Moby Dick
- Автор: Мелвилл Герман
- Язык: французский
- Жанр: Морские приключения
Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
– La fournaise de l’enfer! La fournaise de l’enfer! tu m’insultes, homme, au-delà de ce qu’on peut humainement supporter, tu m’insultes. C’est un sacré outrage que de dire à n’importe quel être humain qu’il est voué à l’enfer. Par tous les tonnerres! Bildad, dis-le moi encore une fois et fais-moi sortir de mes gonds, mais je… je… oui, j’avalerai une chèvre vivante, poils, cornes et tout. Hors d’ici, cafard décoloré, pistolet de bois… au large et plus vite que ça!
Tandis qu’il tempêtait de la sorte, il se précipita sur Bildad qui esquiva sur le côté avec une promptitude admirable et l’évita pour cette fois.
Alarmé par cette terrible algarade entre les deux principaux propriétaires et responsables du navire, me sentant à demi prêt à renoncer à toute idée d’embarquer sur un bateau en si discutable possession, et bien que l’autorité de ces capitaines ne fût que temporaire, je m’écartai de la porte pour laisser passer Bildad qui, je n’en doutai pas un instant, brûlait du désir de se soustraire à la colère éveillée en Peleg. Mais à mon étonnement, il se rassit tout à fait paisiblement et ne parut pas avoir la moindre intention de se retirer. Il paraissait fait au feu en ce qui concernait l’impénitent Peleg et ses habitudes. Quant à Peleg, après avoir donné libre cours à sa fureur, il semblait l’avoir totalement épuisée, et lui aussi, il s’assit comme un agneau, bien qu’il eût des crispations comme si ses nerfs vibraient encore.
– Pfuit! siffla-t-il enfin… le grain a passé sous le vent, je crois. Bildad, autrefois tu étais adroit pour aiguiser les lances, taille-moi cette plume, veux-tu. Mon couteau a besoin de la meule. Je te reconnais là, merci, Bildad. À présent, mon garçon, Ismaël est ton nom, as-tu dit? Eh bien, c’est en règle, Ismaël, pour la trois centième.
– Capitaine Peleg, dis-je, j’ai un ami avec moi qui voudrait embarquer aussi… puis-je l’amener demain?
– Naturellement, dit Peleg, amène-le que nous le voyions.
– Quelle part veut-il? gémit Bildad, levant les yeux de son livre dans lequel il s’était à nouveau absorbé.
– Oh! Ne t’occupe pas de cela, Bildad, puis, se tournant vers moi, Peleg ajouta: A-t-il déjà chassé la baleine?
– Tué plus de baleines que je ne saurais compter, capitaine Peleg.
– Bon, alors amène-le.
Les papiers signés, je partis, ne mettant pas en doute que j’avais fait du bon travail ce matin et que le Péquod était bel et bien le navire prévu par Yoyo pour nous transporter Queequeg et moi au-delà du cap Horn.
Mais je ne m’étais guère éloigné que je réalisai n’avoir pas encore vu le capitaine avec lequel nous devions partir, bien qu’à vrai dire, en maintes occasions, un baleinier puisse se trouver complètement armé, tout son équipage à bord, et que le capitaine fasse seulement son apparition à l’instant de prendre le commandement; car les voyages se prolongent parfois si longuement, le temps passé à terre et à la maison est si éphémère que, si le capitaine a une famille, ou quelque attache de même nature, il ne se soucie guère de son navire à l’ancre, et l’abandonne aux propriétaires jusqu’à ce qu’il soit prêt à prendre la mer. Toutefois, il est toujours plus prudent d’avoir jeté un coup d’œil sur lui avant de se remettre irrévocablement entre ses mains. Retournant sur mes pas, j’abordai le capitaine Peleg pour lui demander où l’on pouvait trouver le capitaine Achab.
– Et qu’est-ce que tu lui veux, au capitaine Achab? Tout est en ordre, tu es enrôlé.
– Oui, mais j’aimerais le voir.
– Je ne crois pas que tu le pourras pour l’instant. Je ne sais pas au juste ce qu’il a, mais il garde la chambre… une sorte de maladie, pourtant il n’a pas l’air malade. En fait il n’est pas malade, mais il n’est pas bien non plus. De toute façon, jeune homme, il n’est pas toujours d’accord de me voir moi, aussi je ne pense pas qu’il souhaite te voir, toi. C’est un homme étrange, le capitaine Achab – certains, du moins, le trouvent étrange – mais c’est un homme! Oh! tu l’aimeras, n’aie crainte, n’aie crainte. Il a de la grandeur, c’est un homme sans dieu, pareil à un dieu, le capitaine Achab, peu causant, mais quand il parle, alors il faut bien l’écouter. Prends note, je t’en avertis, le capitaine Achab est au-dessus du commun; Achab a fréquenté tant les grandes écoles que les cannibales; connu des prodiges plus profonds que la plus profonde vague; plongé sa lance ardente dans des ennemis plus puissants et plus étranges que les baleines. Son harpon! oui, le plus aigu et le plus sûr de toute notre île! Oh! ce n’est pas un capitaine Bildad, non, ni un capitaine Peleg; il est Achab, mon fils; et l’Achab de l’histoire, tu le sais, était un roi couronné!
– Et un roi très infâme. Lorsque ce roi pervers fut assassiné, les chiens ne léchèrent-ils pas son sang?
– Viens près de moi, plus près, plus près, me dit Peleg et l’expression de son regard m’effraya presque. Écoute bien, mon gars, ne répète jamais cela à bord du Péquod. Ne le répète jamais nulle part. Le capitaine Achab n’a pas choisi son nom. C’est une lubie insensée de sa mère, une veuve folle et ignorante, qui mourut lorsqu’il n’avait que douze mois d’âge. Et pourtant la vieille squaw Tistig de Gayhead disait que, d’une façon ou d’une autre, ce nom se révélerait prophétique. Et peut-être que d’autres imbéciles de la même trempe viendront te dire la même chose. Je souhaite t’en avertir, c’est un mensonge. Je connais bien le capitaine Achab, j’ai été son second il y a bien des années; je sais qui il est, c’est un homme intègre, non point un brave homme bigot comme Bildad, mais un brave homme qui jure – un peu comme moi – seulement il y a en lui bien d’autres richesses. Oui, oui, je sais qu’il n’a jamais été très gai; et je sais qu’au retour il a eu l’esprit un peu dérangé par un maléfice, mais la douleur aiguë, lancinante que lui infligeait son moignon sanglant en était la cause; n’importe qui le comprendrait. Je sais aussi que, depuis qu’il a perdu sa jambe au dernier voyage à cause de cette maudite baleine, il a été d’humeur changeante, parfois désespéré, parfois furieux, mais tout cela passera. Et une fois pour toutes, permets-moi de te dire et de t’affirmer: mieux vaut naviguer avec un bon capitaine ombrageux qu’avec un mauvais capitaine hilare. Au revoir à toi! et ne condamne pas le capitaine Achab parce qu’il se trouve qu’il porte un nom mauvais. D’autre part, mon fils, il a une femme – il n’y a pas trois voyages qu’il est marié – une douce fille résignée. Pense à ceci: de cette gentille fille, ce vieil homme a un enfant, penses-tu alors qu’un mal total et sans espoir possède Achab? Non, non, mon gars, si frappé, si dévasté qu’il soit, Achab est humain!
J’étais en m’éloignant profondément songeur. Ce qui venait de m’être incidemment révélé sur le capitaine Achab m’emplissait d’une souffrance à la fois vague et violente à son égard. Et d’une certaine manière, à ce moment-là, j’éprouvai envers lui une douloureuse compassion, dont j’ignorais la raison, à moins que ce ne fût à cause de sa jambe perdue de si cruelle façon. Et pourtant je ressentais aussi à son égard une terreur respectueuse, mais cette sorte de terreur, que je serais bien en peine de décrire, n’était pas vraiment de la terreur, je ne sais pas ce que c’était. Elle me pénétrait et ne me rebutait pas. Mais le mystère qui m’enveloppait, alors que je le connaissais si peu encore, engendrait en moi une impatience. Enfin mes pensées prirent un autre cours de sorte que le sombre Achab les quitta.