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Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:

Ismaël, attiré par la mer et le large, décide de partir à la chasse à la baleine. Il embarque sur le Pequod, baleinier d'un capitaine nommé Achab, amputé d'une jambe, qui emmènera Ismaël autour du monde à la poursuite du cachalot blanc…
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
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CHAPITRE XVII Le ramadan

Étant donné que le ramadan de Queequeg, ou son jeûne, ou sa macération devait se poursuivre toute la journée, je ne voulus pas le déranger jusque vers le soir, nourrissant le plus grand respect des obligations religieuses de chacun, si comiques qu’elles puissent être, et au fond de mon cœur ne pouvant même mépriser une congrégation de fourmis adorant un champignon vénéneux, ni ces autres créatures qui en certains lieux de notre globe, avec des manières de laquais sans exemple sur d’autres planètes, font des courbettes devant le buste d’un défunt propriétaire terrien sous le simple prétexte que des biens excessifs sont encore possédés et gérés en son nom.

Je dis que nous autres chrétiens presbytériens devrions nous montrer tolérants, et ne pas nous imaginer si immensément supérieurs aux autres mortels, païens ou autres, à cause de leurs conceptions saugrenues en ces domaines. Queequeg était en train sans aucun doute de cultiver les notions les plus absurdes au sujet de Yoyo et de son ramadan. Et puis après? Queequeg pensait savoir ce qu’il faisait, je présume. Il paraissait heureux, laissons-le en paix. Tous les arguments que nous pourrions lui opposer seraient vains; laissons-le libre, dis-je. Et que Dieu ait pitié de nous tous, tant presbytériens que païens, car nous avons tous la tête lamentablement fêlée d’une façon ou d’une autre, et nous aurions besoin de réparations.

Vers le soir, lorsque j’eus la certitude que ces rites et célébrations devaient être terminés, je montai à sa chambre et frappai à la porte. Pas de réponse. J’essayai de l’ouvrir mais elle était fermée de l’intérieur. «Queequeg», soufflai-je par le trou de la serrure – silence absolu. «Allons, Queequeg! pourquoi ne répondez-vous pas? C’est moi… Ismaël.» Mais rien ne bougeait. Je commençai à être soucieux; lui ayant accordé un laps de temps si long, je crus que peut-être il avait eu une attaque d’apoplexie. Je regardai par le trou de la serrure, mais la porte ouvrant dans un coin écarté de la chambre, le trou de la serrure n’offrait d’autre horizon qu’un angle sinistre: un fragment du pied du lit et un pan de mur, mais rien de plus. Pourtant je fus surpris de voir, appuyé contre le mur, le manche de bois du harpon de Queequeg que la patronne lui avait enlevé le soir précédent, avant que nous montions dans la chambre. C’est étrange, pensai-je, mais en tout cas du moment que le harpon est là, et qu’il ne sort pour ainsi dire jamais sans lui, il doit être dans la chambre, sans erreur possible. «Queequeg! Queequeg!» Rien. Il avait dû se passer quelque chose. Apoplexie? J’essayai d’enfoncer la porte, mais elle résista avec opiniâtreté. Descendant en courant, je fis rapidement part de mes inquiétudes à la première personne que je rencontrai, la femme de chambre. – «Oh! là! là! cria-t-elle. Je pensais bien qu’il était arrivé quelque chose. Je suis montée pour faire le lit après le petit déjeuner et la porte était fermée à clef, on aurait entendu voler une mouche, et rien n’a bougé depuis. Mais je me disais que, peut-être, vous étiez sortis tous les deux et que vous aviez fermé à cause de vos bagages. Oh! là! là! M’ame! Patronne! au meurtre! Madame Hussey! Apoplexie!» Poursuivant ses exclamations, elle courut vers la cuisine et moi sur ses talons.

Mme Hussey apparut aussitôt, un pot de moutarde dans une main, une burette de vinaigre dans l’autre, arrachée à son occupation qui consistait à repourvoir les huiliers tout en grondant son petit domestique noir.

– Le bûcher! criai-je, où se trouve le bûcher? Courez-y de grâce, et ramenez quelque chose pour enfoncer la porte – la hache! – la hache! il a eu une attaque, sa vie en dépend! et, ce disant, je me précipitai en haut d’une manière désordonnée, les mains toujours vides, lorsque Mme Hussey s’interposa avec le pot de moutarde, la burette de vinaigre et son armature personnelle.

– Qu’est-ce qu’il vous prend, jeune homme?

– Allez chercher la hache! Pour l’amour de Dieu, que quelqu’un aille appeler un docteur, pendant que j’enfoncerai la porte!

– Doucement! dit la patronne, posant promptement la burette de vinaigre, afin d’avoir une main libre: attendez un peu, vous parlez d’enfoncer mes portes? – et elle m’empoigna le bras. Qu’est-ce qu’il vous prend? qu’est-ce qu’il vous prend, matelot?

Aussi calmement et aussi succinctement que je le pus, je lui donnai à comprendre toute l’affaire. Collant machinalement la burette à vinaigre sous sa narine, elle médita un moment, puis s’écria: «Non! je ne l’ai pas revu depuis que je l’ai posé là.» Elle se précipita vers un réduit sous l’escalier, y jeta un coup d’œil, et me dit que le harpon de Queequeg n’y était plus. Elle hurla: «Il s’est tué, v’là que ça recommence comme avec ce mal’reux Stiggs – encore un couvre-lit de perdu – Dieu ait pitié de sa pauvre mère! – ce sera la faillite de ma maison. Est-ce que le pauvre diable a une sœur? Où est passée cette fille? Ah! vous voilà, Betty, courez chez Snarles, le peintre, et dites-lui de me faire l’écriteau suivant: Il est interdit de se suicider dans la maison et de fumer dans le salon. Autant faire d’une pierre deux coups. Tué? Le Seigneur prenne soin de son âme! Qu’est-ce que c’est que ce bruit? Vous, jeune homme, baste!

Se lançant à ma poursuite, elle m’attrapa au moment où j’essayais à nouveau d’enfoncer la porte.

– Je ne le permettrai pas! Je ne supporterai pas qu’on détériore l’immeuble. Allez chercher le serrurier, il y en a un à une lieue d’ici environ. Mais baste! et plongeant la main dans sa poche, voilà une clef qui fera l’affaire, j’ai l’impression, voyons un peu. Sur ce, elle la tourna dans la serrure, mais hélas! Queequeg avait mis le verrou de sûreté!

– Il faut que je la fasse sauter, dis-je, en prenant dans le corridor le recul nécessaire pour avoir un bon élan, lorsque la patronne m’empoigna, jurant ses grands dieux que je ne démolirais pas ses locaux; mais je m’arrachai à sa poigne et bondissant, je sautai droit dans le but de toutes mes forces.

La porte céda avec un bruit retentissant, et le gond, giclant contre le mur, envoya du plâtre jusqu’au plafond. Et là… Dieu du ciel! Là Queequeg était assis, froidement assis sur ses fesses, Yoyo en équilibre sur la tête. Il ne regardait ni d’un côté, ni de l’autre, mais ne donnait pas plus signe de vie qu’une statue.

– Queequeg, dis-je en allant vers lui, Queequeg, que vous arrive-t-il?

– Y n’est quand même pas resté assis com’ça toute la journée, non? dit la patronne.

Malgré tout ce que nous pouvions dire, il fut impossible d’en tirer un mot, j’eus presque envie de le bousculer pour lui faire perdre cette position qui paraissait intolérable tant elle semblait douloureuse et crispée de manière antinaturelle, d’autant plus que selon toute vraisemblance il était resté ainsi assis tout droit pendant huit ou dix heures et sans prendre ses repas.

– Madame Hussey, dis-je, en tout cas, il est vivant, aussi laissez-nous s’il vous plaît et j’éclaircirai cette étrange affaire moi-même.

Fermant la porte sur la patronne, j’entrepris d’imposer à Queequeg de prendre une chaise, mais en vain. Il était vissé là et tout ce que lui inspirèrent mes dépenses de politesses et de cajoleries fut qu’il ne bougea pas une oreille, ne dit pas un mot, ne me regarda même pas et ne prit d’aucune manière garde à ma présence.

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