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La nurse anglaise

Электронная книга - «La nurse anglaise». Краткое содержание книги:

Sir David Bentham, lord et pair d'Angleterre, compte parmi les individus les plus petits du Royaume-Uni puisque, à vingt-huit ans, il ne mesure que 104 centimètres. En revanche, la nature a doté ce gentleman d'un attribut viril d'une taille et d'une puissance phénoménales dont il use sans répit. Le nanisme de sir David, joint à la richesse familiale, le dispense d'exercer une profession. Alors, comme il déteste l'oisiveté, pour passer le temps, il tue les gens…
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En une après-midi de cet an de grâce que nous avons le bonheur de savourer, sir John, l’aîné des Bentham, survint sans crier gare dans la maison paternelle. Lacase répondit à son bref coup de sonnette d’homme pressé.

— Sir David est-il là ? questionna-t-il.

— Dans sa maison privée, oui, Votre Honneur (il accordait cette appellation à toute personne frisant la quarantaine).

— Je dois lui parler ! déclara le marquis en s’engageant dans l’escalier conduisant chez son cadet.

Le domestique n’eut que le temps d’informer son maître de cette visite impromptue.

Elle mit le nain en rage.

— De quel droit ce superbe imbécile viole-t-il notre porte !

— C’est votre frère, plaida la nurse.

Ils n’eurent pas le loisir de disserter sur le sujet : John venait déjà de franchir le souterrain et carillonnait comme un matin de Pâques.

David s’en fut ouvrir à son aîné, lequel resta coi en le découvrant vêtu de sa seule robe de chambre.

— Êtes-vous malade, David ?

— La gorge ! éluda son cadet. Qu’est-ce qui me vaut le plaisir de votre visite inopinée ?

— J’ai à vous parler de choses graves.

Le nain désigna un fauteuil à son frère sans avoir vu la délicieuse culotte qui s’y trouvait. Avant de s’y déposer, John cueillit le sous-vêtement entre pouce et index et le présenta au petit homme. David sourit, s’empara du mignon slip et s’en fit une pochette.

— Puis-je vous proposer un verre ? demanda-t-il.

— Sans compliment ! refusa le marquis. Je viens vous parler de Mary.

Le nain acquiesça et attendit la suite.

— Elle a failli commettre une seconde tentative de suicide, reprit John.

— De quelle façon ?

— En vidant un flacon de soporifique dans sa tasse de thé ; par la grâce du Seigneur, notre femme de chambre a surpris son geste et a pu le lui arracher des doigts.

— Et ensuite ?

— Naturellement, elle m’a prévenu. Je n’ai fait qu’un bond jusqu’à la maison.

— Comment est-elle ?

— Disons prostrée. La honte de son acte raté ajoute à sa neurasthénie. J’ai exigé de sa camériste qu’elle débarrasse les salles de bains de tous les produits pharmaceutiques qui s’y trouvent, à commencer par l’aspirine. Puis j’ai alerté son médecin qui va lui dépêcher une garde-malade. On ne peut pas hospitaliser mon épouse à chaque instant ! Qu’en serait-il de notre réputation !

Le petit homme opina. Il se demandait pour quelle raison son aîné venait lui raconter ses malheurs, alors qu’il ne lui avait jamais accordé la moindre attention.

Sa surprise fut de courte durée.

— David, fit le marquis avec un rien d’émotion, vous devenez mon ultime espoir.

— Je ne comprends pas…

— Voyons, reprit John, il y a peu, mère avait envisagé une croisière pour ma femme et vous. Ce projet avait eu l’heur de plaire à Mary, ce fut la seule fois où je la vis s’animer depuis sa première tentative de suicide. Je ne sais trop pourquoi ce projet a capoté. C’est fâcheux, car je suis certain qu’il aurait été salutaire.

— Ma foi, répondit David, j’étais allé lui en parler, mais elle s’est montrée si cinglante avec moi, si railleuse, que j’ai fui sans demander mon reste.

— C’est la timidité qui l’a fait agir ainsi, mon cher frère. Vous connaissez mal Mary : feu et glace. Chez elle, l’hostilité feinte est un système de défense. Cette femme, il convient sans cesse de l’apprivoiser.

Le petit homme écoutait les propos de son frère avec délectation.

— Son inimitié pour moi est si flagrante, objecta-t-il.

— Vous n’y êtes pas. Certes, votre infirmité l’a… heu déconcertée pendant un certain temps…

— Des années !

— En tout cas, maintenant votre personnalité la captive.

— Vous voulez dire mon personnage ! Elle s’attend à ce que l’on m’enferme dans une valise ou que je passe à travers un cerceau de papier comme un chien savant.

— Vous avez une tête de bois, David. Je sais ce que je raconte ! Après cette époque de froideur que vous évoquez, Mary n’aspire qu’à devenir une amie pour vous !

Sur la réplique, les marches de l’escalier menant à la chambre grincèrent et Victoria survint.

Elle portait une jupe très courte et un pull à col roulé noir. Une fois en bas, elle eut une inclination de buste à l’adresse du marquis.

— Bonne après-midi, sir.

L’autre qui, d’une façon générale lui battait plutôt froid se leva pour lui tendre la main.

— Vous êtes ravissante, ma douce amie.

Il était sincère. La nurse avait joliment maquillé sa pâleur, de façon à rendre sa bouche pulpeuse et son regard plus mystérieux. John paraissait la découvrir.

« Ce chien a envie d’elle ! » songea David.

Une pensée homicide le fit frémir, qu’il sut réprimer. « On ne tue pas ses proches ! Sauf cas de force majeure, bien entendu. »

Le marquis dit, s’adressant à la nurse :

— J’essaie de convaincre mon frère de partir en croisière avec lady Mary ; un voyage dans les mers chaudes ne vous inspire pas ? Vous en reviendriez toute bronzée.

Elle détourna la tête :

— Sir David décide.

— Dieu, que voilà donc une femme rêvée ! s’exclama l’aîné des Bentham en riant. Alors, c’est dit, vous embarquez tous les trois ?

— Puisque vous y tenez, mon cher frère, soupira le nain.

Une expression reconnaissante éclaira la grave physionomie de sir John.

— Vous me rendez un fier service, surtout, distrayez-la. Je veux qu’elle s’amuse, s’étourdisse. Mary est une femme trop austère.

Il se tut, puis reprit, affectant une gaîté piteuse :

— Vous m’avez proposé à boire, tout à l’heure, j’accepte volontiers.

— Toujours votre Drambuie-soda ? s’informa David.

— Si c’est possible.

Sans attendre que son amant le lui demande, Victoria alla préparer le drink de « son futur beau-frère ». Celui-ci ne la quittait pas des yeux, guettant, plein de convoitise, les mouvements de sa minijupe. Son cadet s’apercevait de cette concupiscence et réprimait des bouffées de haine.

Lorsque Victoria tendit son verre à John, il s’arrangea pour lui caresser les doigts.

La nurse jeta un regard à son amant dont elle devinait la rage incandescente. Elle fit une mimique apaisante qui dissuada le petit homme de se livrer à quelque éclat.

Afin de prolonger sa visite, sir John but deux autres verres. Après avoir vidé le dernier, il demanda la permission d’user des toilettes.

— Elles sont en dérangement ! dit vivement la nurse.

— Mais non ! protesta étourdiment David.

Son frère leur dit en souriant :

— Oh ! je n’ai pas de grandes exigences.

Il gagna la salle de bains.

Quand il fut sortit, le nain questionna :

— Pourquoi ce mensonge à propos des toilettes ?

— Vous ne voyez pas ? fit-elle.

Son amant tressaillit :

— Ô Seigneur ! quel imbécile je fais !

Ils ne parlèrent plus, attendant avec angoisse le retour de l’aîné.

L’absence de John dura plus que de raison. Lorsqu’il réapparut, il était livide et se déplaçait d’un pas flou. Il portait, tel un lourd fardeau, l’une des photos prises dans la garçonnière d’Olav Hamsun et que David avait, l’après-midi même, scotchée au mur de la salle d’eau. Il voulait conserver ce « trophée » à cause de la folle lubricité qui s’en dégageait. L’image représentait Mary accroupie sur Olav, dos à lui, en train de chevaucher son membre roide. Elle s’y montrait dans un abandon complet : dents crochetées, une main crispée sur chacune de ses cuisses, la scène dégageait une violence érotique extraordinaire.

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