1942-Le jour se lève
- Автор: Галло Макс
- Язык: французский
- Жанр: Историческая проза
Электронная книга - «1942-Le jour se lève». Краткое содержание книги:
Des officiers de l’Afrikakorps cherchent la mort sur le champ de bataille.
Le général von Thoma, après l’anéantissement de son unité, a cherché en vain à se faire tuer, mais il est fait prisonnier.
Rommel décide d’enfreindre l’ordre du Führer pour tenter de sauver ce qui peut l’être.
Le 4 novembre 1942, à 15 h 30, il donne l’ordre de retraite immédiate.
« Les morts sont heureux, pour eux tout est fini », écrit-il à sa « très chère Lu ».
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C’est le 5 novembre 1942, à 8 heures du matin.
Il y a moins de vingt heures, Rommel ordonnait la retraite immédiate.
Un avion décolle de l’aérodrome de Vichy, à destination d’Alger. À son bord, l’amiral Darlan, le successeur désigné du chef de l’État, le maréchal Pétain.
Il est aussi, en fait, parce qu’il a la confiance du Maréchal, celui qu’écoutent les généraux de l’Armée de l’armistice, en charge des troupes cantonnées dans la zone libre ; celui que suivent les amiraux qui commandent la flotte regroupée à Toulon.
Tous ces officiers, par esprit de discipline et par conviction, par attachement au vainqueur de Verdun, respectent les ordres donnés par le Maréchal et souvent transmis par son successeur désigné, Darlan.
Ceux qui sont en poste en Afrique du Nord, à Casablanca, Alger, Tunis, ou en Afrique-Occidentale, à Dakar, dans les territoires qui n’ont pas rallié la France Libre, sont encore plus déterminés à rester fidèles à Pétain.
Ils veulent défendre la souveraineté française incarnée par Pétain, chef de l’État, contre les Anglais, les Américains, les rebelles de la France Libre, et les Allemands ou les Italiens. Or les rumeurs d’une « invasion » anglo-américaine de l’Afrique du Nord se sont répandues dès la fin de l’année 1941.
Le général Weygand, qui commandait en Afrique du Nord avant d’être « limogé » en novembre 1941 par Pétain à la demande des Allemands, avait déclaré :
« Si les Américains viennent avec une division, je les fous à l’eau, s’ils viennent avec vingt divisions, je les embrasse. »
Mais il avait aussi ajouté :
« Je suis trop vieux pour être un rebelle. »
Il obéirait donc aux ordres donnés par le maréchal Pétain. Et il en est ainsi pour la plupart des officiers.
Or, le 5 novembre 1942, on signale qu’une flotte de 290 navires anglais et américains chargés de troupes approche de Gibraltar.
Une partie de ces navires se dirige vers Casablanca et les côtes marocaines.
Le reste franchit le détroit en direction des côtes algériennes.
L’amiral Darlan ne peut l’ignorer, comme il connaît la défaite et la retraite de Rommel.
Mais à son arrivée à Alger, il prétend que ce ne sont pas ces événements qui l’ont conduit à quitter Vichy.
Il se rend, assure-t-il, au chevet de son fils unique, Alain, atteint de poliomyélite depuis le 13 octobre et que l’on donne mourant.
La venue de son père a un effet miraculeux !
Contrairement à tous les diagnostics médicaux, Alain Darlan est sauvé.
Quant à l’amiral Darlan, il devient la pièce maîtresse de la situation.
L’Afrique du Nord est un nœud d’intrigues, de conspirations, de lâchetés, de tromperies, de bêtises.
Et une tragédie.
Car dans la nuit du 7 au 8 novembre 1942, les navires anglais et américains ont atteint les côtes marocaines et algériennes.
Depuis des mois, quelques conjurés – industriels, policiers, fonctionnaires, officiers, aventuriers – ont pris langue avec le consul américain à Alger, Robert Murphy.
Le consul écoute, promet un débarquement des troupes américaines. C’est l’opération Torch, à laquelle Roosevelt s’est rallié et que Churchill a présentée à Staline qui en a compris tous les avantages.
Mais Robert Murphy ne dévoile pas aux conjurés le détail de l’opération et les « conjurés » sont vite neutralisés par les officiers décidés à suivre les ordres de Pétain.
Le Maréchal a reçu un message de Roosevelt.
Le président des États-Unis affirme que le débarquement américain a pour but de prévenir une agression des troupes de l’Axe – Allemagne-Italie – contre l’Empire français.
Roosevelt poursuit :
« Je n’ai pas besoin de vous dire que le but ultime et le plus grand est la libération de la France et de son Empire du joug de l’Axe…
« Je n’ai pas besoin de vous affirmer à nouveau que les États-Unis d’Amérique n’ambitionnent la conquête d’aucun territoire… »
La réponse de Pétain est apparemment sans ambiguïté :
« C’est avec stupeur et tristesse que j’ai appris cette nuit l’agression de vos troupes contre l’Afrique du Nord, commence le Maréchal.
« J’ai lu votre message, vous invoquez des prétextes que rien ne justifie.
« Vous prêtez à vos ennemis des intentions qui ne se sont jamais traduites en actes.
« J’ai toujours déclaré que nous défendrions notre Empire s’il était attaqué… Nous sommes attaqués, nous nous défendrons, c’est l’ordre que je donne. »
Ces mots enfantent des morts.
Américains et Français s’entretuent sur les plages nord-africaines. Car les ordres de Pétain sont exécutés.
On résiste aux Américains.
Au Maroc, les troupes du général Noguès comptent 1 500 morts et infligent près de 1 000 tués aux Américains !
On peut aussi mourir à Sidi-Ferruch, non loin d’Alger.
Et les Américains ne débarquent pas en Tunisie, laissant ainsi les troupes allemandes s’y installer. Et il faudra de durs combats – de nombreux morts – pour les déloger.
Puisque les troupes françaises restent fidèles au maréchal Pétain, Robert Murphy se tourne vers l’amiral Darlan.
Mais celui-ci refuse de donner l’ordre d’accueillir les Américains en libérateurs.
« J’ai prêté serment au maréchal Pétain, explique Darlan. Et depuis deux ans, je recommande à mes marins et au pays de s’unir derrière le Maréchal. Je ne peux pas renier mon serment. »
Robert Murphy obtient seulement que Darlan demande à Pétain ses instructions.
Pétain, qui vient de donner l’ordre de résister, télégraphie sa réponse à Darlan :
« J’ai bien reçu vos messages par l’entremise de l’amirauté et suis heureux que vous soyez sur place. VOUS POUVEZ AGIR ET ME RENSEIGNER. VOUS SAVEZ QUE VOUS AVEZ TOUTE MA CONFIANCE. »
Darlan est bien le maître de la situation, puisque Pétain lui donne un blanc-seing.
En fait, Pétain pratique son double jeu habituel : pour satisfaire les Allemands, il doit faire des déclarations invitant à la résistance aux Américains.
Et il faut permettre à Darlan de négocier avec ces Américains que Pétain invite à tuer.
Car le 8 au soir, les combats qui ont cessé à Alger se poursuivent à Oran et Casablanca !
Ces « finasseries » sanglantes se parent des vertus de la bonne conscience : Pétain et Laval prétendent que leur politique est la seule qui permette de protéger la population de la métropole des représailles allemandes.
À Weygand qui propose de signer l’armistice avec… les Américains, de déclarer la guerre à l’Axe, de donner l’ordre à l’Armée de l’armistice de résister aux Allemands s’ils pénètrent en zone libre et d’envoyer la flotte de Toulon à Alger ou à Oran, le Maréchal répond qu’on ne peut adopter cette attitude, car la France serait traitée comme la Pologne.
Laval, lui, veut incarner la « collaboration » active, mais en essayant de ne pas passer « aux actes ».