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Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:

Ismaël, attiré par la mer et le large, décide de partir à la chasse à la baleine. Il embarque sur le Pequod, baleinier d'un capitaine nommé Achab, amputé d'une jambe, qui emmènera Ismaël autour du monde à la poursuite du cachalot blanc…
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
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Je me demandais si cela pouvait réellement faire partie de son ramadan! Jeûnent-ils assis sur leurs fesses dans son île natale? Il doit en être ainsi, oui, c’est inhérent à sa croyance, je suppose. En ce cas, laissons-le, il finira sans doute par se lever tôt ou tard. Cela ne peut pas durer toujours. Dieu merci, son ramadan ne revient probablement qu’une fois par an, et je présume qu’il n’est pas d’une absolue ponctualité.

Je descendis pour le souper, et restai longuement à écouter les histoires interminables de quelques marins rentrés la veille d’un voyage «plum-pudding» comme ils disaient (c’est une courte campagne de pêche à la baleine sur une goélette ou un brick, limitée au nord de la ligne et dans l’Atlantique seulement). Après avoir écouté ces plum-puddingers jusque vers onze heures, je montai dans l’intention d’aller me coucher, bien certain que cette fois Queequeg aurait mis le point final à son ramadan. Mais non! il était tel que je l’avais laissé, n’ayant pas bougé d’un pouce. Je commençais à me sentir fâché contre lui; cela semblait si intégralement dépourvu de sens et si démentiel de rester assis là tout le jour et la moitié de la nuit sur ses fesses dans une chambre glaciale, à tenir un bout de bois sur la tête.

– Pour l’amour du ciel, Queequeg, levez-vous et secouez-vous; allons, debout et allez souper. Vous allez mourir de faim, vous allez vous détruire, Queequeg. Mais pas un mot de réponse.

Désespérant de lui, je résolus dès lors de me mettre au lit et de dormir, sans aucun doute il me rejoindrait dans peu de temps. Mais avant de m’étendre je pris ma lourde veste de laine et la lui posai sur les épaules car la nuit s’annonçait très froide et il ne portait que son gilet. Pendant longtemps, j’eus beau faire, je ne pus trouver le sommeil. J’avais soufflé la chandelle, mais la seule pensée de Queequeg, assis à quatre pieds de moi, dans son inconfortable position, tout seul dans le froid et l’obscurité, cette pensée me rendait vraiment malheureux. Imaginez cela: dormir toute la nuit dans la même chambre qu’un païen bien éveillé, installé sur ses fesses, pour ce ramadan inexplicable et lugubre!

Je finis pourtant par m’endormir et je ne sus plus rien jusqu’à la pointe du jour, lorsque, me redressant, je vis Queequeg accroupi comme s’il était vissé au plancher. Mais dès que le premier rayon de soleil entra par la fenêtre, il se leva, les articulations raidies et grinçantes, mais le regard joyeux; il vint jusqu’à moi en boitant, pressa son front contre le mien et m’annonça que son ramadan était terminé.

Je l’ai déjà dit, je n’ai d’objection contre la religion de personne, qu’elle soit ce qu’on voudra, pour autant qu’elle ne tue ni n’insulte un autre, sous le prétexte que sa conviction diffère. Mais quand la religion d’un homme devient vraiment forcenée, quand elle lui est une véritable torture et fait enfin de ce monde une mauvaise auberge, alors je crois qu’il est grand temps de prendre cet individu à part et de débattre la question avec lui.

C’est ce que je fis alors avec Queequeg. «Queequeg, dis-je, mettez-vous au lit, à présent, étendez-vous et écoutez-moi.» Je commençai mon discours à partir de la naissance et du progrès des religions primitives pour en arriver aux différentes religions des temps présents, m’évertuant en cours de route de démontrer à Queequeg que tous ces carêmes, ces ramadans, ces accroupissements sur les fesses dans le froid et dans des chambres lugubres étaient une pure sottise, que c’était mauvais pour la santé, inutile pour l’âme, bref contraire à toutes les lois évidentes de l’hygiène et du bon sens. Je lui dis également qu’étant donné qu’il se trouvait être, dans tant de domaines, un sauvage plein de raison et de sagesse, cela me peinait, cela me peinait affreusement, de le voir à présent si déplorablement absurde avec son ridicule ramadan. D’autre part je mis l’accent sur le fait que le jeûne mène le corps à l’effondrement et provoque dès lors l’effondrement de l’esprit, et que toutes les pensées nées en période de jeûne ne peuvent être que des pensées faméliques. C’est pour cette raison que la plupart des dévots dyspeptiques entretiennent des idées si mélancoliques sur l’au-delà. En un mot, Queequeg – et j’étais quelque peu hors du sujet – la notion de l’enfer est née d’une indigestion de chaussons aux pommes et s’est propagée depuis lors à cause de toutes les dyspepsies héréditaires engendrées par les ramadans.

Je demandai ensuite à Queequeg s’il n’avait jamais lui-même été incommodé par la dyspepsie, lui posant ma question de manière très imagée afin qu’il pût la comprendre parfaitement. Il répondit que non, sauf une fois dans une circonstance mémorable. C’était lors d’une fête donnée par le roi son père en l’honneur d’une grande victoire au cours de laquelle cinquante ennemis avaient été tués, vers deux heures environ de l’après-midi, rôtis et mangés le même soir.

– N’en dites pas davantage, Queequeg, dis-je en frissonnant, cela suffira. Je pouvais, en effet, tirer mes déductions sans qu’il fût besoin d’insister. J’avais rencontré un marin ayant visité cette même île et il m’avait raconté qu’à l’issue victorieuse d’une grande bataille la coutume voulait que tous les morts, se trouvant dans la cour ou le jardin du vainqueur, fussent rôtis tout entiers. Ensuite de quoi, on les disposait, un par un, sur de grandes planches à hacher, on les garnissait comme un pilaf avec des fruits de l’arbre à pain et des noix de coco, on leur mettait du persil dans la bouche et le vainqueur les distribuait en cadeau à tous ses amis, avec ses meilleurs compliments, comme autant de dindes de Noël.

Tout compte fait, je ne crois pas que mes réflexions métaphysiques firent grande impression à Queequeg. Parce que d’une part cette grave question semblait l’ennuyer et qu’il paraissait en avoir assez de ce sujet, sauf à le considérer de son propre point de vue; et parce que d’autre part il n’avait pas compris le tiers de ce que je lui avais dit bien que j’eusse exprimé mes idées aussi simplement que possible; parce que, enfin, il était bien sûr d’en savoir plus long que moi sur la vraie religion. Il me regardait avec une inquiétude et une compassion condescendantes, comme s’il pensait qu’il était fort dommage qu’un jeune homme aussi intelligent fût perdu sans espoir pour la cause de l’évangile païen.

Enfin nous nous levâmes et nous nous habillâmes; Queequeg fit un petit déjeuner si prodigieusement copieux de soupes de poissons de toute espèce que la patronne ne tira pas grand profit de son ramadan puis nous sortîmes faire un tour à bord du Péquod, flânant et nous curant les dents avec des arêtes de flétan.

CHAPITRE XVIII Sa marque

Tandis que nous nous dirigions vers l’estacade où se trouvait le navire, Queequeg arborant son harpon, le capitaine Peleg nous héla violemment de sa voix bourrue depuis son wigwam, en disant qu’il n’avait pas soupçonné mon ami d’être un cannibale, claironnant en outre qu’il ne tolérait pas la présence de cannibales à bord, à moins qu’ils ne montrassent au préalable leurs papiers.

– Qu’entendez-vous par là, capitaine Peleg? demandai-je en sautant par-dessus la rambarde, laissant mon camarade debout sur le quai.

– J’entends qu’il doit montrer ses papiers.

– Oui, renchérit le capitaine Bildad de sa voix caverneuse, pointant sa tête derrière celle de Peleg, hors du wigwam. Il doit prouver qu’il est converti. Fils des ténèbres, ajouta-t-il en se tournant vers Queequeg, es-tu à présent communiant de quelque église chrétienne?

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