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Les eunuques ne sont jamais chauves

Электронная книга - «Les eunuques ne sont jamais chauves». Краткое содержание книги:

Le plus terrifiant bras de fer de ma carrière me met aux prises avec un tyran fou.
Il pleut des morts !
Partout le danger !
D'accord, je baise énormément pour pouvoir conserver le moral, n'empêche que je traverse une zone à hauts risques davantage semée d'embûches que la place de la Concorde.
Là où je vais, si tu veux revoir Paris, faut ouvrir l'œil et serrer les miches.
Seulement moi, tu me connais ?
C'est les poings que je serre et la porte de devant de mon bénard que j'ouvre.
En grand !
C'est bon pour la ventilation de mes aumônières.
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Le « peintre » fait signe à sa complice de surseoir. Elle obéit de très mauvaise grâce ; est-ce que son rêve est de voir s’envoler sa victime comme un aéronef ?

Le général dit :

— Je ne sais pas où est le trésor, je vous en donne ma parole d’officier.

— Mais vous en avez entendu parler ?

— Oui, vaguement.

— Par qui ?

— Par Nicolae.

— Vous voulez dire Nicolae Ceauşescu ?

— Oui.

— A qui en parlait-il ?

— A l’un de ses proches.

— Et il lui disait quoi ?

— Que le moment était venu de porter la malle du Shah à l’endroit prévu.

— Quoi d’autre ?

— C’est tout, je le jure.

— Qui était l’homme auquel Ceauşescu confiait cette mission ?

— Il m’est impossible de vous le révéler.

— Vraiment ! Et pourquoi ?

— Mon honneur d’officier ne me permet pas de trahir un ami.

Celui que, faute d’avoir son blase, je vais continuer à nommer « le peintre » part d’un large rire autour de son Punch gros module.

— Son honneur d’officier ! exulte-t-il. En ce moment ! Flanque-lui encore une belle giclée dans le cul, ma belle.

La garce, qui ne demandait que ça, donne de la cartouche avec un cri de plaisir. Là, c’est la dose pour enculé obèse. Cette fois, la décharge est si forte que le pauvre évadé part dans le sirop.

L’ont-ils buté, à vouloir aller trop loin dans la torture ?

Dans mon cœur se lève le vent de la rage. Vais-je donc laisser assassiner ce malheureux sans réagir ? Moi, le premier flic de France quand tu arrives à Saint-Cloud ?

N’écoutant que ma courge[15], je me dresse et me mets à la recherche d’un n’importe quoi susceptible de me servir d’arme. Seulement ici, c’est pas Manufrance de la belle époque. Tout ce que je dégauchis c’est un pieu de bois point trop vermoulu. L’empoigne par son extrémité la plus mince. Massue équivoque, mais faute de grives on mange des merdes, comme disait un ami à moi nommé Bérurier.

Je m’approche de la cabane déglinguée, la contourne. Pour y voir clair à l’intérieur, ils sont contraints d’en laisser la porte ouverte. Une dernière lorgnée par une fente m’informe que le couple est agenouillé autour de leur victime. Tel, il me tourne le dos.

Alors mézigue, un brin théâtral, genre Edmond Dantès retour du bagne :

— Vous croyez qu’il parlera ?

Putain, cette secousse à haute tension !

Si j’ai été abasourdi de les retrouver, il y a un instant, eux le sont tout autant de me voir.

Qu’est-ce que les vrais écrivains disent en semblable circonstance ? Que c’est la foudre qui leur tombe aux pieds ? Qu’ils doutent de leur entendement ? Qu’ils se glacent ? Qu’ils claquent du râtelier ? Quoi z’encore ?

— Vous m’avez bien eu, dis-je. Pas une seconde je ne me suis douté qu’on travaillait pour la même maison. Il est viceloque notre prince, vous ne croyez pas ?

27

ELLE EN A DE BONNES, SIMONE

Malgré les coups de théâtre, du sort, de bite enfourrés, l’être humain surmonte toujours. Sa belliquieusité reprend le dessus, invinciblement.

— Vous nous avez suivis ? questionne ma « conquête » de la veille.

— Non : retrouvés, rectifié-je.

Mais le doute est en eux et va-t’en le déloger !

— Le général a un signal à ondes courtes sur lui ? fait le peintre.

— Pas lui : moi. Et je l’ai là ! affirmé-je en me toquant ma boîte crâneuse.

Les deux échangent un long regard : celui de Roméo sur Juliette, de la vache sur le train.

Ma connaissance des hommes m’avertit que le charmant couple mijote un truc peu bandant pour ma pomme. Ce qu’il y a de chiatique, chez les autruis, c’est leur connivence. Parfois, et épisodiquement, certains ont « partie liée ». Là faut te gaffer, mon drôle. Tout est à craindre.

Je fais, montrant le bec du gonfleur dans l’œil de bronze de Dobroujda :

— Vous pratiquez des méthodes peu courantes.

J’ai tort de ne pas me tenir davantage sur mes gardes, comme disait cette impératrice de Russie qui se faisait verger par ses Cosaques. Dedieu, ce qu’il est rapide, l’artiste ! A ce propos, c’est une grande première dans ma carrière, un tortionnaire qui fait de l’aquarelle. Tout existe !

Il a tellement hâte de m’assaisonner qu’il défouraille à travers la poche de son blouson. Heureusement pour ma viande car, son vêtement étant fermé, il n’a pu pointer le canon de son feu selon l’angle adéquat. La bastos fait un trou dans le daim du vêtement, puis un autre, plus large, dans un des rondins de la cabane.

Moi, dare-dard, j’ai plongé pour esquiver la seconde prune qui suit docilement la première. Me trouve contre ma pointeuse de la veille. J’arrache le gonfleur de l’oigne militaire de sa victime et le virgule de toutes mes forces contre l’homme au pistolet. Coup heureux : le projectile vient percuter sa main qui tient l’arme et qu’il a dégagée de sa profonde pour une meilleure liberté de manœuvre. L’impact se produit à l’instant précis où il défouraillait pour la troisième fois. Il fait dévier le canon du riboustin. La purée part nettement sur ma gauche.

Alors la gueule du tireur change. Ses yeux et sa bouche béent. C’est son expression fixe surtout qui me fait tiquer. Il ressemble à deux trous contigus dans du gruyère.

Je me tourne vers la femme et réalise ce faisant la commotion de son « mari ». Ma dévergondée de la veille, celle qui suçait si bien mon paf pour le faire devenir pointu, se tient immobile, en position instable.

Elle a chopé la dernière bastos en plein front, que tu dirais ces tatouages que certaines dames hindouses arborent avec fierté.

Chose hallucinante, elle garde sa posture, pourtant précaire, comme si elle venait d’être minéralisée.

— Gerda…, bredouille le flingueur.

Ce manche-à-burnes-creuses vient de scrafer sa partenaire en voulant me buter. Tout s’est passé si vite que nous avons du mal à réaliser, lui et moi.

Et puis il pige l’étendue de son désastre et émet un son long et modulé qui évoque irrésistiblement la plainte du kangourou qui vient de trouer sa poche marsupiale en y planquant un tire-bouchon.

Il prend son arme à deux mains, avance d’un pas, me vise posément et…

Ma dernière heure commence à sonner au beffroi de Saint-Poulardin-le-Sodomiste. J’élève l’épieu ramassé dans la clairière en un geste dérisoire de défense. Je le sais trop bien que je n’ai pas le temps de le balancer sur le mec, qu’il est trop tard.

Et puis, comme souvent dans mes z’œuvrettes, l’inattendu se pointe. En la personne d’Apollon-Jules. Le poupard attardé arrive en courant dans la cabane. Il est si balourd qu’il télescope, dans son élan, le dos de mon metteur à mort. Le peintre-assassin trébuche, essaie de retrouver l’équilibre, ne le peut, s’abat en avant, c’est-à-dire sur moi.

Suis-tu parfaitement la scène, Arsène ?

Oui ? Alors je continue.

Et lui aussi !

En chutant, tu sais quoi ?

Tu ne vas pas croire. Et cependant il n’y a pas un mot de vrai dans tout ce que je te dis. Le gusman s’embroche délibérément sur mon pieu. Cela fait un bruit surprenant, à la fois de pet à ramifications et d’étoffe déchirée. Il s’octroie vingt bons centimètres de bois dans le baquet. Pour lors, il tombe sur sa souris, laquelle, enfin, bascule comme on a le devoir de le faire lorsqu’on vient de s’adjuger une bastos de 9 mm en pleine poire.

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15

Un ancien correcteur qui se shootait au Muscadet sur lie a laissé passer cette couille (pardon : coquille) un jour dans une de mes œuvres, et il a eu raison, car elle était volontaire.

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