Le clan de l'ours des cavernes
- Автор: Ауэл Джин М.
- Серия: Les enfants de la Terre #1
- Год: 2002
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-258-05932-1
- Переводчик: Philippe Rouard
- Жанр: Исторические приключения
Электронная книга - «Le clan de l'ours des cavernes». Краткое содержание книги:
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A lors l’Esprit de la Neige poudreuse vainquit celui de la Neige cristalline qui, à quelque temps de là, donna naissance loin au nord à la Montagne de Glace. Mais l’Esprit du Soleil détestait cette enfant étincelante qui ne cessait de s’étendre à mesure qu’elle grandissait, repoussant la chaleur de ses rayons et empêchant l’herbe de croître. Alors, le Soleil se jura de faire disparaître la Montagne de Glace, mais l’Esprit du Gros Nuage, frère de la Neige cristalline, apprit que le Soleil voulait tuer l’enfant. Et lorsque le Soleil se trouva au point culminant de sa puissance, en plein été, l’Esprit du Gros Nuage engagea le combat contre lui pour sauver la vie de la Montagne de Glace.
Uba sur les genoux, Ayla écoutait, captivée, la légende familière. C’était sa légende préférée, celle qu’elle ne se lassait pas d’entendre. Mais l’intrépide gamine d’un an et demi qu’elle tenait dans ses bras semblait plus intéressée par ses longs cheveux blonds qu’elle tirait allégrement. Ayla dégagea de sa chevelure les petits doigts, sans quitter des yeux le vieux Dorv qui, debout près du feu, mimait de façon théâtrale devant le clan les péripéties d’une histoire qu’il avait maintes fois racontée.
Certains jours, le Soleil gagnait la bataille après avoir réduit en eau la glace dure, ôtant peu à peu la vie à la Montagne de Glace. Mais certains autres, le Gros Nuage l’emportait sur son rival, faisant écran entre lui et la Montagne de Glace. Si en été la Montagne de Glace mourait de faim et perdait considérablement de ses forces, en hiver sa mère lui apportait de quoi se nourrir et retrouver la santé. Et chaque été, le Soleil luttait avec moins de succès contre le Gros Nuage. Ainsi, au début de chaque hiver, la Montagne de Glace était-elle un peu plus grosse que l’hiver précédent et recouvrait-elle davantage les terres tous les ans.
A mesure qu’elle envahissait l’espace, les vents froids se levaient et la neige tourbillonnait. Et la Montagne avançait toujours, se rapprochant petit à petit des lieux habités par le Peuple du Clan.
Un frisson parcourut l’auditoire blotti autour du feu. Instinctivement, des têtes rentrèrent dans les épaules, comme sous une bourrasque de neige.
Personne ne savait que faire. « Pourquoi les esprits ne nous protègent-ils plus ? Qu’avons-nous fait pour mériter leur colère ? » se demandaient-ils. Alors, le mog-ur décida de partir à la rencontre des esprits afin de leur parler. Il resta absent très longtemps. Tout le monde guettait son retour avec impatience, surtout les jeunes hommes.
Parmi ces derniers, Durc était le plus impatient.
— Le mog-ur ne reviendra jamais, dit-il. Nos totems n’aiment pas le froid. Ils sont partis. Nous devrions en faire autant.
— Nous ne pouvons pas quitter notre abri, dit le chef. C’est là que notre clan a toujours vécu. C’est la demeure des esprits de nos totems. Ils ne sont pas partis. Ils ne sont pas contents de nous, mais ils le seront encore moins sans feu ni lieu. Nous ne pouvons pas nous en aller et les emmener avec nous. De plus, où irions-nous ?
— Nos totems sont déjà partis, insista Durc. Ils reviendront peut-être si nous trouvons des lieux plus cléments. Nous pouvons aller vers le sud, en suivant les oiseaux chassés par le froid de l’automne ; ou vers l’est, au pays du Soleil. Nous devons aller là où la Montagne de Glace ne pourra jamais nous atteindre. Elle se déplace très lentement, tandis que nous, nous filons comme le vent. Elle ne pourra jamais nous rattraper. Si nous restons ici, nous gèlerons sur place.
— Non. Nous devons attendre le mog-ur. Il nous dira ce qu’il faut faire, ordonna le chef.
Mais Durc ne voulait pas écouter cet avis sage. A force d’exhortations, il parvint à rallier à sa cause quelques membres du clan qui décidèrent de partir avec lui.
— Restez, suppliaient les autres. Attendez le retour du mog-ur. Durc refusa de les écouter.
— Le mog-ur ne trouvera jamais les esprits. Il ne reviendra jamais. Nous partons sur-le-champ. Venez donc chercher avec nous un endroit inaccessible à la Montagne de Glace.
— Non, répliquèrent-ils. Nous attendrons ici.
Les mères et leurs compagnons pleurèrent les jeunes hommes et les jeunes femmes qui partirent, assurés de ne jamais les revoir. Ils attendirent encore longtemps le retour du mog-ur et, à mesure que le temps passait, ils se mirent à douter de le revoir jamais et se demandèrent s’ils n’auraient pas mieux fait de suivre Durc.
Mais un jour le clan vit arriver un étrange animal, si étrange qu’il n’avait pas peur du feu. Lorsqu’il s’approcha on s’aperçut que ce n’était pas un animal : c’était le mog-ur, vêtu d’une peau d’ours des cavernes ! Il avait fini par revenir. Et il raconta au clan ce qu’Ursus, l’Esprit du Grand Ours des Cavernes, lui avait révélé.
Ursus leur enseigna à vivre dans les cavernes, à porter des vêtements de peaux de bêtes, à chasser et à faire la cueillette en été pour amasser des provisions en prévision de l’hiver. Le Peuple du Clan n’oublia jamais la leçon d’Ursus, et la Montagne de Glace, malgré tous ses efforts, ne parvint jamais à chasser notre peuple de chez lui.
Alors la Montagne de Glace finit par abandonner la lutte. Elle boudait et ne voulait plus se battre avec le Soleil. L’Esprit du Gros Nuage, mécontent, refusa désormais de la défendre. Elle retourna chez elle, loin vers le nord, et le froid la suivit. Radieux de sa victoire, le Soleil la poursuivit tout le long du chemin, et la Montagne de Glace n’ayant plus nulle part où se réfugier, fut obligée de s’avouer vaincue. Et pendant longtemps, longtemps, il n’y eut plus jamais d’hiver, seulement un éternel été.
Mais la Neige cristalline regrettait la perte de son enfant et elle commença à s’affaiblir de chagrin. La Neige poudreuse, qui désirait un autre enfant, fit appel au Gros Nuage pour l’assister. Prenant sa sœur en pitié, il couvrit le visage du Soleil pendant que la Neige poudreuse répandait son esprit sur la Neige cristalline qui, à quelque temps de là, donna naissance à une autre Montagne de Glace. Mais cette fois, notre peuple se rappelait ce qu’Ursus lui avait enseigné. La Montagne de Glace ne chassa jamais plus ceux du Clan de chez eux.
Et qu’est-il advenu de Durc et de ses compagnons ? Certains prétendent qu’ils furent dévorés par les loups et les lions ; d’autres qu’ils se sont noyés dans des eaux profondes ; d’autres encore qu’une fois arrivés au pays du Soleil, celui-ci, furieux à l’idée que Durc et ses amis veuillent lui prendre sa terre, leur envoya une boule de feu qui les réduisit en cendres, et personne ne les revit jamais plus.
— Tu vois, Vorn, tu dois toujours écouter ta mère, Droog et Mog-ur. Tu ne dois jamais désobéir, ni quitter le clan, sous peine de disparaître à jamais.
C’était toujours sur ces mots qu’Aga concluait, à l’usage de son fils Vorn, l’édifiante histoire de Durc.
— Creb, dit Ayla, crois-tu que Durc et ses compagnons ont découvert un nouvel endroit pour vivre ? Il a disparu, c’est vrai, mais personne ne l’a vu mourir, n’est-ce pas ? Il n’est peut-être pas mort ?
— Il est vrai que personne ne l’a vu mourir, Ayla, mais il est très difficile de chasser à deux ou trois hommes seulement. Ils auront pu tuer suffisamment de petit gibier durant les mois d’été, mais ils ont dû avoir beaucoup de mal avec le gros gibier, indispensable pour passer l’hiver. En outre, ils ont dû traverser de nombreux hivers avant d’atteindre le pays du Soleil. Et tu sais que les totems ont besoin d’un endroit pour vivre. Ils s’éloignent de ceux qui errent à l’aventure. Aimerais-tu que ton totem te quitte ?