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READ-E-BOOK » Фэнтези » Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]
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Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]

Электронная книга - «Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]». Краткое содержание книги:

Depuis sa publication en 1954-1955, le récit des aventures de Frodo et de ses compagnons, traversant la Terre du Milieu au péril de leur vie pour détruire l’Anneau forgé par Sauron, a enchanté des dizaines de millions de lecteurs, de tous les âges. Chef-d’œuvre de la fantasy, découverte d’un monde imaginaire, de sa géographie, de son histoire et de ses langues, mais aussi réflexion sur le pouvoir et la mort, Le Seigneur des Anneaux est sans équivalent par sa puissance d’évocation, son souffle et son ampleur. Cette nouvelle traduction prend en compte la dernière version du texte anglais, les indications laissées par Tolkien à l’intention des traducteurs et les découvertes permises par les publications posthumes proposées par Christopher Tolkien. Ce volume contient 18 illustrations d’Alan Lee, entièrement re-numérisées, d’une qualité inégalée, ainsi que deux cartes (en couleur) de la Terre du Milieu et du Comté.
Version 104826 - 2014-09-30 14:40:02 +0200
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« Au secours ! » implorèrent Frodo et Sam, courant vers lui les bras tendus.

« Holà ! du calme ! cria le vieil homme, levant une main, et ils s’arrêtèrent net, comme soudain pétrifiés. Maintenant, mes petits bonshommes, où donc allez-vous, soufflant comme des soufflets ? Que se passe-t-il ici, hein ? Savez-vous qui je suis ? Je suis Tom Bombadil. Dites-moi ce qui vous ennuie ! Tom est pressé à cette heure-ci. N’écrasez pas mes lis ! »

« Mes amis sont prisonniers du saule ! » cria Frodo, le souffle court.

« Maître Merry est sur le point d’être scié en deux ! » renchérit Sam.

« Quoi ? s’écria Tom Bombadil, bondissant. Vieil Homme-Saule, hein ? Rien de pire que cela ? Ce sera vite arrangé. Je connais l’air qu’il lui faut, au vieil homme-saule gris ! Je lui gèlerai la moelle, s’il ne se tient pas tranquille. Je chanterai jusqu’à tant qu’il se déracine. Je chanterai un vent qui lui prendra feuilles et branches. Vieil Homme-Saule ! »

Déposant ses lis sur l’herbe avec précaution, il courut jusqu’à l’arbre. Il vit là les pieds de Merry qui dépassaient encore ; le reste avait déjà été aspiré vers l’intérieur. Tom colla sa bouche contre la fente et se mit à chanter d’une voix profonde. Ils ne purent saisir les mots, mais son chant, à l’évidence, éveilla Merry. Ses jambes se mirent à gigoter. Tom s’écarta d’un bond et, saisissant une branche pendante, la rompit et fouetta le côté du saule. « Tu ferais bien de les laisser sortir, Vieil Homme-Saule ! dit-il. À quoi penses-tu donc ? Tu ne devrais pas te réveiller. Mange de la terre ! Creuse profond ! Bois de l’eau ! Rendors-toi ! Bombadil parle ! » Puis il saisit les pieds de Merry et le tira de la fente soudain élargie.

Il y eut un formidable grincement ; l’autre fente s’ouvrit en deux et Pippin en sortit comme éjecté. Puis les deux fentes se refermèrent avec un grand bruit sec. Un frisson parcourut l’arbre de la racine à la cime, puis ce fut le silence complet.

« Merci ! » s’exclamèrent les hobbits, l’un après l’autre.

Tom Bombadil éclata de rire. « Eh bien, mes petits bonshommes ! dit-il en se penchant pour scruter leurs visages. Vous allez rentrer avec moi ! La table est toute prête, garnie de crème jaune, de rayons de miel, de pain blanc et de beurre. Baie-d’or attend. Pour les questions, il y aura le temps, et largement, quand nous serons à table. Suivez-moi aussi vite que vous en êtes capables ! » Sur ce, il ramassa ses lis, puis, les invitant à le suivre d’un geste de la main, il reprit son chemin vers l’est, dansant et gambadant le long du sentier tout en chantant bien haut et bien absurdement.

Trop surpris et soulagés pour ajouter quoi que ce soit, les hobbits le suivirent aussi rapidement qu’ils le purent. Mais ils ne furent pas assez rapides. Tom disparu bientôt devant eux, et la rumeur de son chant s’affaiblit et s’éloigna. Soudain, sa voix revint flotter vers eux en un puissant appel :

Gambadez, mes amis, suivez l’Oserondule !

Tom doit voir aux bougies avant le crépuscule.

Le Soleil plonge à l’ouest : bientôt la nuit viendra.

Quand vous n’y verrez plus, la porte s’ouvrira ;

Aux fenêtres de Tom, les carreaux luiront jaunes.

Laissez le saule gris ! Ne craignez aucun aune,

Ou racine ou rameau, car Tom va devant vous.

Ohé, là ! joli dol ! On vous attend chez nous !

Le chant cessa, et les hobbits n’en entendirent pas davantage. Presque aussitôt, le soleil parut s’enfoncer parmi les arbres derrière eux. Ils songèrent aux rayons obliques du soir scintillant sur le fleuve Brandivin, aux fenêtres de Fertébouc qui s’allumeraient bientôt par centaines. De grandes ombres les enveloppaient ; les troncs et les branches d’arbres, sombres et menaçants, se penchaient au-dessus du sentier. Des nappes de brume blanche se levèrent et s’enroulèrent à la surface du cours d’eau, s’égarant parmi les racines des arbres qui poussaient sur ses bords. Du sol même où ils marchaient surgit une vapeur ombreuse qui vint se mêler à la nuit pressée de tomber.

Il devenait difficile de suivre le sentier, et ils étaient très fatigués, se sentant des jambes de plomb. Des bruits étranges et furtifs couraient parmi les buissons et les roseaux de chaque côté ; et quand ils levaient les yeux vers le ciel pâle, ils apercevaient d’inquiétants visages, noueux et déformés, qui assombrissaient le crépuscule et leur jetaient des regards sinistres depuis la haute berge et le commencement du bois. Ils avaient de plus en plus l’impression que ce pays était irréel, qu’ils traversaient un rêve angoissant ne devant aboutir à aucun réveil.

Au moment où leurs pieds semblaient ralentir au point de s’immobiliser, ils remarquèrent que le terrain montait doucement. L’eau commença à murmurer. Ils purent discerner dans les ténèbres un blanc miroitement d’écume, à l’endroit où la rivière passait une petite chute. Puis, soudain, les arbres s’évanouirent et les brumes restèrent derrière eux. Ils sortirent de la Forêt et virent une vaste étendue d’herbe s’élever devant eux. La rivière, désormais rapide et étroite, bondissait joyeusement à leur rencontre, quelquefois miroitant à la lumière des étoiles qui brillaient déjà dans le ciel.

L’herbe à leurs pieds était courte et lisse, comme si on l’avait tondue ou rasée. Les frondaisons de la Forêt, derrière, étaient parfaitement taillées à la manière d’une haie. Devant, le sentier se distinguait alors clairement, bien entretenu et bordé de pierres. Il se déroulait jusqu’au sommet d’un monticule herbeux, gris sous le ciel pâle et étoilé ; et là, juchées encore plus haut sur une autre éminence, ils virent briller les lumières d’une maison. Le sentier plongea de nouveau, puis remonta les flancs unis d’un tertre gazonné, vers la lueur. Soudain, un large trait de lumière jaune inonda le seuil où une porte venait de s’ouvrir. Devant eux se trouvait la maison de Tom Bombadil, en haut, en bas, à l’ombre de la colline. Derrière elle se dressait un escarpement gris et dénudé, et au-delà, les formes noires des Coteaux des Tertres s’élevaient de loin en loin dans la nuit de l’est.

Tous se précipitèrent en avant, les hobbits comme les poneys. Leur fatigue était déjà à moitié oubliée, et toutes leurs craintes évaporées. Ohé ! Viens gai dol ! retentit la chanson en guise de bienvenue.

Ohé ! Viens joli dol ! Gambadez, mes lurons !

Les hobbits, les poneys ! Tous aiment s’amuser.

Que la fête commence ! Tous ensemble, chantons !

Puis une autre voix claire, aussi jeune et ancienne que le Printemps, semblable au chant d’une eau bienheureuse coulant dans la nuit depuis un matin radieux au sommet des collines, ruissela sur eux comme une pluie d’argent :

Que la chanson commence ! Tous ensemble, chantons

Le soleil et la lune, les étoiles, la brume,

La pluie sur le bouton, la rosée sur la plume,

Le vent sur la colline, les fleurs sur la bruyère,

Les roseaux dans l’étang et les lis sur l’eau claire :

Le vieux Tom Bombadil, la fille de la Rivière !

Et sur cette chanson, les hobbits foulèrent le pas de la porte, et une lumière dorée les enveloppa.

7Dans la maison de Tom Bombadil

Les quatre hobbits franchirent le large seuil de pierre et se tinrent là immobiles, cillant des paupières. Ils se trouvaient dans une longue pièce basse, entièrement éclairée par des lampes suspendues aux poutres de la toiture ; tandis que sur la table de bois foncé et poli étaient posées de multiples bougies, jaunes et élancées, brûlant d’un vif éclat.

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