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READ-E-BOOK » Научная фантастика » Le Monde du Fleuve [To Your Scattered Bodies Go - fr]
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Le Monde du Fleuve [To Your Scattered Bodies Go - fr]

Электронная книга - «Le Monde du Fleuve [To Your Scattered Bodies Go - fr]». Краткое содержание книги:

Ce jour-là, tous les humains qui avaient jamais vécu se réveillèrent, nus, sur les rives du fleuve de l’éternité. Ils étaient trente ou quarante milliards, de toutes les époques et de toutes les cultures, parlant chacun sa langue et éprouvant quelques difficultés à se faire comprendre.
Long de trente-deux millions de kilomètres, le fleuve de l’éternité ne coule pas à la surface de la Terre, mais serpente sur un monde spécialement remanié pour accueillir les ressuscites.
Par qui ? Dans quel but ?
Ce sont les questions que se posent, entre autres ressuscités célèbres, l’explorateur Richard Burton, Sam Clemens, alias Mark Twain, en compagnie de Hermann Goering, Jean sans Terre, Cyrano de Bergerac, Mozart, Ulysse et d’autres figures célèbres ou inconnues.
Seul le talent de Philip José Farmer pouvait évoquer un univers picaresque à la dimension du passé et de l’avenir de l’humanité.
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Un autre éclair, illuminant le mur d’enceinte tout entier, leur montra que, finalement, les autres gardes s’étaient rendu compte de ce qui se passait. Ils accouraient sur le chemin de ronde en criant et en agitant leurs lances.

Sans leur prêter la moindre attention, Kazz fit descendre dans l’enclos une longue échelle de bambou, puis jeta dans l’herbe une douzaine de lances et de haches de pierre. L’éclair suivant le montra en train d’affronter les premiers gardes qui arrivaient en courant.

Burton ramassa un javelot et grimpa à l’échelle avec l’agilité d’un singe. Les autres, y compris les Israéliens, le suivirent. Le combat fut bref, mais sanglant. Une fois les gardes du chemin de ronde éliminés, ils s’occupèrent de ceux qui étaient à l’intérieur des tours de guet. Puis ils portèrent l’échelle à l’autre bout du mur d’enceinte et l’appliquèrent contre le portail. En une minute, deux hommes descendirent à l’extérieur et ouvrirent la lourde barrière. Pour la première fois, Burton trouva l’occasion de parler à Kazz.

— Je croyais que tu nous avais trahis.

— Kazz incapable de faire une chose pareille, fit le Néandertalien avec un regard de reproche. Kazz aime Burton-nak. Burton-nak mon ami, mon chef. J’ai fait semblant de rejoindre l’ennemi parce que ça bonne tactique. Moi surpris toi pas faire pareil. Toi pas fou !

— Je comprends, dit Burton. Mais je ne pouvais me résoudre à tuer un esclave.

A la lueur d’un éclair, il vit Kazz hausser les épaules.

— Ça pas grave. Moi pas connaître esclaves. Et Goering a dit eux mourir, de toute façon.

— Je suis content que tu aies décidé de nous aider cette nuit, fit Burton.

Il ne donna pas d’autre explication à Kazz, car il ne tenait pas à semer la confusion dans l’esprit du Néandertalien et ils avaient des choses plus importantes à accomplir.

— Cette nuit très favorable pour nous, murmura Kazz. Grande bataille en ce moment. Tullus et Goering complètement ivres. Dispute. Hommes à eux se battre aussi. Pendant qu’ils s’entretuent, ennemis traversent le Fleuve. Hommes à peau très brune… comment appelles-tu ?… Onondagas, c’est ça, c’est ça. Arriver en bateau juste avant pluie. Expédition pour voler esclaves, je pense. Ou juste comme ça, pour rigoler, peut-être. Moi dire ça bon moment pour agir et libérer mon ami Burton-nak.

Aussi soudainement qu’elle avait débuté, la pluie cessa. Burton entendit alors des cris et des clameurs dans le lointain, du côté du Fleuve. De toutes parts, des tambours de guerre résonnaient. Il se tourna vers Targoff :

— Nous avons le choix entre la fuite, qui serait aisée à la faveur des circonstances, et l’attaque.

— J’ai l’intention d’écraser cette vermine qui nous a réduits en esclavage, répondit Targoff. Il y a d’autres enclos dans le voisinage. J’ai envoyé mes hommes ouvrir leurs portails. Nous libérerons le plus grand nombre possible d’esclaves avant de lancer notre attaque.

Le bâtiment abritant la garnison des camps avait été pris d’assaut. Les esclaves s’armèrent, puis se dirigèrent vers l’endroit où les bruits de combat avaient le plus d’intensité. Le groupe de Burton formait l’aile droite de la petite troupe. Après avoir parcouru moins d’un kilomètre, ils arrivèrent à un endroit jonché de morts et de blessés, blancs et Onondagas mêlés.

Malgré la pluie battante, un incendie s’était déclaré. Les flammes, qui éclairaient tout le paysage alentour, venaient du corps de la forteresse. Des silhouettes s’agitaient partout. La troupe des esclaves s’avança à travers la plaine. Soudain, l’un des deux groupes qui étaient aux prises rompit le combat et s’enfuit dans la direction des esclaves, talonné par ses adversaires qui poussaient des clameurs victorieuses.

— J’aperçois Goering, dit Frigate. J’ai l’impression que sa graisse ne va pas l’aider.

Il tendit l’index et Burton distingua à son tour l’Allemand, déjà à la traîne des autres, dont les jambes courtes s’activaient désespérément pour regagner le terrain perdu sur ses poursuivants.

— Je ne laisserai pas à ces Indiens le plaisir de le tuer, dit Burton. C’est à nous qu’il appartient de venger l’honneur d’Alice.

En tête de ceux qui fuyaient était la haute silhouette de l’Ecossais, Campbell. Ce fut vers lui que Burton dirigea sa lance. Campbell dut avoir l’impression que le projectile surgissait du néant. Trop tard, il essaya de l’éviter. La pointe de silex pénétra dans sa chair, au creux de l’épaule, et il roula à terre. Il voulut se relever aussitôt, mais Burton le déséquilibra d’un coup de pied en pleine poitrine.

Les yeux de Campbell roulaient dans leurs orbites. Un filet de sang coulait au coin de sa bouche. Il désigna une autre blessure qu’il avait, une profonde entaille au côté, juste au-dessous des côtes.

— C’est votre… femme… Wilfreda… qui m’a fait ça… haleta-t-il. Mais je l’ai tuée… la salope.

Burton aurait voulu lui demander où était Alice, mais Kazz, dans un déluge de mots incompréhensibles prononcés dans sa langue natale, abattit sa massue sur le crâne de l’Ecossais. Burton récupéra sa lance et courut après le Néandertalien :

— Ne tue pas Goering ! hurla-t-il. Laisse-le-moi !

Il ignorait si Kazz l’avait entendu. Déjà, le Néandertalien était occupé à se battre avec deux Onondagas. Mais soudain, Burton aperçut Alice, qui passait en courant devant lui.

Il lui saisit le bras au passage et lui fit faire volte-face. Elle hurla et se débattit comme une furie. Burton cria à son tour. En le reconnaissant soudain, elle s’effondra dans ses bras et se mit à sangloter. Burton aurait bien voulu essayer de la consoler, mais il avait trop peur que Goering ne lui échappe. Il repoussa doucement Alice et courut à la poursuite de l’Allemand. Il jeta sa lance vers lui. Le silex érafla la tête de Goering, qui se retourna puis s’arrêta de courir et se baissa pour chercher l’arme. Mais déjà, Burton était sur lui. Les deux hommes roulèrent à terre en s’agrippant mutuellement la gorge.

Quelque chose heurta Burton derrière la tête. A demi assommé, il lâcha prise. Goering le repoussa en arrière et ramassa la lance qu’il leva au-dessus de Burton. Celui-ci essaya de se remettre debout, mais ses jambes étaient en coton et tout vacillait autour de lui. Soudain, Alice surgit derrière Goering et plongea dans ses jambes. L’Allemand tomba en avant. Burton fit un nouvel effort pour se relever. Il fit quelques pas chancelants et se laissa tomber sur Goering. Ils roulèrent plusieurs fois l’un sur l’autre. Goering réussit à saisir Burton à la gorge. A ce moment-là, un javelot frôla l’épaule de Burton et se planta dans la gorge de Goering.

Burton se mit debout, arracha l’arme et la replongea aussitôt dans le ventre de l’Allemand. Celui-ci tenta de se redresser une dernière fois, mais retomba en arrière et mourut. Alice se laissa tomber à terre en sanglotant.

L’aube se leva sur la fin des combats. Il ne restait plus rien de la citadelle et des enclos où étaient gardés les esclaves. Les guerriers de Goering et Tullus avaient été broyés entre leurs deux ennemis, les esclaves d’un côté et les Onondagas de l’autre. Les Indiens, qui n’avaient attaqué sans doute que pour piller et emmener quelques femmes avec eux, se replièrent prudemment. Ils regagnèrent leurs pirogues et s’éloignèrent rapidement en direction de la rive opposée du lac. Personne n’essaya de les poursuivre.

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