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Nous étions les hommes

Электронная книга - «Nous étions les hommes». Краткое содержание книги:

C’est l’une des plus fascinantes énigmes qui soit. Sur notre planète, il existe plus de 1800 espèces de bambous. Chaque fois que l’une d’elles fleurit, tous ses spécimens, où qu’ils se trouvent sur Terre, le font exactement au même moment. Ensuite, l’espèce meurt. Personne ne sait expliquer ce chant du cygne, ni l’empêcher. Aujourd’hui, l’homme va peut-être connaître le même sort. Arrivé lui aussi à son apogée, il risque de disparaître…
Dans le plus grand hôpital d’Edimbourg, le docteur Scott Kinross travaille sur la maladie d’Alzheimer. Associé à une jeune généticienne, Jenni Cooper, il a découvert une clé de cette maladie qui progresse de plus en plus vite, frappant des sujets toujours plus nombreux, toujours plus jeunes. Leurs conclusions sont aussi perturbantes qu’effrayantes. Si ce fléau l’emporte, tout ce qui fait de nous des êtres humains disparaîtra. Nous redeviendrons des animaux.
C'est le début d'une guerre silencieuse dont Kinross et Cooper ne sont pas les seuls à entrevoir les enjeux. Partout sur la Terre, face à ceux qui veulent contrôler le monde et les vies, l’ultime course contre la montre a commencé…
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L’homme demanda :

— Vous rendez-vous compte de ce que vaut votre découverte et de ce qu’elle va déclencher ?

— Non, pas vraiment. Scott est convaincu que certains sont prêts à tuer pour prendre le contrôle de notre découverte.

— Et vous ?

Jenni ne répondit pas. Elle se demanda si c’était l’écrin ou l’homme qui lui faisait cet effet-là. Brestlow avait une façon particulière de s’exprimer et de se mouvoir, élégante, précise. Il n’avait pas peur de la regarder droit dans les yeux. Il ne ressemblait vraiment pas à ce qu’elle aurait pu imaginer. D’ailleurs, il ne ressemblait à aucun des hommes que Jenni avait jamais rencontrés.

42

Elle n’osait pas lui toucher la main. Edna n’avait presque rien connu d’autre que la vie à Glenbield. Elle était encore toute jeune lorsque Mary l’avait engagée. Edna était alors repasseuse à Whiting Bay, à l’est d’Arran. Elle avait mis des années à ne plus avoir peur de M. Greenholm. Même si elle ne se serait jamais permise de s’en prévaloir, elle faisait partie de la famille. En quelques jours, elle aussi avait vécu une série de drames. Elle avait perdu Madame et se retrouvait au chevet de Monsieur, inconscient. Le sort s’était abattu sur le manoir. Le vieil homme n’avait toujours pas repris connaissance. Sans relâche, à voix basse, Edna lui parlait : « Il faut vous réveiller, il faut tenir. »

— Vous devriez vous reposer, fit Kinross qui l’observait depuis un moment.

Elle sursauta.

— Je ne veux pas qu’il soit seul, expliqua-t-elle.

— Vous devriez quand même vous reposer un peu. Essayez au moins de dormir dans le fauteuil. Nous sommes là pour veiller sur lui.

Dans sa blouse blanche, Scott impressionnait Edna. Hold toqua à la porte et fit son entrée dans la chambre. Il avait les traits tirés et portait encore des traces de suie sur la mâchoire.

— Comment va-t-il ?

— État stationnaire, mais les analyses sont bonnes.

— Toutes les analyses ?

Kinross l’entraîna dans le couloir :

— Nous n’avons pas pu déterminer s’il avait été drogué ou non. Il y a bien des traces suspectes, mais pas en quantité suffisante pour conclure avec certitude.

— Cela n’a plus d’importance. De toute façon, la réponse ne va pas tarder à venir.

— Que voulez-vous dire ?

— J’ai vérifié le contenu du coffre de M. Greenholm. Tous les documents et contrats liés à votre découverte ont disparu. Il manque aussi l’argent liquide qu’il y gardait.

— Vous voulez dire que quelqu’un a forcé le coffre ?

— Il n’y a aucune trace d’effraction. Il a peut-être utilisé l’argent pour payer les frais d’enterrement et déplacé les documents. C’est une éventualité.

Les deux hommes se tournèrent vers la baie vitrée qui donnait sur la chambre de Greenholm. Hold demanda :

— Aucun pronostic sur sa reprise de conscience ?

— Non, mais pour beaucoup de raisons, je suis impatient de lui parler.

En désignant discrètement le garde du corps posté à la porte, Scott se pencha et ajouta en aparté :

— Vous savez à qui il me fait penser, le gars que vous avez trouvé ?

— Non.

— À vous, en plus jeune.

Hold eut un vrai sourire :

— C’est un excellent commando, fit-il, mais je crois qu’il aurait plus d’hésitation que moi s’il devait tuer quelqu’un. Il faut une bonne raison pour bien faire les choses…

43

Pour la première fois, Scott venait chez Jenni en son absence. Ce n’est pas le genre de chose que l’on fait chez une simple collègue et Kinross en était fier. Il fit tourner la clé et entra :

— Nelson ! Tu es là ? C’est l’heure de la gamelle.

Il alluma la lumière et se figea. Dans l’entrée, les tiroirs de la commode étaient renversés sur le sol. Même la penderie et le petit meuble à chaussures avaient été vidés. Aucun bruit. Prudemment, Scott fit un pas pour jeter un œil dans le salon. Le désordre y était pire. Tout avait été retourné.

— Merde… fit-il à voix basse.

Un léger grincement lui parvint d’une pièce voisine. Sa première pensée fut d’attraper son portable pour appeler Hold. Il se plaqua contre la penderie. La porte de la chambre s’ouvrit lentement, trop pour que ce soit à cause d’un courant d’air. Scott retint son souffle. La sortie n’était qu’à quelques pas. Avec de la chance, il pouvait l’atteindre avant de se faire coincer. Tout à coup, le chat apparut sur le seuil de la chambre en se frottant à la porte. Scott souffla :

— Tu m’as foutu une sacrée trouille, mon pote.

Le chat miaula et se précipita vers Kinross.

— On est plus affectueux quand on a des problèmes, pas vrai ?

Il prit l’animal dans ses bras et fit le tour de l’appartement. Chaque placard, chaque étagère avaient été fouillés. Le matelas était retourné, certains cadres aussi. L’ordinateur de bureau et le téléphone avaient disparu. En revanche, la télé et les quelques objets de valeur étaient à leur place. Scott composa le numéro de Hold sur son portable :

— David, vous êtes toujours en ville ?

— Et je vais même y rester quelques jours. Pourquoi ?

— Vous pourriez me rejoindre chez Jenni ? Elle a été cambriolée…

Hold arriva rapidement. Il commença par étudier la porte d’entrée et les meubles.

— La serrure n’a pas été forcée et la fouille a été systématique. Ils n’ont oublié aucune cachette potentielle. Du travail de pros.

Scott était assis sur le bord du canapé et caressait le chat qui ne le quittait plus.

— On appelle la police ? proposa-t-il.

— Il faudra le faire pour les assurances mais ce n’est pas notre problème le plus urgent. Avez-vous parlé à Jenni depuis son départ ?

— Non, mais ce n’était pas prévu. Avec le décalage horaire, je comptais essayer de la joindre tôt demain matin. Vous êtes inquiet ?

— Les copies de vos travaux ont disparu de Glenbield et quelqu’un les a visiblement cherchées ici. Je sais que Jenni en a emporté un jeu complet sur des mémoires informatiques.

— Il reste aussi mes documents.

Hold se tourna vers Kinross.

— Il va falloir être très prudent, Scott, fit-il gravement. Je ne sais pas qui en veut à votre travail, mais c’est sérieux. La mort suspecte de Falsing, ce qui s’est passé à Glenbield et maintenant ici… Je ne crois pas au hasard.

— Moi non plus. Falsing nous avait dit que nous étions en danger…

— On ne va prendre aucun risque. Je ne vous lâche plus.

Scott serra le chat contre lui et lui murmura :

— Avec Greenholm, tu es le deuxième à avoir vu quelque chose et à ne pas pouvoir parler…

44

— C’est un jeu de poupées russes sans fin mais nous progressons, expliqua Marcus Tersen. Eve Corporation est contrôlée par une société située aux Îles Vierges, elle-même contrôlée par une holding domiciliée au Luxembourg, et ça rebondit ailleurs. Avec ce genre de boîte, il faut parfois éplucher cinq ou six organigrammes pour aboutir à une société ayant pignon sur rue. À chaque fois, ce sont souvent des labyrinthes qui conduisent discrètement à des multinationales.

— De grands groupes sont derrière ces petites structures ? demanda Thomas.

— Il n’y a aucune généralité, mais en l’occurrence, un réseau se dessine clairement, une sorte de filet qui recouvre la planète avec des intérêts dans quasiment tous les secteurs industriels. La dilution des participations est telle qu’il est impossible de désigner le sommet de la pyramide. Tout est fait pour brouiller les pistes.

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