Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Научная фантастика » Les royaumes du Mur [Kingdoms of the Wall - fr]
Les royaumes du Mur [Kingdoms of the Wall - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les royaumes du Mur [Kingdoms of the Wall - fr]

Электронная книга - «Les royaumes du Mur [Kingdoms of the Wall - fr]». Краткое содержание книги:

Le Mur est une montagne. Géante, redoutable, empilement de ravins, de falaises, de précipices, elle perce les basses couches de l’atmosphère et pointe sa cime vers l’espace.
Le sommet du Mur est presque inaccessible. Pourtant, chaque année, depuis le village de Jospodar situé au pied de la montagne, quarante jeunes hommes et femmes parmi les meilleurs entrepren­nent de le conquérir. Car là-haut, d’après les légendes et de rares témoignages contradictoires, vivent les dieux détenteurs de la sagesse.
Malheureusement, l’épreuve est telle que presque personne n’est revenu pour transmettre cette sagesse, et ceux qui sont redescen­dus avaient perdu la raison.
Poilar Bancroche, qui a rêvé toute sa courte vie de parler avec les dieux, a été choisi pour commander les quarante. Il lui reste à affron­ter les royaumes du Mur comme autant de remparts protégeant le sommet, et à découvrir, peut-être, le secret terrible et poignant des dieux descendus du vide.
1 ... 42 43 44 45 46 47 48 49 50 ... 98
Перейти на страницу:

L’aigreur et l’hostilité se peignirent sur son visage.

— Je sais au moins aussi bien que toi ce qui est bien et ce qui ne l’est pas, Poilar. Si je n’avais pas tenté de la ramener, je n’aurais jamais eu la conscience en repos. Occupe-toi de tes affaires et laisse-moi tranquille.

Sur ce, il cracha sur le monticule de pierres et s’éloigna, Grycindil à son bras.

J’entendis de-ci de-là des murmures, assez nombreux, dirigés contre moi. Pour la première fois, certains prenaient fait et cause pour Muurmut. Pour eux, il avait fait montre d’intrépidité et d’héroïsme en se lançant à la poursuite de Min. On ne pouvait le nier, mais son acte n’en avait pas moins été de la folie. Le problème était que je semblais être le seul à le comprendre.

Nous poursuivîmes l’ascension, la pluie cessa et le temps se radoucit, sans retrouver, et de loin, la chaleur que nous avions connue au pied du Mur. Un abrupt nous obligea une nouvelle fois à bifurquer vers une vallée intérieure. Nous découvrîmes en nous y engageant un monde caché de prairies et de collines luxuriantes, aussi verdoyant et plaisant à l’œil que le plateau avait été sec et sinistre.

Ce jardin secret, niché dans l’immensité du Mur, nous apporta beaucoup de plaisir, mais ralentit notre progression. C’était une sorte de vaste cuvette dont les bords montaient en pente douce, mais qui s’étendait dans l’ensemble en terrain plat. Tout autour de nous se dressaient de hautes murailles de pierre d’un rouge vif, striées de bandes d’un noir luisant. C’est sur l’une de ces parois que se trouvait le chemin qui nous permettrait de continuer vers le Sommet ; mais nous ne savions pas laquelle ni comment l’atteindre. Pendant plusieurs jours, nous traversâmes cette vallée de ruisseaux et d’herbe grasse sans savoir si nous allions dans la bonne direction.

Je sentais qu’il y avait de la rébellion dans l’air. Je doutais fort que l’un de nous eût une idée plus précise que moi de la route à suivre ; mais je n’en avais pour ma part aucune idée. Or, j’étais le chef et un chef doit commander. Les autres attendent de lui qu’il dispense force et sagesse. Malheur à lui s’il n’est pas capable de les leur apporter.

Depuis notre entrée dans la vallée, Muurmut gardait le silence. Il aurait pu dire : « Poilar ne sait pas où il nous conduit », ou bien : « Poilar a protesté quand j’ai consacré une heure à tenter de rattraper Min, mais maintenant ce sont des journées entières qu’il nous fait perdre au milieu de ces cours d’eau », ou encore : « Si Poilar ignore où il faut aller, peut-être quelqu’un d’autre le sait-il. » Mais il ne disait rien de tout cela, du moins pas en ma présence. Je savais pourtant que c’est ce qu’il pensait. Je le voyais dans ses yeux, dans sa moue suffisante, dans sa démarche trop assurée.

Je refusais de lui donner la satisfaction de prendre son avis. Je consultais fréquemment Traiben, cela va sans dire, mais aussi Kath, Jaif, Naxa et Kilarion. Ils avaient tous une qualité précieuse, que ce soit l’intelligence de Traiben, le fonds de connaissances de Naxa, la finesse de Kath, l’intuition de Kilarion ou bien le dévouement à toute épreuve de Jaif, qui me donnait à penser qu’ils pouvaient m’aider à trouver notre route. Le seul que je ne consultais jamais était Muurmut. Peut-être trouvera-t-on cela mesquin de ma part, mais il m’avait mis des bâtons dans les roues depuis le début, il avait critiqué, grogné, plastronné, suscité des difficultés, et je n’étais aucunement disposé à lui faire confiance.

Je le voyais m’observer de loin. Il avait l’air nerveux et irrité en permanence. Il attendait assurément le moment de libérer des flots de sarcasmes et d’insinuations malveillantes, mais se murait encore dans son silence.

Pas plus que moi, aucun de ceux que je consultai n’avait été capable de proposer un moyen de découvrir le bon chemin. Nous continuâmes donc à errer, tombant de loin en loin, au hasard de notre route, sur les traces de notre propre passage dans une prairie ou sur les vestiges d’un de nos récents campements. Nous étions tous comme des enfants – peut-être devrais-je plutôt dire comme des rêveurs essayant de retrouver leur chemin dans un monde inconnu. On nous avait envoyés à l’assaut du Mur sans nous donner la plus petite idée des réalités que nous aurions à affronter. Tout au long de nos années de formation, l’enseignement de nos Maîtres n’avait été qu’un tissu de suppositions, de légendes et d’inepties et, si nous nous trouvions maintenant en difficulté, il n’y avait pas à s’en étonner.

Un jour, en fin d’après-midi, Grycindil vint me trouver tandis que nous préparions notre bivouac sur un tapis de mousse, au bord d’un ruisseau à l’eau limpide, après une longue journée de marche inutile. Le crépuscule commençait juste à tomber et deux des lunes venaient d’apparaître dans le ciel.

— Tu sais, Poilar, me dit-elle, c’est une situation très difficile pour Muurmut.

Grycindil et Muurmut avaient commencé à dormir ensemble après notre départ du plateau. Cela me semblait curieux, car Grycindil, bien qu’un peu soupe au lait, m’avait toujours donné l’impression d’être une femme équilibrée et une nature généreuse, et je ne parvenais pas à comprendre pourquoi elle s’embarrassait d’un fanfaron imbu de sa personne comme Muurmut. Mais la raison ne saurait prévaloir quand les Changements sont en cause. Et peut-être Muurmut avait-il des qualités que j’étais incapable de percevoir.

— La situation est très difficile pour tout le monde, Grycindil.

— Ce n’est pas la même chose pour lui. Il veut être le chef et tu lui fais obstacle.

— Je le sais bien. Ce n’est pas nouveau.

— Il a des idées sur la direction à prendre.

— Vraiment ? Dans ce cas, il n’a qu’à s’exprimer.

— Non. Tu as été très dur avec lui le jour où il est allé chercher Min. Il était furieux contre toi à cause de cette histoire. Il n’a pas fermé l’œil de la nuit. « Comment aurions-nous pu ne pas tenter de la ramener ? m’a-t-il dit. Comment aurions-nous pu la laisser s’enfuir et continuer notre route comme si de rien n’était ? Quand je pense que Poilar m’a dit que j’avais eu tort d’essayer…» Il ne parvient pas à chasser cette amertume, Poilar. Il fait la tête nuit et jour. Parfois, je l’entends pleurer, pour de bon, avec des sanglots étouffés, pleins de colère et de frustration. Sais-tu qu’en deux ou trois occasions il s’est trouvé dans des situations dangereuses pendant qu’il essayait de rattraper Min ? Il a failli périr sur ce sentier. À un moment, le sol s’est affaissé sous lui et est tombé dans le précipice où Muurmut a failli être entraîné. Et, toi, tu l’as critiqué durement quand il est revenu… Non, Poilar, il n’a pas l’intention de faire part de ses idées. Il a peur que tu ne le tournes encore en ridicule.

— C’était très courageux de sa part de se lancer à la poursuite de Min. Mais il a quand même eu tort de le faire.

— Non, Poilar.

— Crois-tu ? fis-je en haussant les épaules. Eh bien, dans ce cas, je suppose que c’est moi qui ai eu tort. À toi de choisir. Écoute, Grycindil, je regrette que Muurmut souffre à cause de moi. Mais il n’a à s’en prendre qu’à lui-même.

— Ne pourrais-tu pas lui faciliter un peu les choses ?

— Comment ? En faisant de lui le chef, à ma place ?

— Tu pourrais au moins le consulter une fois de temps en temps.

Je la regardai avec attention. Elle était absolument sincère ; et je découvris quelque chose dans ses yeux, une lueur de tendresse, d’amour même pour Muurmut, qui me surprit. Je me demandai encore une fois si je n’avais pas sous-estimé Muurmut. Le pire des fanfarons peut avoir des vertus cachées.

Mais je n’avais aucune confiance en son jugement, car je ne parvenais pas à chasser de mon esprit que ses raisonnements étaient viciés par son amour-propre, qu’il s’efforçait sans cesse d’impressionner autrui, de faire admirer la force, le courage, la perspicacité, toutes les capacités de Muurmut. Il n’est pas dans l’intérêt d’un vrai chef d’agir ainsi.

1 ... 42 43 44 45 46 47 48 49 50 ... 98
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)