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La voix des morts [Speaker for the Dead - fr]

Электронная книга - «La voix des morts [Speaker for the Dead - fr]». Краткое содержание книги:

3 000 ans ont passé depuis le massacre des doryphores. Mais seulement vingt-six ans pour Ender Wiggin. Paradoxe de la relativité du temps dans l’espace ! Hanté par sa participation au génocide d’un peuple, Ender poursuit sa quête : trouver une planète où il pourra enfin déposer le cocon de la reine des doryphores.
Serait-ce Lusitania ? Là vivent les piggies, drôles de petits cochons à l’esprit agile. Des êtres étranges, véritable énigme pour les hommes. N’ont-ils pas assassiné, sans mobile apparent, le scientifique qui les étudiait ? Une mort mystérieuse et rituelle. Ender s’est jure de découvrir la vérité sur ce meurtre. Malgré la peur et l’incompréhension des hommes.
La paix régnera-t-elle un jour entre des races aussi différentes ? Les hommes, les piggies et… pourquoi pas les doryphores ?
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Elle sourit et le serra contre elle ; sa chevelure blonde essuya ses larmes.

— Oh, Miro, je suis heureuse qu’il ne soit pas ton père. Parce que, dans ce cas, je serais ta sœur et je ne pourrais jamais espérer t’avoir pour moi toute seule.

LES ENFANTS DE L’ESPRIT

Règle 1 : Tous les Enfants de l’Esprit du Christ doivent être mariés, sinon il leur sera interdit d’appartenir à l’ordre ; mais ils doivent rester chastes.

Question 1 : Pourquoi le mariage est-il nécessaire pour tous ?

Les imbéciles disent : Pourquoi devrions-nous nous marier ? L’amour est le seul lien dont nous ayons besoin, ma maîtresse et moi. À ceux-ci, je dis : Le mariage n’est pas un traité entre un homme et une femme ; les bêtes elles-mêmes s’unissent pour produire des petits. Le mariage est un traité entre un homme et une femme, d’une part, et la communauté à laquelle ils appartiennent, d’autre part. Se marier conformément aux lois de la communauté, c’est devenir un citoyen à part entière ; refuser le mariage, c’est être un étranger, un enfant, un hors-la-loi, un esclave ou un traître. La constante essentielle de toutes les sociétés de l’humanité consiste en ceci que seuls ceux qui respectent les lois, tabous et traditions du mariage sont de véritables adultes.

Question 2 : Dans ce cas, pourquoi les prêtres et les religieuses sont-ils astreints au célibat ?

Afin de les distinguer de la communauté. Les prêtres et les religieuses sont des serviteurs, pas des citoyens. Ils servent l’Eglise, mais ils ne sont pas l’Eglise. L’Eglise est la promise et le Christ est le fiancé ; les prêtres et les religieuses sont simplement les invités du mariage ; car ils ont renoncé à la citoyenneté au sein de la communauté du Christ afin de la servir.

Question 3 : Pourquoi les Enfants de l’Esprit du Christ se marient-ils ? Ne servons-nous pas aussi l’Eglise ?

Nous ne servons l’Eglise que dans la mesure où tous les hommes et toutes les femmes la servent par leur mariage. La différence réside en ceci que, alors qu’ils transmettent leurs gènes à la génération suivante, nous transmettons notre savoir ; leur héritage réside dans les molécules génétiques des générations à venir tandis que nous vivons dans leur esprit. Les souvenirs sont le fruit de nos mariages, et ils ne sont ni plus ni moins précieux que les enfants de chair et de sang conçus dans l’amour soumis au sacrement.

San Angelo, Règles et catéchisme de l’Ordre des Enfants de l’Esprit du Christ, 1511 :11 :11 :1

Le doyen de la cathédrale emportait le silence des chapelles obscures, massives, et des murs imposants partout où il allait. Lorsqu’il entra dans la salle de classe, sa paix pesante s’abattit sur les élèves, dont la respiration même se fit prudente et silencieuse tandis qu’il se dirigeait vers le tableau.

— Dom Cristão, murmura le doyen. L’évêque a besoin de vous rencontrer.

Les élèves, essentiellement des adolescents, n’ignoraient pas, malgré leur jeunesse, que les relations entre la hiérarchie de l’Eglise et les moines indépendants qui dirigeaient pratiquement toutes les écoles catholiques des Cent Planètes étaient relativement tendues. Dom Cristão, excellent professeur d’histoire, de géologie, d’archéologie et d’anthropologie, était également supérieur du Monastère des Filhos da Mente de Cristo – les Enfants de l’Esprit du Christ. Sa situation faisait de lui le principal rival de l’évêque sur le plan de la suprématie spirituelle au sein de Lusitania. D’une certaine façon, on pouvait même estimer qu’il était le supérieur de l’évêque ; sur pratiquement toutes les planètes, il y avait un Supérieur des Enfants par archevêque, alors qu’à chaque évêque correspondait le principal d’un système solaire.

Mais Dom Cristão, comme tous les Filhos, veillait à respecter scrupuleusement la hiérarchie de l’Eglise. Face à la convocation de l’évêque, il éteignit immédiatement sa chaire et renvoya la classe, sans même terminer l’examen du point abordé. Les élèves ne furent pas surpris ; ils savaient qu’il aurait agi de même si un simple prêtre avait interrompu le cours. Les ecclésiastiques se sentaient évidemment très flattés de voir à quel point ils étaient importants aux yeux des Filhos ; mais cela signifiait également que leur présence à l’école pendant les heures de cours désorganisait complètement le travail partout où ils allaient. En conséquence, les prêtres se rendaient rarement à l’école et les Filhos, grâce à leur déférence extrême, jouissaient d’une indépendance presque totale.

Dom Cristão avait une idée assez précise de la raison pour laquelle l’évêque le convoquait. Le Docteur Navio n’était pas discret et, pendant toute la matinée, on avait parlé de menaces terrifiantes exprimées par le Porte-Parole des Morts. Dom Cristão supportait mal les craintes dénuées de fondement de la hiérarchie chaque fois qu’elle se trouvait confrontée aux infidèles ou aux hérétiques. L’évêque serait furieux, ce qui signifierait qu’il exigerait des actes, bien que la meilleure attitude fût, comme d’habitude, l’inaction, la patience et la coopération. En outre, on racontait que ce Porte-Parole prétendait être celui-là même qui avait Parlé la mort de San Angelo. Si tel était le cas, ce n’était vraisemblablement pas un ennemi de l’Eglise, au contraire. Ou, du moins, c’était un ami des Filhos, ce qui, dans l’esprit de Dom Cristão, revenait au même.

Tout en suivant le doyen entre les bâtiments de la faculdade, puis dans le jardin de la cathédrale, il chassa la colère et la contrariété de son cœur. Inlassablement, il répéta son nom monastique : Amai a Tudomundo Para Que Deus Vos Ame. Il Faut Aimer Tout Le Monde Pour Que Dieu Vous Aime. Il avait choisi ce nom avec soin, lorsque sa fiancée et lui étaient entrés dans l’ordre, car il savait que ses principales faiblesses étaient la colère et l’impatience que la stupidité suscitait en lui. Comme tous les Filhos, il avait choisi son nom en fonction du péché contre lequel il devait le plus fréquemment lutter. C’était une des méthodes qu’ils utilisaient pour se dénuder spirituellement face au monde. « Nous ne nous draperons pas dans l’hypocrisie, enseignait San Angelo. Le Christ nous drapera de vertu, comme les lys des champs, mais nous ne chercherons pas à paraître vertueux. » Dom Cristão avait, ce jour-là, l’impression que sa vertu faiblissait par endroits ; le vent glacé de l’impatience risquait de le geler jusqu’aux os. De sorte qu’il psalmodiait silencieusement son nom tout en pensant : L’Evêque Peregrino est un imbécile mais Amai a Tudomundo Para Que Deus Vos Ame.

— Frère Amai, dit l’Evêque Peregrino. (Il n’employait jamais son titre honorifique, Dom Cristão, bien que certains cardinaux aient recours à cette politesse.) Je vous remercie d’être venu.

Navio était déjà installé dans le meilleur fauteuil, mais Dom Cristão ne le lui reprocha pas. L’indolence avait fait grossir Navio et, à présent, son embonpoint le rendait indolent ; c’était une maladie circulaire, qui se nourrissait d’elle-même, et Dom Cristão était heureux de ne pas en être affligé. Il choisit un haut tabouret dépourvu de dossier. Cela empêcherait son corps de se détendre et maintiendrait son esprit en éveil.

Navio entama presque immédiatement le compte rendu de son entrevue désagréable avec le Porte-Parole des Morts, ajoutant une explication complexe des menaces proférées par le Porte-Parole si le refus de coopérer continuait.

— Un inquisiteur, pouvez-vous imaginer cela ? Un infidèle osant supplanter l’autorité de notre Eglise !

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