « La France trahie par des coalitions de trusts et de gens en place entend construire chez elle un édifice moral et social où nul monopole ne pourra abuser des hommes ni dresser aucune barrière devant l’intérêt général… » L’immense clameur vient, brûlante, exaltante, le soulever. Il crie : « Un seul combat pour une seule patrie ! »

La foule chante. Il sait qu’elle s’est emparée des mots qu’il a lancés, qu’ils deviennent une force, la force de la France Combattante. Il lui semble que la victoire est certaine, même si, à cette heure, les troupes allemandes et italiennes ont franchi la ligne de démarcation et qu’ainsi toute la France est Occupée.

Il sort de l’Albert Hall. Le brouillard est encore plus dense. Les silhouettes, après un pas, s’effacent. Tout est devenu silence. Il faut avancer en tâtonnant, sans jamais oublier le but à atteindre.

1 ... 45 46 47 48 49 50 51 52 53 ... 60
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)